« Aenh ! Materu ! Watashi... Aaenh ! »
La main gauche du Patron massait mollement son sexe armé. La droite, sur le bureau, s'activait bien plus à y faire rebondir ses doigts frénétiquement. Son regard instable déviait sur sa montre. Pour la troisième fois, il était dix-neuf heures vingt-cinq.
Il s'intéressa à nouveau au shotacon à l'écran. Deux enfants s'embrassaient, tandis que le moins fluet pénétrait sans vergogne la vertu du chétif. A un nouveau gémissement, le Patron accéléra le rythme de son onanisme. Il se stoppa net quand le plancher craqua. Il s'embrassa de ranger son intimité, de fermer sa page de vidéo. Un nouveau craquement, plus loin. Mathieu allait simplement au toilette. Il soupira de soulagement, et vérifia sa montre. Dix-neuf heures vingt six.
Son anxiété troublait depuis quelques jours ses séances de plaisir. Son frère savait. Il tressaillait à chaque fois qu'il y songeait. Son cœur s'accélérait quand Mathieu lâchait un commentaire dessus. Ce dernier semblait presque se moquer de lui. Peut-être pire. Il pourrait le mépriser.
Bien que petit frère, le Patron aspirait toujours à l'admiration de son aîné. Il souhaitait le protéger, devenir un exemple pour lui, un guide dans les moments de doute, les bras qui l'enserrent dans ses peines. Mais si Mathieu le moquait! Pire ! S'il le dédaignait ! Il s'affligeait plus de tourments à peine y pensait-il.
Il effaça son historique, et alla se laver les mains. Quand il croisa son jumeau dans le couloir, il baissa les yeux, et lui signala que l'ordinateur était à sa disposition. Mathieu le remercia d'un sourire et s'encourut jouer à Mass Effect.
Allongé sur leur lit, les yeux fermés, le Patron tentait de trouver le sommeil. Sur le dos, les mains croisés derrière sa nuque, il s'endormait habituellement comme un bébé. Pourtant, Morphée lui refusait son étreinte.
La porte s'ouvrit, puis se ferma. Le lit s'affaissa. L'odeur de son frère s'infiltra dans ses narines. Il sentit un poids sur son torse, et y déposa a main. Les cheveux de Mathieu, soyeux, glissaient entre ses phalanges avec délicatesse.
« Tu dors pas ?
- Non.
- Tu m'attendais ?
- Sans doute. »
Son ton terne dut déplaire, car la toison se libéra de ses doigts, et un poids s'installa sur son bassin. Au niveau de son torse, sur son visage également, il sentit une chaleur qui n'était pas la sienne. Son oreiller se tassa à droite comme à gauche de sa tête. Il ouvrit les yeux.
Le regard de Mathieu le transperça de suite. Appuyé sur ses coudes, à cheval sur les hanches de son cadet, il le fixait avec intensité. Le Patron déglutit.
« Qu'est-ce que tu fais ? »
Il murmurait. Leur proximité était telle qu'une simple pensée devenait audible.
« Je m'inquiète pour toi, comme d'habitude. »
Ses traits se précisaient dans l'obscurité, le Patron put voir qu'il souriait, puis qu'il s'endurcit.
« Je suis désolé d'avoir fouiller ton historique. Sincèrement. Je ne veux pas que tu m'en veuilles...
- On a jamais eu de secret l'un pour l'autre. C'est normal. Je... Pour ce que tu y as vu...
- Oui ? L'incita Mathieu avec une tendresse non simulée.
- Je ne veux pas que tu me prennes pour un... monstre ou... Que tu ... »
Il bégayait, soutenant difficilement le poids des yeux de son frère, tandis que les siens s'alimentaient de larmes. Il maudissait leur expressivité.
« Je ne veux pas te dégoûter Math' ! »
Sa parole, bien que murmurée, prenait l'intonation d'un cri désespéré.
« Espèce d'idiot. »
Le Patron maugréa sous l'injure.
« Je t'aime beaucoup trop pour être dégoûté par ce que tu fais. Quoi que ce soit, je t'accepterai comme t'es. Toujours. Quoi que t'aime faire, n'en ai jamais honte. Au contraire, j'ai envie de comprendre. »
Le benjamin saisit les épaules de son frère et le fit glisser sur le côté, où il se posa sur lui. Il l'embrassa longuement, et sentent son baiser accepté, après quelques hésitations, il glissa sa main sur le torse de son jumeau. En passant sur ses flancs, il le fit frissonner, et en tira une jouissance personnelle.
Il gardait les yeux ouverts, curieux d'apercevoir le ressenti de Mathieu. Ses doigts se glissèrent sur son ventre. Il sentit les bras de Mathieu chercher son réconfort en encerclant son dos. Il arrivait à sa zone pubienne, recouverte de tissu, et n'osa pas enlever son caleçon. Il caressa à travers de l'habit l'entre-jambe de Mathieu, qui se tendait lentement.
« Patron... »
Son cœur rata un battement quand il remarqua l'expression imprégnée de luxure de son aîné. Il accéléra ses mouvements, qui, bien que rendus moins efficaces par l'étoffe, amenèrent à un orgasme rapide.
Le benjamin se redressa un peu, pour détailler Mathieu. Celui-ci tremblait. Ses yeux fermés, ses lèvres tirés, son souffle erratique, il se dressait comme allégorie de l'érotisme.
Le Patron se glissa sur le côté, gardant sa main sur le ventre de son frère. Il attendit que sa respiration se calme, avant de demander.
« Alors, tu trouves comment ?
- Très intéressant... »
Il sourit en coin.
« Cependant, poursuivit Mathieu avec sérieux, je... J'ai l'impression que … Comme si mon corps me disait « stop ! » ou « pas encore ! ». C'est peut-être... Tôt ? Ou alors je suis bizarre ? »
Mathieu se tourna vers son frère.
« Tu as ressenti ça aussi ?
- Pas vraiment. C'était plutôt comme une révélation pour moi.
- Alors je suis... Pas normal ?
- Il y a plus de risque que ce soit moi l'anormal là dedans... J'ai lu que les garçons commençaient vers treize ans...
- Ca varie alors ?
- Sans doute oui. »
Ils se sourirent.
« Tu sais Patron, tu peux bien faire ce que tu veux, murmurait Mathieu en se blottissant contre lui. Du moment que ça ne fait pas de mal, moi, je serais toujours derrière toi pour te soutenir. »
Sur ces quelques mots, il s'endormit. Le Patron, le joignit dans le monde des rêves quelques instants ensuite.
Mathieu mordillait son crayon, alors que son cours. La « Konsumgesellschaft » lui prenait le chou, mais il s'efforçait de retenir chaque mots et expressions utilisés par sa tutrice. Jérémy, à côté de qui il s'asseyait les jeudis après midi, suivait lui aussi le cours, malgré quelques erreurs.
Quand l'enseignante posa une question, ils levèrent le bras, synchrone. Jérémy s'agitait, Mathieu tenait juste sa main en l'air, à peine plus haut que sa tête, et écrivait de l'autre. La professeur désigna le fils Sommet, rien d'étonnant à cela. Ce dernier se leva, sous la mine déçu de Jérémy.
« Die Konsumgesellschaft ermöglicht die Entwicklung der Menschen, aber gebeten, dass diese, wie Verantwortung, um ihre Bedürfnisse. »
Toute la classe se tut quelques instants, avant que Mathieu ne se rassoie.
« Il est impressionnant quand même...
- Que de la frime.
- Sale petit intello.
- Sale bourge. »
Les murmures derrière son dos s'amplifiaient. Quand le Patron se trouvait avec lui, il ne les entendait pas. Mais seul, ses chuchotements harcelaient son esprit.
« Dis Mathieu, comment tu écris Entwicklung ? »
La candeur dans les yeux de Jérémy l'extirpa de ses pensées sombres. Il lui épela, en profitant pour lui conseiller de corriger quelques fautes.
A la fin du cours, Mathieu vérifia ses mots, et se retrouva presque dernier à sortir. L'un des garçons de la classe profita de l'absence de surveillant pour pousser les affaires du jeune Sommet au sol. Celui-ci tourna lentement son regard vers lui.
« T'es sérieux là ?
- J'ai rien fait, je suis juste passé là.
- Tu te fous de ma gueule ?! »
Mathieu lui prit le col avec véhémence. Ses yeux brillaient de colère.
« Excuse toi.
- Sinon ?
- Je te défonce.
- Ah oui ? Toi la miniature ? »
L'élève enserra le poignée du petit Mathieu, qui gronda sourdement.
« Tu veux que je te pète la gueule, sérieusement ?
- Parce que tu sais faire quelque chose sans ton grand frère minus ?
- Mathieu ! S'écria le geek en rentrant dans la pièce. »
Il rentrait juste dans la classe, étonné de n'avoir pas encore vu son camarade. Mathieu profita de cette diversion pour lâcher l'autre, qui fit mine de s'en aller.
« Au fait. Je suis l'aîné, gronda-t-il alors que la brute donnait une pichenette au geek en sortant. »
Il n'aimait pas la violence. Il n'était pas fort, mais comblait dans certaine situation ce manque par son courage et son intelligence. Il récupéra ses affaires, et rejoignit le geek.
« Il a fait tomber tes affaires ? demanda-t-il à Mathieu avec son innocence coutumière.
- Oui.
- Quel con... Il est juste jaloux.
- C'est ce que tes parents te disent pour te consoler de te faire violenter ? »
Le cynisme de sa répartie blessa le geek. Le jumeau soupira et lui tapota la tête.
« Je rigolais. Heureusement que tu es venu. Je pensais que tu serais dehors avec mon frère.
- Je suis sorti le rejoindre, mais il n'est pas là.
- Comment ça ?
- Je ne l'ai pas vu, j'ai regardé partout. »
La vélocité de ses pas grimpa en flèche.
« Qu'est-ce qu'il fout cet idiot... »
Jérémy courrait presque pour le suivre. Le portail était désert. Pas une trace du Patron. Mathieu s'obligea à calmer son rythme respiratoire, qui sous l'inquiétude, augmentait déraisonnablement. Il resta près du geek, copiant chacun de ses souffles. Son calme revenait peu à peu, il put réfléchir. Son frère devait juste être en retard. Ils le croiseraient en avançant vers chez lui. Et même. De quoi pouvait-il avoir peur ?
« Allons-y, sourit-il à Jérémy. »
Le soir couchant leur offrait une visibilité réconfortante, malgré l'absence de passants dans la rue. Le plus jeune prit le bras de Mathieu.
« Tu fous quoi ? »
Quand le gamin releva des yeux mouillés vers lui, Mathieu comprit. Il commença à entendre. Ces pas. Ceux qui les suivaient depuis ce jeudi, en début d'année. Ceux qui attendaient, patients, l'opportunité de se venger.
Il ferma ses doigts sur la paume de Jérémy, et lui souffla :
« A trois, on court très vite toi et moi. Un, deux... Trois ! »
Ils s'élancèrent dans un course folle.
« Ils s'enfuient !
- Rattrapons les ! »
Deux foulées bruyantes les poursuivaient. Mathieu traîna le geek dans une ruelle sur sa droite, s'approchant à toute allure du bus. Il entendit soudain un bruit lourd suivit d'un cri. Le bras du geek ne suivait plus. Il se tourna vers lui.
Un adolescent tenait une planche de bois tâchée de sang. Au sol, Jérémy se tenait le nez, pleurant. Sa main s'emplissait de sang. Les deux autres délinquants arrivèrent à la hauteur de celui tenant le guette à pan.
« Merde... Merde... »
Ses jambes tremblaient trop pour le porter. Le plus costaud des trois s'approchait de lui. Il voulait courir. S'enfuir. Il voulait que son frère soit là. Le protège.
Le Patron s'éveilla en sursaut. Ses mouchoirs encore humides tombèrent sur le sol. Il releva la tête pour regarder l'heure. En retard. Il sauta sur ses pieds, enfila des vêtements, et ne prit même pas la peine de se laver les mains avant de partir en trombe. Il mit la trottinette de son frère en bandoulière autour de son torse. Il enfourcha son vélo, et disparut en quelques instants.
Avait-il volontairement mis un jogging ? Il n'en était pas sûr lui même. Il culpabilisait de s'être endormi, après une séance de branlette plus qu'agréable, à penser à un visage bien précis. Une inquiétude insurmontable le rongeait, il ne la comprenait pas.
Si on avait blessé Mathieu en son absence. Absence dû à sa déviance. Il accéléra encore.
Merci d'avoir lu ! Alors? Vos réactions? J'avoue que j'étais très très stressée à l'idée de vous mettre un lemon d'eux à cet âge. Pour ma part, ça ne me dérange pas, mais je sais que certaines d'entre vous sont plus jeunes, et peut-être plus prudes. Bref. Dites moi vos impressions !
Cette fois, je vais vous parler de deux chanteurs ! Ils sont assez connus, surtout l'un d'eux. Il s'agit de Brassens et Giedré !
Tout d'abord, Brassens. Si j'en parle, ce n'est pas par peur que vous n'ayez pas entendu son nom, mais plutôt que, comme moi, vous vous disiez que la musique de vieux, c'est bon pour se reposer, mais on ne s'amuse pas en l'écoutant. Bon sang, j'avais tellement tord de croire cela ! Sa musique peut être drôle, fine, dégueulasse, triste, nostalgique, ou juste belle ! Si je peux vous en conseiller :
- Des critiques sociétales : "La mauvaise herbe", "La mauvaise réputation" (dont je me sens très proche),"Putain de toi"
- Des chansons grivoises (& drôles!) : "gare au gorille!", "Quatre-vingt quinze fois sur cent", "S'faire enculer"
- Des chansons belles : "Chanson pour l'Auvergnat", et surtout "Les copains d'abord".
Ensuite, ma belle Giedré. Si vous ne la connaissez pas déjà via Mathieu (qui en écoute également), cette femme est un mélange fracassant & comique d'insolence, d'indécence, et de candeur. Impossible me direz vous? Regardez sa bouille ingénue, écouté sa voix de chérubin. Puis entendez les paroles. Vous comprendrez la nuance.
Des chansons à vous conseiller :
"La belle aux bois" (la barre de rire, toujours), "Les petits enfants", "jolie chanson", "Pissez debout", "Ode à la contraception"... Bref, écoutez tout !
Elle critique avec sa voix d'ange, et ses mots crus, qu'on oserait pas même mettre dans un RP entre le Patron et un Antoine sous ghb.
Vous avez vu, j'essaie de publier assez vite. J'essaie.
Merci pour tous vos commentaires, ça me motive vraiment !
(Spécial merci à Alice, qui me force à écrire)
Tendresse & Bigoudis Chauffants,
Age of empire m'attend,
Maria !
