YO !
Désolée, je suis assise sur le bord de mon lit, au milieu de toutes mes affaires et mon avion est dans moins de deux heures donc je poste rapidement ce chapitre, et le prochain sera vers le 20 juillet hihi... Me tuez paaaaaas !
D'façons c'est pour vous que je fais ça, je pars visiter les Alpes Maritimes de l'espace pour éradiquer la menace des lapins aux grosses fesses, c'est mon vélociraptor, Bertrand, qui me l'a demandé.
Voilà voilà.
Ah, avant tout: C'est vrai que dans le chapitre précédent j'ai pas expliqué pourquoi Andro et Parfaite pleuraient dans les pieds d'Alex, c'est bien simple, j'avais la raison, j'avais l'impression d'avoir écrit ce passage, mais apparemment non, quand je me suis relue il y était pas, j'aurais probablement pas le temps de le rajouter avant le 20 donc voilà, beeen... Elles ont cru que c'était la prof de kido, c'était une classe de l'élite des débutants, mais en gros ils avaient jamais vu le prof avant, enfin... Je vous expliquerais tout ça dans deux chapitres (ça aurait été mieux dans celui-ci, mais j'ai plus le temps, ça fait très peu professionnel mais tant pis hein, je suis désoléeeeeeee)
Voilà voilà.
Alors, les réponses aux reviews :
Cauliotteuh: Ah, petite goliotte, tu m'étonneras toujours vieille branche. C'est vrai que ce chapitre ne se déroulait pas comme ça, mais j'ai perdu pas mal de mes chapitres, donc j'ai dû le réécrire au feeling ;). Heureusement, j'en ai un peu marre de cette blague que tu me ressort depuis mathusalem. Voilà voilà, je suis trèèèès à la bourre donc je te laisse. Je t'adore p'tite tête.
Nana : J'aime le danger, donc je sacrifierais eeeuh... Ben je sais pas, mais je vais tuer des lapins aux grosses fesses, ça compte ? D'façons Peach ça se voit que c'est elle la plus grosse méchante du jeu. Avec ses petits yeux vicieux tout ça tout ça... J'ai de très gros seins tu sais. Bon, certes c'est faux, mais Dumby est très petit. Sergio il arrive là, mais je sais pas ce qu'il a, je l'aime, j'ai envie de lui faire des calins en permanence. D'façons les étrangers c'est mal, les étrangers c'est LE mal !... Ouah, ça sonne vachement discours Lepen, faut que je me taise. Brian c'est le meilleur pote de tout les géants, il a mangé beaucoup de chou-fleur (c'est la seule chose que j'ai pas mangé et je suis minuscule, donc j'en ai déduis que c'était ça qui nous faisait grandir) J'ai déjà placé quelques répliques de Scarface dans les prochains chapitres... Bwahaha. Quand t'as rien compris ? J'avais totalement perdu ce chapitre, comme celui-ci d'ailleurs, donc j'ai un peu tout fait au feeling, donc c'est possible que ça se soit pas passé comme ça au départ. Le canard, j'en ai un à côté de chez moi qui me regarde bizarrement, c'est pour ça. J'aime beaucoup aussi la grand-mère d'Alex, on la verra dans le chapitre 25 normalement (hihi, me tue pas) C'est une vraie excuse que j'utilise dans la vraie vie, tu devrais essayer, quand on parle de viking on cherche jamais à aller plus loin À vrai dire, pour l'allusion à Naruto c'est un peu vrai, mais c'est aussi que c'est VRAIMENT bon les ramens. Super, j'ai faim maintenant. L'uniforme revient dans deux chapitres, tu comprendras. :) Entre Brian, sa grand-mère et le rugby avec les CP, on peut comprendre son état, non ? J'adore trouver des noms, c'est une sorte de don. J'espère aussi que je survivrais à ma vie (gros paradoxe, enclenché !)
DaenerysT: Yooo, ça faisait longtemps ouais, mais c'est quand même cool de te revoir, et en plus tu me rassure, c'est cool. :). Mais doctor who c'est étrange en même temps, peu de gens l'apprécient à sa juste valeur, j'veux dire rien que quand tu raconte l'histoire ça fait bizarre mais en vrai c'est teeellement bieeen ! Le passage de mon profil j'ai même téléchargé la musique et je l'écoute en boucle ! :) Oh purée, avengers aussi c'est vraiment trop bien, avec breaking bad et dexter c'est un des mes films/séries préférés (sans compter doctor who et GoT qui sont au dessus) et en jeu vidéo, the last of us, sinon je suis une fille tout ce qu'il y a de plus féminine (humhum) Je sais jamais quand mettre le point non plus, du coup je change de temps en temps pour qu'on puisse croire à une faute de frappe ;)
Voilà, bon ben entre temps j'ai mis mes maillots dans la valise, j'ai plus qu'à me coiffer à peu près ma tignasse et je pars à l'aventuuuuure (dans le Gers hum) alors à bientôt les amis ;)
Faut croire que le nain a apprécié ma blague. Il a rigolé. Très fort. Et la peau de son cou a bougé au rythme de ses respirations. On se serait cru devant la moche.
Sauf qu'il s'est arrêté de rire en une demi-seconde.
-Vous resterez me voir à la fin de l'heure.
Faut dire qu'en même temps je pouvais pas faire autrement, il m'a pas dé-paralysée ce con. Du coup j'ai comme l'impression d'être un pokémon sous poison. Inutile.
En plus ce petit con a remis tout le monde à la normale.
Du coup maintenant, Andro et Parfaite s'engueulent à coups de rayons lumineux sous l'oeil satisfait du prof.
Bon, en même temps c'est les seules de la classe capables de faire un rayon lumineux qui ne s'évapore pas au bout de deux secondes ou qui ne change pas directement de direction.
Le rat arrive à faire des rayons, mais ils s'échappent dans tout les sens. Ah. Il a touché la moche. Uh. Uh. Uh. La moche se relève, elle a l'air fachée. Elle essaye de faire son propre rayon. Il s'évapore dans un bruit de pet lamentable. Le rat rigole. Elle saute sur le rat et essaye de l'étouffer dans sa graisse.
Ah. Ça t'apprendra à te moquer de mes chaussettes.
Pour un peu j'en mouillerais ma culotte.
Une explosion fait exploser un bureau devant moi.
Bon, en même temps, on se doutait qu'une explosion allait faire exploser ce qu'elle touchait.
Mais merde, je viens de voir un bureau exploser sous mes yeux et à quelques dizaines de centimètres de moi, j'ai le droit d'en perdre mon français.
Estimez-vous déjà heureux que je vous parle pas japonais.
Là vous pourriez vous foutre de ma grammaire.
En attendant le souffle de l'explosion m'a projeté à terre. Donc je suis allongée sur mon côté gauche, les cheveux dans les yeux et mes chaussettes me grattent.
Je hais ma vie.
...
Plantie ?
Hum ?
C'est quoi ces trucs lumineux qui n'arrêtent pas de m'attaquer sauvagement ?
Des sorts de kido, ma chère, des sorts de kido.
Ah.
Le problème avec le kido c'est pas le kido.
Non.
Le problème c'est les cours de kido pour débutants.
Pourtant, là je suis pas dans une classe de débutant débutant. Là je suis dans la classe des premières années ayant déjà étudié le kido pendant un an avant d'intégrer l'école. L'élite quoi. Et ça fait que si au bout d'un an on arrive toujours pas à faire un putain de rayon lumineux de merde sans qu'il m'arrive à la figure, j'imagine même pas les cours pour vrais débutants.
Et comme la vie est une sacré rigolote, un autre truc lumineux à frôlé mes doigts de pieds à l'instant. Elle est belle l'élite. Dès qu'on me libère, je met des glaçons sur mes chaussettes et je fais un massacre.
Woow, attendez je rêve ou ça sent le brûlé ? Je respire un peu plus profondément et baisse les yeux. Mon tee-shirt vient de se prendre un rayon. Il est en train de cramer. Mon tee-shirt est en train de cramer et ça ne choque personne.
Je vais finir brûlée vive, ici, dans cette salle de classe parce que personne n'aura entendu mes appels aux secours. En même temps, j'ai la tête contre le sol. Du coup c'est plutôt difficile de parler fort. Enfin, je parle très fort, mais le sol empêche le son de partir quoi.
Et comme par hasard, je me souviens absolument plus de ce qu'il faut faire si un feu se déclare. Enfin, si ramper, vu que l'air est plus pur en bas. Mais bon, je suis déjà au sol. Du coup j'ai plus grand chose à faire. C'est pas plus mal.
Ah, si ça me revient, je sais ce qu'il ne faut pas faire s'il y a le feu. Faut pas faire griller des marshmallows dessus, faut pas essayer de l'éteindre avec de l'alcool ou de l'essence. J'ai déjà essayé, ça marche pas. Mes sourcils s'en souviennent.
Une autre chose qui pourrait paraître une bonne idée, mais qui n'en est pas une, c'est de se servir des extincteurs comme propulseurs pour s'échapper. Ça marche pas. Par contre, ça fait super mal aux bras.
Faut pas non plus choisir dracofeu, parce que bah, il servira pas à grand chose à part à mettre plus de feu. À la limite, si quelqu'un aurait un petit tiploof ou un pokémon de type eau sous la main ce serait pas mal.
...
Bon.
Me voilà condamnée à mort dans ce cas.
Je crois que c'est officiel, j'ai un don pour les morts ridicules. Après s'être pris un putain de lavabo dans la gueule, je vais finir brûlée vive parce que j'aurais ma tête dans le sol et que je pourrais plus bouger.
Tout ça juste parce que j'ai eu le malheur de me tromper de classe. D'ailleurs c'est même pas de ma faute, c'est de celle de Bob, ou Bill je sais plus.
…
Je les dénoncerais dans ma lettre. Dès que j'arrive à bouger le petit orteil, j'écris une lettre et je les dénonce.
Et ouais, j'ai quand même une ou deux petites qualités hein, de une, mes pieds donnent envie aux gens de prendre des milk-shakes. J'pense que c'est déjà un super pouvoir non négligeable. Mais en plus, je suis ambidextre des pieds. Enfin, j'arrive à tracer quelques lettres quoi. Si c'est pas la classe ça.
Dommage que je meurs comme ça, sans que ces talents ne soient reconnus.
Je répète, ce serait vraiment con que je meurs comme ça. Normalement dans les mauvaises séries auxquelles ressemble ma vie, quand l'héroïne dit ça, il se passe toujours un truc qui la sauve.
Bon. Ma vie n'est peut-être pas une série finalement. Aussi mauvaise soit-elle. Rah, putain, fais chier, bordel de merde, espèce de fils de p- Ah bah voilà. Je savais bien qu'on ne laissait jamais autant de grossièretés d'un coup dans une série. Aha. Vive la censure. Ça sauve des vies. Et ouais, comme par hasard -merci à toi l'enfoiré qui fait de ma vie un enfer avec tes idées toutes plus minables les unes que les autres- le nain s'est retourné vers moi.
Bon, en fait je pense qu'il avait remarqué depuis un moment que mon tee-shirt prenait lentement feu. Il devait juste apprécier le spectacle.
-Mademoiselle Kichigai, c'est dangereux de jouer avec le feu. Vous savez, le petit Billy, il aimait bien jouer avec les allumettes. Et bien un jour le petit Billy est mort.
Super, me voilà repartie pour une séance de prévention contre le feu. Je suis pas totalement stupide non plus, je sais bien qu'il faut pas jouer avec les allumettes. Vaut mieux le faire avec un briquet, c'est plus simple.
-Mais le petit Billy n'est pas mort à cause du feu, non le petit Billy a essayé de me faire une farce. Aha Billy, Aha.
Wow. Stop. Attendez. C'est pas du tout ce que dirait un pompier qui veut nous empêcher de jouer avec le feu ça.
Je relève difficilement la tête pour croiser le regard satisfait de mon prof.
-On ne rigole pas avec moi, sachez-le.
J'hoche rapidement la tête, toute paralysie oubliée.
Je crois que je viens de voir le diable.
-Donc mademoiselle Kichigai, à ce que je vois, vous vous êtes amusée à mettre le feu à ce splendide bureau à vos côtés.
À ma gauche se trouve effectivement un bureau, sale et aux bords moisis remplis d'égratignures, et effectivement, il est en flammes. Si il trouve ce bureau splendide, ça m'étonne pas qu'il arrive pas à m'apprécier, j'atteins peut-être pas le niveau des deux furies qui se battent au milieu de la classe, mais je suis quand même bien mieux que ce bureau, peut-être que je suis un peu sale, j'ai pas pu me doucher depuis longtemps je vous rappelle hein ! Mais mes bords ne sont pas moisis et remplis d'égratignures, je prend vachement soin de mes pieds moi, vu qu'ils ont des super-pouvoirs, ce serait con qu'ils soient sales, si un jour j'ai besoin d'enlever mes chaussures en pleine rue pour sauver le monde, et que mes pieds sont tout sales, ça le fait pas trop.
-Ça fera deux heures de colle. Samedi, à onze heure et demie, vous irez vous occuper de ma petite nièce, elle est de passage en ville et j'ai du travail.
…
Je confirme. J'ai bien vu le diable.
-Mais j'ai pas mis le feu, je me suis pris un putains de rayons, d'un de vos putains d'élèves de cette élite pas foutue d'être autre chose qu'un danger public et vous avez tout vu mais vous voulez juste économiser une baby-sitter espèce de vieux barge !
Bon, ça c'est ce que j'aurais voulu dire.
À la place j'ai juste réussi à dire :
-'Est 'as 'moi, 'est 'ayon 'u'i'eu !
Bon, vous moquez pas, je vous rappelle que je peux autant bouger qu'un pokémon qui se serait fait empoisonné. Soit, pas du tout.
-Quoi ? vous me demandez quel âge à ma nièce ?elle doit avoir dans les six ans aujourd'hui.
J'ai jamais demandé ça et tu le sais très bien connard.
Cette fois-ci j'essaye même pas de formuler une phrase et je me contente d'envoyer mon regard le plus noir à cet enfoiré. Ça ne lui fait ni chaud ni froid, et pourtant il devrait avoir chaud à côté du bureau en feu.
Oui. Bon. Parfois mon humour n'est pas au top-niveau. Je ne veux pas de commentaire.
Et il continue de sautiller gaiement d'un pied à l'autre.
Bordel, on dirait un leprechaun maléfique.
-Vous savez, ma sœur et son mari sont une famille très sérieuse, la parfaite famille asiatique qu'on s'imagine, avec tout les stéréotypes. Pour la petite histoire, un jour, mon neveu est rentrée avec un score de 96/100 à son test de maths, ma soeur a regardé ma nièce et lui a dit ''Bravo, tu es maintenant fille unique''.
Ah ouais, quand même.
-Si je vous explique ça, c'est pour bien que vous compreniez que je ne peux pas me permettre de vous laisser faire une seule erreur lorsque vous vous occuperez d'elle. Donc, voici ce qu'on va faire, si vous faîtes ne serait-ce qu'un pas de travers, je vous colle jusqu'à la fin de votre scolarité.
-'onsieur, 'ous 'ai'ez 'as 'eau'oup.
-Oh, bon dieu, vous ne savez même pas parler avec un vulgaire sort de niveau un ?
Non. Et je t'emmerde.
Mon regard devait bien exprimer mes pensées puisque d'un geste de la main, je sens ma mâchoire libre de tout mouvement.
Par contre il n'y a que la mâchoire.
-Monsieur, j'ai comme l'impression que vous ne m'aimez pas beaucoup.
-Et moi mademoiselle, j'ai comme l'impression que je vais me faire un plaisir de vous faire comprendre que vous avez une bonne impression.
Bon. Ça c'est dit.
Le nain me regarde, son habituel air pincé de sociopathe sur le visage et fait demi-tour.
Ce con n'a toujours pas arrêter le feu. Il va pas me laisser brûler, si ? Il a besoin de moi pour garder sa nièce. Donc il va pas me laisser mourir.
N'est-ce pas ?
Il semble qu'il soit arrivé à la même conclusion puisqu'il s'arrête, se retourne vers moi et lance un rayon bleu. Ce même rayon bleu frôle ma tête. Le feu est arrêté, certes, mais je souffre.
(ligne ffn)
En fait, au bout d'un moment, on frôle tellement souvent la mort qu'on a même plus de petite montée d'adrénaline. J'ai remarqué ça entre la quarantième et la quarante-huitième fois où j'ai failli me prendre un putain de rayon en pleine figure.
Au final, ça en devient même ennuyant.
Du coup j'ai pu penser à pas mal de choses. Comme, pourquoi est-ce que ça prend une allumette pour démarrer un feu de forêt qui ravagerait tout sur son passage mais une boîte entière pour démarrer un feu de camp ? Et puis, pourquoi est-ce qu'on s'étonne que les Américains soient presque tous gros alors qu'une pizza arrive plus rapidement chez eux que la police. Forcément, ils sont obèses. Réfléchissez, vous êtes en train de mourir, vous appelez la police, bam vous êtes morts le temps qu'elle arrive. Mais si au contraire vous appelez un livreur de pizza, il arrive plus tôt, vous sauve et donc, vous mangez une pizza parce que vous êtes heureux d'être encore en vie !
CQFD. Et voilà, un nouveau problème de résolu par mes soins.
T'as rien résolu du tout, t'as juste énoncé une théorie plus que bancale.
Tu sais Plantie, un jour mon ordinateur m'a battu aux échecs, mais il s'est fait ratatiné quand on est passé à la boxe.
Et tu me dis ça parce que... ?
Yé très envie dé pérdre ouné partie d'échecé là tout dé souité. Tou penses qué si ouné planté peut me battré aux échecs y'arrive à la battre à la boxé ?
C'est une menace ?
Tou te sens menacé ?
Bah pas vraiment, en fait je crois que c'est ton imitation du parrain qui ridiculise le tout. Non, attends... Non, tout compte fait, le tout était déjà ridicule avant.
Tou va payé oune jour !
En attendant, tiens toi prête, ça risque d'être douloureux.
De quoi ?
La cloche vient de sonner.
La cloche vient de sonner.
Je me retourne aussi rapidement que je le peux. Je suis sur le chemin de la sortie. Et la cloche vient de sonner. Je suis bloquée sur le chemin de la sortie d'une salle de cours remplie d'adolescents surexcités qui attendent cette sonnerie depuis une heure.
Je vous la refait histoire que vous compreniez mieux combien je suis dans la merde. En gros, je suis calée pile devant la sortie, donc j'empêche tout le monde de passer. Et je ne peux pas bouger.
Super. J'ai l'impression d'être une fourmis sur la trajectoire d'un troupeau d'hippopotame déchainé.
Merde. Ils arrivent, et ça va faire mal, vraiment très mal. Je ferme les yeux et écoute le vacarme se rapprocher. Un pas. Deux pas. Trois pas. Et voilà la confirmation, ça fait mal, vraiment très mal. Je suis presque sûre qu'on m'a arraché une jambe parce qu'elle était dans le passage. Ah non, ça va, on m'a juste arraché la moitié de mon jean.
Tout va bien.
Je ne suis pas dans un monde rempli de capitaines fous qui veulent ma peau, d'un nain qui a décidé de faire de moi son punching-ball et les élèves de ma nouvelle école ne sont absolument pas des bêtes sauvages.
Si quelqu'un pouvait me tirer une balle dans le genou là tout de suite, j'apprécierai. Ou dans la tête, ce serait pas plus mal.
-Et bien mademoiselle Kichigai, je le ferais avec plaisir mais je ne pense pas que ça plairait à votre prof de Kendo.
Faut vraiment que j'arrête de penser tout haut. Maintenant le nain va s'imaginer qu'il va pouvoir me tuer.
Il se gênerait pas en plus.
-Bien sûr que je ne me gênerais pas, ce n'est pas dans ma nature.
J'ai encore parlé tout haut ? J'en ai vraiment marre d'être moi. C'est épuisant, si vous saviez.
Je souris niaisement au nain et papillonne des yeux un bon moment, sans qu'il ne réagisse.
-Bon, ça c'était une façon de vous amadouer pour que vous me libériez.
-Oh, d'accord, je me demandais aussi pourquoi est-ce que vous me serviez cette tête de lapin en chaleur.
-C'est une tête de jeune fille innocente.
-Et bien cette tête ne vous convient pas du tout, pas plus que celle que vous faîtes maintenant d'ailleurs.
-C'est ma tête naturelle.
Connard.
-Oh, il me regarde, un air sérieusement compatissant dans les yeux et semble hésiter à me tapoter l'épaule. Pauvre enfant, tenez, pour me faire pardonner mademoiselle Kurry et mademoiselle Guhli vous accompagneront à votre prochain cours, vous l'avez en commun.
Andro et Parfaite se retourne à l'entente de leurs noms et hochent la tête de concert.
-Bien professeur.
Il leur sourit et me déparalyse d'un claquement de doigt.
Je me relève, un peu étourdie et tangue un peu.
-Qu'est-ce que vous faîtes encore dans cette salle de cours ?
Andro accoure vers moi et me pousse vers la sortie, suivie de Parfaite qui ferme la porte derrière nous avec un grand sourire à l'adresse du nain.
C'est peut-être vrai qu'elle couche avec les profs, sinon je vois pas comment elle pourrait sourire à cette... Chose. Ce qui me fait penser... J'accélère le pas et me plante face à Andro, qui me tient toujours par le bras.
-C'est quoi notre prochain cours ?
Elle me regarde et hausse un de ses jolis sourcils bruns.
-Kendo.
Parfaite nous a rejointe entre temps et me regarde maintenant elle aussi un sourcil relevé.
Ces deux-là se ressemblent au fond, physiquement elles sont comme deux faces d'une pièce, mais elles ont toutes les deux quelque chose de singulier.
Pourquoi c'est pas moi qui ai cette chose de singulier ? Fais chier.
Parfaite ne me regarde déjà plus, elle inspecte Andro de la tête aux pieds, et prend un petit air dégouté en fronçant le nez. Andro le remarque et donne un coup de pied dans le tibia de Parfaite. Celle-ci étouffe un jappement et remet ses cheveux en place, furibonde. Bon, ça va encore partir en cacahuètes.
Je m'assois sagement contre le mur et attrape un paquet de pop-corn à mes côtés.
De toutes façons, j'ai jamais eu envie d'aller dans cette école, alors ils vont pas compter sur moi pour que je me dépêche pour être à l'heure en cours.
Oh, joli coup de Parfaite, Andro est sous le choc, elle essaye de se relever mais Parfaite la tient bien fermement, mais que va-t-il se passer, la tension est à son comble !
Mais tout à fait ma chère Alex, c'est un combat passionnant que nous avons ce soir, un de ces combats qui marque une génération toute entière. Mais c'est formidable, Andro renverse la tendance avec son célèbre coup de pied retourné, ça devient critique pour notre belle Parfaite !
Ne parlez pas trop vite mon cher ami, il se trouve que Parfaite est pleine de ressources, regardez, la voilà qui vient de sortir un flacon de démaquillant de son sac et qui en asperge Andro !
C'est magnifique Alex, c'est tout ce que je peux dire, c'est un combat de titan, c'est, c'est... C'est fini ?
Effectivement, Andro et Parfaite ont cessé de se battre et m'empoigne chacune, me traînant derrière elle.
-Qu'est-ce qu'il se passe ?
Andro me jette un coup d'oeil hargneux et Parfaite me répond.
-On va être en retard.
Ah. C'est que ça.
Andro esquisse un sourire et fais un croche-pied à Parfaite qui s'effondre, moi avec et du coup, j'entraîne Parfaite dans la chute.
-Mais ma parole, t'es blonde ou quoi ?
Je me retourne vers Andro, elle a les genoux en sang et le regard meurtrier.
C'est bizarre pour Parfaite de dire ça, vu que... Ben elle est blonde.
Parfaite se relève à son tour et jete son sac à la figure d'Andro.
-J'avais pas pensé que tu garderais l'autre serrée contre toi en tombant, je pensais que tu avais un semblant d'intelligence. Faut croire que j'étais naïve.
…
Bon. C'est très drôle leurs disputes, mais pas quand je tombe. Je souffre moi. Ça intéresse personne ? Mais regardez ma cheville, c'est même pas un angle anatomiquement possible !
C'est sûr que ça va être embêtant pour le Kendo.
Kendo ?
Kendo, tu sais ton prochain cours.
C'est le truc où on doit frapper les gens avec un bâton ? J'aime bien frapper les gens, mais j'aime pas trop trop me faire frapper, par contre, le mec de ma classe là, celui qui m'a amené dans le bar sado-masochiste échangiste de travestis, bah lui il aimait beaucoup, j'ai appris ça un peu tard, j'aurais dû m'en douter en voyant qu'il se jetait sous mon vélo à chaque fois que je sortais de cours...
Je pose ma main sous mon menton. En y réfléchissant bien, il y avait des tas de signes avant-coureurs.
…
-Ah tiens, c'est nos vestiaires là-bas ! je m'exclame, toute guillerette en sautillant en direction de la porte sous les noms d'oiseaux échangés par Andro et Parfaite.
On remarquera au passage que ta cheville ne te fait absolument plus souffrir.
Mémoire séléctive.
Andro m'attrape par le coude et me replace dans le bon couloir, une veine sur la tempe.
D'ailleurs Andro est aussi jolie que Parfaite. Mais Parfaite a un air trop... Parfait pour ne pas l'appeler Parfaite. Seulement, du coup, on croirait qu'Andro est moche, ou moins bien que Parfaite, ce qui n'est pas le cas.
Ah oui, effectivement c'est un gros problème, très difficile à résoudre. Peut-être que tu pourrais, euh, voyons voir... APPELER LES GENS PAR LEURS VRAIS NOM BORDEL !
Plantie a l'air sur les nerfs.
C'est une plante très sanguine. On se croirait dans Thérèse Raquin à l'entendre parler.
Plantie, tu comptes pas m'amener faire une ballade en canoé pour me noyer et coucher avec mon petit ami, hein ?
Non, bien sûr que non.
Mes lèvres s'étirent une nouvelle fois en un grand sourire niais. Plantie ne me tuera pas comme Thérèse l'a fait, tant mieux.
Je ne prendrais pas la peine de louer un canoé, je te noierai dans des toilettes.
Mon sourire s'efface aussitôt.
Super, après les quatre gardes du corps qui m'empêchait d'aller me soulager tranquillement, maintenant je vais devoir me méfier d'une plante verte qui tenterait de m'assassiner à chacune de mes visites aux toilettes.
Ma vie est un enfer. Et vous remarquerez que ça a toujours un rapport avec les toilettes hein.
"IL EEST DES NOOOTREUH ILEUH S'EST CHANGÉ COOMMEUH LES AUTREUUUUUH"
Mon dieu, mais quel chant gracieux ! Cette douce mélodie m'enveloppe et je me sens voler en direction de ces voix.
Mais qui est donc cette sirène à la voix si douce ? J'ouvre la porte d'où provient la chanson. Je vous présente la sirène en question. J'arrive pas à lire son nom sur l'étiquette donc on va l'appeler Serge. Donc, Serge, un mètre quatre-vingt-deux, une bonne centaine de kilos et une pilosité à faire pâlir le yéti.
Je m'avance vers lui, et m'arrête un bref instant pour réajuster mes chaussettes.
Il me toise de haut en bas et un large sourire vient éclairer son visage au moment où je lui tend mon carnet à autographe, un sourire béat sur le visage.
Il me regarde une nouvelle fois et ses yeux s'arrêtent au niveau de mes chaussettes.
-Jolies chaussettes.
-Jolie voix.
Il me tend la main et je la sers vivement. Enfin, il me la sert vivement et je me contente de prier pour ne pas que mes os ne se brisent pas sous sa poigne.
Il sourit une nouvelle fois, et se retourne.
Il regarde un homme assis à côté de lui, l'empoigne et l'envoie contre un mur.
-Assieds-toi, moi c'est Sergio.
Je pose mes affaires à la place qu'il m'a désigné, celle qu'occupait l'homme qu'il a envoyé valser. Je jette un coup d'oeil à ma droite et le blond qui y était assis détale sans demander son reste.
-Enchantée Sergio, moi c'est Alex.
Il sourit à nouveau et je commence à me changer.
-Tu sais Sergio, ma grand-mère aimait beaucoup les hommes avec une jolie voix. Elle disait toujours ''la voix est le reflet de l'âme'' ou un truc du genre. Elle était gentille ma grand-mère, et très drôle. Elle aimait bien frapper des passants et ensuite elle se faisait passer pour gâteuse devant les policiers. C'était une super grand-mère, elle cuisinait très bien en plus. C'est quoi ton plat préféré ? Moi c'est les ramens, j'aime pas trop la culture Japonaise en général, c'est trop compliqué, mais les ramens c'est simple, il suffit de manger. Alors que tu vois, en France c'est plus simple d'y vivre, mais la nourriture est compliqué, il y a pleins de couteaux, et de couverts aussi et pleins de vins et...
Sergio me regarde et rigole. Il parle pas beaucoup Sergio.
-Tu parles pas beaucoup Sergio, c'est pour économiser ta voix ? Je te comprends, si j'avais ta voix, je parlerais jamais, je l'utiliserais que pour chanter, comme ça elle serait toujours jolie, en plus la tienne est très jolie, elle pourrait faire tomber les anges du ciel. D'ailleurs c'est horrible comme expression, tomber du ciel, ça doit faire super mal, et si ça se trouve, c'est super méchant en fait, par exemple, si je croise une fille moche, je peux lui demander si ça a fait mal quand elle est tombée du ciel, elle sera contente, mais en fait ce serait méchant, ça voudrait dire qu'elle est tombée sur la tête vu sa gueule, tu comprends ce que je veux dire ?
Il hoche la tête, me soulève d'un bras et me repose face à la porte.
-Ah on va être en retard ? Ce serait dommage, j'ai déjà été en retard pour mon premier cours, parce que là c'est mon premier jour à moi, avant j'étais...
La fin de ma phrase reste bloquée dans ma gorge.
J'ai ouvert une porte sur l'enfer.
Du coup, vous comprenez pourquoi je prend autant de temps à chaque fois pour ouvrir une porte, parce que justement j'ai peur de voir quelque chose comme ça. Des dizaines de personnes du cours précédent gisant à terre, couvertes de bleus et de coupures. Certains de leurs muscles faisaient un angle assez dégoûtant, et je parle pas de l'angle de ma cheville là, nan moi j'étais une petite joueuse, là je vous parle de pouvoir se curer le nez avec ses orteils sans avoir à plier le genoux.
Je jette un regard à Sergio qui lui a un sourire ravi. Tu m'étonnes, ce mec est une force de la nature. Remarques, les plus grands ont toujours besoin des plus petits qu'eux. Souvenez-vous, la fable de la souris et du lion, le lion est pris au piège dans un filet, et la souris vu qu'elle est petite l'aide à s'en sortir en rongeant les mailles. Si j'avais été le lion j'aurais croqué la souris à la seconde où elle m'aurait libéré.
Et c'est pour ça que tu n'es pas un Lion.
Ouais mais je suis pas une souris non plus.
Non, tu es une idiote, et tu vas souffrir. Je dégusterais chacune de tes souffrances comme le meilleur de vins, et je considérerais cela comme une vengeance.
J'ai vraiment aucune chance ?
Sauf si tu te caches derrière les gradins pendant toute l'heure. Absolument aucune.
Merci, c'est toujours bien de se sentir supportée.
A ton service, ça fera douze euros.
Les tarifs augmentent.
C'est la crise.
Je suis un peu à sec là, je peux te payer au début du mois prochain ?
La maison ne fait pas cré ton corps, fais la manche, démerde-toi mais je veux cet argent sur mon bureau avant lundi prochain.
Je déglutis devant le ton sans appel de Plantie. Lui il aurait pu jouer dans le parrain sans problème.
Mais en attendant, quand faut y aller.
…
Et bah j'y vais pas.
Je tente de faire demi-tour pour aller me cacher dans les vestiaires mais Sergio me bloque l'accès.
-Désolé Alex, je t'aime bien, mais il faut que tu viennes en cours.
Il a un léger accent, peut-être slave, ou russe. J'espère que c'est pas un russe, c'est quand même parce qu'ils sont pas foutus de faire un calcul que je suis ici moi.
-Sergio, tu es russe ? Parce que tu vois, les russes ont lancé une fusée dans l'espace, mais ils ont mal calculé l'angle d'entrée dans l'atmosphère au retour et la fusée ne s'est pas totalement détruite, comme ils l'auraient voulu, du coup des morceaux de cette fusée ont été propulsés dans toute la partie ouest de l'Asie, et si je suis morte, c'est parce que je me suis prise les putains de toilettes de cette fusée, alors si je suis ici c'est uniquement à cause des russes, donc tu pourrais au moins me laisser me cacher comme sorte d'excuse pour ton pays !
-Désolé, je suis Bulgarrrrrre.
Merde.
-Bon, tant pis.
Sergio me fait un sourire contrit et décroche un à un chacun de mes doigts fiévreusement agrippés à la porte. Finalement, il perd patience et m'envoie d'une pichenette au milieu de la salle.
Bon. Je me glisse dans la foule d'élève. Autant ne pas me faire remarquer et ne pas avoir deux profs sur le dos le premier jour.
Enfin, ta tentative est assez inutile, je te rappelle que tu as pleuré et crié en t'accrochant à la porte.
Merde. J'avais pas pensé à ça.
Au loin je vois Sergio qui lève son pouce vers moi.
Je lui souris en agitant ma main.
Le professeur attend patiemment que tous se taisent avant de prendre la parole.
Ça change de l'autre psychopathe qui paralyse ses élèves pour pouvoir parler dans le calme.
-Bien, pour votre Premier cours nous allons commencer par un simple Entrainement, le Combat sera pour plus tard, il faut déjà Maitriser l'Art du Kendo.
Ce prof arrive à mettre des majuscules en parlant. Encore une super qualité que j'ai pas. Putain, j'étais peut-être qu'un spermatozoïde, mais j'étais quand même un sacrément con de spermatozoïde. Partir piquer une sieste au moment où on distribue les avantages. Quelle conne.
-Donc, il est Absolument hors de question de se Lancer sans Filets.
Il finit sa phrase par un clin d'œil avant de sortir de derrière son dos des filets de pommes de terres. Très sexy comme clin d'oeil au passage.
Encore une fois, pour un peu j'en mouillerais ma culotte.
Ce mec arrive à être sexy en tenant des filets de pommes de terres quand même.
C'est... Une sorte de qualité.
-Ces Pommes de terres sont Spéciales, elles viennent de mon Propre Élevage. Elles sont Résistantes comme de l'Acier trempé et blindé.
Ah ouais quand même. Ce type s'amuse à dopper ses patates en rentrant chez lui. Je vous défie de trouver plus pathétique.
-Le But de ce cours et d'Eclater le Premier une de ces Pommes de terre Mais Sans sabres... C'EST PARTIIIIII!
Ce type a beau être sexy comme un dieu, il a une voix de pucelle quand il crie. C'est assez dérangeant. Imaginez, pendant le coït, il se met à crier.
Oui, je dis bien imaginez, parce que soyons réalistes, il n'y a que très peu de chance pour que qui que ce soit arrive à trimballer ce mec sous son pieux.
Il est mignon, certes il a de jolis cheveux bruns et deux grands yeux gris, une barbe de trois jours et un sourire craquant.
Mais quelque chose dans ses yeux semblent défier toute femme de s'approcher de lui. Un peu comme s'il se répétait dans sa tête ''Je ne croirais jamais une chose capable de saigner pendant cinq jours tout les mois et rester en vie'' En même temps, c'est vrai que dit comme ça, le sexe féminin ne semble pas très digne de confiance.
Et dans un autre temps, ce type rentre chez lui pour dopper des patates et demander à ses élèves de les frapper. Donc niveau confiance, je pense qu'on a fait pire.
Sergio rigole en envoyant coup sur coup sur son propre filet. Les pommes de terre résistent.
Sergio s'arrête un instant, balaye la salle de ses deux yeux bruns et s'arrête finalement sur un pauvre homme face à lui.
De sa main gauche, il attrape le col de l'homme et le hisse à hauteur de son visage. L'homme tremble de tout ses membres et tente de s'échapper en se trémoussant. De sa main droite, Sergio resserre sa prise sur son filet de patates et le balance sur l'homme.
Ou inversement.
C'est compliqué à dire, l'action a soulevé une telle poussière.
Je plisse des yeux et m'approche un peu.
Sergio est toujours debout et ses patates sont intactes, même si elles sont remplies de sang. Il soupire et les balance contre un mur de l'autre côté de la salle.
Ah.
Il doit avoir compris ce qu'il vient de faire vu qu'il coure récupérer ses patates et qu'il les sert contre lui en jetant des coups d'oeil méfiants à toutes les personnes présentes dans la pièce. Et il recommence à taper sur ses patates.
C'est quelqu'un de très intéressant ce Sergio.
Je suis persuadée qu'en étudiant son cerveau on apprendrait beaucoup de choses.
Je continue de balayer la salle du regard. Il y a toujours l'homme dont Sergio s'est servi comme projectile, à terre et immobile. Tant pis pour lui, je vais pas prendre le risque de traverser toute la salle qui ressemble à un champ de bataille pour pouvoir sauver ses fesses. En plus je le reconnais, il était au cours de kido et il m'a pas aidé.
Connard.
Finalement je change d'avis et traverse la salle, mon filet sur le dos et me plante juste devant la forme immobile au sol.
Ça me fera un bon tabouret, et une douce vengeance, il avait qu'à m'aider pendant le dernier cours. Je m'assoit donc sur l'ancien projectile sous ses faibles protestations. Je rêve ou il vient de dire que je l'étouffais avec mes fesses ? Pour la peine je laisse malencontreusement tomber mon sac sur ses orteils.
Je lance un grand sourire niais à Sergio qui me fait un rapide signe de la main avant de l'encastrer une nouvelle fois dans son sac. Bon, tout le monde tente de pulvériser ces patates, sauf quatre personnes.
Déjà, mon tabouret. Ensuite, moi. Et puis Andro et Parfaite qui elles préfèrent se lancer leurs sacs à la figure en s'insultant.
Enfin, si ça se trouve, leurs cils finiront par couper les patates. Ils sont tellement longs qu'ils sont pas naturels, ça c'est sûr, alors après tout ce que j'ai vu aujourd'hui, on pourrait très bien faire des faux-cils plus coupant qu'une lame que ça m'étonnerait plus. Même si, ça doit être embêtant. Si c'est vraiment trop coupant, et que par exemple on éternue, on ferme les yeux brusquement et on se prend nos cils dans les paupières.
En fait, ce serait un peu comme un Edward aux mains d'argents des temps modernes. Je sais pas si ça serait un très mauvais argument marketing ou au contraire, un super argument. De toutes façons, vendre des produits de beautés ne fait pas partie de mes plans de carrières alors on s'en fout pas mal.
Je m'étire longuement en baillant tout en me grattant le dos.
Bon.
Le temps passe lentement.
Je gratte mon coude.
Remets mes chaussettes en place.
Regarde l'heure.
Éternue.
…
Je vais peut-être essayer de frapper ces patates.
…
Bon, je me fais vraiment trop chier, je me lance.
Ces patates ne vont pas faire long feu. Si ma grand-mère était là, elle aurait apprécié la blague. C'était une blagueuse ma grand-mère. Je vous ai déjà dit que je l'aimais ? Elle était super cool comme grand-mère, même si elle n'a jamais vraiment réalisé l'ironie d'appeler son fils ''fils de fille de petite vertue''. Ou peut-être qu'elle le savait. On savait jamais trop avec grand-mère, mais elle était vraiment cool.
Ta grand-mère était une pomme de terre ?
Non. Mais elle disait toujours, quand les-
Si ce n'était pas une patate, tu la fermes et tu frappes les patates devant toi.
C'est moi ou Plantie est de moins en moins prévenant ?
J'trouve ça injuste, j'ai commencé une relation avec une plante verte plutôt nerveuse mais très drôle et coopérative, et je me retrouve avec une vieille plante aigrie.
Ça me rappelle, une fois...
Les patates.
Je soupire et me met debout, face au sac.
Je lance un coup de pied dans le sac qui roule un peu plus loin.
Mon pied gonfle à une vitesse ahurissante alors que la douleur remonte le long de ma jambe.
Trois... Deux... Un...
-BORDEL DE MERDE DE SALOPERIE D'ENFOIRÉE DE PATATE À LA CON !
Je sais que j'ai déjà dit qu'il a été scientifiquement prouvé que jurer pouvait faire diminuer la douleur de moitié.
BAH ÇA MARCHE TOUJOURS PAS, PUTAIN J'AI MAL SA MAMAN !
Je sautille à travers toute la salle tout en babillant je ne sais quoi à propos de patates révolutionnaires et d'alliances avec des lavabos soviétiques.
…
Oui, quand j'ai vraiment mal, même moi je ne peux plus me comprendre. Mais à la tête que fait Parfaite quand je l'aperçois, je dois pas raconter des choses très très catholiques.
Ah tiens, je suis revenue sur mes pas. Et mon tabouret s'est relevé. Ah l'enfoiré. Il vient de me faire un croche-pied. Je vois le mur se rapprocher et je tombe lamentablement, ouvrant dans ma chute la porte des toilettes, tout en me prenant les pieds dans du papier qui traînait.
Oui, pour une fois il y a du papier. Je tenais à vous le faire remarquer. Parce que depuis le léger incident avec les toilettes de la semaine dernière, j'ai plus réussi à trouver un sanitaire avec du papier. Sauf que j'étais déjà assise sur les toilettes. Mais là, comme par hasard, il y a du papier, et tellement qu'il y en a même par terre, ce qui me fait trébucher.
Et je me retrouve les fesses en l'air, la main dans la cuvette et mon pied enflé qui pend lamentablement hors des toilettes.
Je crois que j'ai trouvé pire que ne plus avoir de papier.
Mais au moins, maintenant c'est définitif, ma vie est un mauvais scénario écrit par un enfoiré et je vais trouver le FBI pour qu'ils le mettent sous les barreaux.
Vous vous souvenez, je vois toujours le côté positif des choses. Bah ça devient de plus en plus dur.
Je me retiens de pleurer d'exaspération et passe ma main au sèche-mains, pour me sécher la main, ce qui est l'utilité première du sèche-main, la deuxième étant le sèche-cheveux, suivi du réchauffeur en hiver, et enfin du réchauffeur de plat.
J'époussette mes habits et part en boitant me réfugier derrière les gradins, où je retrouve Parfaite, les yeux dans le vague.
-Oh, salut, toi aussi t'en as marre des patates ?
Je me laisse tomber à ses côtés, et ça doit lui suffire comme réponse, elle sourit et me tend sa main.
-On a pas été présentées, salut, moi c'est Lili, enchantée.
Je regarde sa main un long moment avant de l'attraper.
-Alex, ravie.
….
La fin de l'heure arrive enfin.
Bon, tu peux te rassurer en te disant que personne n'a réussi à éclater une de ces patates.
Sergio a réussi à en fissurer une.
Oui mais c'est Sergio.
Je sais, je voulais juste que tout le monde sache que Sergio était cool.
J'entend Plantie soupirer et je fais de même tout en me relevant du coin où je m'étais réfugiée pour la fin de l'heure.
Sergio est parti depuis une bonne vingtaine de minutes, ce traître m'a laissé seule sous prétexte qu'il devait reprendre la boutique de patisserie de sa mère. Mais demain il me ramènera des cookies. C'est vraiment un bon gars ce Sergio.
Je remet du revers de la main mon short et mon tee-shirt en place.
Je remonte mes chaussettes et passe une main dans mes cheveux.
De toutes façons faut bien que je m'occupe de ces affaires, je peux plus me changer mon tee-shirt est brûlé et mon pantalon est arraché.
Ma vie est nulle. Et en plus je vais devoir passer cette vie nulle en vêtements de sports.
-Alex ?
Je m'arrête à l'interpellation de Lili et je me retourne vers elle, les yeux brillants.
En fait Lili est très gentille, et loin d'être parfaite et elle a toujours du café avec elle. Du vrai café, pas le mauvais café qu'on nous sert dans les bars Japonais.
Sauf que, j'étais plus trop habituée au vrai café moi, et la caféine a toujours fait son effet en deux temps avec moi. Je crois que je viens d'atteindre le deuxième temps, je pourrais passer la semaine à danser le woogy-boogy sans m'arrêter. Alors que j'allais proposer une semaine de danse intensive à Lili, je me retourne et ma gorge s'assèche rapidement.
J'ai rarement été autant dans la merde.
Hey, et voilà, je vous laisse dorénavant pour quinze longs jours, j'espère que vous ne mourrez pas en cours de chemin, piqués par une mygale ou étranglés par un serpent, ce s'rait con quand même.
Ouais, c'est ma façon de vous souhaiter de BONNES VACAAAAAAAAANCES ET PLEEEEEEIN DE BONNE CHOSES !
À bientôt !
