Bonsoir à toutes et à tous !

Merci à Manooon, lavicalinaezza, Elodiev31, Guest, July-bOnes et harrysteph.

Manooon : Ah, il est horrible, mais il est fait pour ça !

lavicalinaezza : Barder, barder...tu verras bien !

Elodiev31 : ^^

Guest : Désolée, je n'ai pas trop eu le temps...je ferai peut-être mieux la prochaine fois, ces derniers temps je me consacre davantage à mon autre fiction, sur laquelle j'ai pris du retard.

July-bOnes : Enfin quelqu'un qui partage mon avis ^^

harrysteph : ça viendra, ça viendra...ou pas ^^

Bonne lecture !


Chapitre 35 : La fin de la confiance

Dans l'autre pièce, Samuel s'approchait lentement de Brennan qui, méfiante, restait le plus loin possible de lui.

«Pourquoi te méfier, Temperance ? As-tu vraiment aussi peu confiance en moi ?

-Cela n'a aucun sens de parler de confiance avec vous, répliqua-t-elle.

-Et avec Seeley ? Tu as confiance en lui ?

-Ça ne vous regarde pas» répondit-elle en croisant les bras.

Samuel sourit devant l'attitude de la jeune femme.

«Tu as raison de lui faire confiance. C'est un homme bien, et ses petites entorses à ta confiance ne doivent pas peser dans la balance.»

Elle fronça les sourcils. La confiance n'avait pas de cheville ou de poignet, c'était…stupide. Il devait encore s'agir de l'une de ces expressions idiotes. Si Booth était là, il pourrait lui expliquer…

«Oh, tu ne comprends pas ? Disons dans ce cas que…les fois où il trahit ta confiance ne doivent pas compter. C'est plus clair ?»

Il interpréta la détente des traits de Brennan dans ce sens et poursuivit.

«Ce ne sont que de petites choses, et il y a toujours de très bonnes raisons à ça. Par exemple, quand il t'a obligée à raconter l'abandon de tes parents au procès des Costello, c'était dans un but honorable. Il fallait absolument faire condamner ces meurtriers, il le fallait à tout prix.»

Brennan sentit son cœur se serrer. Elle savait qu'il faisait ça pour la déstabiliser, mais il avait l'air d'y croire à un tel point que ça fonctionnait parfaitement sur elle. Cela l'énervait, ce pouvoir qu'il semblait détenir sur elle ; il paraissait pouvoir lui faire penser ce qu'il voulait quand il voulait, et c'était insupportable pour la jeune femme. Elle avait toujours détesté qu'on lui donne des ordres, qu'on lui dise quoi faire, qu'on lui impose quelque chose. Et là, même son esprit jouait contre elle. Tout ce qu'il disait était parfaitement vrai, mais elle ne pouvait s'empêcher d'en vouloir à Booth, et il le savait. Elle restait convaincue, même après toutes ces années, qu'il y avait une autre solution…

«Et quand il s'est fait passer pour mort, c'était nécessaire, il le fallait pour arrêter un dangereux tueur. Il n'avait pas le choix, et c'était de toute façon ce qu'il avait à faire. Il a bien fait, tu ne crois pas ?»

Elle baissa les yeux, tentant de ne pas se laisser dépasser. Elle ne devait pas pleurer, non, pas maintenant, pas devant lui. Mais les images de Booth à terre dans ce karaoké, son sang coulant sur ses doigts, ses yeux se fermant lentement, et puis…le trajet jusqu'à l'hôpital, et l'annonce…il est mort. C'était tout ce qu'avait dit le médecin. Trois mots. Trois mots qui lui avaient déchiré le cœur.

«N'est-ce pas ? insista Samuel, sachant très bien ce que sa victime était en train de traverser.

-Bien sûr» réussit-elle à articuler.

Sa voix n'était qu'un murmure. Elle ne pouvait pas faire mieux, la voix brisée par l'émotion, la gorge nouée par la tristesse, le cœur serré par la douleur.

«Tous ses beaux discours sur l'amour…vraiment l'homme parfait, n'est-ce pas ? Enfin…il serait parfait s'il était moins jaloux. C'est vrai, après tout, à chaque fois que tu avais une relation amoureuse avec quelqu'un, il s'arrangeait pour s'immiscer entre vous. Par exemple, quand cet agent du F.B.I., Kinton ? Kenton, je crois, avait tenté de te tuer, Seeley avait automatiquement soupçonné ton rendez-vous. Il avait même tenté de l'éloigner de toi. Il a fait la même chose avec son ami du F.B.I. C'est à cause de lui que Sullivan est parti. Il ne t'a pas dit qu'il avait conseillé à ton copain de réaliser son rêve et affirmé que ça passait avant tout le reste ?»

Il laissa un silence, permettant à Brennan de peser ses paroles et d'y réfléchir.

«Non, bien sûr…sais-tu au moins pourquoi il faisait ça ?

-Il…il tient à moi, s'empressa-t-elle de répondre.

-Non…tu interprètes mal ses actions. Non, ce qu'il veut, c'est te posséder, t'avoir pour lui tout seul. Il ne te veut pas pour ce que tu es mais pour ce que tu représentes : une femme que beaucoup d'hommes voudraient avoir. C'est tout ce qu'il voit en toi. Il a cherché à te couper de chacun des hommes avec qui tu étais parce qu'ils étaient un obstacle entre lui et toi.»

Il s'arrêta une nouvelle fois. Le visage de Brennan était maintenant couvert de larmes, et elle ne pouvait plus les cacher. Elle ne contrôlait plus son corps ; des sanglots s'échappaient de façon anarchique de sa bouche ouverte, elle manquait d'air, elle étouffait, elle sentait que sa poitrine était sur le point d'exploser. Ça faisait tellement mal…elle ne pouvait plus réfléchir, elle ne pensait plus. Son esprit tout entier était occupé par la souffrance qu'elle ressentait dans sa cage thoracique.

Samuel attendit qu'elle se calme un peu pour reprendre.

«Même ton équipe…il a essayé de les entraîner loin de toi, tu sais. Il a réussi avec la légiste, le docteur Saroyan. C'était facile, ils se connaissaient bien avant toi. Il a éloigné tous tes assistants, à tel point que l'un d'entre eux est devenu cannibale sans que tu t'en rendes compte. Il s'est rendu compte que l'entomologiste n'était pas un danger et qu'il était bien trop occupé par l'artiste pour se soucier de toi. Mais ta meilleure amie lui a donné du fil à retordre. Il lui a fallu des années pour se la mettre dans la poche. Mais maintenant, elle lui fait autant confiance qu'à toi, et peut-être même plus.

-Non c'est faux…Booth tient à moi…il m'apprécie…

-Ouvre les yeux Temperance. Il ne t'aime pas ; tout ça, c'est pour rendre jaloux les autres hommes. Ça se voit d'ailleurs très bien quand il s'est fait passer pour mort. Tu sais pourquoi tu n'as pas été prévenue ?

-Sweets…il a choisi de ne pas le faire…

-Non, ça c'est ce que Seeley a demandé à Sweets de dire. La vérité, c'est que tu n'étais pas sur la liste.

-Non…c'est faux, Sweets…il n'aurait pas menti…et Booth non plus…il l'a juré…

-Seeley a fait peur à Sweets, tu sais qu'il l'intimide. Quant à Booth et à ses promesses…attends, je vais te montrer quelque chose.»

Samuel se dirigea sous l'œil intrigué de Brennan vers la porte. Il sortit quelques minutes avant de revenir, un papier à la main.

Elle était assise par terre lorsqu'il revint, les genoux repliés contre sa poitrine, le front appuyé sur ses rotules, les épaules encore tremblantes.

«Regarde cela, Temperance. Tu reconnais cette écriture ?»

La jeune femme leva les yeux, intriguée. Bien sûr qu'elle reconnaissait cette écriture. Elle la reconnaîtrait entre mille. C'était celle de Booth.

Elle acquiesça inconsciemment, ce qui permit à Samuel de continuer.

«Il s'agit de la liste qu'il a fait parvenir au F.B.I. Toutes ces personnes ont été informées qu'il n'était pas mort. Tu vois ton nom quelque part ?»

Samuel lui laissa plusieurs secondes pour parcourir la lettre des yeux. Elle lut chaque nom avec attention, souhaitant à chaque fois reconnaître le sien, mais elle arriva bientôt au dernier nom sans avoir trouvé le sien.

«En revanche, il y a bien écrit «Camille Saroyan» et «Rebecca Stinson»…ça soulève quelques questions, tu ne crois pas ?»

Devant le silence de Brennan, il replia la feuille et la glissa dans sa poche. De nouvelles larmes firent leur apparition dans les yeux de la jeune femme, et elle fondit une nouvelle fois en larmes. Il s'assit près d'elle, dos au mur, et passa son bras autour de ses épaules, la pressant doucement contre lui. Il ne rencontra aucune résistance ; elle ne le sentait qu'à peine.

«Non… murmura-t-elle d'une voix ferme. Non.

-Si. Parce qu'il voulait que tout le monde voie à quel point tu souffrais qu'il soit mort et à quel point tu tenais à lui. Il voulait que tout le monde sache que tu avais le cœur brisé en mille morceaux à cause de lui.

-Non…Booth…»

Elle refusait d'y croire. Non, non, non, c'était impossible ! Booth ne pouvait pas être ce type d'homme. Lui qui était si gentil, si attachant, tellement attentionné et généreux…il ne pouvait pas être l'homme mauvais, manipulateur et cruel décrit par Samuel. C'était impossible, il était…elle…ils étaient meilleurs amis, partenaires…il lui avait donné sa vie, il avait failli mourir…pour elle…un sanglot s'étouffa dans sa gorge. Il ne pouvait pas l'avoir trahie. Pas lui, non, pas lui…tout mais pas lui…

Il adorait sentir, entendre et voir toute cette souffrance, cette peine, cette tristesse qu'il causait en elle. Il appréciait d'ailleurs tout particulièrement regarder ses magnifiques yeux bleus pleins de larmes ; ils n'en étaient que plus merveilleux encore.

Lorsqu'elle sentit un bras l'entourer, elle pensa que c'était Booth. Mais pas le Booth que venait de lui décrire Samuel, non, le Booth tel qu'elle le percevait avant. Celui qui la rassurait, qui la réconfortait, qui était toujours là pour elle. Celui qui, dans une telle situation, l'aurait sans hésiter prise dans ses bras et bercée avec beaucoup de douceur, de tendresse et d'affection.

Malgré cette idée qu'elle associait à Booth, il lui semblait que, depuis qu'elle avait atterri là, Booth était devenu un monstre. Comme s'il y avait deux Booth. Cela n'avait pas de sens, mais c'était ce qu'elle ressentait. Et ça faisait mal…

Samuel sourit. Exactement ce qu'il voulait. À présent, aucun d'eux deux ne serait en mesure de se comporter normalement avec l'autre. Cela créerait des tensions, malgré les sentiments qu'ils continueraient d'avoir l'un pour l'autre…et ce seraient ces sentiments qui feraient le plus mal. Et voilà. Le bourreau des cœurs avait encore frappé. Le cœur de Temperance Brennan était en miettes.

Il l'embrassa sur la tempe avant de retirer son bras et de se relever. Elle avait toujours le regard rivé vers le sol, les yeux tristes, vides, comme si elle était morte à l'intérieur.

«Je dois te laisser, Tempe.»

Et il quitta la pièce, entrant dans celle d'à côté.

«Elle est vraiment belle, tu sais. Quel dommage que tu l'aies trahie…

-Quoi ?! Qu'est-ce que vous lui avez dit pourriture ?!

-Viens avec moi et tu le sauras.»

Intrigué par Samuel, Booth le suivit avec méfiance. Il savait qu'il allait revenir dans l'autre pièce, mais qu'y trouverait-il ?

Lorsqu'il entra dans la salle, il ne remarqua pas tout de suite Brennan. Elle était pelotonnée dans un coin, tournée vers le mur, tête baissée. Booth se précipita sur elle, ne prêtant pas attention à la porte qui se refermait.

«Bones !»

Il s'agenouilla près d'elle et posa la main sur son épaule. Elle tressaillit à ce contact.

«Bones, murmura-t-il, ne comprenant pas pourquoi elle ne réagissait pas.

-Laissez-moi.»

Elle dégagea son épaule de sa main.

Sa voix était froide, dure. Jamais elle n'avait parlé ainsi à Booth, jamais. Et jamais il ne l'avait entendue parler comme ça, à quiconque. Pas même à un criminel. S'ils n'avaient pas été seuls dans la pièce, Booth aurait pu jurer que ce n'était pas elle qui avait parlé. Que pouvait-il lui avoir dit comme bêtises ? À quel point lui avait-il fait mal pour qu'elle soit autant sur ses gardes avec lui ?

«Bones, chuchota-t-il. Bones, je vous en prie, il ne faut pas l'écouter, lui demanda-t-il en posant la main sur son bras.

-Laissez-moi !»

Brennan se retourna brusquement, donnant une gifle à Booth avant de se lever rapidement.

«Ne me touchez plus jamais !»

Booth resta immobile, figé. Il était stupéfait. Jamais, au grand jamais il ne l'avait vue comme ça. Elle ne perdait que rarement le contrôle d'elle-même, et lorsque cela arrivait, elle n'était jamais aussi agressive. Surtout avec lui. Cela lui ressemblait encore moins que son attitude précédente.

La jeune femme laissa couler une larme sur sa joue, une seule. Elle avait comme l'impression que sa cage thoracique était comprimée, l'empêchant totalement de respirer, la gorge nouée et douloureuse. Elle retenait des sanglots qui ne souhaitaient que sortir et cherchaient à se libérer avec violence. Elle avait voulu remettre son masque de froideur, mais malgré cela il pouvait lire sa douleur dans ses yeux.

«Bones…qu'est-ce qu'il vous a fait… murmura-t-il, les larmes aux yeux.

-C'est vous. Vous et uniquement vous.»

Sa voix était aussi tranchante qu'un couperet, et elle avait fait court, ne voulant pas qu'il s'aperçoive de son mal-être intérieur.

«Mais Bones, qu'est-ce que j'ai bien pu vous faire pour vous mettre dans cet état ? Je n'ai jamais voulu vous nuire, bien au contraire…quand je me mettais entre vos petits amis et vous, c'était uniquement pour vous protéger, je vous le jure. Je ne voulais pas qu'ils vous fassent de mal. J'ai conscience que j'ai probablement été excessif avec certains, mais c'était uniquement dans votre intérêt. Je ne veux pas vous blesser, Bones. Je ne veux pas vous faire le moindre mal, je veux juste…vous protéger.»

Brennan fit volte-face, tournant le dos à Booth. Elle croisa les bras, tentant de stopper les larmes qui menaçaient d'envahir son visage.

«Alors disparaissez. Ne me parlez plus, sortez de ma vie et n'y revenez jamais.»


Qu'en avez-vous pensé ?

Je mets la suite le week-end prochain !