Dans la chambre d'hôtel, tout était très calme. Les protagonistes s'étaient endormis depuis six bonnes heures sans avoir remarqué l'absence d'Aurelia : après tout, elle avait prévenu qu'elle irait enquêter de son côté lorsque la situation serait favorable.
Layton fut sorti de son sommeil par quelques forts coups sur la porte de la chambre, et cela à répétition. En gentleman qu'il était, il se dit que c'était certainement un voisin qui avait besoin d'aide et se leva donc, semi-endormi, afin d'ouvrir la porte.
Lorsque celle-ci fut entrouverte, il était surpris de voir Aurelia, d'un air paniqué, devant la chambre. Avec ce qu'il avait appris peu de temps après l'avoir vue, il y a trois jours, il avait une vision toute autre de la jeune fille et ne savait pas réellement comment réagir. De plus, il était encore somnolent.
« Aurelia ? Mais que faites-vous ici si tardivement ? s'exclama le gentleman, d'une voix basse. Quand êtes-vous partie de la chambre ?
- Comment, que dites-vous ? dit-elle, surprise d'entendre cela : elle n'était pourtant plus revenue à leurs côtés depuis deux jours.
- Vous étiez pourtant dans votre lit hier soir !
- Je ne comprends pas, professeur… »
Layton fronça les sourcils : que se passait-il, au juste ?
Quoi qu'il en soit, il décida de faire entrer la jeune fille qui n'attendait sûrement que cela.
« Entre, nous allons en discuter dans de meilleures conditions.
- Merci… » répondit-elle, soulagée de le retrouver.
Le professeur lui ouvrit entièrement la porte et Aurelia pénétra dans la chambre, regardant autour d'elle. Ce vacarme avait réveillé Luke, qui avait pourtant un sommeil lourd. Il s'était assis sur son lit et baillait, avant d'ouvrir entièrement les yeux et d'être aveuglé par la lampe que le professeur venait d'allumer sur son chevet.
« Aurelia ! D'où venez-vous ? s'écria le jeune garçon.
- Oh, bonjour, ou plutôt… bonsoir, Luke. J'étais dehors, hésita-t-elle. »
Elle ne s'exprima guère plus, et Hershel l'invita à prendre place autour de la table un peu plus loin dans leur chambre d'hôtel.
« Qu'avez-vous appris ? la questionna le gentleman.
- Eh bien… »
Elle bafouilla quelque peu, trouvant cette situation pour le moins embarrassante, et décida toutefois de mentionner son entretien avec la gérante de l'hôtel.
« Je ne comprends pas ce qu'il se passe, professeur, pour être honnête. Lorsque je suis arrivée il y a une dizaine de minutes, Elizabeth a eu la même réaction que vous. Je ne suis pourtant jamais passée ici…
- Comment ? s'étonna Layton. J'avoue avoir du mal à comprendre ce qu'il se passe ici… »
Il se leva, posa sa main contre son menton et commença à tourner dans la pièce, comme s'il réfléchissait ou avait compris quelque chose.
« Si vous savez quelque chose, je vous prie de m'éclairer… se permit Aurelia.
- Oui, moi aussi, professeur ! » ajouta Luke qui les avait rejoints.
Hershel pensait avoir une idée, mais refusait de l'accepter. Il était impossible que ce soit lui qui ait encore une fois déjoué tous ses plans…
Cela faisait si longtemps qu'il n'avait plus entendu parler de lui, que son nom ne lui avait pas effleuré l'esprit très souvent.
« Je pense que tout ceci n'est qu'une mascarade. Si vous étiez restée avec nous hier, vous en auriez eu le souvenir, déduit Hershel.
- Je suis d'accord… Cependant, je pense savoir que vous êtes un homme prudent et que vous ne devez pas être entièrement convaincu de ma version des faits.
- Je pense pouvoir te faire suffisamment confiance pour affirmer que quelqu'un se moque de nous depuis longtemps, acquiesça Layton.
- Si je peux me permettre… ajouta Aurelia. Je pense qu'il y a plus qu'une personne.
- Savez-vous quelque chose de plus ? lui demanda-t-il, surpris de sa phrase remplie de sous-entendus.
- Non, pas spécialement… mentit-elle en le regardant dans les yeux. Je sais juste qu'ici, une personne tire les ficelles dans l'ombre, celle responsable des enlèvements et que ce n'est pas la seule.
- Vous êtes très intelligente » confirma le professeur.
En effet, il pensait avoir une idée sur l'identité de cette personne, mais préférait la rejeter, tout comme celle évoquée précédemment.
Il arrivait pourtant à un stade où ses doutes seraient malheureusement confirmés… Il avait tellement espéré se tromper, il refusait d'y croire, il ne pouvait pas y croire !
Y avait-il seulement d'autres possibilités ? Ce qu'il avait lu l'autre jour, était-ce une simple coïncidence ? « Non » se répondit-il à lui-même, cessant son monologue intérieur.
Il avait pour la première fois de sa vie menti à la jeune fille lorsqu'il avait affirmé avoir confiance en elle. Il ne devait pas craquer devant Aurelia ; mais ce qu'il avait lu, il ne l'avait toujours pas accepté et personne dans cette pièce n'était au courant. Il ne pouvait pas aborder le sujet maintenant, tout s'effondrerait.
Il y avait même trois personnes qui tiraient les ficelles, et le professeur Layton venait de le comprendre depuis peu. Il ne faut jamais se fier aux apparences.
« Dites, professeur… Pensez-vous que la personne qui s'habille comme pour le Carnaval pourrait être derrière tout cela ? proposa l'apprenti du professeur.
- Mon garçon… soupira Layton. C'est impossible.
- Si vous le dites… »
Layton se souvint que quelques années auparavant, c'était Emmy, leur ancienne assistante, qui avait comparé sa tenue à un déguisement de Carnaval. Cela le fit quelque peu sourire. C'était d'ailleurs la même année qu'il l'avait perdu de vue.
Il avait refusé de le croire mort, il est bien plus intelligent que cela.
Chassant ces souvenirs en clignant les yeux rapidement, il préférait retourner se coucher, bien que son sommeil allait être tout aussi agité à présent qu'il l'était depuis deux bonnes nuits.
« Je vous propose d'aller tous vous recoucher, nous aurons bien le temps d'en reparler demain.
- Je suis d'accord, moi ! » lança Luke.
Le jeune garçon ne perdit pas de temps : en moins de temps qu'il ne faut pour le dire, il s'était emmitouflé sous les couvertures et s'apprêtait déjà à dormir.
« Aurelia, j'imagine que vous n'avez pas réellement d'autre endroit où dormir, et il est déjà presque cinq heures du matin…
- J'ai bien un appartement, mais je dois avouer que l'idée d'y retourner ne m'enchante guère, dit la jeune femme.
- Vous n'avez qu'à rester ici, c'était initialement prévu… Si seulement je ne m'étais pas trompé de personne, lâcha-t-il à voix basse, pour lui-même.
- Merci beaucoup… »
La jeune fille, après s'être préparée pour aller dormir, prit place dans le troisième lit de la chambre qui n'avait pas d'occupant.
Ou plutôt, qui en avait un il y a quelques heures.
Elle s'endormit rapidement, dans un sommeil sans rêve.
Descole commençait à perdre patience : Claire esquivait tout le temps ses questions, il n'y avait rien à faire pour savoir quoi que ce soit de plus si cela concernait leur passé.
Il décida de la laisser, de toute façon, il ne pourrait rien faire pour modifier le cours des choses. Le destin était déjà tracé.
« Bien. J'imagine que cela ne sert à rien d'espérer quoi que ce soit de plus, lâcha-t-il, d'une voix lasse.
- Félicitations, bonne réponse ! répondit-elle d'un air amusé.
- Nous nous reverrons, Claire. Et ce, bien assez tôt » lança-t-il en faisant voler sa cape et en repartant de ce mystérieux endroit.
Désormais, il n'avait plus grand-chose à faire, si ce n'est retourner en ville pour méditer. Cette rencontre l'avait laissé dans une hésitation immense ; il était incapable de faire taire les émotions qui commençaient petit à petit à le submerger, et ce depuis son arrivée à Genovia.
Il était tout aussi incapable d'arrêter Claire, et cela, ils le savaient tous les deux. En réalité, tous les habitants de la ville devaient se rendre à l'évidence si ce n'était pas déjà le cas pour la plupart : il était impossible de stopper celle qui tirait les ficelles dans l'ombre. La ville allait connaître quelque chose, quoi qu'il en soit, et ce ne serait pas joyeux, loin de là.
Pour le moment, Descole marchait le long du chemin qui le permettrait de rejoindre la ville, les yeux fixant le vague devant lui.
Claire… La seule femme qu'il avait aimée. La femme qui l'aimait.
Cette époque était à présent révolue. C'était pourtant bien plus simple auparavant, avant qu'il ne perde toute trace d'éventuelle humanité, avant qu'elle aussi, semble perdre toute l'humanité qu'elle avait. Où était passée l'humaine qui rayonnait de joie, prête à tout pour vivre dans le bonheur avec sa famille ? A présent, c'était un bloc de glace, rien ne l'atteignait. Il ne pouvait croire cela.
Il avait horreur de laisser ses émotions prendre les devants, il refusait d'être connu ainsi, c'était une de ses plus grandes peurs.
Mais parfois, on n'a pas le choix. Et il le savait bien : prochainement, il n'aurait pas le choix. Il espérait certainement que ce soit pour une bonne cause.
Une aussi bonne cause que celle pour laquelle ils avaient vécu ensemble il y a plus d'une dizaine d'années…
C'était un soir pluvieux du mois de septembre, où la température commençait à baisser et la météo à s'agiter. L'automne était bien avancé : il était arrivé plus tôt, cette année-là. L'hiver, lui, se faisait parfois sentir en soirée et en matinée, tant les températures étaient basses Il n'y avait que peu de courageux qui s'aventuraient dans les rues à cette heure-ci et pour quelconques raisons ; un couple, lui, était bien au chaud dans leur salon, dans les bras l'un de l'autre. L'ambiance qui régnait à l'extérieur n'était guère leur problème, du moment qu'ils étaient ensemble.
La blonde, les yeux pétillants et ses lèvres ornées d'un sourire dévastateur, lança :
« On a tellement de temps devant nous… L'avenir s'annonce si beau, si parfait, dit-elle en posant son regard sur celui de l'homme qui était contre elle et qui lui caressait tendrement le dos.
- C'est vrai… Et puis ce mariage va changer notre vie » murmura-t-il.
Le jeune couple avait prévu depuis environ un mois de s'unir pour toujours par les liens sacrés du mariage : cela ne faisait que rendre leur quotidien encore plis beau. Quoi de plus beau pour deux jeunes amoureux, qu'un mariage voire même plus ? Mais cela, ils auraient tout le temps d'y réfléchir ensuite.
Après avoir longuement discuté sur le bonheur qu'ils se procuraient l'un et l'autre –comme fréquemment ces derniers jours, ils décidèrent d'aller dormir, allant main dans la main jusque leur chambre à coucher.
Descole marchait toujours, il était cette fois-ci arrivé au centre-ville bien que désert vu l'heure matinale : l'aube ne s'était pas encore levée. Peut-être même qu'il était tard. Il ne savait pas vraiment. Se replonger dans de tels souvenirs lui procuraient des sensations semblables à de la colère ou bien de la joie, il ne le savait guère.
Le gentleman masqué était incapable de définir celui qu'il avait été : cela lui paraissait tellement improbable. Autrefois, sa vie était telle qu'il la qualifiait souvent lorsqu'il était en sa compagnie : parfaite. Il hésitait entre avoir honte d'avoir été le Jean Descole humain, capable d'aimer et de pleurer, et la fierté d'avoir pu passer sept années heureuses avec la femme qu'il avait aimée.
Ses sentiments devaient, aussi tristement qu'il était obligé de l'admettre, sa plus grande faiblesse.
Il fallait malgré tout qu'il se rende à l'évidence, « la Claire » qu'il avait connue était partie et ne reviendra jamais. « Mais si seulement elle pouvait changer, je suis certain que j'y arriverais aussi, rien que pour elle » se surprit-il à penser alors qu'il atteignait le côté Sud de la ville où résidait sa fille. Cette pensée le fit halluciner : il était incapable de se contrôler, désormais. Il croyait devenir schizophrène.
Cette situation était tellement absurde, tellement irréelle. Retomber nez à nez avec son passé le changerait et ce à jamais. Quel absurde passé !
Les rayons du soleil transperçaient les rideaux et illuminaient fortement la chambre d'hôtel où Aurelia dormait. En ouvrant les yeux, elle déduit qu'il devait certainement être plus de onze heures.
Elle ne perdit pas de temps avant de poser un pied à terre et de se lever de son lit. Cela fait, elle aperçut une note posée sur la petite table dans la pièce. « Ce doit certainement être un mot du professeur, puisque la chambre est déserte » se dit-elle.
Elle ne se trompa pas : avant de partir, Hershel prit le soin de l'avertir de ce qu'il comptait faire.
« Aurelia, je suis parti tôt avec Luke afin d'avancer dans notre enquête. Je n'ai pas voulu vous déranger au vu des évènements de la nuit passée. Si jamais vous avez envie d'y prendre part en notre compagnie, vous pouvez nous rejoindre : la ville n'est pas aussi grande qu'elle n'y paraît, vous nous retrouverez vite, je n'en doute pas une seconde. Vous pouvez également continuer l'enquête de votre côté si cela vous tente. En tous les cas, nous nous retrouverons ce soir pour faire le point à l'hôtel, à dix-sept heures. Je ne doute pas de vos capacités. Layton »
Ce mot lui arracha un léger sourire au coin des lèvres. Elle était vraiment contente que le professeur lui accorde toute sa confiance.
Sur ces pensées, elle quitta la pièce afin de se diriger dans la salle de bain pour se préparer à sortir. Elle comptait opter pour la première solution et rejoindre les deux héros dans leur enquête : à trois, on avance toujours plus vite. De toute façon, ce mystère allait bientôt être résolu : elle le pressentait. Elle connaissait beaucoup le professeur Layton sans l'avoir réellement côtoyé : il ne mettait que peu de temps avant de résoudre une affaire déroutante, et celle-ci ne ferait pas exception à la règle.
En pénétrant dans la salle de bain, elle se retrouva face au miroir au-dessus du lavabo et se fixa quelques longues secondes.
Elle fixa celle qui était, malgré elle, à l'origine de tout ce désastre qui allait s'abattre dans cette ville et dans les souvenirs de tous. Ce désastre qui allait changer leur vie, bien plus en mal qu'en bien.
Elle était comme sa mère : cette femme qu'elle prenait pour modèle, elle avait toujours détesté la violence et tout fait pour éviter que des conflits émergent. Mais ce conflit-ci était contraire à tout ce qu'elle avait toujours voulu.
Tous ces mensonges auprès du professeur qui malgré tout lui accordait une confiance aveugle, elle devrait les assumer et très prochainement, elle en avait bien peur.
« Amie le jour, ennemie la nuit » cette courte phrase la qualifiait parfaitement.
Ses regrets étaient immenses : jamais elle n'aurait dû se jouer de lui ainsi. Elle aurait dû tout avouer dès le début, et tant pis pour les ravages causés, puisque ces ravages étaient bien plus grands qu'elle n'avait pu l'imaginer et qu'il était trop tard pour l'arrêter.
C'était voué à l'échec depuis le début.
Plus que quelques heures…
Il était plus de midi et l'enquête avait déjà bien avancé d'après le professeur : il avait interrogé cinq personnes, et avait pu recueillir des informations bien plus claires que celles dont il avait déjà connaissance.
Alors qu'ils s'apprêtaient à aller déjeuner, Aurelia arriva dans leur direction.
« Elle a finalement décidé de se joindre à nous, lança Layton en souriant à l'adresse de Luke.
- Oh, professeur, vous parlez d'Aurelia ? répondit le jeune garçon qui venait de la voir arriver.
- Exactement.
- Bonjour, vous deux ! les salua la jeune femme alors qu'elle s'arrêta devant eux. Est-ce que votre enquête avance ?
- Fortement, oui, répliqua Hershel. La personne tirant les ficelles dans l'ombre est bien cette femme que j'ai déjà vue l'autre jour…
- Oh, vraiment ? demanda Aurelia, perdant son sourire.
- Eh bien, d'après les témoignages, il semblerait que ce soit le cas et je ne peux plus me permettre de douter : dans le cas contraire, il aurait été ridicule qu'elle prenne la fuite.
- Vous avez sans doute raison, professeur, avoua Luke en regardant la jeune femme.
- Je pensais commencer à faire le point avec Luke, mais maintenant que vous vous êtes jointe à nous, il est préférable de le faire ensemble autour d'un bon repas, qu'en pensez-vous tous les deux ? demanda Layton en souriant.
- Avec plaisir ! » confirmèrent le jeune garçon et Aurelia en chœur.
Cette joie réjouit le professeur qui leur montra le chemin d'un second bon restaurant de la ville où ils ne s'étaient pas encore rendus.
Alors qu'ils traversèrent la place, une femme semblable à celle qu'ils avaient aperçue l'autre soir passa un peu plus loin, l'air pensif. Cette vue figea Layton, qui fut incapable d'avancer alors que ses deux accompagnateurs continuaient de marcher en direction du restaurant avant de voir qu'ils n'étaient plus suivis.
« Professeur ? Professeur, vous allez bien ? l'interrogea Luke en fronçant les sourcils.
- Luke… Regarde là-haut. C'est… C'est impossible… balbutia-t-il, incapable de croire à une telle de chose.
- Oh, mais c'est la femme que nous avons déjà aperçue ! »
Le professeur n'écoutait même plus Luke : il était parti l'accoster. « Il le faut » se répétait-il alors qu'il se rapprochait d'elle.
« Mademoiselle ! l'apostropha-t-il.
- Oui ? »
La mystérieuse femme à la chevelure bouclée se retourna dans sa direction, son visage dénué d'expression alors que Layton était comme paniqué.
« Mais qui êtes-vous ?
- Pourquoi cette question, monsieur ? Ce n'est pas digne d'un gentleman d'appeler les femmes dans la rue pour leur poser de telles questions… lança-t-elle d'un air joueur. Il aurait reconnu cette voix entre mille.
- Je m'excuse, répondit-il, troublé. Vous me rappelez seulement quelqu'un que j'ai connu…
- Oh, eh bien vous devez certainement me confondre, dit l'inconnue d'une voix ferme en fixant Aurelia. Pour répondre à votre question, je m'appelle Katia. Bonne journée à vous » lâcha-t-elle avant de se retourner et de continuer sa marche comme si de rien n'était.
Layton était toujours figé tandis que Luke et Aurelia le rejoignaient.
« Vous êtes sûr que ça va ? s'inquiéta la jeune fille.
- Oui… Je… J'ai dû me tromper, c'est certainement une erreur. »
Luke n'avait pas l'habitude de voir le professeur ainsi et cela le laissait plutôt mal à l'aise. « Il doit certainement avoir un passé avec cette femme » déduit-il pour lui-même.
Il n'avait pas tort.
Elle n'aurait jamais pensé la croiser si ouvertement en ville. C'était insensé ! Jamais elle ne se montrait en public, de peur de tout faire basculer.
Aurelia était fortement troublée par cette rencontre et ne mit que quelques secondes avant de déduire qu'elle avait un but bien précis derrière la tête pour sortir, de jour qui plus est.
La manière dont elle l'avait fixée avec insistance l'a laissée dans le doute. Avait-elle quelque chose à lui reprocher ? Ce regard voulait tout dire.
Aurelia avait finalement repris sa marche aux côtés du professeur et de Luke qui n'avaient pas abandonné l'idée d'aller déjeuner, et elle regardait le petit garçon sautiller vers le restaurant en souriant.
Elle restait tout de même dans ses pensées et regardait autour d'elle. Cette ville avait connu une telle apogée qu'elle n'arrivait pas à se convaincre qu'elle puisse être sous le contrôle de dangereuses personnes.
Alors que Layton allait ouvrir la porte du restaurant, elle s'aperçut que Luke avait disparu.
Il n'était pas derrière eux, ni devant près du professeur, ni un peu plus loin sur la place.
C'était trop tard.
