Bonsoir !
Merci à lavicalinaezza, Manooon, pucinette52, Elodiev31, July-bOnes, Guest et Low-BB.
Bonne lecture !
Chapitre 31 : Un secret très bien gardé
Il ouvrit la porte. Les deux partenaires tournaient toujours le dos l'un à l'autre.
«Temperance, viens avec moi.»
L'intéressée leva la tête et le dévisagea, tentant de comprendre ses intentions. Méfiante, elle commença à se lever, mais elle s'arrêta net quand elle entendit une voix briser le silence.
«Elle n'ira nulle part, déclara Booth en se tournant vers le tueur. Si vous voulez faire du mal à quelqu'un, prenez-moi.
-Négatif, Seeley. C'est avec la belle Temperance que je veux parler, et pas avec toi. Du moins, pas pour l'instant. Ne t'inquiète pas, tu verras tout. Je vais rebrancher l'écran à la caméra d'à côté.»
Il saisit Brennan par le bras, ce qui la fit grimacer ses blessures au bras n'étaient pas encore tout à fait cicatrisées.
«Passe devant, petit oiseau, mais ne vole pas trop haut…
-Qu'est-ce que vous allez lui faire ?! fit Booth, bondissant et levant le poing.
-Tu verras bien, chevalier blanc de son cœur.»
Samuel ferma la porte à clef.
Quelques secondes plus tard, ils entrèrent dans la pièce voisine. Samuel croisa les bras.
«Alors Temperance, dis-moi, pourquoi ton grand ami Elliott t'en voulait-il autant ? Tu avais dû sacrément l'énerver…
-Je n'ai pas envie d'en parler.
-C'est vrai que c'est vilain de briser le cœur des pauvres garçons qui t'aiment…pourquoi fais-tu ça, hein beauté ?» murmura-t-il en se rapprochant d'elle.
La jeune femme recula, ne voulant pas qu'il la touche. Il avança encore. Ils arrivèrent ainsi jusqu'au mur. Elle était coincée entre le mur et lui.
«Alors petit oiseau, commença-t-il en lui caressant la joue, quel est ce vilain petit secret dont ton grand ami Elliott parlait ?
-Ce n'est pas mon «grand ami». Et je ne vous dirai rien.
-Chérie…ne complique pas les choses.
-Ne m'appelez pas «chérie».
-Je te conseille, chérie, de me dire ce que je veux savoir avant d'être obligée de le dire.
-Vous avez déjà regardé la fin de la vidéo ; vous devez savoir maintenant.
-J'attends des précisions. Je veux entendre ta version. Je veux que ces mots sortent de ta propre bouche.»
Brennan se tut. Elle ne voulait pas le dire. Et encore moins alors que Booth entendait et voyait tout.
«Petit oiseau, ne m'oblige pas à te voler dans les plumes…» siffla Samuel en la prenant par la gorge.
Elle le regardait, et elle n'avait pas peur. Elle avait bien plus peur de son secret que de ce qu'il pourrait lui faire.
«Tu ferais mieux de tout me dire «mon ange»…»
Elle garda le silence, attendant le moment où il perdrait patience.
«Dis-moi ton secret, Temperance. Ne complique pas tout.
-Non.»
Il la gifla avant de la jeter violemment au sol, la faisant crier de douleur ; elle s'était ouvert la lèvre et sa mâchoire avait pris un mauvais coup. Sans compter son poignet déjà blessé…
«Ne m'oblige pas à te faire encore plus de mal, mon ange.
-Je ne vous dirai rien, quoi que vous me fassiez.
-Ah oui ? Et pourquoi ?
-Je ne veux pas en parler. C'est de l'histoire ancienne.
-Dans ce cas…n'oublie pas que tu ne m'as pas laissé le choix.»
Samuel la reprit par le bras. Brennan fronça les sourcils.
«Qu'est-ce que vous allez faire ?
-Puisque tu ne veux pas parler, je vais employer les grands moyens.
-Quels grands moyens ? Lâchez-moi !
-Réjouis-toi, on va retrouver ton cher Booth. On va voir s'il supporte si bien la douleur…
-Non !»
Il la tira jusqu'à la porte, et quelques secondes plus tard ils étaient de retour auprès de Booth.
«Tu vois Seeley, ça n'a pas été long. La revoilà, ta chère petite menteuse, fit-il en la jetant au sol. Assieds-toi sur la chaise, là-bas.
-Non.
-Vas-y ou je lui mets une balle dans le genou» déclara Samuel en sortant un revolver.
Brennan était trop faible pour pouvoir se relever. Elle avait vraiment mal, aux côtes notamment. Sa tête avait heurté le sol, et elle était à moitié assommée. Son poignet semblait désormais foulé voire même brisé. Booth soupira et obéit. Samuel lui attacha les bras aux accoudoirs.
«Tu ne veux vraiment pas parler, Temperance ?»
La jeune femme ne répondit pas. Samuel prit un couteau et commença à rouvrir les égratignures de l'agent, ce qui le fit bientôt hurler.
Brennan pleurait. Elle ne voulait pas ça, mais elle ne voulait pas non plus le dire. C'était trop difficile…
Au bout de plusieurs minutes, la jeune femme craqua.
«Pitié arrêtez…ça suffit…
-Tu vas tout me dire ?
-Oui…mais pitié…arrêtez ça…ne lui faites pas de mal… supplia-t-elle en fermant les yeux, les larmes coulant sur les joues.
-Non Bones, ne dites rien !»
Elle leva les yeux, interdite. Pourquoi ne voulait-il pas qu'elle le dise ? Il arrêterait de souffrir…
«Temperance ? J'attends.
-Pas…ici…pas…devant lui…à côté…»
Angela enfouit sa tête dans ses bras croisés. Combien de temps cela faisait-il qu'elle n'avait pas dormi ? Aucune idée. Elle avait tellement eu à faire. Chercher des indices, des preuves, remonter le moral des autres, aider Green…tout cela l'avait épuisée, dans tous les sens du terme. Elle soutenait les autres, mais qui la soutenait elle ? Ils déversaient tous leur chagrin sur elle, ils s'appuyaient sur elle, et elle, elle avait l'impression de s'enfoncer peu à peu dans le sol.
Ils en étaient toujours au point mort. Ils n'avaient rien. Malgré leurs efforts, ils n'avaient pas la moindre piste. Le F.B.I. piétinait aussi. La recherche semblait désespérée.
Pourtant ils étaient encore tous au labo. Sauf Hodgins. Il était parti une heure plus tôt sans dire où il allait. En tout cas, pitié qu'il ait une piste ! L'artiste n'en pouvait plus de savoir sa meilleure amie et son partenaire dans les griffes d'un tueur en série. Elle se prenait parfois à imaginer ce qu'ils enduraient…elle en avait parfois des flashs, des hallucinations. Et ça l'empêchait de fermer l'œil.
Son téléphone sonna. Elle releva la tête, fouilla dans son sac et décrocha.
Samuel s'amusait à faire tourner un couteau dans ses mains. Devant lui se trouvait une Brennan immobile et hésitante.
«Alors, Temperance ? J'attends.»
La jeune femme se mordit la lèvre. Elle ne voulait pas. Elle ne pouvait pas. C'était trop difficile. Elle avait quasiment réussi à oublier. Elle ne voulait pas y repenser…pas maintenant…
Oui, mais il y avait Booth…si elle ne disait rien, il souffrirait encore…et même s'ils s'étaient disputés, elle savait au fond d'elle-même qu'elle ne pourrait pas l'entendre crier une fois de plus à cause d'elle.
«Chante, petit oiseau, chante de ta voix si douce…
-Qu'est-ce que vous voulez exactement ?
-Raconte-moi ton secret.
-Lequel ? fit-elle en espérant gagner un peu de temps.
-Tu sais très bien lequel, Temperance. Ne m'oblige pas à me répéter…»
Elle se tut. Que dire ? Le mensonge était l'unique solution. Elle savait qu'Elliott n'avait jamais raconté son histoire, dans aucune vidéo. C'était inutile ; ils la connaissaient tous deux. Mais il avait laissé échapper certains éléments non négligeables. Elle devait juste se montrer suffisamment convaincante pour que Samuel la croie et qu'il la laisse tranquille.
«Je…ça remonte à…c'était au lycée je…il y avait un ami de Russ, il s'appelait…Peter et…il était beau et charmant et aussi très intelligent il…j'étais amoureuse de lui mais…»
Elle s'arrêta quelques instants, ravalant un sanglot et reprenant une bouffée d'air.
«Lui il…quand je…quand je lui ai dit il a…il a ri…je…il s'est moqué de moi et l'a fait savoir à tout le monde et puis je…ils m'ont tous insultée et puis ils se fichaient de moi…j'avais le cœur brisé, j'avais mal et puis…ça a duré trois ans…je n'en pouvais plus…je ne voulais pas que ça recommence…alors je ne voulais pas m'attacher je…c'était trop dur…ça me rappelait tellement mes parents…eux aussi m'avaient…»
C'en fut trop ; la jeune femme éclata en sanglots, enfouissant son visage dans ses mains.
Samuel sourit. Il s'approcha d'elle et passa un bras autour de ses épaules, bras qu'elle tenta de rejeter mais qui s'imposa finalement.
«Lâchez-moi…
-Mais je ne te tiens pas, Temperance…» répondit-il avec un sourire encore plus mesquin qu'auparavant.
Il y eut un silence. Brennan pleurait, et Samuel lui la regardait.
«Ça a dû être dur…tu as vraiment dû avoir mal…vraiment, ce Peter…c'est cruel, un ado…calme-toi, belle Temperance…» murmura-t-il en l'embrassant sur le front.
Elle cherchait à ne pas l'écouter, à tenir le son de sa voix loin de ses oreilles, à oublier son baiser, mais rien n'y faisait. Son murmure se frayait toujours un chemin jusqu'à son tympan, quoi qu'elle fasse. Elle ne pouvait pas se couper de lui.
«Et Elliott alors…vouloir te rappeler ce moment tellement horrible… sourit-il. Ce n'est vraiment pas gentil ça…qu'est-ce que tu lui avais fait pour qu'il t'en veuille autant ?»
La jeune femme n'avait plus de voix. Pourquoi Elliott avait-il fait ça, se demandait-il ? Jalousie, égocentrisme, cruauté…il y avait tellement de raisons. Mais aucune qu'elle avait délibérément créée. Ce n'était pas sa faute, c'était lui ! Simplement lui.
«Dis-moi, Temperance…cet Elliott, il n'a jamais été arrêté, n'est-ce pas ?»
Une lueur furtive passa dans les yeux de Brennan. Samuel sourit ; c'était une étincelle d'inquiétude, d'alerte, de surprise, et surtout de peur. Et il adorait voir cette émotion dans les yeux de ses victimes. Cela prouvait à quel point il avait raison, à quel point ils étaient faibles.
Le sang de la jeune femme se glaça dans ses veines lorsqu'elle vit le regard qu'avait Samuel. Un frisson passa le long de sa colonne vertébrale. C'était le regard d'un fou, d'un fou complètement fasciné par la souffrance qu'il provoquait, d'un fou prêt à tout pour augmenter encore un peu plus cette souffrance qui le faisait se sentir vivant.
Il rapprocha ses yeux de son visage.
«Il avait raison…tu es belle quand tu as peur… murmura-t-il en l'embrassant sur la joue. Belle Temperance…»
Booth serra le poing. Non content de la faire pleurer, Samuel la touchait ! Il avait le bras sur ses épaules, et il l'embrassait ! Et elle, elle se laissait faire. Elle ne bougeait pas. Elle avait probablement trop mal pour ça.
Brennan releva la tête, lançant un regard noir à Samuel. Elle lui mit une gifle et se dégagea de son emprise, s'éloignant de quelques pas de lui avec difficulté.
«Petit oiseau, tes ailes sont atrophiées…tu ne peux pas voler…rien ne sert donc d'essayer…»
Mais elle ne l'écouta pas, se précipitant sur la porte. Elle secoua la poignée plusieurs fois, sans résultat. Bien évidemment, Samuel n'était ni fou ni stupide ; il avait fermé à clef.
Elle se retourna, dos à la porte, et le vit s'avancer vers elle en brandissant la clef. La jeune femme tenta de l'attraper, mais il l'en empêchait en éloignant à chaque fois l'objet convoité.
«Ne m'oblige pas à te donner un autre coup sur la tête…ça ferait beaucoup en une journée…»
Baissant la tête, elle s'écarta de la porte, laissant Samuel l'ouvrir. Ce dernier lui prit le bras et, l'entraînant dans le couloir, la remit dans la même pièce que Booth avant de se réinstaller devant ses écrans.
Les deux partenaires se regardèrent quelques instants, puis Booth engagea la conversation, inquiet :
«Tout va bien Bones ?
-Vous avez tout vu, non ? répondit-elle d'une voix faible.
-Oui mais…je suis désolé Bones…vraiment désolé…je n'aurais pas dû douter de vous ce…
-N'en parlons plus…»
Le silence s'installa gêné, Booth n'osait parler à bout, Brennan essayait de se calmer.
«Merci d'être là, Booth. Vous êtes tout ce que j'ai ici…»
L'intéressé esquissa un sourire avant de se rapprocher pour la prendre dans ses bras, la berçant doucement.
«Merci…merci beaucoup Booth…
-De rien, Bones.»
Elle posa la tête sur son épaule, il appuya sa tête contre la sienne, et ils restèrent ainsi un long moment, profitant simplement de la présence de l'autre.
Devant son écran, Samuel sourit.
C'est trop mignon…comment peut-elle croire m'avoir dupé avec un mensonge pareil ? Qui croit-elle tromper avec une histoire comme celle-là ? Seeley avait bien raison ; elle ne sait pas mentir. Il la connaît si bien et si mal à la fois…il sait comment elle agit, mais il ne se pose pas la question de savoir pourquoi. Quel dommage. Le passé fait partie intégrante de nous, et c'est la façon dont on le perçoit qui détermine ce que nous sommes. Sans connaître son passé, comment peut-il espérer la convaincre de le laisser l'aimer un jour ? Quel manque d'intérêt pour elle…
Et elle…on se demande qui elle cherche à tromper quand elle parle. Son langage et son apparence froide ne sont que des artifices derrière lesquels elle se cache, qu'elle utilise comme bouclier. Elle démonte les émotions, elle brise la magie de l'amour en le transformant en phénomène chimique, mais on dirait parfois qu'elle ne croit pas en ce qu'elle dit. Elle fait preuve de plus de cœur qu'elle ne veut bien l'admettre. Cela fait d'ailleurs partie de son processus de défense ; dire qu'elle n'a pas de cœur dissuade les gens d'essayer d'entrer dans sa vie. Cela réduit les chances qu'ils le lui brisent ensuite. Mais moi, je connais la vérité. Je la connais mieux que n'importe qui, même mieux que Seeley. Et je sais qu'elle finira par se confier à lui. Elle en aura besoin ; notre petit tête-à-tête de tout à l'heure a remué des choses en elle, je l'ai vu. Elle va y repenser, de plus en plus souvent, et ça la rendra folle…
Il le verra, il voudra l'aider, il s'inquiétera ; elle sera démangée par l'envie de le lui dire, elle se retiendra, elle finira par craquer…quand l'un s'inquiète, l'autre cherche toujours à le rassurer…ils feraient tout l'un pour l'autre…ah, c'est beau l'amour !
Alors ?
