Bonsoir !

Merci à lavicalinaezza, Guest, Manooon, Low-BB et July-bOnes.

Bonne lecture !


Chapitre 38 : Les Samuel

Le matin, Garrett entra en coup de vent dans le bureau d'Angela, faisant sursauter cette dernière.

«Il est en fauteuil roulant, mademoiselle Montenegro ! Vous n'auriez pas pu vérifier ça avant de m'envoyer là-bas, non ? J'ai perdu deux heures à cause de ça !

-Eh, oh ! Je n'y suis pour rien, moi. Ce n'était écrit nulle part dans son dossier. En revanche, en suivant le profil de Sweets, j'ai dégagé 22 suspects ayant pour prénom Samuel. Parmi eux, 13 étaient dans le domaine médical au moment des premiers meurtres connus, ont fréquenté une Alexandra à cette époque ou avant et ont plus de 35 ans. Ça vous intéresse ?

-Dites, j'irai les voir avec King.

-J'en ai éliminé quatre à cause de leur âge, étant donné qu'on a établi qu'il avait autour de 40 ans. Un autre est en mission humanitaire à l'étranger depuis un an, donc il n'a pas pu les enlever. Il ne reste que huit suspects : quatre médecins généralistes, un médecin légiste, un chirurgien, un oncologue et un médecin à la retraite.

-Leurs noms, s'il vous plaît.

-Alors…en médecine générale, nous avons : Samuel Barnes, 42 ans, habitant à Arlington, Samuel Jenkins, 40 ans, Springfield, Samuel Wilson, 41 ans, Alexandria, et Samuel Johnson, 43 ans, dernière adresse connue à Petworth.

-C'est noté. Ce Johnson, là…pourquoi n'y a-t-il que sa «dernière adresse connue» ?

-Il a fait de la prison, un an, l'année dernière. Il est sorti trois semaines avant la disparition des Banks.

-Ensuite ?

-Le médecin légiste s'appelle Samuel Stevenson, 45 ans, il habite Fairfax. Le chirurgien a 39 ans, il habite à Mitchellville, c'est le docteur Samuel Carston. L'oncologue est Samuel Hanks, 38 ans, domicilié à Annandale. Quant au médecin qui n'exerce plus depuis cinq ans, il s'appelle Samuel Collins, il a 44 ans et il habite au centre-ouest de Washington.

-Très bien. Je vais commencer par Barnes, Hanks et Wilson. Je vous rappelle si j'ai du nouveau.

-Moi, je vais faire des recherches sur les Alexandra qu'ils connaissent. Peut-être trouverai-je une piste. Et je vais aussi chercher à retrouver le docteur Johnson.

-Oui, faites donc cela. Pas d'activité sur le portable ?

-Non, il a malheureusement été éteint. Mais je guette.

-Bien. Combien de temps pensez-vous qu'il leur reste ?»

Angela baissa la tête.

«Pas longtemps. Moins de trois jours.»


Samuel ferma la porte. Brennan resta debout elle était ailleurs.

«Cela ne va pas, Temperance ?»

Pas de réponse. Aucune réaction.

«C'est à cause de lui, pas vrai ?»

Brennan ne l'écoutait même pas. Sa voix n'était qu'un son flou et vague, comme un bruit de fond.

«Je peux comprendre. Seeley n'a vraiment pas été correct cette fois-là. J'espère au moins que tu as compris qui il est vraiment. Et surtout, que tu t'es libérée de son emprise. Tu devrais manger, tu sais. Ce n'est pas bon pour toi de rester le ventre vide.

-Je n'ai pas faim.

-Mange tout de même un peu. Tu es docteur, tu sais que c'est nécessaire à ton organisme. Allons, ressaisis-toi.»

Elle but un peu, et mangea.

«Bien. Maintenant, viens.»

Samuel sourit. Il sortit un couteau de sa poche.

«Tu vas enfin pouvoir rendre une partie du mal qu'on t'a fait.»


Booth était anxieux. Cela faisait déjà longtemps – ou n'était-ce que son imagination ? – qu'ils étaient partis. Aucun bruit, rien. Juste le silence.

Quand la porte s'abattit contre le mur dans un claquement, son sang se glaça. Samuel entra. Mais ce n'était pas ce qui l'effraya le plus. Ce fou était seul…

«Où est-elle ? Qu'est-ce que vous avez fait d'elle ?!

-Du calme, chevalier blanc. Ce n'est pas le moment de jouer à l'imbécile.

-Qu'est-ce que vous voulez ?

-Ton aide. Vois-tu, ta «partenaire», comme tu te plais à l'appeler, a accepté de me parler. Elle m'a tout raconté.

-Vous mentez. Bones n'est pas comme ça, elle vous hait.

-Peut-être, mais elle au moins a bien compris où était son intérêt. Dis-moi, tu as peur de ce qu'elle m'a dit ou bien de ce que moi j'aurais pu lui dire ?

-Vous ne savez rien sur moi. Je n'ai pas peur de ce que vous avez pu dire, parce que c'est sûrement faux. Je me fiche de ce que vous avez pu lui dire sur moi, de toute façon elle ne vous croira pas.

-Ça, ça reste à vérifier…mais pour l'heure, ce n'est pas cela qui m'importe.»

Booth haussa les épaules.

«Comme elle, je te laisse le choix. Soit tu obéis et je te laisse quelques heures de répit, soit tu décides de refuser et tu en subiras les conséquences.

-Je n'ai pas peur de vous. J'ai été dans l'armée, j'ai été formé à endurer la torture. Faites-moi tout le mal que vous voulez, peu m'importe.

-Oh, je sais tout cela. Ce n'est pas à toi que je pensais faire du mal.»

Samuel fit quelques pas dans la pièce, mains dans le dos.

«Je me demande ce que Temperance penserait de toi si elle apprenait que tu étais responsable de la mort de sa meilleure amie…»

L'agent eut le souffle coupé. Quoi, Angela ? Il n'avait jamais touché quelqu'un d'autre que les couples. Hormis…Bloom, bien sûr. Mais Angela…elle n'avait rien fait, elle n'était pas un danger. Elle était innocente. Elle ne devait pas souffrir.

«Ne la touchez pas.»

Son ton était sans appel. Sa voix était empreinte d'une colère sourde, d'une détermination à toute épreuve, d'un sang-froid bouillant.

«Elle n'est pour rien dans toute cette histoire. Laissez-la tranquille. Je ferai ce que vous voulez.

-Tout ce que je veux ?

-Ce qu'il faudra pour que vous laissiez Angela partir.

-Alors viens.»

Booth sortit, méfiant, devant Samuel, qui tenait un couteau. Contre toute attente, ce dernier le conduisit dans une pièce qu'il n'avait jamais vue auparavant. Plusieurs écrans, chacun diffusant un endroit différent, un mur couvert de photos, et surtout, deux gros dossiers posés sur le bureau. Booth n'avait aucun mal à deviner de quoi il s'agissait.

«Assieds-toi là, lui ordonna Samuel en désignant une chaise de la main. Regarde.»

Il pianota quelques instants sur son clavier, et une image de Brennan s'afficha alors.

L'agent fut frappé de stupeur par cette image elle était assise sur le sol, adossée au mur, genoux repliés contre la poitrine, les bras croisés autour de ses jambes, le visage enfoui dans ses rotules.

Samuel mit le son. Booth l'entendit sangloter. Il parvenait même à discerner quelques mots : pourquoi…voulais…non…pas ça…être…Booth…pourquoi…Elliott…

Il tenta de rester de glace, et parvenait à garder une expression neutre, mais ses yeux le trahissaient. Le picotement était plus fort que lui, et bientôt les larmes se montrèrent. Sa gorge se nouait douloureusement, il avait l'impression d'étouffer, mais il prenait sur lui pour le montrer le moins possible.

C'est alors qu'il remarqua un détail auquel il n'avait précédemment pas prêté attention ; il y avait un couteau près d'elle. Un couteau ensanglanté…et vu la couleur du sang, ce n'était pas du sang séché.

«Qu'est-ce que vous voulez ?

-Vois-tu Seeley, depuis que je vous observe, je trouve que Tempe est beaucoup trop dépendante de toi, trop soumise. Je veux que cela change.

-Qu'est-ce que je dois faire ?

-Tu veux qu'elle arrête de pleurer, n'est-ce pas ? Tu veux qu'elle se ressaisisse ? Alors parle-lui. Montre-lui que tu méprises les faibles comme elle. Libère-la de sa servitude. Elle doit comprendre que tu n'aimes que celles qui sont fortes.

-Non. Tout ce que vous voulez, c'est prolonger votre jeu un peu plus longtemps. Vous ne voulez pas qu'elle s'effondre trop tôt. Je ne vous aiderai pas à la faire souffrir.

-Bon, bon. Dans ce cas, je vais devoir aller voir sa meilleure amie…dommage.

-Non ! Laissez-la !

-Alors fais ce que je te dis. Je laisserai l'artiste partir.»

Booth bouillonnait de rage. Non seulement Samuel faisait du mal à Brennan, mais il le forçait en plus à participer ! Et le pire, c'était qu'il n'avait pas d'autre choix. Il aurait préféré souffrir mille morts que blesser Brennan. Quel minable. Imbécile. Pas même foutu de les sortir de là, après toutes les promesses qu'il lui avait faites. Il n'avait aucune parole. Aucun honneur. Aucune dignité.

Il était prêt à trahir sa parole. Elle n'avait donc aucune valeur. Et lui, il valait encore moins.

En cet instant, Seeley Booth se sentait être tombé plus bas que terre.


Brennan fit quelques pas. Cela faisait trop longtemps à son goût que Samuel était parti. Il se passait quelque chose. Il agissait bizarrement. Depuis qu'il lui avait coupé cette mèche…qu'allait-il en faire, d'ailleurs ? La montrer à Booth ? Pour quoi faire ?

Elle ne cessait d'échafauder de nouvelles théories sur ce qui se passait au Jefferson. Pourquoi ne les avaient-ils pas encore retrouvés ? Que faisaient-ils ?

Mais ce n'étaient pas Booth et elle qui l'inquiétaient. Non, c'était son père. Quand elle avait parlé de Fred à Booth, elle avait bien vu que Samuel était embêté. Elle n'avait pas compris pourquoi sur le coup, mais à présent qu'elle y avait réfléchi, elle avait compris que Samuel avait peur. Peur de quoi ? De Fred ? Ou bien…son père ? Non, il n'y avait aucune raison pour que Max fasse peur à Samuel. Cet homme avait tué plusieurs couples simplement parce que sa petite amie était morte et qu'ils étaient heureux, et même si Max avait déjà tué, il n'y avait pas de raison qu'il ait peur. Sauf si…Fred. Peut-être Fred savait-il quelque chose d'important. Peut-être représentait-il même un réel danger pour Samuel. Dans ce cas, il fallait garder espoir. Il y avait encore une chance qu'ils s'en sortent.

La porte s'ouvrit. Brennan eut un mouvement de recul, s'attendant à voir Samuel. Mais non ; il n'y avait que Booth.

Ce dernier avait un air sombre. Il avait le visage fermé, tel celui d'un colosse de pierre. Il regardait le sol, n'osant pas affronter son regard. Il fit quelques pas vers elle, et ferma la porte. Brennan fronça les sourcils.

«Booth ? Ça ne va pas ?»

Il ne l'entendait même pas. Il évitait de la regarder ; il ne pourrait pas supporter son regard. Rien que sentir ses yeux posés sur lui, lui qui était plus négligeable que la poussière, le rendait honteux. Il avait honte de lui, honte qu'elle ait seulement à supporter sa présence, honte d'oser se présenter à elle, et d'autant plus alors qu'il allait faire ce qu'il s'était promis de ne jamais faire : la blesser.

«Bo…» commença-t-il.

Bones. Il allait l'appeler Bones. Quelle erreur. S'il devait lui montrer qu'il ne tenait pas à elle, il ne devait pas l'appeler comme ça, pour commencer. Il fallait qu'il le fasse, pour les protéger tous les deux. Et pour protéger Angela aussi. Il le fallait, pour le bien de tous. Il n'y avait pas d'autre alternative. Il devait protéger Brennan, la protéger de lui et lui-même, il devait se protéger. S'il paraissait ne plus l'aimer, ne plus tenir à elle, alors peut-être que Samuel se désintéresserait d'elle et cesserait de lui faire du mal. Il le fallait, pour leur bien à tous les deux. A tous les trois.

«Brennan, j'en ai assez de jouer la comédie, se força-t-il à dire en gardant une voix neutre.

-Quelle comédie ? De quoi parlez-vous ? l'interrogea-t-elle, troublée par le nom qu'il avait utilisé.

-Je ne vous aime pas. Je ne vous ai jamais aimée. Vous êtes…beaucoup trop faible pour ça. Je veux une femme forte, moi. Une vraie femme. Une femme qui sait ce qu'elle veut, qui est déterminée et qui ne se laisse pas abattre par une stupide vidéo.»

Booth ne s'entendait même pas parler. C'était comme si un autre prononçait ces paroles, un autre qui aurait pris possession de son corps et utilisait sa bouche pour s'exprimer.

Brennan était bouche bée. Cela ne ressemblait pas à Booth. En tout cas, pas au Booth qu'elle connaissait. Mais tellement au Booth que lui avait décrit Samuel…

«Vous êtes trop faible. Vous ne m'intéressez pas. Vous ne m'avez jamais intéressé. Et je ne suis pas du tout attaché à vous. Tout ce que je faisais jusque là, c'était pour vous mettre dans mon lit. C'est tout ce qui m'intéresse chez vous. Je voulais vous exhiber, comme un trophée. Je n'ai jamais chassé vos petits amis que pour vous isoler, pour avoir l'exclusivité sur vous. Voilà. Ne vous faites pas d'illusion, je ne nous sortirai pas de là. J'essaierai de m'en sortir. Et si je peux sortir, je sortirai. Avec ou sans vous.»

Il essayait de la regarder dans les yeux, mais il n'y parvenait pas. Tout juste osait-il lever les yeux jusqu'à ses pieds.

Brennan ferma les yeux, se mordant la lèvre pour contenir au maximum la douleur qui s'emparait d'elle.

«Vous m'abandonneriez ? demanda-t-elle de la voix la plus froide possible en la circonstance.

-Oui.»

Il avait tenté de paraître sûr de lui, mais sa voix avait flanché. Il n'avait pas été capable de continuer à parler. Il ne pouvait plus. Tout cela l'écœurait, plus qu'il ne saurait le dire.

Elle acquiesça, sans prononcer un seul mot. Elle regarda quelques instants le sol, réfléchissant apparemment à quelque chose. Booth ne la quittait pas des yeux. Soudain, elle releva la tête et, sans que Booth ait eu le temps de le voir, elle lui lança son poing dans la figure.

Le coup l'atteignit en plein dans le nez. Un peu de sang en coulait, mais cela importait peu. Ce qui le touchait réellement, c'était le regard qu'avait Brennan en cet instant. Empli de colère, de haine et de douleur. Un regard qu'il savait avoir mérité. Un regard qu'il ne pourrait jamais se pardonner. Un regard qu'il n'était pas prêt d'oublier.


Alors ? Qu'en avez-vous pensé ?

Je mettrai la suite vers le 18 !