Les deux hommes étaient arrivés dans la capitale de l'Angleterre le lendemain matin, sains et saufs.

Après une longue nuit de conduite et sans sommeil de leur côté, ils étaient tous épuisés, tout comme Claire.

Le professeur avait ramené Luke chez ses parents à Misthallery, non loin de Londres afin de le mettre en sécurité, avant de reprendre sa route tranquillement afin d'assister à l'emprisonnement de son ancienne petite amie.

Les deux hommes, précédés par les policiers de la veille ainsi que Claire étaient arrivés devant la prison, là où le mot final de l'histoire serait prononcé.

« Vous allez rester bien calme et nous suivre, madame, ordonna l'un des policiers.

- Quant à vous messieurs, libre à vous de nous accompagner ou non, compléta le second.

- Allons-y, il ne reste plus que quelques minutes » lança Layton qui avait déjà commencé à s'avancer

Les deux hommes pénétrèrent dans l'entrée de la prison : celle-ci était immense et sombre, cela faisait froid dans le dos.

Jamais ils n'avaient mis les pieds dans un tel endroit, mais il fallait une première fois à tout.

Après un long échange entre les policiers et les responsables de la prison et après avoir signé quelques papiers, ils firent signe au professeur ainsi qu'à Descole de les suivre au premier étage de la prison, là où allait être incarcérée Claire.

Ils escortèrent la coupable jusqu'à sa cellule mais, soudain, le professeur intervint.

« J'aimerai lui parler avant qu'elle ne soit enfermée, s'il vous plaît, demanda Layton.

- Très bien, nous vous accordons cinq minutes. »

Les trois policiers s'en allèrent alors un peu plus loin afin de laisser les deux hommes parler avec Claire, mais ils firent bien attention de toujours surveiller ses moindres faits et gestes : elle pourrait très bien être capable de s'échapper.

« Une question me taraude, Claire… commença Layton. Pourquoi ? Pourquoi as-tu agi comme cela ?

- Eh bien… soupira-t-elle, les larmes aux yeux. Pour être tout à fait honnête avec vous deux… Je l'ignore. Je ne sais pas exactement…

- Pardon ?! intervint Descole en lui coupant la parole, interloqué. Comment peux-tu ignorer la nature de si sadiques actes ?

- Que se passe-t-il enfin, Claire ? reprit Layton.

- Je ne sais pas ce qui m'a poussé à agir de la sorte… À présent, alors que je suis aux portes de la prison, je… je me dis que rien n'a été clair, dit-elle de sa voix douce.

- Que veux-tu dire ? demanda l'homme masqué. Tout cela ne relève que de l'illogique !

- Au départ, je ressentais tant de haine envers l'organisation qui m'avait employée sous contrainte que je pensais me venger en adhérant à une organisation bien plus sombre, mais… Il n'y avait pas que ça. Mon amour pour vous deux, continuait-elle en regardant tour à tour les hommes qui se tenaient devant elle, m'a tiraillée et je ne savais plus quoi faire. Quelques temps avant l'explosion du laboratoire de recherches, j'étais dans l'une de mes pires phases. J'ignorais comment je devais agir et j'imagine que mon état psychologique a dû me mener à la dérision.

- Tu es une femme intelligente, tu aurais très bien pu te reprendre ! suggéra Layton.

- Il était trop tard. Mes pensées étaient devenues si emmêlées et si complexes que je ne pouvais plus faire machine arrière. Ce fut le néant total et j'ai dû faire tant de sacrifices avant de réaliser le désastre que je causais partout où j'allais… finit-elle de sa voix douce d'antan, deux larmes roulant le long de ses joues. Retourner sur le droit chemin ne m'a même pas effleurée, et quoi que j'aie pu penser, je ne pouvais plus reculer. »

Ce court récit poignant enleva les mots de la bouche des deux hommes qui l'avaient aimée auparavant. Ils ne s'attendaient pas à ce que cela se finisse ainsi : Claire était prête à tout la veille et elle n'avait encore une fois rien en commun avec la femme détruire qui se tenait devant eux. Cette dernière semblait pouvoir être blessée avec de simples paroles, exactement comme la femme qu'ils avaient tous les deux connue il y a longtemps : celle qu'ils avaient aimée plus que tout.

Cela prouvait une fois de plus au professeur qu'il était nécessaire de traverser des catastrophes pour ouvrir les yeux.

« Votre temps est écoulé, j'espère que vous vous êtes tout dit, intervint un garde en s'approchant du trio qui se tenait près des grilles de la future cellule de Claire.

- Oui, je vous remercie de nous avoir accordé cette permission, dit Hershel.

- Dire que je m'excuse sincèrement ne sera certainement pas suffisant, mais je tenais à ce que vous sachiez mes regrets, conclut-elle alors qu'on était en train de l'emprisonner.

- Eh bien, il va sans doute nous falloir du temps à tous. » répondit Layton en lui souriant malgré tout, comme s'il voulait lui faire comprendre qu'elle serait forcément pardonnée.

Le pardon relevait de leurs efforts personnels à tous les deux, et il était certain pour Hershel que lorsque Claire sortirait de prison, elle aurait payé ses crimes et serait prête à revenir enfin sur le droit chemin pour ainsi prouver à tous qu'il faut toujours donner une seconde chance, quoi qu'il se soit passé.

Descole, lui, semblait toujours abattu malgré les explications de Claire. Il avait perdu la veille la personne qui comptait le plus pour lui bien que cela soit contraire à ce qu'il avait montré : il n'avait pu la retrouver que peu de temps et n'aurait jamais imaginé que tout se finirait ainsi.

Après toute cette histoire, il leur faudrait à tout deux du temps afin de passer l'éponge sur les terribles actes dont ils avaient été témoins ainsi que victimes, mais rien n'était perdu, au fond.

« Eh bien, Layton. Il est grand temps que je m'en aille, informa Descole.

- Je vois. Comptes-tu encore élaborer des plans maléfiques ? demanda Layton d'un ton qui se valait ironique.

- Non, tout est derrière moi à présent. J'ai bien trop perdu ces derniers temps. Mais ne t'en fais pas, Layton, on se reverra dans d'autres circonstances » finit Descole en s'en allant rapidement, sans se retourner.

Le professeur Hershel Layton, quant à lui, n'eut d'autre choix que de remonter au volant de sa voiture et de partir pour l'université de Gressenheller, afin de reprendre une vie normale.