Chapitre 43 : Quand la vérité n'est pas la vérité
Max entra à son tour.
«Qu'est-ce que vous avez trouvé, Hodgins ? Qui c'est, ce type ? demanda-t-il avec méfiance en découvrant Spencer.
-C'est un détective, je l'ai engagé pour faire des petites recherches. Il a découvert l'identité de Samuel.
-Il a découvert que c'était Collins ?
-Comment le savez-vous ? demanda Hodgins, ouvrant des yeux ronds.
-Les vidéos de l'immeuble de ma fille. Bref. Je suis ici pour qu'on le retrouve, et ma fille et Booth par la même occasion. Angela, pouvez-vous faire des recherches plus poussées ? On doit les retrouver au plus vite, le temps presse !
-Hodgins, tu veux bien t'écarter de l'Angelator, s'il te plaît ?»
Angela commença ses recherches. Compte en banque, cartes de crédit, téléphones, tout y passait.
Pendant ce temps, Max et Camille, qui les avait rejoints, se rendaient au F.B.I.
King, Garrett, Camille et Max entrèrent avec précipitation dans le bureau de Cullen.
«Que se passe-t-il ?
-On a l'identité de Samuel, monsieur.
-Lancez un avis de recherche pour lui et sa voiture. Comment s'appelle-t-il ?
-Samuel Collins.
-Allez chez lui tout de suite, et téléphonez à Caroline Julian sur le chemin. Attendez six heures pour entrer.
-Bien monsieur.
-C'est trop long ! s'exclama Max. Ils n'en ont plus que pour quelques heures…
-Monsieur Keenan, vous voyez une autre solution ?
-Je vais voir cette pourriture et je lui fais dire où ils sont.
-Vous ne pouvez pas. Quand bien même je vous laisserais le faire, il n'est sûrement pas chez lui à l'heure qu'il est, mais dans son repaire ! Je peux comprendre que ce soit difficile à admettre pour vous, mais cette fois-ci vous devez comprendre que vous ne pouvez rien faire. Il faut attendre.
-Je ne peux pas attendre ! C'est ma fille vous comprenez, ma fille !
-Je sais ce que ça fait de savoir que sa fille est en danger de mort sans rien pouvoir faire, monsieur Keenan. Sachez-le. Ne faites pas n'importe quoi.»
Angela, qui travaillait, fut dérangée par une sonnerie de son téléphone. Elle abandonna quelques secondes ce qu'elle était en train de faire pour répondre.
«Montenegro.
-Angela, c'est Jack, Jack Green ! Il faut que vous veniez tout de suite !
-Pourquoi, que se passe-t-il ?
-Samuel ! Il est ici ! Il veut me tuer !
-Attendez, j'appelle Garrett.
-Non ! Le temps qu'il arrive, je serai mort ! Venez !
-Vous êtes où, chez vous ?
-Non, près de l'immeuble du docteur Brennan. Dépêchez-vous, il n'est pas loin» murmura Green avant de raccrocher.
Angela prit son sac, ses clefs, son manteau et partit sans fermer la porte.
Hodgins entra dans le bureau d'Angela, étonné de ne voir personne. Les recherches qu'elle avait lancées sur les relevés téléphoniques du fixe de Samuel tournaient encore elles étaient presque terminées.
Mais surtout, les affaires d'Angela étaient toutes là, mis à part son téléphone, son manteau et son sac à main. Où pouvait-elle bien être partie ?
Un bip annonça la fin des recherches. Hodgins jeta un coup d'œil, vérifiant qu'il n'y avait aucune information.
Il fut stupéfait de découvrir un numéro clignotant en face duquel était écrit un nom. Ce nom ne lui était pas inconnu, bien au contraire. Bien au contraire…
Angela arriva en bas de l'immeuble. Elle se jetait probablement dans la gueule du loup, mais ils étaient deux contre Samuel, ils devraient s'en sortir.
Elle franchit la porte, sur ses gardes. Un homme s'approcha d'elle dans la pénombre, par la gauche ; surprise, elle le repoussa violemment.
«Eh !» s'écria-t-il.
C'est alors qu'elle reconnut Green.
«Oups…désolée.
-Pas grave. Il faut partir, vite. Il est là-haut, mais il va vite comprendre que je suis descendu.»
Elle acquiesça, et ils sortirent rapidement du bâtiment.
Samuel les regarda partir par une fenêtre. Tout cela serait bientôt fini.
Les deux amis arrivèrent chez Angela une vingtaine de minutes plus tard. La jeune femme fit asseoir l'agent sur son canapé.
«Je vais vous chercher du désinfectant et des pansements pour votre blessure. Ne bougez pas.
-Oh, il n'y a aucun risque» répondit Green.
L'artiste revint quelques minutes plus tard et s'assit près de lui. Elle appliqua le désinfectant sur un coton, et lui dit :
«Ça va piquer un peu.
-Moins que son couteau, j'imagine» répondit-il avec un sourire.
Elle lui rendit son sourire et commença à nettoyer la plaie. Green cachait à peine ses grimaces, mais suffisamment pour pouvoir prétendre qu'il ne sentait rien. C'était un agent du F.B.I., il avait déjà reçu des balles et des coups de couteau, ce n'était pas un petit désinfectant de rien du tout qui lui ferait mal !
Lorsqu'Angela en eut fini avec les pansements, elle releva la tête. Ses yeux croisèrent ceux de Green, et ne les quittèrent plus.
Elle lâcha inconsciemment la boîte de pansements, qu'elle avait reprise pour la ranger. Green sourit doucement, elle sourit doucement.
«Merci» murmura-t-il.
Angela l'entendit à peine. Elle était intriguée par cet homme depuis qu'elle le connaissait. Il était fascinant, drôle, charmant, galant, aimable, attentionné, présent…exactement ce dont elle avait besoin.
Green perdit rapidement tout contrôle sur lui-même. Elle…elle l'avait changé. Elle était douce, gentille, drôle, spontanée, belle, compréhensive, attachante…exactement ce à quoi il ne pouvait résister.
Sans s'en rendre compte, leurs mains se joignirent, leurs visages se rapprochèrent, leurs yeux restèrent liés. Leurs bouches s'unirent enfin dans un doux flot d'émotions.
Hodgins, Garrett, King et Camille étaient réunis dans le bureau de la pathologiste.
«Reprenons, docteur Hodgins, si vous le voulez bien…vous dites que le fixe du docteur Samuel Collins a appelé le portable de l'agent Green le mois dernier ? demanda Garrett, stylo en main, prêt à noter des informations sur son calepin.
-Non, c'est le contraire. Écoutez, Green est le complice de Samuel !
-Je suis désolé, mais qu'est-ce qui vous permet de l'affirmer ? Si ça se trouve, Allison Bloom avait pris le portable de Green pour appeler Samuel et brouiller les pistes.
-Mais non ! Pourquoi ferait-elle ça si elle avait un portable à carte prépayée spécialement pour ça ?
-Pour brouiller les pistes. Et puis, si Green était le complice et qu'il avait effectivement possédé ce fameux téléphone, pourquoi diable aurait-il appelé Samuel avec son propre portable ? Cela n'a aucun sens.
-Erreur d'inattention, oubli du téléphone…il y aurait tellement de possibilités.
-Mais si c'était Bloom, elle aurait pu aussi oublier le portable à carte prépayée et demander à Green de lui prêter le sien, non ?
-Où en est-on avec le téléphone trouvé par le détective ? demanda King, désireux de mettre fin à la joute verbale des deux hommes.
-L'ordinateur tourne encore, répondit Camille.
-Bon. Quoi qu'il en soit, je crois qu'on doit se méfier de Green, Garrett. Dans le doute.
-Je ne peux pas y croire…un type qui joue dans l'équipe de basket-ball du F.B.I. Un homme qui participait à nos tournois de poker…ça me scie.»
Le silence s'installa, personne n'ayant rien à ajouter.
«Quelqu'un sait où est Angela ? demanda tout à coup Camille.
-Non, je vais l'appeler» répondit Hodgins en sortant du bureau téléphone à la main.
Il s'isola dans le bureau de l'artiste et appuya sur le bouton «Appel».
Une sonnerie. Deux sonneries. Angela prit son téléphone dans sa poche et se redressa, à présent assise sur le canapé.
«Allô ?
-Angela, enfin, mais où es-tu ? On a besoin de toi ici ! Qu'est-ce que tu fais ?
-Oh, oui, le téléphone euh…je vais…j'arrive immédiatement !»
Elle raccrocha et se tourna vers Green.
«Je vais devoir y aller. Ils me cherchent.
-Bon…tu es sûre ?»
Ils s'embrassèrent.
«Oui…
-S'il te plaît, ne leur dis rien sur moi. Samuel me cherche, il a des oreilles partout…je ne veux pas qu'il sache que je suis ici.
-D'accord. Je ne leur parlerai pas de ce qui s'est passé.»
Max et Fred entrèrent dans le bar. Leur odorat fut immédiatement assailli par une forte odeur de cigarette et d'alcool. Mais ce n'était pas pour l'odeur qu'ils étaient là.
Ils s'avancèrent jusqu'au comptoir, et s'assirent près d'un homme, qui retira sa cigarette de sa bouche en les voyant.
«Max ! Freddy ! s'exclama-t-il en tapant dans la main de Fred. Qu'est-ce que vous venez foutre ici ?
-Marco, on aurait besoin de toi, commença Fred.
-Pour quoi au juste ? Je te préviens, si c'est encore un coup foireux…
-Non, t'inquiète, c'est juste pour un renseignement.
-De quel genre ?
-Je suis à la recherche d'un type, intervint Max. J'ai besoin de savoir où il se planque.
-C'est pour quand ?
-Hier.
-Non, sérieux ?
-C'est vraiment très urgent. Considère que tu as une heure.
-Eh, mais qu'est-ce qu'il a fait ce type pour que tu veuilles le retrouver comme ça ?
-Il a touché à ma famille.
-Oh ok. Je vois le 'blème. C'est qui, le type ?
-Il s'appelle Samuel Collins. Il se fait appeler Samuel. Peut-être que tu pourras aussi le retrouver avec le nom d'Alexandra Trenton.
-C'est sa copine ?
-Son ex. Tu peux faire ça pour nous, alors ?
-Ouais. Vous restez là ? Je vais passer quelques coups de fil à des potes. Buvez-vous un truc en attendant. Je vous conseille le whisky, il est trop bon…»
Marco revint une heure et demie plus tard au comptoir.
«Désolé les mecs, j'ai un peu de retard à cause d'un mec qui se dépêchait pas.
-Alors ? Tu sais où il est ?
-Ouais. Mon pote m'a dit que votre type se terrait du côté de la forêt, dans le Maryland.
-C'est loin ?
-Non.
-Tu as une adresse ?
-Non. Il vit dans la forêt, d'après ce qu'on m'a dit, il y a une maison où il va parfois.
-Dans la forêt ? Tu as des précisions ?
-Non. Va falloir vous débrouiller tous seuls.
-Ok, fit Fred. Tu sais où on pourrait avoir des armes ?»
Samuel entra dans la pièce sombre. Brennan dormait, et Booth montait la garde.
«Seeley ! Déjà réveillé ? Il est tôt, pourtant…»
Booth ne répondit pas, tentant de fixer le mur sans réagir.
«Tu boudes ? Pourquoi ? Oh. Je sais. Tu t'en veux.»
Cette fois, l'agent tourna la tête vers lui, étonné. Que voulait-il dire ? De quoi parlait-il ?
«De quoi est-ce que je m'en voudrais, au juste ? De vous en avoir collé une ?
-De lui avoir fait du mal. Tu l'as blessée, Seeley.
-Je suis sûr que c'est encore de votre faute. Qu'est-ce que vous avez encore modifié ? Sur quoi lui avez-vous encore menti ?
-Je n'ai pas eu besoin de parler pour qu'elle y croie. Les preuves parlent d'elles-mêmes.
-Quelles preuves ?
-Tu devrais le savoir. C'est toi-même qui t'es enfoncé, tout seul.
-Arrêtez vos conneries et fichez-nous la paix.
-Bientôt Seeley, bientôt tu ne verras plus mon visage, tu n'entendras plus ma voix. Tu ne verras plus aucun visage. Tu n'entendras plus aucune voix. Tu ne sentiras plus rien. Tout comme elle. Elle sera plus froide que jamais. Haha. Refroidie à jamais !»
Il éclata de rire, apparemment content de ses phrases. Booth, lui, resta impassible, mais à l'intérieur, il bouillait. Non, il ne le laisserait pas tuer Bones. Il ne pourrait pas. Non, cela n'arriverait pas. Il y aurait forcément quelque chose, quelqu'un pour la sauver. Et si rien ne se présentait, de toute façon, lui, il serait là.
Une fois calmé, Samuel s'accroupit devant son prisonnier.
«Je vais te dire, Seeley. J'espère que tu souffriras profondément quand tu la verras mourir sans pouvoir rien faire. J'espère que tu auras vraiment mal, parce qu'elle tu l'as vraiment blessée profondément. Tu lui as fait du mal, beaucoup de mal. Tu ne mérites pas une femme comme elle. D'ailleurs, tu ne mérites personne. Personne. C'est bien pour ça que tu es seul. Même elle, elle n'a pas voulu de toi. Elle n'en a jamais voulu, comme les autres. C'est pour ça que Rebecca ne t'a pas épousé.»
Il y eut un long silence. Booth accusait le coup, et Samuel le regardait, les yeux rivés sur les siens.
«Pourriture de merde.»
Booth ne le regardait pas. Il ne voulait pas le regarder. Ce type ne méritait pas un regard, il ne méritait pas même qu'on lui parle ou qu'on pense à lui. Ce type était pire que tout. Mais sa force résidait en le fait qu'il s'appuyait sur des faits réels, des faits douloureux, des faits qui avaient profondément touché ses victimes. Il était le Diable.
Samuel souriait. Dans quelques heures, ce serait l'apothéose. Son triomphe. Booth allait enfin payer. Il ne savait pas encore ce qu'était réellement la douleur. Mais bientôt, il ne saurait et ne serait plus que cela. De la douleur.
Alors ? Un avis ?
La suite aussi rapidement que possible !
