Alors voilà le 5ème chapitre ! Désolé du retard mais je ne trouve pas le temps d'écrire pendant les vacances. Surtout, n'hésitez pas à dire ce que vous en pensez de ce chapitre ou de la fanfic en général, ça m'aide pour m'améliorer ;) Sinon j'espère que ce chapitre vous plaira ! Je vous souhaite une bonne lecture ! :)
5
L'audience
Sacha se rappelait le week-end qu'elle avait passé. Elle avait embrassé Harvey. Elle avait embrassé son meilleur ami pour la première fois. Elle n'avait pas réfléchi, pour une fois dans sa vie elle avait fait quelque chose sans rien calculer. Et pour une fois, elle avait été véritablement heureuse.
Maintenant, deux sorciers lui tenaient les mains bien emprisonnées dans les leurs. Ces deux sorciers vêtus de cape noire la conduisaient vers la salle d'audience. C'était l'heure. C'était le jour. Sacha devait affronter ce moment avec force et avec le peu de courage qu'elle avait. Elle avait envie de pleurer, de partir en courant, d'aller se cacher quelque part. Mais non, il fallait qu'elle le fasse.
Après avoir passé un week-end où elle était montée au paradis, Sacha devait redescendre en enfer. Les deux sorciers l'invitèrent à s'asseoir sur une chaise au milieu de la salle d'audience afin que la jeune femme soit en vu de tout le monde. Ombrage était face à elle, assise à la place du juge. Elle allait la juger, l'accuser et Sacha allait devoir acquiescer.
Au-dessus d'elle, Sacha remarqua une horde de détraqueurs retenu par le patronus d'Ombrage. Sacha comprit qu'il s'agissait d'un procès vraiment très sérieux aux yeux de ces sorciers. La présence des détraqueurs la faisait encore plus frémir de peur.
Harvey lui avait promis que tout irait bien. Sacha n'avait rien à se reprocher. Elle avait été une sorcière au sang impur exemplaire durant toute sa vie alors ils ne pouvaient rien lui faire. Sacha avait confiance en Harvey et elle savait au fond d'elle qu'elle ne craignait rien mis à part le licenciement. Elle préférait ça à une autre peine.
Sacha avalait difficilement sa salive pendant que les sorciers présents dans la salle pour la juger s'organisaient et se passaient entre eux les dossiers qu'ils avaient sur Sacha Burbles.
« Sacha Burbles, commença Ombrage d'une voix forte. Jurez-vous d'être Sacha Burbles ?
_Oui, je le jure, répondit Sacha très intimidée.
_Jurez-vous de dire toute la vérité ?
_Oui, je le jure. »
Il y eut un nouveau silence. Sacha avait les mains extrêmement moites et cherchaient un moyen de les essuyer discrètement sur sa robe. Les juges parlaient entre eux. Sacha ne cessait de garder ses yeux sur eux. Elle essayait de déchiffrer ce qu'ils disaient, elle essayait de lire sur leurs lèvres.
Elle avait peur. Sacha était terrifiée. Elle le sentait dans son cœur, dans son corps, dans sa tête, et dans son souffle. Tout en elle avait peur. Sacha souhaitait que ce procès se passe le plus vite possible.
« Vous êtes la fille de George Burbles ?
_Oui.
_Votre père était bien Sang Mêlé d'un père sorcier et d'une mère moldue ?
_Oui. »
Il y eut des sorciers qui lui jetèrent un mauvais regard. Ils paraissaient dégoûtés. Sacha les dégouttait. Parmi eux, Yaxley ricanait en affirmant que le grand-père avait engendré une famille d'impur. Il continua à l'insulter en jurant que l'accouplement avec des moldus était la pire des fautes. Sacha ne répondit rien. Elle savait qu'elle n'était pas en bonne position pour répliquer. Harvey l'avait prévenu qu'ils feraient tout pour l'énerver. Sacha restait donc calme et se jura de ne répondre qu'aux questions posées par de courtes réponses. Ainsi elle n'aggraverait pas son cas.
« Votre grand-père était lui-même un sorcier né de deux parents moldus ?
_Oui, répondit Sacha.
_Par Merlin, un Sang de Bourbe qui engendre un Sang Mêlé ! Jura Yaxley. On aura tout vu ! »
Sacha resta silencieuse. Elle ne répondrait pas aux insultes. Elle ne leur donnerait aucune raison de la traiter comme une criminelle.
Ombrage toussota visiblement déçue que la jeune femme ne réagisse pas aux insultes. Elle chercha encore dans le dossier et finit par lui demander :
« Une baguette vous a été confisquée avant que vous n'arriviez. A qui avez-vous pris cette baguette ? »
Sacha arqua un sourcil. Ombrage lui désignait en vérité sa propre baguette. Sacha ne savait pas quoi faire. Elle ne l'avait prise à personne, cette baguette l'avait choisi. Sacha devina que ces sorciers face à elle étaient rusés et qu'ils feraient tout pour l'accuser. Ils lui chercheraient la moindre petite bête pour la condamner. Sacha devina qu'ils n'étaient certainement pas ses amis et qu'ils allaient le lui faire comprendre.
Harvey entra dans la salle d'audience sous le regard étonné des sorciers qui interrogeaient Sacha. Elle-même fut surprise de le voir ici. Ombrage le dévisagea du regard et lui lança :
« L'audience est interdite aux visiteurs !
_Oui mais je suis avec elle, on est ensemble, répondit-il.
_Et alors ? Siffla Ombrage qui le regardait de plus en plus mal comme si elle allait l'assassiner sur place.
_On est fiancés, dit Harvey à la grande surprise de Sacha. Et il est bien précisé sur les papiers de convocation que les conjoints peuvent assister au procès. »
Ombrage serra les dents. Son patronus vacilla et Sacha commença à trembler de peur. Elle osa à peine jeter un regard au-dessus d'elle. Les détraqueurs l'effrayaient plus que tout. Sacha n'avait jamais apprécié ces créatures et leurs effets sur les sorciers.
« Asseyez-vous, ordonna finalement Ombrage avec un regard incendiaire pour Harvey. Sacha Burbles ?
_Oui ?
_A qui avez-vous pris cette baguette ?
_A personne, cette baguette est la mienne. Elle m'a choisi, je l'ai acheté chez Ollivander avant d'entrer à Poudlard. J'avais onze ans quand elle m'a choisi, répondit Sacha qui espérait que sa parole voudrait quelque chose.
_Non c'est faux, trancha Ombrage. Je déteste les mensonges. Vous avez juré de dire la vérité en arrivant ici, n'est-ce pas miss. Burbles ?
_Oui et bien… je dis la vérité !
_Non ! Vous n'êtes pas une sorcière miss. Burbles. Vous ne pouvez pas être une sorcière, vos antécédents ne l'étaient pas et donc vous ne l'êtes pas. Vous avez usurpé cette baguette à une véritable et honnête sorcière. Avouez-vous ?
_Mais c'est faux ! Intervint Harvey en se levant de son siège. J'étais témoin ! J'ai rencontré Sacha dans cette boutique. Cette baguette l'a choisi ! Je l'ai vu de mes propres yeux ! » Affirma Harvey.
Ombrage siffla d'exaspération tout comme les sorciers autour d'elle dont Yaxley qui fit signe à ses hommes de renvoyer le jeune homme de la salle d'audience. Harvey se débattit en affirmant qu'il avait le droit de rester. Les hommes ne l'écoutèrent pas et l'entraînèrent hors de la salle tandis qu'Harvey hurlait qu'ils étaient tous des pourris et des usurpateurs !
« Charlatans ! Vendus ! Vous êtes tous des Mangemorts espèce de gros salopards ! »
La porte de l'audience se referma. Sacha était toujours assise au milieu de la salle et évitait de lever les yeux vers les détraqueurs qui semblaient être avides de ses peurs. Ombrage reporta son regard sur la jeune femme et continua à éplucher son dossier. Quelque chose sembla l'interpeller car elle resta un moment à lire une feuille dans son dossier. Elle le fit passer aux autres sorciers autour d'elle.
« Sur votre fiche de revenus, j'ai remarqué que votre salaire avait énormément augmenté en très peu de temps. En fait, du jour au lendemain, vous êtes passée de huit gallions de l'heure à cent cinquante gallions de l'heure ! C'est énorme ! Pourquoi cette augmentation soudaine ? »
Sacha avala sa salive. Elle se souvenait très clairement du jour où son supérieur Henri Gamp l'avait augmenté. Il lui avait demandé de garder cela secret. Sacha le lui devait bien après ce qu'il avait fait pour elle. Mais comment pouvait-elle faire cela sans se condamner elle-même ?
« Sacha Burbles ? Répondez ! Exigea Ombrage.
_Je… j-je… j'ai eu une promotion et je suis…
_Vraiment ? On a interrogé certains de vos collègues et ils nous ont tous affirmé que cela faisait huit ans que vous occupiez le même poste ! Votre supérieur vous a-t-il augmenté ou avez-vous volé cet argent ?
_Non ! Je ne l'ai pas volé !
_Avez-vous fait chanter votre supérieur ? Charles-Henri Gamp, c'est ça ?
_Oui c'est lui, mais non je l'ai pas fait chanter j'ai… »
Sacha cherchait dans son esprit une parade. Elle n'en trouvait aucune. Comment protéger Henri et se protéger elle-même en même temps ? Face au regard accusateur des sorciers qui l'observaient Sacha ne savait plus quoi dire.
Finalement, Yaxley se leva de son siège et la regarda d'un air soupçonneux :
« Je connais personnellement Mr. Gamp, et je sais qu'il n'aurait jamais permis une telle chose dans son service. Comment expliquez-vous alors cette augmentation soudaine ?
_Je…
_Osez-vous affirmer qu'il vous a augmenté de son plein gré en connaissance de cause ?
_Non, j'ai… je l'ai supplié, se décida Sacha qui n'arrivait pas à trouver autre chose devant tous ces gens.
_Vous l'avez supplié et il a accepté de vous augmenter ?
_Je… je lui ai dit que… j'avais besoin d'argent pour… moi et mon fiancé. Mr. Gamp a accepté de m'augmenter car… lui-même sait ce que c'est d'être fiancé et d'organiser un mariage. »
Tous les sorciers arquèrent un sourcil peu convaincus. Sacha se rendit compte que ce qu'elle venait de dire était complètement stupide mais elle n'avait pas eu le temps de réfléchir. Ils la jugeaient tous du regard sans même la connaître, ils osaient porter un jugement sur elle grâce à un simple dossier !
Yaxley ricana puis il se retourna vers les autres sorciers juges et parla :
« Miss. Burbles ment c'est évident ! Elle a volé cet argent ou elle a fait chanter Mr. Gamp mais jamais…
_Nous n'en saurons pas plus temps que l'enquête ne sera pas ouverte, décida Ombrage. En tant que directeur du département de la Justice Magique, vous allez devoir ouvrir une enquête sur Charles-Henri Gamp. En attendant d'en connaître un peu plus, miss. Burbles vous serez enfermée à Azkaban.
_Quoi ? S'écria Sacha qui pensait avoir mal compris. Vous plaisantez ? On ne peut pas enfermer quelqu'un à Azkaban pour ça !
_Rasseyez-vous miss. Burbles ! Exigea Ombrage. Vous êtes arrêtée pour être suspecte d'un vol considérable d'argent !
_Mais je n'ai rien volé du tout ! Protesta-t-elle alors que des sorciers l'obligeaient à se rasseoir de force. Lâchez-moi ! Vous n'avez pas le droit de m'enfermer pour ça ! Lâchez-moi ! Lâchez-moi ! »
Ombrage referma le dossier avec autorité et quitta la salle d'audience la tête haute. Elle adressa un petit sourire en coin à la jeune femme. Tous les autres sorciers juges la suivaient et Yaxley referma la marche. Sacha était toujours tenue par les deux sorciers qui l'obligeaient à rester assise.
Le patronus d'Ombrage disparu et Sacha vit fondre sur elle la horde de détraqueurs. Elle s'enfonça dans son siège dans un dernier mouvement de désespoir mais les mains des détraqueurs se refermaient déjà sur elle pour l'emmener. Les deux sorciers la relâchèrent et laissèrent le travail aux détraqueurs qui traînèrent derrière eux Sacha. Celle-ci tremblait de peur en sortant de la salle d'audience. *Merlin je vous en prie, aidez-moi !* Supplia-t-elle intérieurement. C'était le seul espoir qui lui restait.
Le même matin, miss. Jenny arrivait au Ministère de bonnes heures. Elle arrivait par l'entrée des visiteurs et fut dévisagée par les hommes du Ministère qui avait eu vent que miss. Jenny n'avait toujours pas rendu sa liste. D'ailleurs, miss. Jenny ne comptait vraiment pas rendre sa liste de salariés. Cette liste n'était pas faite, elle ne l'avait pas commencé, et elle ne comptait pas la faire. C'était sa manière de montrer son indignation. Mais miss. Jenny avait trouvé une autre manière de le montrer et pour cela il lui fallait des témoignages.
Miss. Jenny avait entendu dire que les sorciers nés moldus n'avaient pas tous été renvoyé du Ministère. Elle s'y rendait donc avec la ferme intention de poursuivre son article. Miss. Jenny ne connaissait pas beaucoup de monde, mais elle connaissait plus ou moins une personne qui était née de moldus. Cette personne c'était Camille Toms du secrétariat.
Miss. Jenny ne la connaissait pas mais elle passait souvent au secrétariat pour prendre les directives du Ministère de la Magie. Elle la voyait donc assez régulièrement à son comptoir en train de sourire toute la journée. Camille avait l'air d'une personne plutôt sociable et comme elle était très souriante, miss. Jenny avait espéré que Camille serait agréable à interroger. La rédactrice en chef de la Gazette du Sorcier se pointa donc au comptoir du secrétariat.
Camille était en train de discuter avec Eléa à propos du nouveau directeur du département des jeux et sports magiques quand miss. Jenny sonna au comptoir. La surprise se vit instantanément sur le visage de Camille qui n'avait pas revu miss. Jenny depuis quelques mois déjà.
Devant l'air étonné de la blonde, Eléa se douta qu'il s'agissait de la fameuse miss. Prewett qui n'avait toujours pas donné sa liste. Immédiatement, la grande sorcière fit bonne impression à Eléa. La jeune fille la trouvait impressionnante par sa prestance et sa grandeur. Elle la trouvait élégante et jolie malgré un excès de maquillage autour des yeux. Après tout ce qu'elle avait entendu sur cette fameuse miss. Prewett, Eléa ne pouvait que l'admirer. Car pour oser défier Ombrage, il en fallait du caractère et surtout du courage !
« Bonjour, les salua miss. Jenny. Euh… j'aimerais vous parler Camille, en privé si ça ne vous dérange pas ? »
Camille fut encore plus surprise. Jamais miss. Jenny n'avait demandé à lui parler en privé. D'ailleurs, aucun sang pur n'avait déjà demandé à lui parler en privé. Camille fit donc signe à Eléa de s'éloigner ce que fit la jeune fille.
« Je vous écoute, se retourna Camille avec un sourire. Que puis-je faire pour vous ? Vous savez qu'Ombrage vous cherche et elle m'a clairement dit qu'elle comptait passer à la Gazette du Sorcier pour…
_Oui, oui, elle fait bien ce qu'elle veut ! La coupa miss. Jenny au grand étonnement de Camille. Non, je ne viens pas pour vous parler de la paperasse. Je souhaiterai vous interroger.
_M'interroger ? Moi ? Mais… pourquoi ?
_Je souhaite écrire un article qui parle des conditions des sorciers nés moldus. Je vais le publier anonymement et aucun nom ne sera citer dedans. Mais pour que cet article soit crédible, j'ai besoin d'interviewer des sorciers nés moldus. Et… je sais que vos parents…
_Mes parents sont des moldus, oui, mais je n'ai aucune envie de parler de tout ceci. Je suis déjà très mal placé pour dire quelque chose ou protester alors parler pour un article de journal… autant me tuer moi-même !
_Je comprends que vous aillez peur mais écoutez : j'ai déjà rassemblé un témoignage. Cet article est très important. Je veux que les sorciers réagissent ! Je veux qu'ils comprennent qu'il ne faut pas rester sans rien faire. Si on veut que ça s'améliore, il faut y mettre un terme. La rébellion viendra forcément de l'intérieur ! C'est inutile d'espérer un quelconque sauveur. Camille, il faut que vous parliez. Je vous jure que je ne mentionnerai pas votre nom dans cet article. Je compte même pas le publier dans la Gazette du Sorcier ! S'il vous plaît…
_Je… non, je ne peux pas… vous comprenez, la situation dans laquelle je suis est… oppressante et affreuse pour tout vous dire… je n'ai pas envie que ça s'empire !
_Camille… ce que vous venez de dire juste en quelques mots me suffit déjà, lui avoua miss. Jenny. Vous avez déjà parfaitement exprimé ce que vous ressentiez, et c'est tout ce que je veux ! D'accord, j'aimerais aussi que vous me donniez quelques anecdotes pour montrer la cruauté de ces sorciers dit sang pur mais ce que vous m'avez dit là, c'est déjà beaucoup. Et croyez-moi quand les sorciers liront ces mots… il se passera quelque chose dans leur tête. Quelque chose qui les fera prendre conscience qu'il ne faut pas fermer les yeux. Au contraire, il faut les ouvrir et se battre !
_D'accord… Marmonna Camille qui commençait à croire que miss. Jenny était suicidaire. Bon… euh… je… je vais y réfléchir, d'accord ?
_Pas de problème ! Bien sûr je comprends ! Tenez, je vous donne mon adresse où vous pourrez m'écrire par hibou de votre réponse, lui dit-elle en écrivant sur un bloc-notes et déchirant la feuille pour la donner à Camille. Merci ! Si vous acceptez se sera… bref, merci !
_Je n'ai pas dit que j'acceptais ! » La prévint Camille.
Miss. Jenny s'en allait déjà en se pressant car on l'attendait à son travail mais elle n'était pas stressée. Non elle n'était pas stressée par le travail car en ce moment elle jubilait. Dans quelques jours, elle aurait peut-être deux témoignages. Il lui en faudrait encore un peu plus et elle pourrait commencer à rédiger son article.
Camille était restée au comptoir à regarder miss. Jenny s'éloigner en réfléchissant. Elle avait envie de dénoncer tout ce qui lui arrivait mais elle avait peur qu'on ne la reconnaisse. Harvey lui avait bien dit qu'elle devait faire profil bas pour le moment et se comporter en sorcière exemplaire avant que la date de son procès n'arrive.
Ses réflexions furent coupées par Harvey qui arrivait en courant au secrétariat. Camille le regarda foncer droit sur son comptoir et lui dire :
« Camille, il faut que tu viennes ! Ça ne se passe pas très bien pour Sacha dans la salle d'audience ! »
Le cœur de la blonde fit un bond. Sacha ? Sacha sa meilleure amie ? Non ! Il ne pouvait pas lui arriver malheur ! Sacha était la sorcière la plus exemplaire qu'elle ait connu ! Camille n'hésita pas un seul instant et confia la responsabilité du comptoir à Eléa. Elle courut ensuite avec Harvey jusqu'à l'ascenseur et appuya sur le bouton comme une brute.
« Excusez-moi, j'aimerais moi aussi monter dans cet ascenseur, l'informa un sorcier qui arrivait.
_Oui, et bien… s'il est plein vous attendrez le prochain, répondit Camille en haussant les épaules.
_Je suis de Sang Pur !
_Et alors ? » Firent Harvey et Camille en cœur.
Le sorcier les dévisagea avec un air profondément outré et puis leur lança hautainement :
« En plus de souiller cet endroit de votre ignoble race, vous nous manquer de respect ! » Siffla-t-il.
Camille soupira face à une telle mentalité et monta bien décidée dans l'ascenseur qui était effectivement plein. Harvey l'accompagna et adressa un signe de la main au sorcier avant que les portes ne se referment.
Camille avait le cœur qui battait. Pendant le trajet, Harvey lui expliqua comment il s'était fait passé pour le fiancé de Sacha puis comment il s'était fait rejeté de la salle d'audience. Camille acquiesçait sans répondre. S'il arrivait malheur à Sacha… Qu'est-ce qu'elle deviendrait ? Sacha était son leader, elle ne pouvait pas la perdre !
Lorsque les portes de l'ascenseur s'ouvrirent à nouveau, Camille s'empressa de descendra et fila droit vers la salle d'audience. A l'entrée, deux sorciers l'arrêtèrent en lui interdisant le passage.
« S'il vous plaît ! C'est ma sœur qui est à l'intérieure, j'ai besoin de la voir ! Mais lâchez-moi ! Vous ne comprenez pas ? C'est ma sœur ! Ma sœur a besoin de moi ! C'est marqué sur la convocation que la famille a le droit d'assister à l'audience ! Lâchez-moi ! Lâchez-moi ! Hurlait Camille comme une détraquée tout en se débattant de l'emprise de ces hommes.
_La famille n'a plus le droit d'entrer désormais !
_Pourquoi ? Elle a fait quoi pour mériter ça ? S'énerva Camille en se débattant dans les bras de ces hommes. Elle venue au monde comme vous ! Ce n'est pas un extraterrestre ! Elle est normale alors laissez-la tranquille !
_Ça suffit ! Nous allons devoir emprunter la manière forte si vous continuez ! » La prévinrent-ils.
Harvey se jeta alors sur eux et tenta de les maîtriser mais il n'était vraiment pas de taille. Ils l'immobilisèrent d'un seul sort et rattrapèrent Camille qui avait tenté de se faufiler en douce vers la salle d'audience. Les hommes la prirent et la portèrent dans leurs bras cette fois pour la ramener vers l'ascenseur.
« Vous allez finir comme lui si vous continuez à vous débattre ! La prévinrent-ils une nouvelle fois en la poussant dans l'ascenseur.
_Je m'en fiche ! S'énervait Camille en leur donnant des coups de poing qui étaient cependant complètement inutiles face à ces colosses. Tant que vous ne me laisserez pas voir ma sœur je continuerai à me débattre ! Je vais me battre jusqu'à ce que j'entre dans cette salle parce que c'est mon droit ! Je suis de sa famille et vous ne pouvez pas me faire ça ! »
Au même moment, la porte de la salle d'audience s'ouvrit. Ombrage en sortit avec un sourire triomphant suivit d'autres sorciers. Camille se figea et attendit d'apercevoir Sacha parmi eux. Elle se mit sur la pointe des pieds pour espérer l'apercevoir par-dessus les énormes épaules des hommes qui la retenaient.
Sacha sortit enfin, traînée par quatre détraqueurs. Camille sursauta. Non. Non, non, non ! Elle ne pouvait pas être accompagnée par des détraqueurs encore moins par quatre détraqueurs ! C'était comme si… Sacha était une meurtrière et qu'elle… Non, elle ne pouvait pas aller à Azkaban puisqu'elle n'avait rien fait !
« Sacha ! Sacha ! » L'appela Camille en agitant le bras.
Sacha tourna la tête vers elle et fondit en larmes. Camille devina que ça se présentait mal. Camille sauta sur place pour mieux voir sa meilleure amie et cria encore son nom. Elle commença aussi à pleurer comme elle sentait que Sacha avait des ennuis.
« Sacha ! Sacha, je t'aime ! Ne t'inquiète pas, ça va bien se passer ! Lui cria-t-elle. Je t'aime !
_Moi aussi je t'aime Camille ! » Lui répondit Sacha.
Le silence lui fut imposé par un même geste des quatre détraqueurs. Camille regarda Sacha s'éloigner d'elle. Elle regarda ses cheveux roux presque rouges disparaître petit à petit. Les quatre détraqueurs la traînaient derrière eux et bientôt ils renfermèrent les portes derrière eux d'une nouvelle salle.
« Maintenant il faut que vous partiez, lui dit l'un des hommes qui tenait toujours Camille.
_Oui… je m'en vais… De toute façon, vu ce que vous lui faites ce n'est pas la peine que je reste, siffla-t-elle. Qu'est-ce que vous allez faire d'Harvey ?
_On va l'envoyer à Saint Mangouste et il retourna chez lui ensuite. » Lui répondirent-ils en la poussant dans l'ascenseur.
Les portes se refermèrent sur Camille qui se laissa tomber à l'intérieur. Elle ne parvenait même plus à pleurer. Ce qu'elle venait de la voir ne l'attristait plus mais… la révoltait ! Elle n'arrivait pas à comprendre ce qui se passait. Elle ne parvenait pas à croire que Sacha lui soit enlevée. Non, ce n'était pas juste ! Tout ce qui leur arrivait était injuste. Sacha n'avait rien fait ! Elle était née comme tout le monde. Elle n'avait jamais commis de meurtre ni de délit… Elle n'avait donc rien à faire à Azkaban.
En revenant au comptoir du secrétariat, Camille se laissa tomber sur sa chaise et resta silencieuse. Eléa ne la dérangea pas au début. Elle s'occupa des clients et laissa un temps à Camille pour reprendre ses esprits. Elle avait deviné que la blonde venait de voir quelque chose de terrible.
Finalement, quand il n'y eut plus aucun client, Eléa prit une chaise pour s'asseoir à côté de Camille et lui demanda :
« Qu'est-ce qui s'est passé ? »
Camille ne répondit pas immédiatement. Est-ce qu'elle avait envie de parler de tout ça à cette gamine au sang pur ? Elle se décida à le lui expliquer quand même jugeant qu'Eléa était une personne avec qui elle avait bien envie de parler. Elle avait envie de lui raconter et de lui montrer combien les personnes comme elles étaient cruelles.
Eléa semblait choquée, terrifiée même. Camille ne voyait pas pourquoi elle semblait avoir si peur puisqu'elle ne risquait rien en tant que sang pur. Enfin, Eléa prit la parole et dit :
« Du coup, tu vas aller voir cette miss. Prewett ? »
Camille lui jeta un regard surpris comme Eléa n'était pas censée avoir écouté la conversation.
« Désolé… S'excusa la jeune fille. Je n'ai pas pu m'empêcher d'écouter… En tout cas, je pense que cette miss. Prewett sait ce qu'elle fait et qu'elle a raison. Après ce que tu viens de voir, il faut que tu le racontes à la presse !
_Tu as raison, acquiesça Camille. Tu as complètement raison… Je vais tout raconter, et je ne vais pas m'empêcher de dire ce que je pense vraiment. Cet article va sortir ! »
Camille hochait encore la tête toute seule. Eléa se leva pour un nouveau client qui venait de sonner au comptoir. Camille resta assise à sa place en réfléchissant. Elle n'avait plus envie de se protéger. Avec ce qu'elle venait de voir, Camille voulait que tous les sorciers apprennent ce qui se passait vraiment.
Henri se voyait en de très mauvaises positions. Tandis que des hommes fouillaient son bureau, d'autres interrogeaient ses employés sur ses relations avec Sacha Burbles. Le verdict était tombé : la jeune femme était arrêtée et envoyée à Azkaban. En voulant l'aider, Henri avait provoqué sa perte. Si seulement il l'avait su… il aurait évité le pire à Sacha et à lui-même !
Déjà des rumeurs fusaient et les journaux s'en donnaient à cœur joie ! On le soupçonnait d'un adultère avec Sacha Burbles. Henri se fichait de ce que les gens pouvaient penser mais il s'inquiétait de Lizzie. Il espérait qu'elle ne prendrait pas au sérieux les rumeurs notamment celle de sa relation extra conjugale avec Sacha.
Yaxley semblait touché lui-même. Tandis que ses hommes fouillaient le bureau, il s'approcha d'Henri et lui dit :
« Je sais que tu es innocent. Je fais simplement mon travail pour la formalité mais je vais faire tout mon possible pour étouffer l'affaire. Ces Sangs de Bourbes sont prêts à tout ! Tu en es l'exemple… »
Henri hocha la tête. Pour le moment, la meilleure façon de réagir était de rester discret. Il était bien sûr difficile de rester discret avec tous les journalistes qui le suivaient sans relâche. La rubrique de Rita Skeeter s'enflammait pour divulguer toutes sortes de rumeurs ridicules. Il y avait même des journalistes qui campaient devant chez lui !
De retour à la maison, Henri referma sa porte d'entrée le plus rapidement possible sous une nuée de flash. Ces journalistes ! Ils n'allaient donc jamais le laisser avec toute cette histoire !?
Lizzie n'était pas encore rentrée. Henri l'imagina avec le Premier Ministre pour régler une affaire urgente puis se retrouvant au milieu d'une foule de journaliste assoiffés de réponses. Henri n'avait jamais souhaité faire un aussi grand tapage. Il espérait que cette histoire serait vite terminée pour qu'il puisse se marier sereinement.
Henri se laissa subitement tomber dans un fauteuil quand il repensa à la pauvre Sacha. Jamais il n'aurait imaginé qu'elle aurait pu avoir des ennuis à cause de ça. D'ailleurs Henri n'avait jamais envisagé qu'elle puisse être enfermée à Azkaban. Tout de même, l'affaire était allée trop loin ! Est-ce qu'il était vraiment nécessaire d'envoyer cette innocente jeune femme à Azkaban ? C'était la prison des criminels. Sacha n'en était pas une. Et quand bien même elle aurait volé l'argent dans le dos d'Henri ce n'était pas un motif suffisant pour l'envoyer croupir avec les détraqueurs.
Cette histoire tracassait Henri et le faisait culpabiliser. Il imagina la douce Sacha avec ses cheveux rouges, seule dans une cellule minable. Il était en train de chercher une solution à ce problème quand Lizzie rentra.
« Coucou mon chéri ! » Lança avec un immense sourire.
Henri arqua un sourcil dubitatif. Lizzie ne semblait en aucun cas touchée par les évènements. Elle avait dû être harcelée toute la journée par les journalistes, elle avait dû entendre parler de toutes les rumeurs qui circulaient, quelqu'un lui avait sûrement parlé de l'affaire. Alors pourquoi souriait-elle comme ça ? Henri aurait plutôt imaginé qu'elle rentrerait furieuse. Il avait déjà préparé ses arguments pour se défendre face à ses accusations. Il avait imaginé qu'elle se serait mise dans tous ses états en apprenant qu'il avait aidé une née moldus. Mais visiblement, Lizzie n'était pas plus différente que les autres jours.
Elle vint s'asseoir auprès de son futur mari en soupirant d'aise. Elle marmonna quelque chose comme quoi elle avait beaucoup travaillé et que le Premier Ministre ne serait rien sans elle. Henri gardait le silence. Il la soupçonnait de cacher quelque chose. Elle était trop naturelle, trop joyeuse, trop souriante. Sa réaction était complètement décalée par rapport à cette affaire.
« La semaine prochaine, il faut que je fasse des heures supplémentaires, soupira-t-elle. Je vais sûrement rentrer tard, tu sais. Thicknesse a besoin de moi et il ne sait pas jusqu'à quelle heure. »
Henri ne cessait de la regarder comme si ce n'était pas sa fiancée qu'il avait devant lui. Certes, Lizzie avait un don pour paraître toujours au mieux de sa forme même quand elle n'avait pas dormi de la nuit. Mais de là à cacher ses émotions face à lui… c'était tout de même étrange ! D'habitude, elle ne se privait pas pour dire ce qu'elle pensait surtout quand quelque chose ne lui plaisait pas. Henri se demanda un bref instant si ce n'était pas un espion du Ministère qui avait pris du Polynectar pour enquêter sur l'affaire.
« T-Tu… n'es pas fâchée ? L'interrogea-t-il finalement.
_Non, pourquoi ? Demanda-t-elle surprise en retour.
_Bah… je suis quand même accusé de… enfin tu sais l'histoire, on me soupçonne d'avoir aidé…
_Sacha Burbles, oui je sais, répondit-elle en hochant la tête. On m'en parlé toute la journée !
_Et tu n'es pas fâchée ?
_Bah… non. Tu l'as vraiment aidé ? C'est vrai, hein ? Tu l'as augmenté sans le mentionner c'est ça ?
_Euh… oui, avoua Henri décontenancé par sa réaction. Je… J'ai réduit mon salaire pour lui donner un peu plus d'argent parce que… enfin, je pensais qu'elle serait juste renvoyée. Oui, j'ai voulu l'aider… pour qu'elle économise un peu. Ce n'était pas quelqu'un de méchant, Sacha.
_Oui, je pense. Je suis fière de toi ! » Avoua Lizzie en le prenant dans ses bras.
Henri resta de marbre face à ce compliment. Quelque chose ne tournait pas rond chez sa fiancée. Elle devrait être furieuse. Henri venait tout de même de sacrifier son précieux salaire pour le partager avec une née moldue ! Son salaire qui aurait dû servir pour financer le mariage…
« Tu es fière ? Interrogea-t-il méfiant. Vraiment ? Tu dis ça… pour de vrai ? Ou il y a de l'ironie derrière ?
_Henri, je suis vraiment fière de toi ! Ça me prouve que tu es capable de te sacrifier pour les autres. Tu viens de me montrer que cette histoire sur les nés moldus te touchait toi aussi. Et ça… c'est très important pour moi.
_Ah oui ?
_Oui… hum… J'ai quelque chose à t'avouer. » Annonça-t-elle en baissant le regard.
Lizzie s'était lancée. Ça y est ! Depuis plusieurs années elle redoutait le moment où elle devrait tout avouer sur ses parents, et ce moment était arrivé. Oui, Lizzie se sentait assez courageuse pour tout avouer. Après l'affaire Sacha, elle sentait que le moment était venu. De toute façon, elle n'avait que trop tardé à lui avouer.
« Henri, tu me promets que tu m'aimeras toujours ?
_Oui, répondit-il sans vraiment comprendre où elle voulait en venir.
_Quoique je puisse te dire, tu m'aimeras ?
_Oui… quoi ? Tu m'as trompé ?
_Non, c'est pire, avoua-t-elle.
_Tu es déjà mariée à quelqu'un d'autre ? Continua-t-il de plus en plus inquiet.
_Non… c'est pire.
_Tu as déjà un enfant avec un autre homme ? C'est pour ça que tu ne veux pas d'enfants, hein ?
_Mais non ! Non, non, ce n'est pas du tout ça, c'est… pire… Marmonna-t-elle en prenant une grande bouffée d'air.
_Alors c'est quoi ? Paniqua-t-il en imaginant les pires scénarios.
_Tu sais, mes parents sont morts depuis huit ans… tout le monde croit qu'ils étaient de Sang Pur et moi avec… En fait… ce n'est pas vrai.
_D-De quoi ? Qu'est-ce qui n'est pas vrai ? »
Lizzie prit une nouvelle bouffée d'air puis se lança :
« Mon père était un sorcier, et ma mère était une… moldue, lâcha-t-elle finalement. Ils ne sont jamais mariés, à cause de ça. Ça aurait été écrit sur tous les papiers qu'il s'était marié avec une moldue. Alors ils ne sont pas mariés. Mais mon père avait énormément peur que ça se sache. Avec tout ce qu'on disait à l'époque sur les moldus… c'était encore pire que de nos jours ! Il avait un ami, un meilleur ami, qui travaillait au Ministère et se chargeaient de tout ce qui était papiers d'identité, etc. Il lui a demandé de créer de faux papiers pour ma mère en tant que sorcière.
_Quoi ? Mais… ce n'est pas possible…
_Si, la preuve, ça a très bien marché. Certes, leur couple n'était pas bien clair. Ils vivaient dans une maison reculée du monde, ils ne sortaient pratiquement jamais. Personne n'a jamais rencontré ma mère, à part cet ami qui a aidé mon père.
_Je… je n'y crois pas… non, ce n'est pas possible, on se serait posé des questions…
_Il disait que ma mère était malade. Et quand ils nous ont eus, ma sœur et moi, ils ont aussitôt fait le même stratagème avec nous. De faux papiers… grâce à cet ami. Ma sœur et moi, nous sommes officiellement des sorcières de Sang Pur. C'est écris sur nos papiers. Mais… c'est seulement un bout de papier. »
Lizzie souffla un peu. Il lui semblait que la température de la pièce avait augmenté. Henri la regardait comme une étrangère. Elle baissa le regard, honteuse d'être ainsi considérer. Sous son regard, elle sentait les reproches, elle sentait même… de la déception. Il était apparemment déçu parce qu'il venait d'apprendre qu'il était fiancé à une sorcière qu'il croyait de Sang Pur mais qui ne l'était pas. En soupirant, Lizzie continua :
« Toute ma vie, mes parents n'ont cessé de me répéter que je devais faire attention. Pendant toute mon enfance, mes amis me demandaient pourquoi on ne pouvait jamais venir chez moi. Au final, j'ai cessé d'être invitée chez les autres. Personne ne savait mon secret, et je me suis jurée d'avancer avec ça même si c'était souvent difficile de répondre aux questions sur mes parents, etc. C'est pour ça que je ne veux pas d'enfants. »
A cette dernière déclaration, il sembla se créer une lumière dans les yeux d'Henri comme s'il venait de comprendre quelque chose, comme si ses réflexions étaient soudainement éclairées.
« Je suis sincèrement désolée de ne t'avoir rien dit jusque là. J'avais peur que tu me regardes comme tu le fais maintenant, j'avais peur que tu sois déçu comme tu l'es maintenant, et j'avais peur que tu ne m'aimes plus… Parce que… je ne sais pour quelle raison mais je suis une personne différente selon les gens si jamais ils apprennent que je ne suis pas de Sang Pur. Tu ne te rends pas compte, Henri, mais avouer tout ce que je te dis là… c'est comme renoncer à vivre. Si jamais des gens l'apprenaient, je serais exclue de la société, je ne pourrais même pas imaginer pouvoir vivre dans une telle maison, je ne pourrais même pas poser un regard sur toi ! Je ne pourrais pas espérer que tu me regardes un jour. Si tu avais su que j'étais née Sang Mêlé. Est-ce que tu m'aurais considérer de la même façon jusqu'ici ? Est-ce que tu aurais été prêt à m'épouser ? M'aurais-tu seulement adressé un regard ?
_Je… je ne sais pas, avoua-t-il en se levant pour faire quelques pas en arrière.
_Pourquoi tu recules ? Je ne vais pas t'attaquer ! Je ne vais rien te faire ! Je suis la même ! La même mais avec une mère moldue, oui. Est-ce que ça change pour autant la personne que je suis ? Est-ce que je suis quelqu'un d'ignoble ? Pourquoi tu me regardes comme ça ? Je sens une odeur particulière maintenant ? Je sens la pourriture c'est ça ? Je te fais pitié ?
_Non… Non, non… c'est… c'est juste que c'est dur. C'est dur à entendre, c'est dur à comprendre, et dur à… à réaliser. »
Lizzie sentit un sanglot lui remonter de la gorge. Elle l'étouffa et respira quelques secondes pour le faire complètement disparaître. Après cela elle dit :
« Et oui, je suis moins jolie, moins drôle, moins… parfaite, hein ? Maintenant que tu sais que ma mère était moldue, tu ne me trouves plus autant de qualités ? Enfin de compte, j'avais raison… jamais tu ne m'aurais regardé si tu avais su qui j'étais dès le début.
_Bien sûr que si, avoua-t-il soudainement en se rasseyant à côté d'elle. Quand je t'ai rencontré, tu m'as dit que tu t'appelais Elizabeth Purse mais tu n'as jamais mentionné si tu étais de Sang Pur ou non. Lizzie, le soir où on s'est rencontrés, je ne savais pas qui tu étais. Je ne savais pas que tu avais perdu tes parents.
_Tu avais bu, lui rappela-t-elle avec sarcasme.
_Peut-être mais je me souviens de ce moment alors j'étais encore conscient. Si je te regarde d'une manière différente comme tu le dis c'est parce que je me demande jusqu'où tu serais capable d'aller pour qu'on ne découvre pas ton secret. Je me pose plein de questions en ce moment. Je me demande même si… si je te connais. Je t'aime toujours mais… la femme que je croyais épouser n'est qu'un mensonge, Lizzie.
_Je ne pouvais pas te le dire ! Je n'avais pas assez confiance ! Henri, je n'ais pas d'autres arguments mais tu ne sais pas ce que ça fait d'être comme moi. Mes parents m'ont répété des millions de fois que j'étais en danger à n'importe quel moment. Pour eux, être de Sang Impur c'était dangereux. J'étais obligée de te mentir. A l'époque, je ne savais pas que nous allions emménager ensemble. Je ne savais même pas que nous allions nous marier et passer le reste de notre vie ensemble. Je ne savais pas tout ça, je n'avais pas confiance…
_Oui mais malgré qu'on est emménager et qu'on se soit fiancé, tu n'as toujours pas eu confiance en moi. Tu m'as tout dit aujourd'hui parce que tu as appris que j'avais aidé une née moldus. Parce que ça t'as rassuré pas parce que tu avais confiance. Je m'apprête donc à épouser une femme qui ne me fait pas confiance, qui ne me dit rien de ses peurs, qui n'est donc pas capable de me croire quand je lui dis que je peux l'écouter et garder ses secrets.
_Et qu'est-ce que tu veux que je te réponde ? S'exaspéra Lizzie en se levant. Si tu avais été à ma place, tu me l'aurais dit dès le premier jour où on s'est rencontrés ? Tu m'aurais tout avoué dès qu'on aurait eu notre première maison ensemble ? Si oui, tu aurais été extrêmement imprudent parce que tu aurais risqué de perdre ton passe pour entrer dans la société. J'aurais pu aller te dénoncer à n'importe quel moment. Si tu avais été Sang Mêlé et moi Sang Pur avec une famille à cheval sur les traditions. Si tu t'apprêtais à te marier avec une fille dont les parents parlaient sans cesse de Sang Pur, de race supérieure et inférieure, et de préservations de notre progéniture. Oui, tu m'aurais tout avoué !? Comme ça sans aucun doute !? »
Lizzie cessa d'hurler. Elle essuya quelques larmes qui lui avaient négligemment échappé puis reposa son regard accusateur sur Henri qui ne disait rien. Il restait assis face à elle en train de la regarder. Il réfléchissait.
Finalement il se leva et s'approcha pour lui prendre les mains.
« Pendant tout ce temps, tu as eu peur, lui dit-il. Tu ne t'es jamais permise de partager ton fardeau. Tu avais peut-être raison de douter de moi. J'étais un jeune homme dont les idées étaient encore liées à celles de ses parents. Tu as sans doute eu raison d'attendre que je découvre par moi-même le monde et que je me forge ma propre opinion. Lizzie, je te promets que ton secret sera bien gardé. Je ferai exactement ce que ton père a fait pour protéger ta mère. Il a eu tord d'avoir des enfants et ainsi transmettre tout le poids de son secret sur vous. Nous ne reproduirons pas la même erreur, je te le promets. En attendant, moi je compte toujours me marier avec celle que j'aime. »
Il l'embrassa et la serra si fort dans ses bras que Lizzie crut un instant perdre connaissance. Ou peut-être n'arrivait-elle pas à réaliser ce qui se passait. Pour la première fois, c'était elle qui ne comprenait rien au monde. Elle ne parvenait pas à percevoir comment il fonctionnait. C'était une sensation étrange, elle ne l'avait jamais ressenti. Elle se sentait également libérée d'un poids, elle avait l'impression que sa souffrance était partagée. Et ça faisait du bien de pouvoir compter sur quelqu'un d'autre. Ça la soulageait de savoir qu'elle pourrait se reposer sur les épaules de quelqu'un d'autre au lieu de seulement se reposer sur les siennes.
Eléa prenait son cocktail habituel au bar situé dans la ruelle face à celle où elle habitait avec sa sœur. Sa meilleure amie, Stephie, ressortit des toilettes pour aller siroter elle aussi le cocktail qu'elle avait commandé.
Eléa et Stephie aimaient énormément se retrouver dans ce bar toutes les deux pour siroter leur verre. Elles se connaissaient depuis leur première année à Poudlard et n'avaient jamais cessé de se voir. Elles étaient liées en quelque sort par un pacte inconsciemment. Toutes les deux ne supportaient pas l'idée de passer une semaine sans se voir alors les samedis après-midi étaient le moment où elles se donnaient rendez-vous.
Elles commandaient toujours la même chose, s'asseyaient toujours à la même place, mais cette routine leur plaisait.
Eléa avait confiance en Stephie bien que pour Keina c'était tout le contraire. Mais Eléa savait que Stephie était capable de garder des secrets et elle était sûre de pouvoir compter sur elle à tout moment. Malgré cela, Eléa n'avait jamais osé lui révéler la vérité sur ses parents et son sang, en particulier parce que Keina avait beaucoup insisté.
Keina n'aimait pas du tout le genre de personnage qu'était Stephie. A dire vrai, elle ne supportait pas que sa sœur puisse passer autant de temps avec elle. Keina s'en méfiait. Stephie minaudait toujours autour d'elle, elle se proposait toujours volontaire pour tout, elle était toujours trop polie, trop aimable. Keina avait l'impression que la jeune fille essayait de se donner un genre pour cacher derrière sa vraie nature. Les gens trop gentils et trop attentionnés cachaient souvent le fond de leurs pensées.
En tout cas pour Stephie, Eléa était de Sang Pur comme elle, et avait tragiquement perdu sa mère d'origine japonaise. Ce décès avait fait revenir le père, Ewan Perks, dans son pays natal avec ses deux filles pour tenter d'oublier. Comme tout le monde, Stephie croyait à cette histoire, pour elle c'était la seule vérité qui existait.
Eléa était sûre et certaine que Stephie pourrait comprendre. Même si elle était une Prewett et donc de Sang Pur, Eléa sentait qu'elle pouvait avoir confiance en elle. Après tout, elles se connaissaient depuis huit ans déjà et s'étaient tout avoué. Eléa vivait d'ailleurs assez mal le fait que sa sœur n'apprécie pas sa meilleure amie. Elle ne comprenait pas tout simplement pourquoi Keina s'en méfiait. Eléa avait appris au fur et à mesure des années que Keina se méfiait de beaucoup trop de choses, au point de devenir presque paranoïaque.
Même si cette situation l'agaçait, Eléa n'avait rien dit à Stephie. Elle ne dirait rien sans l'accord de Keina. Depuis le début elles marchaient ensemble, et Eléa ne comptait pas abandonner sa sœur sur le navire.
« Il y a un mec pas mal là-bas qui n'arrête pas de te regarder. » Lui confia Stephie en lui désignant du regard un coin du bar.
Eléa se retourna sans se soucier si elle était discrète ou non et aperçu le sorcier dont lui parlait Stephie. Eléa avait comme l'impression de connaître ce sorcier. Il lui disait quelque chose. Elle l'avait déjà croisé, oui mais où ?
« C'est mon cousin éloigné, lui confit Stephie quand Eléa se fut retournée pour siroter son verre. Je ne le connais pas, je ne lui ai jamais parlé, mais mes parents me disent toujours qu'il est très haut placé au Ministère. »
La lumière se fit jour dans l'esprit d'Eléa. Ça y est ! C'était Cameron Prewett ! Eléa se retourna une nouvelle fois pour s'assurer qu'il s'agissait bien de lui. Elle fut un instant étonné de le croiser dans ce bar qui n'était pas le plus réputé de Londres. Ce bar à cocktail n'était pas très connu si ce n'était pour son délicieux rhum groseille. C'était également un repaire connu des jeunes sorciers entre dix-sept et la vingtaine.
Croiser Cameron Prewett ici fit donc sourire Eléa. Non pas qu'il était trop vieux, il devait approcher des vingt-cinq ans mais il faisait bien trop sophistiqué pour ce genre d'endroit.
« Va lui parler, lui conseilla Stephie. Il te regarde toujours.
_Non, je n'irai pas lui parler. » Protesta Eléa en secouant la tête.
Elle savait qu'une autre femme était très intéressée par Cameron. Camille ne cessait de lui en parler tous les jours au comptoir du secrétariat. Eléa trouvait cela un peu lassant surtout que Cameron ne semblait pas avoir envie d'accorder plus d'intérêt à la jolie blonde que celle qu'elle occupait déjà pour lui, à savoir la dame qui tenait le comptoir du secrétariat.
« Va lui parler, je te dis ! Insista Stephie en criant presque.
_Non ! Je n'ai pas envie ! Il…
_Cameron ! Youhou ! L'appela-t-elle en faisant de grands signes.
_Mais qu'est-ce que tu fais ? S'écria Eléa.
_Si tu ne veux pas lui parler, c'est lui qui viendra. » Se justifia Stephie.
Surpris d'être ainsi interpellé par la jeune fille, Cameron hésita un peu avant de venir s'asseoir à leur table. Il reconnaissait vaguement sa cousine éloignée mais ne s'attendait pas à ce qu'elle l'interpelle ainsi au beau milieu d'un bar.
Eléa gardait les yeux rivés sur son verre qu'elle buvait sans pause. On entendait bientôt le bruit que produisait la paille quand elle aspirait dans le vide. Cameron émit un faible sourire.
« Je suis Stephie, se présenta-t-elle. Je suis de ta famille.
_Je sais, je sais, acquiesça-t-il mal à l'aise. Cameron.
_Et ma copine c'est Eléa ! Eléa Perks. »
Eléa inclina à peine la tête pour le saluer et se remit à regarder son verre vide à présent. Il y eut un léger silence qui fut rapidement rompu par Stephie :
« Tu viens souvent ici ?
_Euh… non, répondit Cameron. J'attends quelqu'un en fait.
_Ah… Marmonna-t-elle déçue.
_Oui, un collègue, précisa-t-il en lançant un regard à Eléa.
_Ah ! S'exclama Stephie avec un air radieux en jetant un clin d'œil à son amie. J'espère qu'il ne va pas arriver tout de suite parce qu'Eléa voulait te demander quelque chose. »
Eléa écarquilla les yeux et dévisagea son amie. Cameron la regardait avec attention, attendant sa demande. La jeune fille émit un faible rire pitoyable avant de balbutier :
« Euh… oui… non… euh… c'était euh… pour te demander… si… si… si ton rendez-vous avec le directeur du département de la Justice Magique c'était bien passé ? »
Ce fut au tour de Stephie d'écarquiller les yeux de surprise. Elle ne s'attendait pas à cela visiblement ! Eléa n'avait pas jugé utile de lui préciser qu'elle avait déjà rencontré Cameron et qu'elle le voyait pratiquement toutes les semaines. Ce dernier semblait quelque peu déçu par sa question mais répondit tout de même poliment :
« Oui, oui, ça s'est très bien passé. »
Nouveau silence. Eléa acquiesçait dans le vide tandis que Stephie regardait tour à tour son amie et son cousin.
« Vous vous connaissez déjà ? Demanda-t-elle finalement pour combler le vide.
_Moui… Marmonna Eléa en haussant les épaules.
_On se croise au travail, répondit Cameron.
_Vous travaillez ensemble ? Voulut savoir Stephie qui savait pertinemment que ce n'était pas le cas mais elle cherchait à engager une conversation.
_Non, je suis au secrétariat, répondit Eléa. En stage, et Cameron est au département de la Justice Magique.
_Et on se croise quand je vais au secrétariat pour… mes rendez-vous par exemple, détailla Cameron en adressant un sourire à la jeune fille.
_Ah oui ! D'accord ! S'exclama Stephie qui ne semblait pas du tout intéressée. Donc vous vous connaissez déjà plus ou moins.
_Moui… Répondit à nouveau Eléa tandis que Cameron hochait la tête.
_C'est drôle, ça ! Non ? Le monde est petit. Il y avait combien de chance que Cameron vienne dans ce bar pour retrouver un collègue le jour où Eléa et moi nous retrouvons toujours !? C'est bizarre, ça…
_Oui, peut-être… Marmonna Eléa en haussant les épaules encore une fois.
_Vous venez souvent ici ? »
Eléa hocha simplement la tête. Stephie lui adressa un regard foudroyant. Son amie ne comptait pas vraiment l'aider dans la conversation.
« Oui, on peut le dire. On est des habitués en quelque sorte. En tout cas, si tu reviens ici un jour je te conseille de venir à partir de sept heures de l'après-midi pour l'happy hour ! Boisson à prix réduit ! Expliqua Stephie.
_Je m'en souviendrais. » Répondit poliment Cameron car il était évident qu'il ne comptait pas revenir dans cet endroit.
Un nouveau client entra dans le bar et cette fois Cameron dût quitter les deux jeunes filles car il s'agissait de son collègue. Il les remercia pour les avoir invité à les rejoindre et puis s'éloigna vers son collègue qui s'était installé à une autre table. Stephie fit un signe de la main à son cousin tandis qu'Eléa lui adressait simplement un faible sourire.
« Tu as été très… accueillante, déclara Stephie en dévisageant son amie.
_Moui, peut-être. Je t'ai dis que je n'avais pas envie de lui parler, répondit Eléa en haussant les épaules.
_Tu sais, je crois que je vais finir par désespéré. J'essaie de te présenter à quelqu'un et comme d'habitude, tu te comportes… bizarrement.
_Parce que je n'ai pas envie de rencontrer quelqu'un, expliqua tout naturellement Eléa.
_Oui, si tu veux. Tout de même, Cameron n'est pas repoussant !
_Non, non, il est beau garçon, avoua Eléa.
_Et il est riche ! Crut bon de préciser Stephie. Avec la place qu'il occupe au Ministère, tu te doutes bien qu'il y a les sous derrière.
_Oui, je m'en doute. » Acquiesça Eléa sans toute fois paraître plus intéressée par le jeune homme.
Stephie fit mine de bouder. Eléa se moqua gentiment d'elle en lui signalant que si elle espérait rencontrer quelqu'un ce n'était pas en tirant cette tête qu'elle y arriverait. Stephie esquissa un sourire et soupira une dernière fois que sa meilleure amie était un cas désespérant en matière d'amour. Eléa hocha une nouvelle fois de plus les épaules d'un air désinvolte.
