A toi, à moi, et à tout ce que je n'ai pas su te dire.
A/N : Voilà un petit OS Stiles/Isaac pour iantocullen. J'espère que cela réponds à tes attentes car je crois bien être un peu ooc. Ceci dit... Bonne lecture !
Depuis que sa vie avait basculé lorsqu'il avait découvert que son meilleur ami était un loup-garou, Stiles se méfiait des surprises, des coups du sort, des événements inattendus. S'il y avait une chose qu'il avait appris de tout cela, c'était bien que ces derniers n'apportaient jamais rien de bon. Et une fois de plus, ce qu'il craignait le plus avait fini par arriver – peut-être que c'était sa faute, d'ailleurs, s'il n'y pensait, les choses n'arriveraient peut-être pas ? Il chassa rapidement cette idée de sa tête, marmonnant un « c'est stupide » en regardant défiler les murs blancs. Il détestait cet endroit. Non. Ce n'était pas assez fort : il haïssait cet endroit. Tout ici l'horripilait. Cela lui rappelait trop de souvenirs désagréables, comme la fois où il avait vu sa mère s'éteindre sous ses yeux, dans ce bâtiment. Il se rappelait encore les cris de son père, les larmes, l'agitation du personnel et ce long bip strident, cette tonalité si particulière qui hantait encore ses rêves, tout comme cette ligne verte qui défilait uniformément sur l'écran noir. Il haïssait les hôpitaux. Et à son grand regret, il y passait le plus clair de son temps depuis que cette légende de loup-garou s'était révélée vraie, et surtout depuis que la majorité de ses fréquentations en étaient devenus.
Il y avait eu Lydia, d'abord, quand Peter l'avait mordue. Il y avait eu Isaac, une première fois, quand il était revenu de sa mission d'espionnage des alphas. A moment donné entre les deux, il y avait eu Erica – et même s'ils n'étaient pas particulièrement proches, cela lui avait quand même fait de la peine. Scott avait fait quelques aller-retours assez réguliers aussi. La dernière en date avait été Cora et Stiles avait bien cru qu'elle allait mourir sous ses yeux elle aussi. Ils l'avaient sauvé – surtout lui – de justesse. Ensuite, ils avaient combattus les alphas et le darach et Stiles avait espéré que les choses se calment. Il avait osé espérer que c'était la dernière fois qu'il voyait les murs blancs de l'hôpital. Il s'était bien trompé. Les murs blancs commençaient à devenir flous et les bruits extérieurs s'estompaient peu à peu, comme s'il était hors du temps, comme si la course folle du personnel hospitalier battait son plein alors que son propre monde tournait au ralenti. Oui, car non seulement s'était-il trompé au sujet de sa fréquentation de l'hôpital, mais il n'avait pas douté un seul instant qu'il aurait pu être le prochain blessé. Il avait bien envie de rire devant l'ironie du sort mais la pression qui envahissait sa poitrine lui faisait trop mal pour qu'il n'esquisse un seul mouvement. Oh, cela avait été un bête accident. Un cerf avait traversé la route, il avait freiné trop tard, sa voiture avait dérapé et s'était retournée dans le fossé, tandis qu'il passait à travers le pare-brise. La dernière pensée qui lui vint à l'esprit fut que pour une fois, il ne serait pas celui qui attendrait le cœur serré dans les couloirs blancs et oppressants, puis ce fut le trou noir.
Isaac ne savait pas à quel moment précisément il avait enfin trouvé les mots qu'il cherchait depuis si longtemps, mais il était sûr d'une chose : à voir Stiles, allongé sur ce lit d'hôpital, livide, l'air cadavérique même, il avait subitement pris conscience du fait qu'il fallait parler.
« Il y a plusieurs choses que je voulais te dire. »
Une fois qu'il eut commencé, les mots s'enchaînèrent avec une facilité étonnante, rythmé par le bip-bip régulier des machines.
« Premièrement : Je sais que je ne suis pas le type de personne dont tout le monde rêve. Je manque extrêmement de confiance en moi, je n'ai pas beaucoup d'amis et je suis loin d'être populaire – et être devenu un loup-garou doué en lacrosse n'a pas changé grand chose de ce point de vu là. J'ai peur de ne jamais être à la hauteur, j'ai peur de me tromper, d'échouer. Je suis perfectionniste mais je suis loin d'être ambitieux, je n'ose pas trop espérer parce que je ne veux pas être déçu. Je suis perdu la plupart du temps, je ne sais même pas qui je suis ou qui j'ai envie d'être en dehors de quelqu'un de bien. Mais il y a quelque chose dont je suis sûr : les choses ont commencé à changer depuis que Scott et toi êtes devenus mes amis. J'ai commencé à m'accepter en voyant que vous m'acceptiez tel que je suis. J'ai commencé à regarder la vie différemment, je commence à me dire que, peut-être, moi aussi je mérite d'être aimé. »
« Deuxièmement : Je ne sais pas ce que tu penses de toi. Je ne sais pas s'il y a des jours où toi aussi tu te détestes ou si tu t'en fiches de ce que les autres pensent. Je ne sais pas s'il y a des soirs où tu t'endors en pleurant ou si par moment tu as juste envie de tout quitter parce que tu as l'impression de ne pas avoir ta place ici, comme il m'arrive souvent de le penser. Ce que je sais, en revanche, c'est qu'à mes yeux tu es parfait dans toutes tes petites imperfections. Je m'en fiche de tes défauts, c'est peut-être même ce que je préfère chez toi. J'ai l'air ridicule à te dire tout ça dans l'état dans lequel tu es, mais tu sais.. il paraît que dans le coma, on entend quand même ce qu'il se passe. »
« Troisièmement : Je suis tombé amoureux de toi. Je n'avais pas prévu que ça arriverait. Je me suis réveillé un matin et c'était là. J'aime la façon dont tu ris et dont tes yeux s'animent quand tu souris. J'aime ton sens de l'humour et tes blagues pourries. J'aime quand tu me racontes ta vie. J'aime tout. Je sais que je ne te connais pas vraiment. Je ne connais même pas ta couleur préférée ou ce que tu prends le matin au petit-déjeuner. Je ne sais pas ce que tu ressens la plupart du temps. Mais je pense que j'aimerais ce que j'apprendrai à connaître comme j'aime ce que je connais maintenant. »
« Quatrièmement : Je n'arrête pas de penser à toi, à ce que tu fais, avec qui tu te trouves. Pas en ce moment, évidemment, mais avant ton accident... Enfin, je pense toujours à toi. Et à la façon dont tu réagirais à ce que je dis, si tu aimerais ma nouvelle écharpe, si tu trouverais que je progresse en chimie. Ca m'effraie un peu parfois de me dire que tu as pris autant de place en aussi peu de temps. »
« Cinquièmement : Ils vont te débrancher ce soir. C'est décidé. Cela fait maintenant trois mois que tu es ici sans aucun changement. On ne te reconnaît presque plus, à vrai dire. C'est assez étrange de te voir ainsi, allongé là, si calme. Ca ne te ressemble tellement pas. Certains jours je m'attends à ce que tu sortes du placard en riant et en désignant le lit en disant « elle est plutôt bien faite cette poupée de cire non ? C'est pour tromper les darachs et autres fous qui essayeraient de me tuer. » Tu me manques. Tu me manqueras, à moi, à Scott, à ton père, à Lydia et autres aussi. Je n'arrive pas à me faire à l'idée que c'est la dernière fois que je te vois. D'ici quelques minutes, ils viendront m'annoncer que mon temps de visite est dépassé et que je dois quitter ta chambre. »
« J'aurais du te le dire plus tôt, mais j'attendais les bons mots et le bon moment. Finalement, je n'ai eu que les mots. Le bon moment ne viendra jamais. Je ne t'oublierais pas. »
Isaac essuya d'un revers de manche les larmes qui perlaient au coin de ses yeux et s'approcha de Stiles. Il réduisit l'espace entre leur visage et s'arrêta lorsque leurs lèvres se touchèrent presque.
« Adieu, Stiles Stinlinski. »
Et il l'embrassa délicatement, avant de s'écarter et de quitter la pièce, sans se retourner.
« A toi, à moi, et à tout ce que je n'ai pas su te dire... »
A/N : Bon c'était carrément déprimant mais je vous en supplie ne me tuez pas. (Le prochain OS, c'est du Stydia, et c'est pas plus joyeux...).
