Bonsoir !

Merci à toutdoux-Dadou, Manooon, lavicalinaezza, Low-BB, Elodiev31 et July-bOnes.

Merci à tous, et surtout à Elodiev31 pour avoir mis la 300ème review !

Bonne lecture !


Chapitre 33 : Réveils

L'alcoolique commença à reculer en titubant, mais Samuel, sobre et en pleine possession de ses moyens, avançait au fur et à mesure qu'il reculait.

Fred déglutit difficilement. Il sentait sa dernière heure venue, et il regrettait d'avoir trop bu pour pouvoir se défendre. Mourir comme ça, dans une ruelle, seul dans la nuit, complètement ivre, sans même s'être défendu…quelle mort déshonorante. Il s'était toujours dit qu'il finirait sa vie seul et pauvre, mais il avait espéré pouvoir au moins garder un peu de sa dignité en mourant. Il n'aurait même pas cela avec Samuel. Ce type était plus froid qu'une pierre. Il ne lui laisserait rien.

La lame froide du couteau entra en contact avec la gorge chaude de Fred. Il avait les yeux fixés sur l'arme, n'osant même plus avaler sa salive. Samuel le regardait avec des yeux de fou, fasciné par l'instant.

«Tu sais que tu es pour le moment ma première victime célibataire ? Et aussi le seul à m'avoir jamais approché d'aussi près. Tu m'avais presque eu à l'époque. Plus débrouillard que tous. Tu m'amusais, tu le sais ça ? Quel dommage que tu aies arrêté…ça me donnait un petit frisson supplémentaire.

-T'es vraiment qu'un taré toi. Pour le frisson, tu vas être servi salaud…j'espère que Max te fera hurler de douleur encore plus fort que tes pauvres victimes avant de te crever sale enfoiré…

-Max ? Ah oui, Keenan. Criminel très astucieux, cambrioleur de première, père moyen, discutable mais très affectueux, capable de tuer pour ses enfants…je me demande ce qu'il va ressentir en voyant sa chère fille baignant dans son sang !»

Samuel éclata d'un rire sardonique, anticipant le plaisir qu'il aurait à voir le vieil homme réagir à cela. Il éloigna de quelques centimètres la lame du cou de Fred, ce qui permit à ce dernier de souffler.

L'alcoolique jeta un œil derrière le psychopathe, tentant d'apercevoir une aide quelconque ou un moyen de se sortir de là. C'est alors qu'il avisa une silhouette qui entrait dans la rue. Son dernier espoir. Il ne fallait pas que Samuel le voie, sinon il y passerait aussi…

Fred regarda Samuel dans les yeux.

«Il le verra pas, parce que ça arrivera pas.

-Ah oui ? Et tu peux me dire ce qui m'empêchera de la tuer ?

-Max.

-Max ne me trouvera pas. Du moins, pas avant qu'il soit trop tard…»

Samuel replaça sa lame sur le cou de Fred. Dans son dos, la silhouette se rapprochait sans un bruit, se fondant dans la nuit. Fred aurait juré que l'homme cherchait à approcher discrètement.

La pression de la lame augmenta. C'était la fin. Cette fois, ça y était. Il allait l'égorger.

Tout se passa en un éclair. L'homme surgi de nulle part saisit le bras de Samuel et l'éloigna de la gorge de Fred, l'éloignant de lui ; Samuel frappa dans le vide, tentant d'atteindre son agresseur. Fred rejoignit l'homme et tous deux se liguèrent contre Samuel qui prit la fuite. C'était raté. Mais il les aurait…

Le mystérieux homme s'élança à la poursuite de Samuel, mais s'arrêta au bout de quelques mètres, voyant des phares s'allumer. Le tueur avait une voiture et disparut, laissant l'homme et Fred derrière lui.

Fred, lorsque Samuel fut parti, se tourna vers le mystérieux homme.

«Tu m'a sauvé la vie. T'es un chouette type. Merci. J'te l'revaudrai.

-Bonsoir, Fred, lui répondit la voix familière de Max.

-Max ?! Qu'est-ce que tu fais là ?

-Tu viens bien de dire que tu me le revaudrais, hein ?

-Ouais…

-Alors je ne te demande qu'une chose : aide-moi à sauver ma fille et on est quittes.»

Il y eut un silence. Fred réfléchissait.

«Ok. Mais on verra ça de-main, pas'que j'dois aller faire do-do moi !

-Oui, je vais te laisser cuver un peu ton alcool. Je te ramène, je ne voudrais pas qu'il t'arrive quelque chose.»


Samuel ne parvenait pas à trouver le sommeil. Allongé sur son lit, devant l'écran qui lui retransmettait ce qui se passait en bas, il pestait. Il aurait dû supprimer Fred. À tous les coups, c'était Keenan qui était arrivé. Et maintenant, ils allaient bosser ensemble. Keenan…il avait envie de se mesurer à cet homme. Ce serait un défi à relever, mais ça promettait d'être intéressant.

Il se redressa brusquement. Il y avait du mouvement sur l'écran. Elle revenait à elle. La pause était finie. Il dormirait plus tard.

Il se fit un café et se réinstalla devant ses écrans, prêt à assister au spectacle de ses deux captifs.

Brennan ouvrit les yeux. Il y avait…quelque chose sous sa tête. Où était-elle ? La dernière chose dont elle se souvenait était s'être évanouie dans l'autre pièce. Était-elle revenue près de Booth ? Ou était-elle toujours près du tueur ?

«Bones ? Comment vous sentez-vous ? s'inquiéta Booth.

-Booth ? Je ne…où est-il ? demanda-t-elle en se redressant doucement.

-Aucune idée. Il vous a ramenée ici et il est reparti. Ça va ?

-Pas trop…je crois que j'ai un problème aux côtes…j'ai mal…

-Calmez-vous, ça va aller. Qu'est-ce qui s'est passé ? Pourquoi il vous a frappée ?

-Je…»

Les mots se bloquèrent dans sa gorge. Ses dernières paroles…il avait dit souviens-toi si tu lui en parles, j'irai rendre visite à son fils…tu ne voudrais pas qu'il apprenne que le petit Parker est mort parce que tu n'as pas su tenir ta langue, n'est-ce pas ? Habituellement, elle ne cédait jamais aux menaces, c'était une règle de vie. Elle ne se laissait jamais avoir comme ça. C'était stupide. Mais là…il s'agissait de Parker, et Samuel ne reculerait devant rien pour avoir ce qu'il veut. Il le saurait, il les surveillait tout le temps. Booth et elle seraient totalement impuissants face à cela ; ils ne pourraient pas s'échapper de là. Et Samuel n'hésiterait pas une seconde à tuer le petit garçon s'il le jugeait nécessaire.

Une larme roula sur sa joue, larme qu'elle n'avait pu retenir. L'agent, très étonné, posa la main sur sa joue et essuya sa larme du pouce. Brennan eut un mouvement de recul, se dégageant des bras de Booth.

Ce dernier fronça les sourcils avant de se souvenir. C'était comme ça que Samuel l'avait touchée. Quel idiot de ne pas y avoir pensé !

«Bones ? Bones, je suis désolé. Je…j'avais…

-Non, ce n'est rien Booth, ce n'est pas grave.

-Vous êtes sûre ?

-Oui, oui. Tout va bien.»

Elle revint s'appuyer contre lui, et Booth jugea bon de ne pas essayer de la reprendre dans ses bras. Il laissa passer un moment, permettant ainsi à la tension qui régnait dans la pièce de diminuer.

«Ça a un rapport avec ce Fred dont vous me parliez ?» reprit Booth, désireux de savoir.

Brennan se blottit un peu plus contre lui, les larmes commençant à poindre. Il la serra contre son cœur. Il poserait des questions plus tard. Pour le moment, elle avait besoin de lui. Et il serait là pour elle.

Samuel sourit. Elle n'avait rien dit. Elle avait peur. Mieux encore ; le geste de Seeley l'avait fait s'éloigner de lui. Elle commençait à associer des gestes, des sensations, des mots à lui. Et ces associations étaient suffisamment puissantes pour la détourner de l'homme qu'elle aimait le plus au monde. Il était sur la bonne voie. Bientôt Booth ne pourrait plus la toucher sans qu'elle ait peur. Et ça lui ferait mal !

Ce problème-là était réglé. Pour le moment, il allait les laisser tranquilles. Ils étaient mignons quand ils étaient comme ça. Et puis, ça ne durerait pas. Ils devaient reprendre des forces ; le lendemain serait particulièrement éprouvant. Quant à lui, il devait préparer la prochaine séance.


Angela sentit une main lui secouer l'épaule et se redressa lentement en gémissant. Elle ouvrit les yeux en papillonnant, encore à moitié endormie.

«Angela ? fit la voix bienveillante de sa supérieure hiérarchique.

-Camille ? marmonna l'artiste en se frottant les yeux. Qu'est-ce qui se passe ?

-Je ne sais pas…il n'est pas là ?

-Non, et je ne l'ai pas vu depuis hier en début d'après-midi, ce qui fait donc environ 18 heures. J'ai appelé chez lui, mais ça ne répond pas, et son portable non plus. Vous savez où il est allé ?

-Non je…il a juste dit qu'il allait vérifier une théorie à lui, et il est parti. Il est peut-être juste en retard, c'est tout.

-Oui, c'est exactement ça, intervint une voix masculine depuis la porte. Désolé docteur Saroyan.

-Qu'est-ce qui vous est arrivé ? demanda cette dernière, remarquant le pansement sur le front de l'entomologiste.

-Vous n'allez pas me croire.

-Essayez toujours.»

Camille s'assit sur le canapé d'Angela en l'invitant à continuer. Angela étouffa un bâillement avant de croiser les bras, prête à écouter l'histoire de son collègue.

«Alors voilà. Hier, vers quatorze heures, je suis retourné à l'appartement du F.B.I. pour explorer le passage secret. Ce crétin de Cullen ne l'avait pas fait inspecter par ses agents. Sûrement une conspiration pour ne pas retrouver Booth et Brennan, ça. Bref, j'ai détruit la cloison et je suis entré. J'ai descendu quelques marches, et je suis arrivé à une porte. J'étais sur le point de l'ouvrir et là, paf ! Un grand coup sur la tête. Je suis tombé et plus rien. Quand je me suis réveillé, j'étais dans la cage d'escalier de l'immeuble et j'avais un mal de crâne de malade. Il était à peu près trois heures du matin, on avait dû me droguer pour que je reste inconscient si longtemps. Je n'ai pas pu ouvrir la porte de l'appartement, je n'avais plus la clef, alors je suis allé à l'hôpital, j'ai fait une prise de sang, ils m'ont mis un pansement, et me voilà.»

Il y eut un silence. Camille ouvrait des yeux ronds, et Angela avait les sourcils levés.

«Ok…après tout, pourquoi pas ? C'est juste invraisemblable. Non mais c'est vrai, depuis que je suis ici j'ai vu des trucs encore plus dingues, alors pourquoi pas ça ? J'appelle Cullen, déclara la pathologiste en sortant son téléphone portable.

-Pourquoi ?

-Pour qu'il envoie un agent qui retournera vérifier le passage avec vous, histoire que vous ne vous fassiez pas assommer une deuxième fois.

-Pff. Il ne fera rien.

-Oh si, il va faire quelque chose, croyez-moi.»

Camille sortit du bureau passer un coup de fil ; Hodgins et Angela la regardèrent, se lançant de temps en temps des regards amusés. Au bout de cinq minutes, la pathologiste revint et leur annonça l'arrivée prochaine d'un agent.

«Bon, eh bien je vais aller travailler sur les cadavres des deux premiers couples avec monsieur Bray, déclara Camille.

-Amenez-moi les crânes une fois que les marqueurs auront été placés. En attendant, je vais m'occuper des relevés téléphoniques de l'agent Bloom. Peut-être que ça nous apprendra quelque chose d'utile.

-Quant à moi, j'attends le pingouin du F.B.I… soupira Hodgins. C'est bon, j'ai compris.»


Alors ?

Samedi prochain pour la suite !