Bonsoir !

Merci à Manooon, Guest, Elodiev31, nath16, July-bOnes, Low-BB, pucinette5, Gossip Monkey et Guest.

Bonne lecture !


Chapitre 29 : Effondrée

Angela soupira. L'enquête piétinait. Le F.B.I. ne donnait aucune nouvelle, et le Jefferson n'avançait pas. L'échantillon de Hodgins n'avait rien donné. Elle avait de plus en plus peur. Au début, le F.B.I. disait qu'on les retrouverait grâce à un émetteur GPS, mais…ils n'étaient toujours pas là, et le silence prolongé du F.B.I. à leur sujet devenait angoissant. Et si leur plan avait raté ? Et si Brennan et Booth étaient tous seuls ?

L'artiste prit une photo sur son bureau. C'était une photo de Brennan et elle prise à son anniversaire ; Brennan souriait, elle semblait vraiment heureuse, et Angela souhaitait de tout son cœur revoir ce sourire un jour.

Les larmes coulèrent sur ses joues. Sa meilleure amie lui manquait tellement. Et puis il y avait Booth…et Samuel…qu'avait-il bien pu leur faire ? Dans quel état étaient-ils ? Angela savait qu'il y avait certaines zones d'ombre dans le passé de ses deux amis, mais Samuel avait-il pu déterrer ces secrets bien enfouis ?

Soudain Garrett surgit dans le couloir, interrompant le fil de ses pensées. Peut-être y avait-il enfin du nouveau. Il entra dans son bureau.

«Bonjour, mademoiselle Montenegro.

-Vous avez retrouvé Brennan et Booth ? demanda-t-elle, inquiète.

-Non, désolé. En fait, je suis là pour ça. On n'arrive pas à localiser la balise GPS du pendentif du docteur Brennan, alors on s'est dit que vous pourriez peut-être nous dire pourquoi.

-Les spécialistes du F.B.I. ne trouvent pas et moi je suis censée pouvoir trouver ?

-Vous êtes une fouine du Jefferson, vous êtes meilleure qu'eux.

-Bon…je vais voir. Il va falloir patienter.»

Garrett acquiesça et s'assit sur le canapé de la jeune femme, attendant qu'elle lui donne la réponse qu'il attendait. Il soupira. Il s'en voulait de ne pas avoir vu ce qui se passait, de ne pas l'avoir vu entrer, de ne pas avoir trouvé le passage quand il avait vérifié l'appartement. Il aurait pu empêcher un enlèvement de plus, il aurait dû…


Hodgins pénétra dans l'appartement. Il alla directement à l'entrée du passage secret et, après quelques dizaines de minutes de recherche, trouva le mécanisme d'ouverture. Les yeux écarquillés, surexcité, il entra dans le petit couloir sombre dévoilé. Il alluma la lampe de poche qu'il avait emmenée et découvrit devant lui un escalier assez raide qui s'enfonçait dans l'obscurité. Il descendit prudemment et, au bout de la troisième ou quatrième marche, il découvrit du sang séché. Sûrement celui de Booth ou de Brennan. Il se releva ; le passage était certainement une bonne piste.

Mais, alors qu'il voyait un rai de lumière en contrebas devant lui, il sentit un objet dur heurter sa tête et son corps dévala les marches jusqu'au palier. Il y parvint inanimé, et du sang coulait de l'arrière de sa tête…


Cela faisait à présent une bonne heure que Samuel était sorti, les laissant seuls. Brennan avait fermé les yeux, tentant de reprendre le contrôle d'elle-même et de rebâtir une muraille. Booth lui réfléchissait à tout ce qui venait de se passer, à Brennan. Il avait souffert au moins autant qu'elle quand Samuel lui avait fait du mal, et il savait que cela se reproduirait. Qu'il la verrait encore souffrir, encore et encore. Il en faisait des cauchemars depuis quelques temps.

Et il y avait aussi cet Elliott. C'était l'un des secrets de Brennan, un de ceux qu'elle n'avait jamais révélés. Un de ceux qu'elle voulait oublier. Booth ne pouvait s'empêcher de tenter de deviner qui il pouvait être. Un petit ami violent ? Un père adoptif alcoolique ? Un faux-ami ?

Le grincement de la porte mit fin à sa pensée. Brennan ne bougea pas, se demandant ce qui allait encore se passer.

«Je suis vraiment peiné que vous ne vous soyez pas confiés l'un à l'autre ; vous savez, ça vous aurait fait du bien…ne doit-on pas tout se dire lorsqu'on est un couple ? Pour reprendre ta phrase, Seeley : «vous êtes partenaires, vous n'avez pas de secret, vous avez confiance l'un en l'autre»…tu le penses toujours ?»

Après un silence, il reprit :

«Et toi, Temperance ? Après tout, c'est toi qui as le plus gros problème avec la confiance. Je me demande bien d'où ça vient…» fit-il avec un grand sourire.

Voyant qu'elle gardait la tête baissée, il s'approcha d'elle et prit son menton délicat. Il l'obligea à relever la tête, et elle lui lança le regard le plus noir et le plus haineux qu'elle pouvait. Mais il sourit simplement en l'embrassant sur le front. Elle tenta de lui donner un coup de tête, mais elle échoua.

«Ah ! Enfin je te retrouve, Temperance. Telle que tu es…tu as vraiment des yeux magnifiques. Aussi froids que la glace et en même temps tellement expressifs…

-Laissez-la ! cria Booth, perdant le contrôle de lui-même.

-Dans une autre vie, on aurait pu être amis… continua Samuel. Tu ne dis rien, Temperance ? Cela ne durera pas longtemps vois-tu, je sais comment faire parler les gens…aujourd'hui je te propose une petite séance vidéo, qu'en dis-tu ?»

Brennan fronça les sourcils alors qu'il s'éloignait d'elle. Qu'allait-il encore faire ? De quelle vidéo parlait-il ?

Une idée lui traversa soudain l'esprit. Non, c'était impossible. Il ne pouvait pas…non ! Il n'avait pas pu les retrouver, c'était impossible ! Cet Enfer ne pouvait pas revenir. Elles avaient toutes disparu...

Elle leva les yeux vers Samuel. Ce dernier souriait ; de toute évidence, cela ne serait pas une partie de plaisir.

Booth quant à lui se demandait de quoi il parlait. Cela avait-il un rapport avec cet Elliott ? Avec ses parents ? Il n'allait pas aimer cela, il le savait, mais…en voyant le regard de Brennan, il savait qu'elle allait encore moins apprécier que lui.

L'image apparut sur l'écran. Booth écarquilla les yeux ; il y avait un homme debout, mais ce n'était pas le plus important. Le plus important, c'était plutôt la jeune femme qui était par terre elle ressemblait tellement à…ce n'était pas...enfin, c'était...il semblait...mais oui, c'était Brennan !

Elle semblait complètement abattue ; elle gisait sur le sol sans même essayer de se lever, il y avait du sang sur tout son corps, et elle semblait avoir tellement mal…

Brennan quant à elle avait baissé la tête, sachant très bien ce qui allait arriver ensuite. Il l'avait fait. Il avait retrouvé ces vidéos. C'était impossible, mais il l'avait fait. C'était le début du cauchemar. Elle tentait d'oublier, de détacher son esprit de ce qui arrivait, de ne pas écouter, de ne pas voir. Mais c'était compter sans Samuel, qui plaça sa main sous son menton et l'obligea à regarder.

L'homme, que Booth supposait être le fameux Elliott, prit un couteau et saisit le poignet de Brennan. Il commença à inciser sa peau.

«Elliott…»

Sa voix n'était qu'un murmure. Elle était tellement désespérée, brisée.

«Je t'en prie non…arrête ça…je n'en peux plus…pitié…

-Tu es si belle quand tu souffres…tu es tellement plus belle comme ça…

-Je t'en prie…j'ai trop mal…»

Il avait fini d'entailler ses bras, et il prit une bassine. Il plongea ses bras dedans, la faisant hurler. Il sourit.

Brennan pleurait silencieusement. Les larmes brouillaient sa vue, mais les images qui passaient devant ses yeux elles n'étaient pas floues le moins du monde. Et la douleur qu'elle ressentait dans chaque parcelle de son corps était elle aussi bien réelle. Elle avait presque réussi à oublier, pendant toutes ces années, mais presque n'est pas totalement, et cela faisait plus mal encore maintenant. Elle ne pouvait détacher ses yeux de l'écran, malgré tout le mal que cela pouvait lui faire.

Elle regarda son bras, qui lui semblait saigner. Malgré les écorchures de Samuel, elle arrivait encore à discerner – ou n'étaient-elles qu'imaginées ? – les infimes marques laissées par les entailles d'Elliott…

Booth était lui aussi totalement absorbé par l'écran. Il avait les larmes aux yeux et parvenait à peine à les retenir. Brennan avait l'air très jeune sur ces images ; elle n'avait sûrement pas plus de vingt-cinq ans. Quel monstre pouvait bien être cet Elliott pour faire du mal à sa tendre et innocente Bones ? Il était fou de rage. De quel droit Samuel replongeait-il Bones dans ce cauchemar ? Comment pouvait-il…l'entendre pleurer sans rien faire ? Et lui-même, qui se disait son protecteur, pourquoi ne faisait-il rien ? Pourquoi était-il paralysé ? Quel incapable ! Pas même capable de contrôler son corps…de l'aider...de la soutenir...comme il l'avait promis...

Ses cris déchiraient l'air. Elle avait mal, il lui faisait mal, et il n'arrêtait pas. Il n'avait pas même pitié d'elle. Elle le suppliait, elle l'implorait, mais il ne voulait pas arrêter. C'était une douleur atroce, insupportable. Et chaque souffrance qu'elle ressentait lui semblait pire encore que la précédente. Plus cruelle, plus vicieuse, plus piquante, plus brûlante.

Elle était fatiguée, épuisée à force de souffrir et de pleurer. Pourquoi lui faisait-il ça ? Elle n'avait rien fait pour mériter ça…rien…

«Tu es tellement belle comme ça…plus belle encore qu'avant…petit oiseau, où t'es-tu perdu ?» fit-il avec un grand sourire.

Elle rampait sur le sol, tentant d'atteindre le couteau qui se trouvait à quelques mètres d'elle.

«Temperance… fit-il en secouant la tête. Tu me déçois.»

Il se dirigea d'un pas tranquille vers la jeune femme, soupirant de déception, et lui marcha sur la main, écrasant ses doigts, ce qui lui arracha un cri de douleur.

«Tu m'as déçu, Temperance. Tu ne vaux vraiment pas grand-chose. Aucun courage…aucune force…tu es faible…faible…»

Les larmes de Brennan avaient au moins doublé. Elle ne put retenir un sanglot en revoyant et en réentendant ce qui s'était passé. C'était vrai…elle ne se défendait pas, elle ne résistait pas…elle ne faisait que le supplier, être lâche…elle était faible. Incapable de résister, paralysée par la peur. Elle l'avait laissé lui faire tout le mal qu'il voulait, et elle n'avait même pas appelé à l'aide…rien…

Elle sentit à peine Samuel la détacher, et elle se laissa glisser sur le sol, complètement désarmée. Elle se recroquevilla par terre, ne voulant plus voir l'écran. Mais elle avait beau se boucher les oreilles, elle entendait toujours.

Il prit un des clubs de golf qu'il avait rangés dans le coin de la pièce et revint vers elle.

«Non…pitié…arrête…

-Tellement décevante…stupide…»

Il lui donna un premier coup, qui toucha son estomac. Son corps était tellement mou qu'elle ne put l'empêcher de bouger, et étouffa un cri. Il lui donna un autre coup, puis un autre, et encore un autre. Mais elle ne bougeait pas elle laissait la barre la heurter sans même mettre ses mains devant elle. Elle avait abandonné. Elle avait baissé les bras, elle s'était résignée. Elle était faible.


Moi ? Sadique ? Pas du tout !

La suite samedi prochain, ça vous va ? Après, deux semaines de vacances, et je n'aurai pas mon ordinateur...