Bien le bonjour, et c'est parti pour la suite de l'aventure :) ! Dans peu de temps les choses vont se corser, j'entretiens le petit mystère pour l'instant et présente quelques personnages. Attention : certains personnages sont certainement OCC, j'aime voir les perso hors des sentiers battus, de leur gentillesse, de leur froideur ect.

Bonne lecture, et à tout de suite pour les réponses aux reviews plus bas.


RELIQUAIRE

Première partie

FEU (1)


« Qui êtes-vous ? »

Ecouter : Wow - Isle of Quel'Danas Music 1

Mon regard capta immédiatement la beauté émeraude de ces deux yeux face à moi. Sa propriétaire portait une longue robe pourpre fleurie par endroit de quelques rubans verts parfaitement disposés, retombant sur le sol en une traînée sang. Sur ses épaules on pouvait distinguer des bandages d'un ocre troublant, enserrant sa poitrine et tonifiant sa posture. Telle quelle, elle semblait être une haute femme de la société et pourtant sa peau, elle, relevait d'une grande précarité. Je ne pouvais m'empêcher de remarquer ses blessures, ses taches multiples et ses croûtes sur l'ensemble doré que le soleil n'avait pas épargné.

« Déclinez votre identité, chien ! »

Ma langue se mit enfin à bouger, au prix de quelques lourds efforts :

« Je suis ici pour voir Alibaba. C'est un ami à moi. »

La femme reste de marbre pendant un moment, toujours l'arme pointée vers. Enfin je jetais un bref regard sur l'acier qu'elle tenait fermement dans ses mains. C'était la fille que j'avais vu manier la lance tout à l'heure. Et là voilà contre mon poitrail maintenant.

Elle regarda un instant derrière mon épaule droite, comme pour juger de l'état de la chambre de mon ami et finit par se redresser, retirer son arme de mon torse pour la ranger contre son bassin.

« Personne ne vous a annoncé. »

« Je le sais bien, mais je suis de passage à Incarna et je voulais simplement rendre visite. Son fidèle m'a accueilli tout à l'heure. »

« Ah… » Elle prit une mine contrite. Sa bouche taillée en biseau alla se caler contre son oreille dans une grimace. « Vous êtes Simbad alors, l'autre vient de me parler de vous. Pourquoi vous êtes à Incarna ? »

« Pour me reposer. »

« Ah… » Cette réponse sembla la contrarié, elle ne dénia pas ajouter de remarque cinglante par la suite, me laissant toute l'opportunité de faire quelques pas vers elle et de lui tendre ma main. J'avais envie de mieux faire sa connaissance, avec l'expérience que j'ai nombre de gardiens et de vigiles sont des gens facilement irritables qu'il suffit d'apprivoiser pour être tranquille avec eux. Sans doute une petite poignée de main résoudrais l'affaire – c'est ce que je me disais tout en souhaitant toucher sa main avec la mienne. « Je ne serre pas la main, désolé. Mais je vous offre ma gratitude pour rendre visite à Alibaba. »

Déçu, cachant mon mécontentement, je faisais un petit sourie tout en essuyant l'échec sur mon étoffe :

« Il a besoin de se changer d'air ? »

« Peut-être, Alibaba a beaucoup de travail en ce moment. Il doit gérer une lourde fortune, et il pourrait bien devenir le trésorier du roi, ça serait une des taches les plus importantes qu'on lui ait confié depuis longtemps. Autant vous dire qu'il n'a pas la tête à s'amuser. » Elle soupira, échappant dans le même temps une voix plus suave. « Mais vous… vous êtes là pour le distraire ou pour le soutenir ? »

Comme cela sentait le roussi pour moi et mes fesses avec cette femme dans les parages, je décidai de jouer au plus malin et d'offrir mon meilleur sourire :

« Je suis là pour son bien, évidement. »

« Dans ce cas, ne restez trop longtemps dans la demeure je vous prie. Même s'il apprécie certainement votre venue, il a besoin de calme. »

Ma tactique ne semblait pas vraiment fonctionner, du moins pas pour l'instant, j'essayais de me fondre au mieux dans l'atmosphère tendue de cette gardienne :

« Alibaba a l'air fatigué il semblerait, non ? »

« Sans doute… »

Elle se détourna soudain de moi, comme si elle avait entendue un son, au loin, qui aurait attiré son attention.

« Est-ce qu'il reçoit des femmes ces temps-ci ? »

Elle revint à moi, presque outrée :

« Qu'est-ce que vous croyez ? Alibaba est quelqu'un de respectable. Il ne perdre jamais une pièce dans ce genre de bassesses. »

« Ne soyez pas choquée. Tous les hommes importants ont ce genre de plaisir. Et je pense que cela pour lui faire du bien, une compagnie féminine… »

En achevant cette phrase, je voyais le regard de mon interlocutrice se changer en pierre et mon cœur se pétrifiait, regrettant déjà mes mots :

« Je suis la seule compagnie féminine dont il dispose. Et sachez bien qu'il n'y a rien de plus que mon dévouement qui compte pour lui. Si vous comptez ramener en cachette vos saltimbanques et vos filles dévergondées, je serai là pour les empêcher d'entrer. Je vous ai à l'œil seigneur Sinbad. »

Malgré ma légère peur, il fut difficile de contenir un petit sourire :

« Vous semblez être très au courant de mes activités. »

« Vous êtes un pirate renommé ici, et pas des moindres. Tout le monde sait que vous traînez à bord des femmes, et de surcroit pas des plus reluisantes. »

« C'est bien possible en effet. » Je soupirai, un peu rassuré. « Est-ce que je serais un impoli si je vous demandais juste votre nom, mademoiselle ? »

Elle fut piquée de nouveau par ma phrase, mais pas forcément dans le mauvais sens :

« Vous l'êtes déjà… » Elle releva son nez vers moi, en posture de défi. Je devais faire cinq pouces de plus qu'elle, mais sans démordre, elle paraissait vouloir me dépasser avec assurance. « Je m'appelle Morgiana. A votre service monsieur. »

Elle se tourna alors, signifiant qu'elle en avait finit de moi et de son interrogatoire. Je soupirais de nouveau en la voyant passer sous les fleurs et les fruits du jardin. Une fois évaporé, j'avais presque envie de lâcher une phrase tout haut, mais je m'en gardais bien, ne sachant pas comment elle réagirait si elle pouvait l'entendre. Mais cela aurait donné quelque chose comme ceci :

« Jamais je n'ai croisé pareille femme, quel monstre magnifique. »

Sa beauté était très particulière en soit, elle n'avait rien de l'image que je me faisais de la féminité ici. Les grandes dames de la région sont connues pour leur teint pâle et serein. Leur délicatesse. Et quand bien même elles sont les égales des hommes et qu'elles jouent sur les plus hautes places du pays, on considère toujours leur beauté comme un charme doux et mystérieux.

Morgiana avait dans son corps de marbre la furie d'une sentinelle, la passion d'une fleur à peine éclose et le danger d'une marre se refermant sur vos pieds. Quels frissons j'ai encore à y penser…

OoOoOoO

Je décidai de me réfugier une fois de plus dans ma chambre pour échapper au soleil qui me tenaillait le cou et me faisait suer à belles gouttes, mais une petite main m'attrapa le pantalon et je fis demi-tour pour me pencher sur le garçon qui m'avait accueilli :

« Oh, alors c'est toi Alibaba ? Qu'est-ce que tu veux ? »

« Le maître désire que vous preniez votre déjeuner dans la salle avec lui.

« Soit ! J'imagine que je vais me régaler ! » Les plats défilaient déjà dans mon esprit. J'étais très assoiffé sur le moment, mais les images de nourriture en abondance sur une grande table, toute prête pour moi et mon ami, cela me donnait une fin des plus étranges et prononcée.

« Toujours à la table d'Alibaba le roi des voleurs ! »

« En route alors ! »

Ce petit bonhomme aux cheveux d'un bleu pétant était on ne peut plus joyeux et pétillant d'énergie à chaque instant. Il trottinait ou bien montait sur des allées de pierres sur les côtés, sur des haies, à un moment même je le perdais de vue car il s'était planqué dans une broussaille.

La salle à manger était richement décorée, entre les grands pots de plantes, les coffres et les meubles en ivoire reluisant, les tapis et les tapisseries multiples sur le sol et les murs, et la petite table entièrement de marbre, quelques colonnes recouvertes de peinture, le tout était presque assommant de détail. Cependant je remarquai tout de suite que seul un couvert était placé sur la table, en face, trois coussins, là où étaient assis Alibaba et maintenant Aladin qui le rejoignait :

« Entre, entre mon ami, prends place et mange. »

« Vous ne mangez pas avec moi ? » Demandais-je, perturbé par l'accueil.

« Non, nous jouerons pour toi, c'est la coutume ici. »

Je faisais remarquer le troisième coussin resté vide à côté d'eux :

« Nous attendons quelqu'un ? »

« Morgiana ne vient pas aujourd'hui. Aladin et elle n'aiment pas trop joue ensemble de toute façon. »

Alibaba avait un grand sourire, il me fit signe de m'asseoir à nouveau et mit un doigt devant sa bouche tout en murmurant :

« Mange idiot. »

Obéissant je prenais une fourchette et commençais à peine à entamer une assiette dont le contenu m'affolait de plaisir, quand je fut coupé par le son. Le son de la musique. Ou bien… était-ce une plainte, une demande, une râle. Alibaba venait de faire jouer une corde de la guitare qu'il tenait. C'était un instrument magnifique, et, comblé par les mets qui m'avaient été présentés je n'avais pas jeté un œil sur les instruments – petits comme des nouveau-nés – qui attendaient leurs joueurs calmement sur les coussins. Alibaba jouait encore quelques notes, peut-être pour vérifier que tout était accordé, je ne le saurais jamais sans doute, puis la mélodie continua, sur le même élan que son début, avec les mêmes chaloupements de voies notées. Après quelques minutes d'un solo lancinant, je restais tétanisé par la beauté et la simplicité de la musique, et je ne parvenais à entendre la petite flûte de son compagnon que bien plus tard. Les deux jouaient en harmonie et en disharmonie constante, comme deux feuillets de papier à musique qui s'effilocheraient au rythme des saisons, entre hiver et été, entre réunion et séparation.

Le maître et le disciple réunis. Mais des deux joueurs, il m'étais difficile d'évaluer le quel jouait le mieux tant leurs manières étaient changeantes et incroyablement folles pour un profane comme moi. Leurs mains se déplaçaient en troupeaux ou en duo voire en solitaires avertis sur les champs des clefs et des petites dunes de manche à guitare, sans perdre un instant le calme de l'Olympe. Leurs yeux à demi-fermé pour le petit enfant, complètement clos dans un vase secret pour l'adulte. S'ils jouaient de mémoire ou bien s'ils improvisaient, pas plus d'idée, mais la musique semblait d'une intensité et d'une vérité infinie. Pourquoi donc les mélodies aussi intangibles et mélancoliques me rappellent tant mes voyages ? Et tant cette mère nocturne ou bien souriante qui me tenaillait de tous les côtés. Et tant cette humeur de la tempête qui approche et accroche tant de bateau, nous faisant couler sur les rives les plus secrètes et enclavées, reluisant trésors et épaves enchâssées servant crédos roulement des marées.

Et puis le vent des instruments s'enlisa dans un brouillard des dernières aubes, le feu des grandes apparences devint fumée, et finit par se dissiper. Je crois qu'une larme m'est montée aux yeux, parce que je ne pouvais regarder clairement devant moi, et malgré tout elle ne voulait pas couler hors de son cercle ému. Alibaba affichait de nouveau un grand sourire, il ouvrit ses yeux lentement et me regarda avec insistance :

« Tu n'as pas mangé, idiot… »

Il est vrai…

« Pardon. » Mes excuses semblaient le faire encore plus plaisir. Alors il titilla sa corde pour en extraire encore un jus de notes perçante, comme des reproches musicales. « Je ne voulais pas vous offenser. »

« Haha, non Sinbad. Tu es la seule personne parmi toutes celles que j'ai invité ici qui n'a pas touché à son repas parce qu'ils nous écoutaient… » Il posa son cou blanc dans sa paume. « J'imagine que tu es fier de toi ? »

« Je peux me rattraper. » Lançais-je alors, comme en défi.

Le regard d'Alibaba n'en fut que plus précis :

« Soit, mais ne t'endors pas sur tes lauriers alors, profite du calme du lieu et mange à ton bon vouloir. Mon fidèle et moi allons te distraire. »

En retournant à ma chambre cet après-midi j'avais le ventre gonflé et un grand sourire sur les lèvres. Alibaba m'avait servi royalement, et avait montré tout son caractère bienveillant envers moi, son jeune disciple était tout aussi sympathique. Tous deux réunis avec de la nourriture à foison qu'ils m'obligeaient à goûter, c'était une sorte de paradis que je n'avais pas goutté depuis longtemps et que je retrouvais.

Mais un tel moment de bonheur sème une bouillie de troubles psychiques. J'étais soudain lourd, pris dans une impasse de pensée, fixé sur me yeux tombants et mes pas non assurés. Ma démarche devint chaotique.

Lourd.

Pas seulement ma panse, j'étais amorphe, soudain, en passant devant le bassin où j'avais rencontré Alibaba, je sentais une lourde torpeur me prendre et le soleil battait son plein sur mes épaules, ma nuque, mes membres se ramollissaient, tout cela ne rendait mon retour que plus difficile.

Une fois arrivé dans mes quartiers, je m'effondrai sur mon lit d'un simple mouvement de bascule, appréciais le calme et la douceur de la pièce, la fraîcheur de l'ombre et fermai les yeux. Je ne mis pas bien longtemps à être envahit par une puissante vague sonore, qui emplissait mes oreilles et par l'air marin, se faufilant dans mes narines. Bientôt je sombrai.

OoOoOoO


Lapuita : En effet cela commençait assez épicé ;) mais comme tu vois pour ce chapitre quelque chose s'est un peu transformé chez Alibaba. Oui, le fandom français s'étend à vue d'œil, la sorte de l'anime et sa diffusion sur quelques chaînes vont jouer je pense :)

Karasu-Dess : Merci pour la review, ça me fait très plaisir, ils sont très attachants ces deux petits hommes en effet et ensemble je trouve qu'ils sont juste parfaits, pas d'inquiétude, quelque chose va les réunir pour de bon, à plus alors ;)

Blacky : Hey Blackou, Oui, c'est rare sur le fandom français, et celles que j'ai trouvais ne m'ont pas inspiré. Comme j'aime beaucoup les deux personnages je me suis lancé et j'adore écrire sur ce récit, je sais où je vais et en même temps j'ai une grande liberté. En effet c'est bien orthographié "Sinbad", mais j'ai tendance à massacrer son prénom donc maintenant je fais gaffe ! a plus, j'espère que ça t'as plu.

Bye bye tout le monde, je posterai ici environ tous les mois :D