Non vous ne rêvez pas ! La suite est bien là !

Miracle !

Je m'excuse platement pour ce retard considérable, mes vacances m'ont siffoné mon énergie et je ne me suis toujours pas remise du décalage horaire - -" et, cerise sur le gâteau, la fin du chapitre c'est envolée donc j'ai dû la réécrire. Grrr...

Mais bonne nouvelle ! Je peux vous donnez le nombre de chapitres que comptera cette fic... 27 ! + l'épilogue. Donc oui, la fin est proche :(. Et à ceux qui disent (et c'est légitime) que vu mon rythme, on peut attendre avant de l'avoir eh bien non ! le chapitre 26 est déjà bien avancé et je le posterai dès que je l'aurai terminé ! Pour le dernier chapitre par contre, je ne saurai dire le temps qu'il me faudra. Le plan est entièrement rédigé donc j'ai juste à m'y mettre mais c'est le dernier chapitre. Et il va s'en passer des choses ! Et je ne veux pas le bâcler mais vu comme j'ai hâte de l'écrire je pense qu'il sera assez rapide :) mais je ne promet rien !

Ce chapitre alors... Eh bien, on retrouve nos amis sur Jotunheim et on en apprend plus sur le sort de Lux.

Je m'excuse pour les fautes, mais je viens de le finir et je l'ai relu assez vite mais je pense que vous l'avez assez attendu comme ça ;).

claimi : Merci pour tes mots gentils ;); J'espère arriver à gérer les Avengers adultes en leur laissant un peu place mais je me laisser parfois emportée par leurs progénitures ;)

PP3628M : Pas de souci ! Toutes critiques sont bonnes à prendre :) !J'avoue être aussi partisante d'être réalise et tuer des héros ne me gène pas mais là la mort de Lux n'est qu'un événement déclencheur. Je ne peux pas en dire plus, tu aura les réponses bien assez tôt :). Tu n'es pas la seule à penser qu'elle a bien chercher sa mort, dans ce chapitre on partage un peu les avis de tout le monde et certains - tous ? - pensent qu'elle a été stupide. Ta citation marche ttrèèès bien, tu vas voir à quel point ;p. J'ai inventé le nom de la prêtresse alors non pour une fois, pas de clin d'oeil caché ;).

ENJOY !


Alea jacta est

Un astre pâle se levait. Loin d'égaler l'éclat du soleil, il suffisait à faire danser des reflets sur les murs de glace du palais. Grace s'étira, malgré l'inconfort de l'étrange toile rigide qui couvrait son lit tout aussi étrange, elle avait savouré cette courte sieste.

Si son corps était reposé, son esprit était torturé par plus de questions et de tourments que toutes ses recherches réunies. Dire que l'accueil des Jotuns l'avait surprise était un euphémisme.

A peine avaient-ils eu l'assurance que Lux serai bien entourée et que sa vie n'était plus en danger, on les avait conduit à leurs « appartements ». Et quels appartements ! N'ayant aucune notion de Jotun, elle n'avait pas eu l'occasion de poser des questions. Étaient-ce des appartements pour les invités politiques à l'époque où Jotunheim jouissait d'une certaine prestance (ce temps aurai-il même existé ?).

Les murs étaient taillés de glace turquoise tout comme les meubles, de même teinte et matière. Une couche de neige les recouvrait et si on pouvait apparenter ça à la poussière terrestre, dans ce cas, ces appartements n'avaient pas été utilisés depuis longtemps.

Un rayon de lumière illumina la chambre, se concentrant dans la glace des meubles pour baigner la pièce d'une lumière vive sans être dérangeante. Une immense (du moins à son échelle) porte fenêtre menait à un petit balcon. Grace sortit, se demandant quel était cet astre qui apportait la lumière sur cette planète.

Le camaïeu de bleu était étrange, loin des paysages de la Terre mais il en dégageait une telle puissance que Grace, prenant enfin le temps de l'apprécier, sourit à l'astre qui révélait enfin l'éclat de cette planète si désertique. Sa gorge se serra.

On toqua à la porte. Tradition si typiquement humaine que Grace devina immédiatement qu'il s'agissait d'un de ses compagnons. Et pas n'importe lequel au vu de sa démarche.

James vint se poster à ses côtés. Ils restèrent silencieux un moment. Le jeune Roger apprécia ce moment de calme avant de voir que c'était plus le surplus d'émotion qui empêchait sa petite amie de parler que le calme environnant.

« Ça va Grace ? »

La blonde mit un temps à répondre puis se tourna lentement vers lui. Ses yeux le sondèrent un long moment puis, hésitante et tendre, elle posa sa main gantée sur sa joue. Son pousse caressa ses pommettes, juste sous ses yeux rouges.

« C'est plutôt à moi de te demander ça.

Il haussa les épaules.

_ Bah, qu'est-ce qu'une petite toux face à un coma ou à une fièvre de cheval.

Grace eut un sourire pâle.

_ Ou plus récemment à une chute de plus de dix mètres.

Le sarcasme lui avait échappé et à peine sa phrase achevée que James déglutit, et les mains de Grace tremblèrent. Compulsivement, ils s'enlacèrent. Ils ne pouvaient parler sans cacher les trémolos dans leurs voix alors leur seul recours à leur peur était cette étreinte, aussi forte qu'intime.

_ On a tout ce qu'il faut pour te soigner. Fit Grace une fois calmée.

Elle s'écarta légèrement, ses bras autour de la nuque de James, les bras de celui-ci sur sa taille. Avec la lumière en fond, la scène revêtait un caractère des plus romantiques.

_ Pour tous vous soigner.

_ J'arrive pas à croire qu'on ait crapahuté pendant deux jours pour rien.

Grace haussa les épaules.

_ On ne pouvait pas deviner que les Jotuns soient si accueillants.

_ Le mot accueillant n'est pas celui qui me viendrait le plus à l'esprit. Grimaça James.

Grace lui envoya un regard retord.

_ Mais je m'attendais à bien pire, Ajouta-t-il. Et je vois que tu t'es autant prise de passion pour eux que ton jumeau.

_ Ah bon ?

_ Quand je le quittais, il écrivait une ébauche de rapport rapportant leur hospitalité qu'il compte bien rendre à ton père de façon très officielle.

Grace n'en fut pas vraiment surprise. Curieux comme il était, ça n'avait rien de surprenant.

_ Mais je doute que ça arrange les choses entre ton père et lui. Rick est scandalisé de voir à quel point « nos connaissance sur ce peuple sont limitées et désuètes ».

Grace pouffa au ton clairement moqueur de James. Quand son frère commençait à parler comme un roi, James le comparait plus volonté à un ministre anglais qu'à un souverain intergalactique.

_ Et Lux ? Osa-t-elle finalement demander.

La prise sur ses hanches forcit.

_ Elle doit se réveiller bientôt.

_ Elle sera transportable ce soir ?

_ Ce n'est pas un rhinocéros Grace. Sourit James au ton professionnel de sa petite amie bien que l'amertume rôdait dans son esprit.

Ce n'est pas un singe non plus. Et tu le savais très bien et pourtant tu l'as laissé grimper...

Tais-toi !

_ Je vais essayer de me renseigner, mais pour ça faut que je trouve Loki dans ce labyrinthe. »

Grace lui offrit un sourire encourageant, qui disparut sous les lèvres de James. Grace fit s'éterniser le baiser puis James se glissa hors de ses bras et sortit de la chambre.

Finalement, il n'eut pas à chercher très loin. James tomba sur Loki au détour d'un couloir. La fatigue se lisait sur les traits du dieu mais alors qu'il parlait à des gardes son regard restait aussi ferme qu'une tenaille. Quand il aperçut son compagnon de route, il les congédia et James le rejoignit. Le couloir – en glace évidemment – donnait en fait sur ce qui s'apparentait à un petit hall.

« Une patrouille a ramené les minéraux dont nous avons besoin. On en reportera quatre kilos environ.

_ Ca suffira, on peut les reproduire synthétiquement.

_ J'espère au vu du nombre d'infectés. Nombre apparemment faussé si tous les humains ont le même sens du sacrifice. Ajouta-t-il froidement en foudroyant le jeune Roger du regard.

Celui-ci se hérissa.

_ Je ne savais pas que j'étais infecté avant de venir.

_ Ça t'aurai retenu peut-être ?

_ Pas du tout.

Dédaigneux, Loki tourna les talons mais l'attrapant par le bras, James le força à pivoter. Mauvaise idée sans doute mais James ne lui laissa pas le temps de parler.

_ Je me sens assez mal comme ça alors n'en rajoute pas ! » Siffla James comme soucieux qu'on l'entende.

Un instant partagé entre l'indignation et la pitié, Loki haussa un sourcil. James respirait rapidement et le dieu avait maintenant assez d'expérience avec les humains pour reconnaître les signes de l'angoisse. Il soupira.

« Pourquoi les humains cherchent-ils toujours des moyens de se culpabiliser ?

_ On ne vit pas tous très bien avec du sang d'innocents sur les mains. Répliqua amèrement le jeune homme.

Loki haussa les épaules avec désinvolture. Définitivement, l'idée d'avoir envahie la Terre ne l'empêchait pas de dormir. Il tourna le dos à James.

_ Tu as assez à t'inquiéter. Inutile de prendre le blâme pour les erreurs de Lux. Sa voix devint plus grave, Elle en assumera les conséquences.

_ Ces erreurs elle les a fait pour me sauver. Lui rappela James dont le calme s'effritait à chaque seconde.

_ Ces erreurs elle les a faites toute seule, peu importe les motivations, seuls les actes comptent.

_ Si seuls les actes comptaient alors aucun d'entre nous ne t'aurai approché.

James remarqua la légère tension dans les épaules du dieu et su qu'il avait fait mouche.

L'idée de titiller l'orgueil du dieu était plaisante mais James savait que les répliques seraient amères et il n'était pas sûr de pouvoir les supporter dans son état.

_ Et sinon tu comptes arrêter d'être un connard quand Lux se réveillera ? Ou t'as fait ta bonne action en la ramenant et on s'arrête là ? »

Là, il vit clairement les poings de Loki se serrer. La retenue de Loki l'impressionna et il admit qu'il y était allé un peu fort.

« Il y aura des effets à long termes ? Demanda-t-il après un instant.

Loki hésita. Longuement. Et quand il reprit la parole sa voix était plus sombre que jamais.

_ On n'échappe pas à mort sans conséquence. » Déclara-t-il seulement avant de s'enfoncer dans ce labyrinthe de glace


Tony commençait à en avoir assez de sentir son cœur faire les quatre cents coups. A croire qu'il commençait à vieillir, non mais ! Son agacement relevait cependant d'une joie tout aussi incontrôlable qu'incertaine. Si au premier battement suspect, Tony Stark avait eu la quasi-certitude que sa fille avait été blessée (voir pire mais cela il ne pouvait le formuler même en pensées), au second il avait ressenti toutes les joies du monde en moins d'une seconde.

Et cet élan de joie c'était accompagné d'une décharge d'énergie tout à fait calculable. Il y avait donc une explication scientifique.

« Alors JARVIS ? Que penses-tu de mon hypothèse ?

_ Calcul de probabilité terminé. 84% de probabilité.

_ C'est pas mal, non ? Interrogea le génie plein d 'orgueil.

_ En effet. Nous pouvons en déduire que les molécules sécrétées par le réacteur Arc et celles présentes dans l'organisme de votre fille sont connectées, expliquant vos réactions physiques associées à des sensations instinctives.

_ Hum… »

Il avait beau faire le fier, et le génie en lui se réjouissait de cette évolution, une partie de lui – sans doute celle régit par l'amour paternel – se désolait de savoir que ses intuitions étaient en fait de simple réactions physique dû à des connections faites entre des molécules jumelles.

« Cependant monsieur, et si votre hypothèse est exacte, on peut penser que quelque chose de grave est arrivé à Miss Stark. Après tout, vous n'avez rien ressentit lorsqu'elle a par exemple eu les vertèbres brisées.

Si la voix électronique n'avait une intonation aussi douce, Tony l'aurai démonté pour lui apprendre à le faire passer pour un salaud insensible.

_ Quelque chose de grave, hein…

_ Monsieur je détecte une montée importante d'énergie émanant du portail.

_ Quoi ?

Tony eut tout juste le temps de se retourner qu'un choc secoua tout l'atelier, faisant tomber nombre d'outils en équilibre déjà précaires.

_ JARVIS appelle les autres et préviens le SHIELD d'amener une unité médicale.

_ Bien monsieur.

Des volutes bleues s'échappaient de l'arc de cercle métallique et des chocs réguliers semblaient créer des brèches dans l'espace. Et les paysages entre-aperçus ne rassurèrent pas Tony.

_ Qu'est-ce qui se passe ? Demanda Steve accompagnés du reste du groupe.

Ils devaient crier pour s'entendre.

_ Ils reviennent ! » Cria le génie euphorique.

Une onde plus forte que les autres entraina une véritable déchirure dans l'espace. Des bourrasques de vent mêlées de neige les frappèrent de plein de fouet. La lumière les éblouit et c'est l'ombre projetée par une silhouette qui permit à Tony d'entrouvrir les yeux. Finalement, plusieurs ombres vinrent cacher la lumière et la déchirure se referma.

Steve et Bruce levèrent prudemment les yeux et ce dernier vira vert en voyant Loki porter le corps inanimé de Lux.

Tony réagit instinctivement et se précipita vers sa fille qu'il arracha presque aux bras du dieu.

« Lux ? Lux ? Qu'est-ce qu'elle a ?

Son souffle redevenu régulier, Bruce s'autorisa à se rapprocher de sa filleule inconsciente.

_ Que s'est-il passé ? Demanda-t-il à Loki.

Grace ouvrit la bouche mais Tony la coupa, rageur.

_ Qu'est-ce que t'as encore merdé Tête de bouc ?

L'insulté fronça les sourcils et serra les poings, préparant une réplique bien senti mais Bruce le coupa.

_ Tony, ce n'est pas le moment.

_ Ah tu trouves ?

Pas vraiment faillit dire le scientifique qui sentait le Huk se déchainer dans ses entrailles.

_Loki, qu'est-ce qui est arrivé à Lux ? Redemanda-t-il en s'efforçant d'être calme.

Loki haussa les épaules.

_ Elle est morte c'est tout. Mais elle va bien maintenant. » Déclara le dieu avec une assurance, une désinvolture et un ton si méprisant que Banner ne put se contrôler plus longtemps.

Tony posa Lux sur son lit, vérifiant fiévreusement que son pouls était présent et régulier. Des hurlements se faisaient entendre de son labo mais il comptait sur JARVIS pour gérer tout ça. Il s'était éclipsé au moment où le Hulk s'était jeté sur Loki mais – hélas – des bras mécaniques l'avaient stoppé en plein élan.

Tony n'avait même pas pensé à s'occuper des autres gosses et, il en avait honte, n'avait pas non plus demandé si leur expédition c'était révélée fructueuse. Les mots de Loki repassaient en boucle dans sa tête. C'était une évidence si criante. Il l'avait ressenti jusque dans sa chair.

Perdu dans ses angoisses, Tony perdit quelque peu la notion du temps alors il ne sut si il était là depuis dis minutes ou une heure mais toujours est-il qu'il serrait la main de Lux dans la sienne quand on toqua. Il ne donna pas de réponse mais ne prit pas ombrage quand Alexander pénétra dans la pièce, presque aussi pâle que Lux.

Silencieux, il alla s'assoir à côté de la jeune femme, face à lui, dos à la porte.

« Comment va-t-elle ? Osa-t-il demandé après un silence.

Il savait que Tony lui tenait rigueur de ne pas avoir prévenu les Avengers de l'expédition kamikaze de ses amis.

_ J'en sais rien. Admit finalement Tony.

Alex baissa la tête.

_ T'a merdé gamin. Lâcha Stark après un temps, la voix rauque.

_ Je sais. Reconnut Alex.

Tony se leva et en passant derrière Alex posa une main sur son épaule.

_ Mais ils sont là donc t'as pas foutu ta vie en l'air. »

Et Alex ressentit une vague de reconnaissance pour cet homme.


Tony revenait de l'hôpital du SHIELD où tout le monde était plus ou moins en liesse. Une partie du personnel ne cachait pas leur joie d'avancer enfin dans leur recherches, une autre partie – plus hypocrite comme le disait Rick – les regardait de travers, juste pour la forme.

Celui-ci avait d'ailleurs croisé son père au chevet de sa mère. Le grand nounours qu'était Thor n'avait pas résisté et avait serré avec force ses deux enfants dans ses bras. Et même Rick n'avait pas pu rester insensible devant ces empêchements d'amour.

Malgré la fatigue, Tony voulait retourner au chevet de sa fille sauf qu'avant d'ouvrir la porte, JARVIS l'informa de la présence du docteur Banner dans la pièce. Doucement, Tony entrouvrit la porte, juste assez pour écouter – il comptait sur les caméras pour le reste – et ce qu'il entendit lui fit faire demi-tour, le cœur serré.

Des sanglots. Très faibles mais bien présents. Le genre de sanglots las que l'on a après avoir trop pleuré.

Tony se réfugia dans son atelier. Malgré la réactivité de JARVIS, le Hulk avait fait quelques dégâts (Loki s'en était sorti intact malheureusement). Après quelques minutes de rangements, Tony ne résista pas à la tentation d'ouvrir sur un de ses écrans la vidéo de la chambre de Lux.

Celle-ci dormait toujours. Spencer avait proposé de lui installer une perfusion mais Loki avait affirmé qu'elle se réveillerai demain.

Bruce était assis sur un fauteuil, dos à la porte comme Alex l'avait été un peu plus tôt. Il ne touchait pas Lux mais replaçait parfois une mèche rebelle qui tombait sur le front crispé de sa fille.

La voir aurai dû l'apaiser, à la place Tony ferma la fenêtre diffusant ces images qu'il ne supportait toujours pas.


Le soleil se levait. Pâle mais chaleureux. Un soleil annonçant printemps. Ce spectacle décrié comme si beau n'avait jamais particulièrement charmé Lux. Elle saluait l'ambiance qui en découlait, une contemplation du soleil levant avec son parrain en Inde était un de ses meilleurs souvenirs mais regardait l'aube seule, face à une fenêtre n'était qu'une perte de temps.

Pourtant, c'est ce qu'elle faisait à ce moment-là. Sur le dos, la tête tournée vers son immense fenêtre, Lux Stark regardait l'astre se lever. Mais ce n'était absolument pas pour la beauté du spectacle. Patiemment, Lux attendait que la lumière chasse les ombres. Elle n'était pas assez naïve, ou assez folle, pour croire que les rayons suffiraient à chasser les noirs souvenirs de son cauchemar mais cela suffirait à éclairer le chemin jusqu'à sa salle de bain.

Le contacte de sa plante de pied avec la moquette s'éternisa, l'aidant à reprendre – littéralement – pied avec la réalité. Finalement, elle se leva.

Un bref coup d'œil au miroir, juste pour voir l'état de son épiderme lui indiqua que sa peau, tellement habituée aux nuits blanches, aux cauchemars, ne gardait plus vraiment les marques de ses tourments nocturnes, mis à part une certaine pâleur. Bah, c'était quand même mieux que son teint verdâtre qui suivait une bonne cuite.

Elle poudra ses joues pour se donner meilleure mine. Depuis six jours, ce « rituel » était devenu quotidien, remplaçant sa longue douche brûlante. Sauf qu'elle sortait aujourd'hui. Avec un soupir, Lux se résigna à se déshabiller et entra dans sa cabine de douche. Les gouttes tièdes effacèrent les traces roses artificielles sur ses joues.

Vite expédiée, Lux ressortit et enfila son peignoir qu'elle avait l'habitude de détester.

Une brosse coiffant négligemment ses cheveux, Lux passa dans son dressing, récupéra un jean, un tee-shirt et un gilet gris léger.

Alors qu'elle s'habillait, elle prit bien soin d'éviter le miroir en pied de son dressing. Depuis six jours qu'elle était réveillée, six jours qu'elle évitait soigneusement son reflet. Si à l'adolescence son physique avait été l'une de ses dernières préoccupations, aujourd'hui, à vingt ans le miroir était officiellement devenu son pire ennemi.

Au risque de paraître narcissique, son physique ne l'avait jamais inquiété. Sa mère avait été élu PDG la plus sexy deux années de suite, et Lux ne tenait pas ses beaux yeux de nul part. Ajouté à cela des années de sport intensif, non vraiment, sans être une reine de beauté la jeune femme n'avait pas à être complexée.

Mais ce n'était pas tant son reflet qui la gênait. Du moins, pas l'image directe qui lui renvoyait. Lux n'arrivait pas à expliquer cette sensation de malaise à chaque fois qu'elle croisait son propre regard dans une glace. C'était comme si elle surprenait quelqu'un nu en fait. Ironique, à vingt ans, Lux Stark découvrait la pudeur avec son propre corps. Alors qu'elle avait vu bon nombre de gens nus, voir son propre corps la faisait presque rougir, la mettait mal à l'aise, comme si elle voyait quelque chose qu'elle n'était pas censée voir.

–-

Les campagnes de distribution des vaccins allaient bon train à travers le monde. Évidemment, la découverte de ces nouveaux minéraux avaient rendu hystériques tous les chercheurs et finalement, il ne fallut que deux jours pour trouver un antidote fiable. Et les premiers sujets d'essai furent bien évidemment les femmes Avengers.

Si Holly et Pepper était toujours souffrante à cause de leur stades avancés, Natasha, grâce à la formule Infinity qui coulait dans ses veines et sa force de caractère était déjà sur pied, entrain de boire un café ultra serré dans la cuisine de l'appartement de Tony.

Si on avait voulu la ménager pour lui permettre une bonne récupération, l'hôpital et les secrets avaient vite lassé l'espionne. Enchaînant les footings qui rendaient fous ses médecins et les découvertes qui faisant criser Fury, Natasha Romanoff rattrapa vite son retard sur ses collègues. La découverte de l'expédition secrète des enfants la laissa perplexe.

Cependant, l'idée d'imaginer Alex dans un environnement pareil la laissa nauséeuse et tremblante. Réaction que les médecins pointèrent du doigt, affirmant que son état physique ne supportait pas ce genre d'annonces. La Veuve Noire les avait joyeusement envoyé chier.

Ainsi, elle était là, savourant son café noir qui lui avait tant manqué. Le calme de la pièce fut troublé par un léger frottement. Même diminuée, la Veuve Noire savait reconnaître le pas de chaque habitant de la tour, même les plus indésirables.

« Loki. Le salua-t-elle froidement.

_ Agent Romanoff. »

Loki se servit une tasse de café, indifférent au silence froid qui régnait dans la pièce.

« Comment va Lux ? Demanda Natasha.

_ Bien. »

La Russe haussa un sourcil. C'était étrange. Très étrange. Au vu de la tension présente chez le dieu, Natasha eu envie de le contredire. Elle voyait difficilement comment la gamine Stark pouvait aller bien. Pourtant, aussi traumatisante et choquante qu'était l'expérience de résurrection, il fallait se rendre à l'évidence, il n'y avait apparemment aucun effet secondaire.

Ou du moins c'est ce que Lux laissait dire.


Un étrange équilibre c'était tacitement mis en place à la Tour. Un aveuglement des problèmes qui relevait d'avantage de l'hypocrisie et du déni en fait.

Les adultes étaient trop occupés à surveillés les malade en rémission et les enfants en avaient trop vu en trop peu de temps. Alors, même si chacun représentait le cliché du héros intouchable et qui passe à autre chose en un clin d'œil, il suffisait de plisser les yeux et d'être attentif pour remarquer que tout le monde était bien plus touché que ce qu'on laissait voir.

Grace passait la moitié de son temps à danser et l'autre moitié à écrire sa thèse. James s'épuisait au gymnase ou téléphonait à sa sœur qui se languissait de sa maison avant de rejoindre discrètement sa blonde la nuit tombée. Rick, plus scolaire que jamais, était retourné en cours et passez son temps libre au centre équestre avant de rentrer le plus tard possible pour s'enfermer dans sa chambre est écrire Dieu sait quoi.

En gros, chacun s'abandonnait à son exécutoire.

Sauf trois personnes. Lux, Loki et Alex.

Le passe-temps de ces deux derniers consistait à surveiller aussi étroitement que discrètement la jeune femme. A force de menaces, le jeune Barton avait dpu retourner en cours mais à peine mettait-il un pied dans la Tour qu'il se mettait en mode surveillance. Et si à leur retour Alex n'avait pas voulu lâcher Lux, le désir de solitude de celle-ci devenait tellement évident qu'Alex, loin de lâcher l'affaire, était allé rapporter ses craintes au dieu.

Dieu qui se tenait aussi loin que possible de son – ancienne ? – amie. Ce paradoxe de répulsion et de protection amusait Lux tout autant qu'il l'énervait.

Amusant de par les regards insistants de Loki dès que Lux se trouvait dans la même pièce et énervant dans le sens où malgré cela, le dieu la fuyait comme la peste. Admirable était la faculté du dieu du Chao à gérer les deux.

Il n'empêche que Lux se sentait complétement à part, comme naviguant dans un univers différent, en décalé avec son monde.

Même Grace, avec qui il suffisait d'un simple coup d'œil pour que les deux se comprennent, n'arrivait plus l'atteindre.

En fait, la seule personne que Lux voulait été la plus inaccessible : Loki.

Cette pensée dérangeante et humiliante s'imposait si fort dans son esprit que Lux ne trouvait pas le sommeil.

Elle avait du mal à trouver le repos depuis sa ''mort'', sans cesse réveillée par des cauchemars dont elle était incapable de se souvenir.

Rageuse, Lux sortit de son lit et quitta la pièce. Si les lumières de la ville offraient une certaine clarté à sa chambre, le couloir était lui plongé dans l'obscurité. Inspirant profondément et rageant sur sa propre trouillardise, Lux rejoignit une porte non loin de la sienne en quelques enjambées rapides. Silencieuse, elle ouvrit doucement la porte. La chambre était plongée dans l'obscurité. Lux se glissa cependant aisément jusqu'au lit au centre de la pièce, lit déjà occupé par une forme allongée.

Pour s'être glissée quelques fois dans le lit de Loki, la jeune Stark avait appris à reconnaître certains signes qui indiquaient l'état de conscience du dieu. Il était réveillé. Mais ne bougea pas.

Lux s'installa sous la couette, le dos de Loki face à elle. Celui-ci avait les paupières fermées, trop immobiles. Il lui avait confié qu'il rêvait chaque nuit sans exception, jamais il ne connaissait le repos total tant il rêvait. Ainsi, ses paupières tremblaient toujours mais pas cette nuit.

Lux attendit environ trois minutes avant de rejeter violemment la couette, le visage rouge de honte et de rage. Elle sortit en claquant presque la porte et Loki ne réagit toujours pas. Il n'alla pas après elle non plus alors qu'elle se dirigeait vers la cuisine.

La honte était une émotion assez étrangère à Lux. La presse avait relaté nombre de ses frasques plus jeunes dont certaines se passaient de commentaire (et de vêtements d'ailleurs). Pourtant c'était bien de la honte qu'elle ressentait à présent, penchée sur le plan de travail, serrant les bords du meubles à s'en blanchir les jointures. Quelle humiliation ! Aller se faufiler dans son lit était déjà un dépassement de soi et de son honneur, mais que Loki l'ignore délibérément ! Elle n'en revenait pas.

Avec un grognement, Lux lâcha les rebords en marbre et ouvrit rageusement le congélateur au-dessus du frigo. Elle y plongea la main à la recherche d'une glace pour se caler devant un film et attendre l'aube.

Une brise vint soulever ses mèches rebelles. Elle n'y aurai pas prêté attention si elle n'était pas dans une pièce close. Perplexe, Lux regarda autour d'elle, sans trop y croire, blâmant l'air conditionné.

« Tu ne devrais pas laisser ta main là-dedans. »

La voix était basse, faussement concernée, absolument moqueuse et doucement sadique. Lux fit volteface, arrachant par réflexe sa main au froid.

C'était un homme âgé mais aux yeux pétillant et à la carrure baraquée, le crâne chauve et une barbe bien taillé. Les photos qu'elle avait pu voir lui confiaient un certain charisme mais son expression ravie, moqueuse lui donnait plus l'air d'un Vilain que d'un chef d'entreprise.

« Stane. »

Son cerveau avait besoin d'une déclaration orale pour s'assurer de la véracité de l'information transmise par les yeux. Yeux qui ne lâchaient pas le vieil ennemi de son père qui se délectait de la surprise et de l'effroi qu'il provoquait chez celle qui aurait été sa petite fille à peu de choses près.

Une grimace faussement embêté sur le visage, comme devant un enfant ayant fait une bêtise, Obadiah Stane lança un regard amusé à la main droite de Lux. Par automatisme, la jeune femme suivit son regard.

Ses doigts, sa main, son poignet, jusqu'à son coude étaient bleus. Tellement bleus que cela semblait faux. Elle tourna sa main, remarquant des traits creusés dans sa peau qui couraient sur son épiderme.

« C'est pas joli joli tout ça. » Déclara cette même voix moqueuse teintée d'un amusement cruel qui fut le dernier signe de la présence d'Obadiah Stane, car relevant les yeux, Lux ne sentit qu'une brise discrète caresser son visage.

Elle fut tentée de croire à un rêve. Elle arriva même à s'en convaincre pendant une seconde. Jusqu'à ce que la chaleur ambiante ne la réchauffe et que la couleur ne s'efface doucement de son épiderme.

Et le hurlement qu'elle poussa ne lui délia pas la gorge de l'angoisse qui l'étouffait, plus forte que jamais.


Verdict ;) ?

J'attend vos avis / lettre d'amour / de menaces... et je vous dis à très bientôt et profitez de ce mois d'août ensoleillé que vous soyez en vacances ou au boulot 3