Yo !

Et ouais, je suis encore en retard.

Mais j'ai une excuse, le BAC, ouep, le Bataillon Alien des Cabillauds.

Et ouais, j'me suis fait attaquée par un bataillon de cabillauds (les poissons ouais) de l'espace, ils me poursuivaient tous, vu que j'avais eu le malheur de manger des croustibats, et c'est une insulte chez eux, donc ils sont venus de leur planète et ils m'ont attaqué, ils sont tous venus chez moi.

Bon, heureusement ils pouvaient pas respirer hors de l'eau, et du coup j'ai fait évaporer toute l'eau de ma chambre.

Vous vous rendez compte j'ai dû sacrifier mon poisson rouge pour sauver la vie à l'humanité.

Ça excuse largement mon retard, non ?

... Bref.

J'ai déjà traduit le prochain chapitre, même si je n'aime pas vraiment celui-ci, je vous expliquerais pourquoi à la fin, et le prochain chapitre à traduire c'est celui des patates.

J'peux vous dire que j'ai la pression là.

Brefons.

Passons aux RAR:

Cauliotteuh: Je sais bien que t'es bête, pas besoin d'une review pour me le prouver cau-cau. ;)

Mayou: Heeeey ! Emploi du temps chargé ? Fais comme moi, dis "fuck la police" J'crois que Bob me fait peur, c'est un peu comme le chiffre 23 il est toujours l). On va finir par être des psys l'une pour l'autre à se raconter nos traumatismes d'enfance, explique moi un peu l'histoire des portes et je te parlerais des chèvres.

Agrond: Pourtant, faut le faire pour arriver à arriver à la bonne destination avec elle. Le champ c'est un champ de champ. Une nouvelle plantation révolutionnaire.

GDA: Mon lapin, mon lapin lapin toudoud'amour, je t'aimerais toujours, même en phase terminale de sérieusitude. On s'en sortira ma vieille, on s'en sortira ensembles, promis. T'sais quoi ? Pour te remotiver, je commence ton défi non de non ! Tu sais que ta description du nord me fait remonter des mauvais souvenirs de fleurs du mal, de Baudelaire, de Spleen et de "quand le ciel bas et lourd" bordel, quel enfoiré ce mec, t'es peut-être triste, mais viens pas nous communiquer ta tristesse ! Parce que oui, quand je lis Baudelaire, je pense Baudelaire, je vis Baudelaire et après je me transforme en loque humaine qui se trainasse sur le sol. J'crois que tu me tueras pour l'histoire des chapitres hein ? Je t'envoie ceux qu'ils me restent (bug informatique) en PM pour que tu puisses faire la comparaison, ok mon lapin ? J'apprécie le "curieusement", t'as pas confiance en moi pistolet rouillé ? La relation Plantie/Alex m'a toujours stressé, quand j'écris, j'ai ma trame, mais leurs dialogues sont toujours spontanés, comme si ils parlaient eux-mêmes en fait, et donc techniquement, ça évolue, mais ça me fait trop peur justement de les enfermer dans des clichés, en voyant nombre de superbes fictions qui font cette erreur... Mon dieu, je suis foutue. Tu sais que quand il y a écrit KC, on joue à Brice de Nice, pas au KFC hein ? Stupide fusil rouillé pas foutu de taper trois lettres. (J'ai l'impression d'imiter Gollum) je t'aime mon lapin, pour le meilleur et pour le pire, je t'aaaaaime (instant de kikoo) 33 :3 ;;) :* kiss kiss lol jtm !

Nana: J'ai la PETA qui fait la queue devant chez moi pour me frapper tour à tour et me faire comprendre la douleur des dragons. Et puis merde, si elle se faisait vraiment enlever, elle finirait par fermer sa fenêtre avant son anniversaire au bout de la trouzmillionème fois où elle se fait enlever la veille de son anniversaire ! Sacré PQ, toujours à nous faire peur. J'te rassure, ils resteront mineurs dans leurs comportements toussa toussa, donc tu peux les oublier. Sven il viendra plus tard, dans plusieurs looongs chapitres. Dumby est dans mes seins ouais, c'est cool que ça t'émerveille, souvent les gens vomissent. Le jeu vidéo c'est Metal Gear, avec Snape qui pète la classe mais qui se déplace sous une boite pour pas se faire voir dans la base ennemie. Brenda et Sergio (qui ne sera là que plus tard) ce sont deux putains de personnages que j'idolâtre. Les Hollandais sont tous bizarre, d'façons. Brian a jamais redoublé, c'est un géant en fait, en ce moment même il parle avec un homme nommé Jaquot, qui escalade une tomate magique. Au final j'ai rereregardé Scarface, je peux tout te citer maintenant.

Lily: Ravie de t'avoir fait rire, Brenda c'est un peu une idôle pour moi, je l'aime elle et sa barbe. Je devais faire un clin d'oeil à Men in Black avant de mourir. Voilà, c'est fait.

Loupiote: En fait, t'es pas si loin de la vérité que ça, tu t'en rendras compte dans plusieurs chapitres (genre une vingtaine) souviens toi de cette théorie surtout hein ! Mouton c'est quand même un cas, il devait revenir. C'est Mouton quoi.


Je ne suis pas une personne violente, c'est vrai, vous l'avez bien vu, j'étais prête à mourir un bon paquet de fois avant de me bouger les fesses et me mettre à envisager la possibilité de rendre les coups des Georges. En même temps, je m'en veux encore, c'était de pauvres créatures que la nature n'avait pas gâté, ni eux ni leurs porte-monnaies.

Mais après coup, j'y suis pour rien si ils se sont presque tous suicidés ! Entre celui qui s'est jeté de toutes ses forces contre mon poing et l'autre qui s'est fait explosé le crane en essayant de m'atteindre... Ils sont vraiment pas futés. C'est comme l'autre, le premier que j'ai croisé, il a essayé de me manger. Attendez, on va reprendre, IL A ESSAYÉ DE ME VIOLER PUIS DE ME MANGER ! Forcément, quand on est en danger de mort comme ça, on laisse notre instinct prendre le dessus. Et vu que mon instinct a été modelé par l'industrie d'Hollywood, ben, je me suis dit que peut-être qu'en plantant une des dents du pauvre George dans sa gorge, il aurait mal et me recracherais.

Après certes, dans Harry Potter, il y a bien un gros serpent dont les dents sont super dangereuses. Mais je pensais que c'était un film, je pouvais pas savoir que mon George à moi aurait aussi un venin surpuissant dans les dents. Donc, c'est plus un Georgicide involontaire.

Super, maintenant je culpabilise.

Il va falloir que je trouve une façon d'exorciser ce trop plein de sentiments.

D'où l'utilité du lanceur de rayons lumineux dangereux en pleine figure. Ce mec sera mon punching-ball, ma balle anti-stress, et je le rebaptise, en sa nouvelle qualité ''le futur cadavre''.

Je suis quand même sacrément généreuse, il va peut-être y passer, mais il aura eu un nom qui claque pendant ses dernières secondes. Bon, bien sûr quand je dis qu'il va sûrement y passer, je parle de sa santé mentale. Je suis pas sûre d'arriver à gagner un bras de fer contre une mouche au bras cassé.

Le futur cadavre me regarde, ses deux grands yeux rouges figés en une expression des plus stupides. Son nez frétille, et ses oreilles tressautent.

J'ai vraiment, mais VRAIMENT l'impression de faire face à un rat en train de sentir le danger. En plus il a l'air d'un rat avec ses longs cheveux bruns et ses doigts tout tordus.

Cette école m'épuise déjà. La mort m'épuise déjà. La totalité des choses sur cette terre m'épuise déjà.

Sur ces belles pensées je m'élance vers l'ignoble petit rat.

Ignoble petit rat qui m'évite très souplement, ce vicieux.

Ignoble petit rat vicieux qui en profite pour changer de surnom dans ta tête, non ? C'était pas le futur cadavre au départ ?

Si. Merci de pointer un nouvel échec de ma vie, je ne l'avais pas encore remarqué.

Et, vous vous souvenez que le futur cadavre m'avait éviter, n'est-ce pas ?

Bah moi, j'ai pas évité le sol.

Et je retombe toujours très souplement sur mon pauvre petit postérieur, pour la plus grande joie de toue la salle qui ne se retient même plus de rire. Quant au rat il se contente de lever un sourcil étonné et de faire demi-tour, sans un regard pour ma personne.

Je me relève très dignement et enlève une fine particule de poussière imaginaire tout en dardant un de ces supers regards de psychopathe sur l'ensemble de la classe.

Le silence se fait.

C'est bien, craignez mon courroux.

Alex, honnêtement, je vais l'avouer, je te tolère et j'en viendrais presque à t'apprécier, mais je t'interdis de refaire cette tête encore une seule fois.

Je t'ai fait peur ? Mais tu sais, je te ferais jamais de mal Plantie.

À vrai dire, tu ressembles à un canard violeur de chatons, et j'ai plutôt honte de te connaître quand tu fais cette tête.

Mais pas en dehors, c'est déjà une victoire !

J'esquisse un semblant de sourire et me met à fixer le dos du rat qui continue de s'éloigner.

Vous pensez qu'après ma mort je pourrais avoir reçu un super pouvoir ? Après tout, Spiderman les a reçu après s'être fait piqué par une araignée, alors après avoir survécu à la mort j'estime en avoir plus besoin que lui.

Un pouvoir plutôt cool, comme brûler les gens par le regard. Je fronce les sourcils en regardant avec plus d'insistance le dos du rat.

Il se retourne, ayant sûrement senti mon regard sur lui.

Son nez frétille une nouvelle fois et un fin sourire prend place sur son museau.

Je pensais pas qu'il pouvait avoir l'air encore plus pathétique, mais il l'a fait.

Enfin, il faudrait me l'avouer, j'peux pas brûler les gens. Mais je me rappelle une fois j'étais en ville, j'avais acheté de nouvelles chaussures et j'étais en train de boire un milk-shake avec une amie quand j'ai voulu essayer mes nouvelles chaussures, du coup j'ai dû enlever les autres, et brusquement des dizaines de personnes sont rentrés dans le magasin de milk-shakes.

Coïncidence ?

Je ne pense pas.

Si ça se trouve, j'ai le pouvoir de donner envie aux gens de boire un milk-shake rien qu'avec l'odeur de mes pieds ! Ce serait logique, j'ai jamais pué des pieds. C'était sûrement mon pouvoir qui les protégeait.

Du coup, ce serait peut-être un pouvoir qu'on se transmettrait de mère en fille. Ou plutôt de grand-mère à fille, ma grand-mère a toujours été trop sûre d'elle, trop résistante, trop forte pour n'être qu'une simple humaine.

Je vous ai déjà dit que j'aimais ma grand-mère ?

Comme je l'ai déjà dit, dans ma famille, on a la mémoire courte.

Et oui, c'était pas juste pour échapper au konso, on a vraiment la mémoire courte. Et on a parfois tendance à faire des choses ayant l'air ridicule.

Mais au fond, je suis sûre qu'on n'est pas méchant et même probablement plus intelligents que le reste du monde. Seulement, on a été programmé différemment.

Bref. Ma grand-mère avait pour habitude de prendre une pierre de son jardin, de lui mettre une laisse et d'aller la promener dans le parc. Et quand un idiot se moquait d'elle, elle lui jetait la pierre à la figure une bonne dizaine de fois, en hurlant ''Non, méchant chien ! C'est pas bien, lâches le monsieur, arrêtes, stop !''.

… J'ai oublié de préciser que ma grand-mère elle n'avait absolument pas de problèmes de mémoire et qu'elle était parfaitement consciente de promener une pierre ?

Elle aimait juste frapper des inconnus. Et sous son déguisement de grand-mère un peu gâteuse, elle échappait toujours aux forces de l'ordre.

Vous comprenez pourquoi j'ai des doutes sur l'identité du vieux capitaine, il pourrait très bien faire de même, se cacher sous l'apparence d'un vieux monsieur gâteux pour cacher son machiavélisme. En même temps, ma grand-mère était sûrement trop intelligente pour avoir jamais partagé cette technique, et le vieux n'a pas l'air assez génial pour l'avoir trouvé seul. Donc, pour l'instant, je le laisse faire.

Ah, sacré grand-mère, c'était la même qui nous mettait des crevettes dans nos chaussons le matin de noël sous prétexte qu'une grande joie entraînait forcément son lot de malheur.

C'était la meilleure des mamies. Je suis sûre qu'elle nous enterrera tous.

Enfin, elle risque surtout de me ré-enterrer vu ma position actuelle.

Oui, parce que je sais pas si je vous l'ai déjà dit mais je réfléchis beaucoup, et souvent, pendant mes réflexions il se passe tout un tas de trucs incroyables et quasiment infaisables qui finissent souvent par me mettre dans une position plus que merdique.

Prenons un exemple tout simple, il y a quelques semaines, mon prof d'art, un vrai connard ce prof d'ailleurs, me demande de passer au tableau.

Bon, moi, je vous l'ai déjà dit, j'ai tendance à avoir trop confiance en la bonté de l'humanité, du coup j'y suis allée sans craintes ni plans d'attaques. Après tout c'était juste un cours d'art il allait pas me poser des questions pièges comme aurait pu le faire ma prof d'histoire, il allait rien se passer de mal.

Et bien si.

Le temps que j'arrive au tableau, j'avais quand même pensé à quelques petites excuses que je pourrais sortir. Au cas où vous vous demanderiez, j'en étais à l'évocation de l'enterrement viking du chien de mon cousin quand je suis arrivée au tableau.

Et entre temps, le prof avait appelé un autre élève, sous prétexte que j'étais restée assise sur mon siège sans répondre à ses menaces et qu'il en avait eu marre et qu'il n'avait pas toute la vie pour attendre que je ne daigne l'écouter.

Faut dire que j'étais en pleine introspection de mes origines culturelles.

C'est vrai quoi, on m'a toujours dit que j'étais une française née à Madrid qui habitait au Japon. Mais alors, comment se fait-il que je pense si souvent à la culture viking ? Bien sûr, Sven m'a communiqué la technique d'excuses ayant un rapport avec les vikings, mais j'y pensais déjà avant, et que dire du fait que ma mère est blonde aux yeux bruns et mon père brun aux yeux bruns, tout comme mon petit frère alors que j'ai des cheveux aubruns et des yeux couleur caca d'oie ?

J'en étais venue à me dire que je devais être la fille cachée d'un chef viking enlevée à la naissance en échange de la libération d'un village barbare, j'étais probablement tombée du bateau dans lequel on m'avait kidnappée et j'avais été recueillie par mes parents qui ont pris pitié de moi.

Enfin bref, donc je suis quand même allée au tableau, sans remarquer que j'avais été remplacée et j'ai pas vu le pot de peinture face à moi, j'ai trébuché dessus et je l'ai rattrapé au dernier moment, mais emporté par mon élan, je suis tombée, donc dans un dernier élan d'héroïsme, je me suis tournée vers le tableau, histoire de l'éclabousser lui et pas les élèves.

Sauf qu'entre temps, il y avait eu un autre élève au tableau vous vous souvenez ?

Et bah cette élève était en passe de devenir le nouveau Van Gogh, et le critique d'art dans la salle avait tenu à la féliciter lui-même, donc il l'avait rejoint devant le tableau.

Je les ai tous aspergé. Pourtant, c'était qu'un malheureux concours de circonstances, surtout que, merde, pourquoi il y avait un critique d'art dans ma classe d'art, dans mon lycée minable, perdu au fin fond de la banlieue japonaise ?

Bon, vous me connaissez, j'ai essayé de poser cette question, et en même temps de m'excuser et de réparer les dégâts, sauf qu'avec mon niveau de japonais, je crois bien que j'ai insulté le critique. Forcément, mon prof m'a gueulé dessus, j'ai été renvoyée provisoirement, sauf que j'étais en internat pour ce mois-ci vu qu'il y avait des travaux chez moi, donc je me suis retrouvée à cohabiter avec Alex, l'autre Alex, le joueur de rugby.

Apparemment, personne d'autre n'avait assez de place pour m'accueillir. Forcément Alex était la troisième fortune du japon, enfin son père l'était. Du coup bien entendu qu'il pouvait m'héberger. Mais j'ai dû habiter dans son immense manoir où j'ai pas cessé de me perdre. Donc, le jour où il a fallu que je retourne en cours après mon exclusion, je suis arrivée toute débraillée et en retard, j'étais perdue entre la piscine et le terrain de tennis aussi, pour ma défense.

Après ça non seulement j'ai eu de nouvelles heures de colle, mais en plus une rumeur a courue dans tout le japon sur mes prétendues activités sexuelles avec Alex.

Et c'est comme ça les enfants, que je suis devenue une vedette des tabloïds.

Bon, ça a duré une semaine et demi, ensuite Alex a tout démenti d'une façon plus que convaincante en insistant lourdement sur le fait que j'étais bien trop immature et chiante, et pas assez intelligente, passionnée et charmante pour partager sa vie.

Tout ça pour dire, que j'ai tendance à trop penser.

Alors penses moins et réfléchis plus.

Comment on fait ça?

Tu rigoles, n'est-ce pas ?

Si je te dis que oui, ça te fait plaisir ?

Oui.

Alors non.

C'est en voyant des cas comme le tien que je me dis que la sélection naturelle fait mal les choses.

...

Je vais chercher une corde.

Je crois entendre tousser au loin, mais ça pourrait tout aussi bien être le bruit d'un lapin se faisant écraser par une voiture ou le chant utilisé par les lamas pendant leurs périodes de reproduction, donc je n'y fait pas attention.

Plantie, c'est pas le moment de jouer à la corde à sauter.

...

Oh merde, c'est pas pour la corde à sauter cette corde, c'est ça ? Plantie déconne-pas lâche ça, fais pas le con, la vie est belle, les oiseaux gazouillent et promis je vais réfléchir !

Un courant d'air soulève mes cheveux et je sens ma joue chauffer.

Je pose ma main contre ma joue, devenue brûlante, et je regarde autour de moi.

À quelques mètres derrière moi se trouve une chaussure.

On vient de me lancer une putain de chaussure ou je rêve ?

La douleur cuisante se répandant dans toute la partie droite de mon visage m'apprend que je ne rêve pas. On vient de me lancer une chaussure. Une chaussure. Je viens de me faire frapper par une chaussure.

Tout va bien.

Un peu plus haut, très exactement deux rangées et trois sièges à ma droite se trouve une fille qui me toise, l'air surprise.

Elle est plutôt jolie, un joli menton volontaire, de grands yeux en amande, un regard gris plutôt doux, de courts cheveux bruns ébouriffés lui donnant un air sauvage. Une poitrine discrète et de longues et fines jambes complétaient le tableau. Elle était étonnement androgyne, mais loin d'être asexuée.

Et elle n'a qu'une seule chaussure.

Je serais prête à lui sauter dessus sauvagement pour lui faire payer son crime.

Et uniquement pour lui faire payer son crime, je vous vois venir, certes cette fille est mignonne, même carrément baisable, mais elle reste une fille. Et d'aussi loin que je m'en souvienne, je n'ai jamais été lesbienne. Ma cousine l'a été, ma tante aussi, probablement ma grand-mère, faut dire qu'elle a tout essayé ma grand-mère. Je dis bien TOUT. Mais c'est pas un truc génétique, donc je pense pouvoir dire sans trop me tromper que je suis totalement hétéro. Après c'est vrai qu'une fois j'ai embrassé une fille en primaire, je me suis posée des questions c'est sûr, mais le fait qu'en réalité ce soit Brian qui m'ai poussé contre elle pendant un match de rugby pour la distraire et pouvoir marquer m'a énormément aidé dans ma conclusion, je ne suis pas attirée par les filles.

-olée, désolée, désolée, désolée désolée, désolée...

Je baisse un regard surpris sur la jolie androgyne, à genoux face à moi qui pleure tout en se cachant le visage dans mon jean. Ce qui, croyez-moi, est plutôt difficile puisque mon jean est près du corps. Du coup, elle cache son visage entre mes chevilles quoi.

C'est plutôt gênant.

Pas gênant comme honteux, nan j'ai déjà vécu bien plus humiliant que ça, rappelez-vous que j'ai été en couverture de magazines, des paparrazis me suivant sans relâches, et je peux vous dire que même pendant une semaine et demi, ils ont pu découvrir beaucoup trop de choses honteuses pour moi.

Comme mon amour un peu trop amoureux et passionné pour les ramens, on vivait une relation... Trop enflammée aux yeux des médias.

Mais comprenez-moi aussi, j'arrive dans un pays inconnu, où même les panneaux ne sont pas écrits dans ma langue, dont je connais à peine la langue, où tout va trop vite, où personne ne se parle méchamment, où les petits ne servent pas de ballons aux plus grands... du coup j'ai fait comme toute bonne adolescente qui se respecte, j'me suis réfugiée dans la nourriture. Heureusement qu'Alex a aussi déménagé au Japon pour l'entreprise de son père, sinon je peux vous jurer que je serais devenue si grosse que les toilettes n'auraient pas réussi à me tuer et se seraient uniquement perdus dans mes bourrelets.

Qui te dit qu'il n'y a pas de morceaux toujours coincés ?

Je t'emmerde.

Je sais que c'est faux, tu m'apprécies, je te rappelle que je suis dans ta tête, je connais tes sentiments sur à peu près tout, dont moi.

Et ça m'emmerde.

Ça c'est vrai.

Un reniflement sonore et un gigotement entre mes chevilles me ramène à la réalité.

Vous voyez, quand je vous dis que je pense trop, expliquer moi pourquoi il y a maintenant deux personnes à mes pieds qui reniflent en implorant ma miséricorde ?

Encore un peu et je me prendrais pour Jésus au milieu d'estropiés. Même si normalement, les estropiés ne s'insultent pas. Et ils prêtent attention à Jésus aussi. Parce que là Jésus ou pas j'ai plus l'impression d'être une chaise au beau milieu d'un Ikéa que le fils de Dieu ressuscité.

Je tousse pour me rappeler aux deux estropiés à mes pieds.

Je suis bête, je ne suis qu'une chaise, et j'ai beau tousser jusqu'à m'arracher la gorge, les estropiés n'ont pas envie de relever la tête hein. Aux grands maux les grands remèdes comme on dit.

Je profite de ce vieux proverbe comme excuse pour pouvoir balancer mon pied gauche dans tout les sens et pour donner deux ou trois coups aux estropiés qui continuent de m'ignorer.

Le résultat ne se fait pas attendre et cette fois-ci, c'est deux jolies petites têtes blondes innocentes qui papillonnent des cils en me regardant. Enfin, je dis tête blonde mais l'une d'entre elle est brune en fait.

L'androgyne, dont je devrais demander le prénom d'ailleurs, est la première à simuler des larmes et à replonger sa tête vers mes pieds. L'autre n'a pas été assez rapide et essaye de se rattraper en me faisant une tête de coker-battu-chaque-soir-par-son-maître-alcoolique- et-zoophile-qui-en-plus-a-des-hémorroides. Un regard très expressif.

C'est une fille qu'on aurait pu qualifier de jolie, mais le terme sexy conviendrait mieux. Forcément on est bourrées de complexes, nous les filles normales quand on nous compare à ça !

Attention, je vous décrit la créature de rêve face à moi :De longs cheveux blonds qui sont à n'en pas douter soyeux et sentant bon les fleurs ; de grands yeux dorés (oui dorés. Non mais sérieux, je suis la seule à les avoir caca d'oie ou quoi ?) En plus de ça elle a de longs cils parfaitement ordonnés, pas comme les miens qui se regroupent en gros patés et que je perd en permanence ; des dents parfaites que laissent apparaitre une bouche aux lèvres pleines et délicatement rosées ; deux jolies pommettes rouges ; un teint sans défaut et un décolleté avantageux qui met en valeur une poitrine énorme...

Bon, c'est sûr que niveau teint, je m'en sors sans trop de boutons, j'ai pas la peau grasse et j'ai pas d'énormes croutes qui me mangent la moitié de ma face. À la place j'ai la peau plus sèche qu'un serpent et je deviens rouge à chaque fois que quelqu'un ou quelque chose me touche un peu plus de deux secondes.

Sérieusement, comment je peux rivaliser avec ça moi ?

Tu peux pas.

Merci, franchement, heureusement que t'es là pour me redonner confiance en moi.

Ça fera dix euros.

J'peux te régler par chèque ?

Faudra une pièce d'identité.

Rah, merde j'ai pas ça moi. Et la carte bleue ?

Pas avant quinze euros.

J'peux avoir quoi pour cinq euros ?

Dix secondes de silence.

Vendu.

Voilà, ça fera quinze euros, nous vous remercions de votre visite et vous souhaitons un bon voyage.

Entre temps, les deux estropiés ont recommencé à s'insulter.

Je dois vivre le fantasme de pas mal de gens, voir deux jolies filles s'insulter à mes pieds, avec un peu de chance ça partira en bagarre. Quoique, je risquerais de me prendre des coups.

-Espèce de résidu d'urinoir !

… C'est original.

J'en attendais pas moins de l'androgyne.

-Moi un résidu d'urinoir ? Mais tu veux rire ? Vu le nombre de mecs que tu te tapes touts les soirs c'est plutôt de toi qu'on devrait parler !

Ah, il faut croire que le fait de ressembler à un homme ne freine pas les ardeurs masculines. C'est une chose intéressante, il faudrait que je me le marque quelque part, ça pourrait re servir si je décide de me changer en homme.

-Et bien quoi ? Moi je profite de ma jeunesse, et je ne suis pas désolée de ne pas faire comme toi et me contenter de m'envoyer en l'air avec les profs pour m'assurer de pouvoir passer en deuxième année !

Je suis la seule personne à savoir contrôler mes pulsions sexuelles ?

Parfaite essaye de l'interrompre, visiblement elle est très en colère puisque son teint de pêche commence à se changer en une couleur plus proche du concentré de tomate.

Mais l'autre fille l'en empêche et continue sur sa tirade.

-Mais forcément, vu ton niveau de connerie on se demande encore comment t'as pu dépasser la maternelle ! Heureusement que tu sais te servir de ta langue et ouvrir tes jambes, parce que même au cours de coloriage t'étais pas foutue de t'en sortir, tu bouffais tes crayons bordel !

Ah, faudrait peut-être que je m'y mette si ça permet de ressembler à Parfaite. Si ça se trouve il y a un truc dans les crayons qui font pousser les seins et les jambes. Faudrait que je fasse des recherches ce soir.

Parfaite vire complètement au rouge et ses yeux ont l'air de passer au noir, bien qu'ils soient toujours dorés mais vous savez, parfois les gens possèdent ce pouvoir qui fait qu'ils ont un regard si expressifs qu'on jurerait qu'ils se cachent et mettent des lentilles selon leurs humeurs.

-Je préfère manger les crayons que me les enfoncer ! son ton se refroidit et elle lâche, sarcastique, mais je dois avouer que c'est bien que tu te prépares à ton avenir, un avenir grandiose où tu pourras profiter de la vie à chaque instant, je suis sûre que tu feras la meilleure péripatéticienne de tout ton quartier.

Je me recule un peu jusqu'à m'accouder au bureau et y sors un sachet de pop-corn. Tant qu'à jouer la chaise ''Hyobjorklankzky'' d'ikéa, autant le faire en se distrayant. C'est vrai que la vie d'une chaise, ça doit pas être facile au quotidien, la seule chose qu'on fait c'est se recevoir des gros culs sur la face toute la journée, alors si je peux en profiter pour me distraire quand enfin il se passe quelque chose d'intéressant sans que j'y suis embarquée...

Un de ces jours j'irais créer une association de soutien psychologique pour les chaises.

Tais-toi, la dispute reprend !

-Et tu sais quoi, je ferais même des prix à ton futur mari, faut dire que ce sera probablement un pauvre homme qui en aura marre de te voir faire l'étoile de mer tout les soirs. Après tout tu te seras déjà trop dépensée dans la journée à coucher avec toutes les personnes qui pourront excuser les idioties que tu fais au quotidien !

Ce bruit de mastication dans ma tête c'est toi qui mange du pop-corn ?

Bien vu. T'as une bonne ouïe.

J'ai passé ma vie à écouter des gens grignoter du pop-corn, ma tante était pas une très grande cuisinière. Et le pop-corn aurait des propriétés anti-malédictions.

J'y ai jamais trop cru d'ailleurs à ce truc avec le pop-corn, je suis sûre qu'elle avait juste la flemme de cuisiner.

-domiser à l'arrière d'une voiture par un ours mal léché et tu seras retrouvée morte le lendemain matin dans un ravin !

… Ouah, ça monte vite.

J'aurais jamais cru Parfaite capable de tant de vulgarité. Faut dire qu'Andro n'est pas mal non plus côté grossièretés. C'est dingue, deux si jolies filles incapables de se tenir en société.

Ça doit être les régimes qu'elles doivent faire qui les rend nerveuses.

Faîtes comme moi, n'en faites pas !

Il faut pas se sentir mal de n'absolument rien faire et de manger comme un énorme porc, regardez les pandas, ils ne font absolument rien, et pourtant vous avez vu à quel point ils sont adorables ?

D'ailleurs, en parlant d'animal... Où il est passé le rat ?

Nan parce que j'estime que me prendre une chaussure en pleine face est assez dérangeant, certes, mais le fait que les deux auteures de cette tentative d'assassinat se foutent sur la tronche en ce moment même raye cette chose de ma liste de chose dont je devrais me préoccuper.

Et puis bon, se prendre un rayon lumineux dans la face n'est pas forcément la meilleure façon d'être accueillie dans sa classe non plus. J'estime mériter réparation.

Ah, ça y est, je le vois, le rat est adossé à un mur et il compte fleurette à une fille, qui soit dit en passant est à peine baisable. Faut dire que le rat ne l'est pas vraiment non plus. Je vais pas vous faire un dessin, il ressemble à un rat joufflu, il se tient tout recourbé, comme un bossu et je suis presque sûre que c'est de la bave qui coule le long de son menton. Et le regard libidineux qu'il offre à sa pauvre proie ne l'aide vraiment pas à s'arranger.

Pour un peu je la plaindrais.

Elle se retourne et je peux observer son visage un peu plus longuement. Elle est moche. Ça suffira comme description.

Mais j'ai rien contre les moches hein, alors, bon voilà, je la plains, devoir se faire draguer par le rat là-bas, c'est vraiment dur. Je sais pas si c'est mon égo ou mes yeux qui serai le plus agressé à sa place.

La moche me reluque de haut en bas et le rat lui chuchote quelque chose, elle rit. Enfin, elle émet un son ressemblant à y douter à un grouinement de cochon. Elle me regarde de nouveau de haut en bas, je suis presque sûre qu'elle va finir par me violer, mais elle se contente de rajouter quelques mots à ce que lui a dit le rat et ils éclatent de rire ensembles.

Ça fait très cliché non ?

Vous savez les deux moches, un peu stupides qui se moquent méchamment de l'héroïne fraîchement arrivée dans une nouvelle école.

On se croirait dans une série Disney Channel. Ou alors dans un énième mauvais scénario du mec écriveur de mauvais scénarios.

Finalement, j'arrive à entendre un mot de leur conversation.

Chaussette.

Ils rigolent de nouveau, et cette fois-ci la moche émet une sorte de hénissement de cheval. La graisse de son cou bouge au rythme de ses rires.

Vas-y, rigole, rigole, moi au moins j'ai pas des dents de cheval.

Je continue de les défier du regard, mon plus bel air condescendant sur le visage. Et, très discrètement, je jette un coup d'oeil à mes pieds.

Aussi, si Andro et Parfaite ont remonté mon jean dans leurs jérémiades, bah alors forcément on voit mes chaussettes.

Vertes rayées rouges.

Ou rouges rayées vertes.

Je m'en sépare jamais.

Je les lave le soir et je les remet le matin. Au cas où, j'ai quand même une paire de secours, une blanche avec des arcs-en-ciel et des paillettes .

Mais ils ont pas le droit de se moquer de mes chaussettes. Sauf si mes chaussettes elles-mêmes se moquent de mes chaussettes, parce que du coup ce serait plus de l'auto-dérision.

Mais bon, c'est des chaussettes, du coup elles font pas souvent ça. Faut dire qu'elles parlent pas aussi.

Enfin bref, ni le rat ni la moche ne sont mes chaussettes. J'ai un peu plus de goût que ça moi aussi dans le choix de mes vêtements.

C'est sûr, il n'y a qu'à voir ton jean gris qui vire au blanc vu l'amas de morve qu'ont laissé les deux estropiés.

Mon jean est très joli, c'est pas de ma faute si on salit mes vêtements aussi.

Et donc ton tee-shirt tout froissé et mis à l'envers c'est pour le style c'est ça ?

Exactement. Dans quelques années tout le monde portera leurs tee-shirts ainsi, et tu feras moins le malin.

Je ne vois même pas quoi répondre à ça.

Je rigole fièrement, jusqu'à sentir un regard très insistant sur mon dos. Je tente de me rapetisser un maximum, rentrant ma tête dans mes épaules dans une esquisse position foetale.

-C'est Brenda c'est ça ? je murmure lentement.

On sait jamais si Brenda était en fait un T-Rex uniquement capable de me retrouver par les sons que j'émet, je serais bien heureuse de chuchoter !

Une main se pose sur mon épaule. Bon, faut croire que c'était pas un T-Rex. Une grosse main, grande et rugueuse, avec de la force.

Un homme assurément, un vrai.

Quoique, ça peut toujours être Brenda à bien y réfléchir.

Une seconde après cette pensée, une douleur se répandit dans mon épaule puis dans mon corps tout entier.

Et la douleur repartit aussi vite qu'elle était venue.

Pour revenir trois secondes plus tard en consumant mes pieds, puis mes jambes, puis mon ventre, mes bras et enfin ma tête. Pour finir par l'ensemble en simultané.

Si mon cerveau n'était pas totalement paralysé par la brûlure, j'admirerais cette sublime coordination. Peut-être même que j'applaudirais. Mais je peux pas. Alors je me contente de regarder le rat et la moche subir le même sort que moi. Et là, malgré la douleur, je peux pas m'empêcher de ressentir un certain plaisir sadique.

Mes genoux touchent le sol au même moment où la moche s'effondre de tout son poids sur sa table, emportant le rat avec elle.

J'ai tenu debout plus longtemps qu'eux.

Nah.

Bon, maintenant si je pouvais relever la tête farouchement histoire de regarder dans les yeux le petit con qui m'a fait ça et lui montrer un certain doigt qui lui fera comprendre ma façon de penser ce serait cool.

Je parle du riquiqui.

Nan, je rigole, je parle de l'index.

Ouais, j'ai une super technique pour montrer aux gens ce que tu penses d'eux avec ton index. C'est Brian qui me l'avait appris. Quand quelqu'un t'emmerdes, tu prends ton index, tu le mets dans ta bouche, tu l'humidifies bien, mais alors vraiment vraiment bien. Tu t'approches de l'emmerdeur, tu sors ton doigt, tu regardes la direction du vent, tu sors une arbalète et tu lui tires une flèche en plein cœur.

Sacré Brian, il s'entendrait très bien avec ma grand-mère.

Après de longues minutes d'intense lutte, j'arrive à relever la tête et regarder autour de moi. Bon, la moche tente toujours de se relever mais elle y arrive pas vraiment. Le rat lui hurle dessus et il est devenu tout rouge à force de ne plus assez respirer, étouffé sous l'amas de mocheté de la moche.

J'irais bien lui décrocher un sourire goguenard, mais j'ai la flemme.

Alors voyons voir, page trente-deux du dictionnaire Alex/Monde réel, ''j'ai la flemme'' : phrase typiquement adolescente, utilisée par Alex pour exprimer plusieurs grandes idées telles que ''Vas te faire foutre je t'aiderais pas'', ''Si tu m'amènes un pain au chocolat je verrais ce que je peux faire'' ''De toutes façons vous me faîtes chier, je vais me suicider'', et ''J'ai pas la force mais j'ai honte de l'avouer''.

Merde. Il a réussi à se procurer un exemplaire du dictionnaire.

Dammit, v'là-ty bien qu'jvé d'voir changer d'braillage moi !

… C'est dur de s'inventer un accent qu'on a pas vraiment.

C'est sûr que ça demande plus de trois neurones.

Ouais mais j'en ai sept moi, le problème c'est qu'il y en a deux qui servent à me rappeler de respirer, deux qui tentent de se reproduire pour assurer leurs descendance, il y en a un qui sert à coller un sourire niais sur mon visage, histoire de faire diversion pendant que les deux autres sont partis à la recherche d'un huitième neurone, porté disparu depuis 1985.

Pour la deuxième foi, t'étais pas née.

Et toi tu devais pas gâcher mes histoires.

Et toi tu devais observer les alentours, t'es vraiment trop distraite.

Je grommelle mentalement pour la forme et tente de continuer mon exploration. Mais sans pouvoir tourner la tête, c'est dur d'avoir une vision périphérique.

De ce que j'arrive à voir Parfaite et Andro se tiennent plus ou moins debout, face à face, les jambes tremblantes et les yeux se lançant des éclairs.

Et à côté d'elle, un nain au sourire satisfait.

Enfin, un nain je ne sais pas, il est peut-être un peu trop grand pour être considéré comme tel d'un point de vue médical, mais bien assez petit pour que tout les enfants se soient moqués de lui pendant toute son enfance.

Ça doit être pour ça qu'il s'amuse à faire souffrir les inconnus innocents, un vieux traumatisme d'enfance refoulé.

Mais faut pas faire ça, c'est très mal d'un point de vue psychologique.

Et d'ailleurs, je suis sûre que si Freud était encore en vie il rejoindrait mon avis, la plupart des sociopathes sont en réalité de pauvres enfants maltraités qui ne font que demander de l'amour.

Si seulement j'avais pu être là quand Jack l'éventreur sévissait encore, une oreille attentive et un gros calin et j'aurais évité des heures bien sombres à l'Angleterre.

Mais bon, faut bien un début à tout, alors forcément c'est peut-être moins glorieux mais je vais m'attaquer à grincheux. Enfin, j'irais m'y attaquer dès que je pourrais parler. Et que je serais sûre qu'il n'ira pas me frapper et/ou me torturer puis me violer pour finir par me laisser pour morte dans un ravin.

Faut croire que Parfaite m'aura donné des idées. En même temps... Je coule un regard vers grincheux. Ouais, il a bien l'air d'un sociopathe en puissance quand même.

Pour vous faire une idée plus imagée, disons qu'en terme de points sur l'échelle des sociopathes il se situerait à 567.

Faut dire que bon, quand on est petit, déjà on part avec un sacré handicap, rapport aux tequels et aux yorkshires, aux araignées et toutes ces petites merdes là, déjà on a tendance à se méfier de tout ce qui est petit. Parce que hein, le tout ce qui est petit est mignon passe mais au bout d'un moment une mygale même de deux centimètres, faut bien le chercher pour trouver le côté mignon.

Du coup, bon, bah il part avec des points d'avance, mais je suis pas du genre à juger sur ces choses-là, donc il aura que 6 points d'avances.

Mais en plus de ça, il s'amuse à faire souffrir des innocents. Là il gagne pas mal de points, on doit être vers les 106 au total.

Ensuite vient la coupe de cheveux.

Il gagne vraiment beaucoup de points sur l'échelle de psychopathe. faut dire que la coiffure du mec chauve qui veut pas assumer ça fait assez mal au compteur. On la connait tous cette coiffure, le mec qui prend les cheveux des côtés de sa tête et qui les fait passer de l'autre côté. BAM il se prend encore 70 points, ça nous fait un total de 176.

Passons aux sourcils, très fins, trop fins, ça cache quelque chose., il passe à 225 points.

Les yeux maintenant, petits et fuyants, 259 points.

Le nez trop long pour être honnête, bim il passe la barre des 300 points.

Le sourire... Bon, là le sourire est normal, certes, mais ça cache quelque chose, 301 points.

Sa manie de gigoter tout le temps, 316 points.

Et pour finir, le pull-over vert rayé rouge, ça ça fait très mal ça, on arrive vers les 420 points.

Les rayures vertes et rouges, c'est que pour les chaussettes enfin !

Je vous jure, à voir ça c'est à se demander si je devrais pas refaire le monde.

Ce serait mieux que tu évites, tu sais déjà pas compter...

Comment ça ? Je m'insurge, je sais compter depuis le CE1, moi !

Tu avais annoncé 567 points, il en a 420.

Nan mais ça c'est juste une feinte.

Je vais faire semblant de te croire pour nous éviter à tout les deux les arguments honteux et improbables auxquels tu es déjà en train de réfléchir.

Pourtant j'avais trouvé un bon truc avec des pirates de l'espace et du cannabis issus de l'époque viking.

Non.

Mais il y avait des papillons et...

Non, fais-moi confiance, je dis ça pour ton bien.

Je reporte mon attention sur le sociopathe face à moi.

Il me regarde, puis passe à la moche, hausse les sourcils en apercevant la position du rat, semble hésiter à aller le sauver, puis plante son regard en direction d'Andro et Parfaite, un sourire aux lèvres.

Tout va bien.

TOUT VA BIEN.

JE NE SUIS PAS BLOQUÉE DANS UNE ÉCOLE PLEINE DE SOCIOPATHES, NON NON NON, TOUT VA BIEN DANS LE MEILLEUR DES MONDES.

Le dernier mec a avoir dit ça a fini pendu

Il était pas totalement mort non plus.

Oui mais il s'est quand même fait pendre.

Et il s'est réveillé sur la table d'autopsie d'un médecin.

Ce qui n'est franchement pas une expérience que je te conseille d'essayer.

Certes, mais dans toutes les choses, un cœur calme doit prévaloir.

Tu tires tes citations d'un jeu vidéo maintenant ?

Pour une fois que je pouvais avoir l'air cool sans citer le seigneur des anneaux tu pourrais te taire, faux frère. Et je t'entend d'ici me tirer la langue, arrêtes ça tout de suite.

Le nain attrape une craie de ses longs doigts blancs et se tourne vers Parfaite.

-Votre nom ?

-Guhli.

-Prénom ?

-Lili.

Guhli Lili. Ses parents l'aimaient pas ou quoi ? Ils devaient être jaloux, un mauvais remake de Blanche-Neige.

-Et que faîtes vous ici mademoiselle Guhli ?

-Je suis ici pour apprendre le kido professeur.

Le kido.

Le kido.

Le kido, le kido...

C'est pas du tout la classe où je devais aller moi.

Super, je suis immobilisée dans une classe qui n'est pas la mienne, par un prof qui n'est pas le mien, et c'est encore mon premier jour.

Le nain s'est retourné et a posé les mêmes questions à Andro, qui s'appelle en fait Sofi Kurry.

Kurry. Vraiment il y a des parents qui aiment pas leurs enfants.

Il faut croire que le nain sociopahte a pensé la même chose puisqu'une esquisse de sourire est passé sur son visage, sourire qu'il a très vite perdu en posant la même question au rat et à la grosse.

Il se déplace lentement vers moi, avec une grâce insoupçonnée qui me fait penser que je dois vraiment être la seule personne ici à la grâce d'hippopotame.

-Et vous mademoiselle ?

-Ah, euh.

Bordel, c'est dur de parler en étant immobilisée.

Pourquoi les autres ont réussis à parler comme si de rien n'était ?

Même la grosse a réussi à répondre !

-Kichigai. Alex.

Il rigole franchement mais tout en conservant son air de serial killer miniature, balèze le mec.

J'en profite pour reprendre mon souffle et trouver une excuse à ma présence ici

Réfléchis Alex, réfléchis!

Cerveau en éruption?

Nop. Tu crois que si je ressors mon ascendance viking ils vont y croire ?

Nop.

-Ah oui, la fameuse Kichigai Alex.

Je suis connue moi ?

-Non vous n'êtes pas connue, j'ai juste entendu parler de vos tentatives de fuites et de votre rencontre avec Brenda.

Merde.

-Ne vous inquiétez pas, je n'aime pas Brenda. Et à vrai dire, toute ma vie j'ai attendu une personne comme vous, une personne si stupide qu'elle pourrait me permettre de me sortir de ma monotonie habituelle. Voyez-vous, je suis las de tout ces cornichons avec lesquels je travaille, incapable de faire quoi que ce soit de sérieusement répréhensible, j'ai besoin d'une personne que je pourrais punir sévèrement, qui pourrait titiller mon imagination et mon inventivité pour de nouvelles punitions.

… J'ai comme l'impression que ça sent mauvais pour moi.

-Mais vous mademoiselle Kichigai, vous m'avez l'air d'être une jeune fille pleine de surprise sur laquelle je pourrais enfin exercer mon art des punitions improbables.

Il s'interrompt quelques secondes et son regard se plante au plus profond de mon âme. Je peux voir dans ses yeux toutes les punitions auxquelles ils pensent déjà, et j'ai comme l'impression d'être face à la réincarnation de ma prof d'histoire.

-Où avez-vous été toute ma vie ?

Et là, j'ai beau avoir essayé de me taire, j'ai senti ma bouche s'ouvrir sans que je ne puisse l'arrêter.

-Je me cachais de vous.

Bon, là c'est officiel, je ne tiendrais vraiment pas longtemps dans cette nouvelle vie.


Voilà.

Donc, ce chapitre je l'aime mais en même temps un truc me chiffonne.

Je ne veux pas que vous pensiez que Parfaite et Andro (aka Lili et Sofi) ne sont pas des Mary Sue, loin de là.

Elles sont belles pour les besoins de l'histoire, mais elles ne seront pas des mary sue, donc s'il vous plaît ne les jugez pas trop vite.

C'était ça mon soucis, je voulais bien faire comprendre qu'elles étaient très belles, mais vu qu'Alex ne les connait pas encore, on peut pas savoir comment elles sont, mais le fait d'insister sur leur beauté ne veut pas dire qu'elles sont parfaites, même avec le nom de Parfaite.

J'm'embrouille.

Bref.

Vous approchez tous des vacances, il fait beau, je suis débordée par les soirées/barbecues/après-midi où tous squattent chez moi pour ma piscine, je suis complètement surchargée.

Donc, voilà.

Je ralentirais pas pour autant le rythme de publication, enfin, j'essayerais.

Voilà voilà.

Mais rassurez-vous, au moins j'ai tout le temps de laisser mûrir l'histoire d'où je vous ai laissé avant la réécriture, donc il ne devrait plus y avoir de longs moments de vides.

Sauf si les cochons préhistoriques s'en mêlent, mais j'ai passé une alliance avec les scientifiques du beurre de karité, donc techniquement ça n'arrivera pas, c'est l'équilibre de la terreur.