En réponse à la review de "une fan" : Merci pour ta review et pour tous tes compliments, ça fait super plaisir ! Je suis heureuse que les premiers chapitres t'ont plus. Je risque de poster plus aléatoirement maintenant parce que j'ai d'autres choses à faire depuis la rentrée. En tout cas voilà le sixième chapitre ! J'espère qu'il te plaira autant que les autres. Encore merci pour ta review et ! A bientôt j'espère ! :)
6
Ils assassinent des sorciers qui ont le même sang qu'eux
Ce fut avec les menottes et accompagnés de deux hommes du Ministère, qu'Ewan Perks sortit de chez lui ce jour-là. De force, les deux hommes le traînèrent derrière eux jusque dans la rue et refermèrent la porte de la maison. Ils l'entraînèrent ensuite avec autorité jusqu'au Ministère.
Bien entendu, cette affaire ne passa pas inaperçu. Le lendemain même, les journaux déballaient tous des pages et des pages sur cette affaire et tentaient de donner des explications claires pour les sorciers.
Le secret d'Ewan Perks venait d'éclater au grand jour. Il fut arrêté pour avoir permis la circulation de faux papiers d'identité, et envoyé à Azkaban le jour même de son audience. Les journalistes s'étaient tous jetés comme des piranhas sur ce scandale jusqu'à en oublier l'affaire d'Henri Gamp et Sacha Burbles.
Néanmoins, un mystère persistait. Sacha n'était pas sortie d'Azkaban, elle n'avait plus été revue depuis le jour où elle avait été arrêtée et n'avait plus donné de nouvelles. Sacha avait tout simplement disparu.
C'était ce que songeait Henri en lisant les journaux un samedi matin. A la Une, le visage d'Ewan Perks qui se faisait traîner de force hors de la salle d'audience. Henri jeta un regard à Lizzie qui faisait les cent pas dans la cuisine. A côté d'elle, sa sœur Cécilia buvait un verre d'eau pour se rafraîchir les idées.
« Bon, reprenons les choses calmement ! Exigea cette dernière. Le seul à pouvoir nous donner nos papiers d'identité est arrêté. Ils vont ouvrir une enquête, forcément. Peut-être qu'ils vont découvrir le pot au rose ou peut-être pas, dans tous les cas il faut trouver une solution au lieu d'attendre bêtement la sentence, décida-t-elle. Henri, il faut que tu fasses quelque chose. »
Henri leva les yeux vers les deux sœurs. Cécilia parlait donc sérieusement ? Elle pensait vraiment qu'il pourrait les sauver ?
« Euh…
_Tu es le Chef de la Brigade, non ? Lui dit-elle sans même attendre sa réponse. Ce sont tes hommes qui vont enquêter, alors tu dois faire en sorte qu'ils ne découvrent rien sur notre dossier.
_Oui, euh… écoute, j'aimerais bien faire ça mais si je leur dis « ne regardez pas le dossier de ma femme et de sa sœur » ils vont penser que c'est étrange, tu comprends ?
_Tu le fais subtilement, répondit-elle en haussant les épaules. Tu fais partie de la police, ça doit être dans tes cordes.
_Ça ne résoudra rien ! Les coupa Lizzie. On n'aura toujours pas nos papiers. Comment on va s'en procurer d'autres ? Qui va pouvoir nous le faire, hein ?
_Mr. Williams a été renvoyé de son poste et mon nouveau supérieur me réclame, non m'ordonne de lui apporter mes papiers dans les prochains jours, déclara Cécilia. J'ai tenté de lui expliquer que je n'avais pas beaucoup de temps mais il ne veut rien entendre. C'est une tête de mule… Grinça-t-elle.
_Et les filles d'Ewan, elles ne pourraient pas vous aider ? Proposa Henri. Elles devaient bien être dans le coup, non ? Enfin, je suppose… Elles devaient bien savoir que leur père faisait passer de faux papiers. Ça prend du temps tout de même la fabrication des papiers, et puis tout ce qui est administration… ça ne passe pas inaperçu ! Expliqua Henri. Elles devaient bien savoir quelque chose à propos de cette histoire.
_Comment être sûr qu'on peut leur faire confiance ? Demanda Cécilia méfiante.
_Aucune idée, avoua Henri. Il va falloir faire avec, c'est peut-être votre seule solution. Et puis, je pense que si elles savaient ce genre de choses, elles ont dû apprendre à garder des secrets. Elles l'auraient dénoncé sinon.
_Ce n'est pas pareil, il s'agissait de leur père ! Lui rappela Lizzie. Est-ce qu'on peut être certaine qu'elles feront exactement la même chose avec deux étrangères ? »
Henri haussa les épaules. Il ne pouvait rien leur proposer de mieux. Il n'était pas en mesure de les aider, il était plus que surveillé avec l'affaire de Sacha. Pour le moment, la meilleure solution qu'il avait trouvé était celle qu'il venait de leur proposer. Il ne voyait rien d'autre.
« Peut-être que pendant l'enquête, je pourrais… subtilement les tester un peu, suggéra-t-il. Mais je ne pense pas que ça nous avancera. Après vous n'avez pas vraiment le choix. Il n'y a pas trente six solutions qui s'offrent à vous ! Vous en avez deux pour le moment : attendre et espérer, ou agir et espérer. Je pense que la première solution serait idiote dans la mesure où on ne sait pas où cela nous mènera. En tout cas avec la deuxième solution, si vous vous faites prendre, vous vous ferez prendre pour quelque chose. »
Lizzie et Cécilia échangèrent un regard. C'était vrai, Henri avait parfaitement résumé la situation. Elles pouvaient attendre et voir comment les choses se déroulaient, ou tenter leur chance. Dans un cas comme dans l'autre, l'issue était incertaine mais elle serait toujours meilleure si elles étaient maîtresses de leur destin. Au lieu d'observer et attendre que la sentence tombe, il fallait qu'elle réagisse et tentent leur chance coûte que coûte.
Elles hochèrent la tête en même temps. Elles étaient d'accord, elles suivraient le plan d'Henri. Pourvu qu'il mène vers un avenir heureux…
Elles décidèrent donc toutes les deux de rendre visite aux sœurs Perks le week-end prochain pour ne pas trop attirer l'attention. Il ne fallait pas qu'elles se jettent dans la gueule du loup non plus ! A l'heure où elles parlaient, il y avait sans doute une horde de journalistes qui campait devant la demeure des deux sœurs. Cécilia proposa alors de passer voir la plus jeune des sœurs au secrétariat du Ministère.
« Elle travaille là-bas, se souvient-elle. Je la vois de temps en temps quand je vais prendre des rendez-vous. Je pourrais essayer de lui parler en privé, non ?
_Hum… Risqué, jugea Henri. Et elle risque d'être surveillée.
_Oui, oui, il a raison. Il vaut mieux leur parler en dehors du Ministère, approuva Lizzie.
_Et si possible, il faudrait que vous ne vous rendiez pas directement chez elles. Ce serait vraiment très risqué, précisa Henri. Il faudrait que vous arriviez à entrer en contact avec elles et à leur donner rendez-vous quelque part. »
Les deux sœurs approuvèrent et échangèrent à nouveau un regard. Finalement, Cécilia reprit la parole :
« Tu crois qu'on pourrait envoyer un hibou ? On pourrait communiquer par lettres, non ?
_Ça peut se faire… Approuva Henri. Mais n'envoie pas ton propre hibou. »
Cécilia hocha la tête encore une fois et finalement décida que c'était ce qu'il y avait de mieux à faire.
Eléa s'était enfermée dans sa chambre en pleurant. Keina s'activait à sortir du four le rôti qui aurait dû être mangé ce midi mais aucune des deux sœurs n'avaient véritablement faim. Elle laissa le rôti au milieu de la table et alla s'asseoir sur un fauteuil du salon. Keina pour la première fois depuis l'arrestation d'Ewan, laissa ses larmes couler. Elle le savait au fond d'elle que c'était fini. D'ici quelques jours la police découvrirait qu'elles n'étaient pas les filles d'Ewan et qu'elles s'appelaient Shaki et non Perks.
Keina en tremblait déjà. Elle ne savait pas quoi faire. Elle ne savait si c'était mieux de s'enfuir ou de rester ici en espérant qu'ils n'iront pas fouiller dans leur dossier. Keina apprenait petit à petit ce que c'était de craindre le regard des autres, de craindre l'audience, de craindre les hommes du Ministère. Jusqu'ici elle avait eu une confiance absolue en elle-même. Elle avait toujours pensé que leur secret ne pourrait jamais être découvert car qui dans ce monde pouvait s'imaginer qu'elles n'étaient pas les filles d'Ewan Perks ? Il n'y avait personne dans ce monde à qui cette idée aurait pu traverser l'esprit. C'était impossible ! Ce genre d'histoire n'arrivait que dans les livres, pas dans la réalité.
Keina se reprit. Allons, il ne fallait pas qu'elle craque ainsi ! Elle devait penser à sa sœur qui pleurait dans sa chambre. Elle avait besoin d'être rassurée, elle avait besoin d'attendre que tout irait bien. Ça, Keina se le jurait intérieurement. Elle ne laisserait jamais personne faire du mal à Eléa.
Depuis le début, Keina avait tout donné, tout misé pour assurer l'avenir de sa sœur et son bonheur. Et puisqu'elle avait le sentiment d'y être parvenu, elle ne comptait pas relâcher ses efforts. Keina savait qu'une erreur lui serrait fatale. Depuis le début elle s'était jurée de tout faire pour qu'Eléa vive jusqu'à mourir de mort naturelle, soulagée d'avoir vécu une belle vie comme n'importe quelle personne sur cette Terre. Keina prendrait garde à ne pas détruire tout ce qu'elle s'était efforcée de construire depuis la mort de leurs parents. Le bonheur d'Eléa qui était en partie le sien ne serait pas victime du fanatisme et des hommes qui suivent les ordres de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom. Jamais !
Keina se décida à aller rejoindre sa sœur. Elle frappa quelques coups à la porte. Aucune réponse ne lui parvint. La sorcière entra sans attendre davantage. Elle trouva Eléa étalée dans son lit, la tête enfouie dans son oreiller, et serrant fort contre elle la petite peluche d'hippogriffe. Keina s'assit au bord du lit de sa sœur et commença à lui caresser les cheveux.
« Ça va bien se passer, commença-t-elle. Ne t'inquiète pas, personne n'ira fouiller dans nos affaires. Qui aurait l'idée de chercher si nous sommes bien les filles d'Ewan, hein ? »
Eléa se retourna vers sa sœur, serrant toujours la peluche dans ses mains. Elle observa Keina et souffla finalement d'épuisement :
« Ils sont à l'affût de tout… comment tu peux penser qu'ils n'iront pas jusqu'à fouiller dans notre dossier ?
_Avant de penser à nous, ils penseront à tous les sorciers qu'Ewan a aidé. Pour l'instant, il faut faire profil bas et rester discret. Si nous n'attirons pas l'attention sur nous, peut-être qu'ils nous laisseront tranquille.
_Tu as l'air vraiment sûre de toi, observa Eléa avec scepticisme.
_Oui, je suis persuadée que…
_Moi, je pense qu'il faut partir. On ne peut pas rester ici à attendre qu'ils découvrent notre secret. Tôt ou tard ils le trouveront.
_Non, non, je te le promets. En revanche, il ne faut parler de notre secret à personne. Tu m'as bien comprise ?
_Oui, je ne le dirais pas. Ne t'inquiète pas, je n'ai jamais rien dit et je ne dirais jamais rien.
_C'est bien, affirma Keina en déposant un baiser sur le front de sa sœur. Allez, viens manger. Ça nous fera du bien à toutes les deux.
_Et Ewan ? Tu penses qu'il va lui arriver quoi ? » Questionna Eléa en restant allongée.
Keina soupira. Elle pouvait mentir sur beaucoup de sujets mais pas sur celui-ci. Elle observa sa sœur un instant durant un lourd silence et puis répondit :
« Je ne sais pas ce qu'il va lui arriver mais… à mon avis on ne le reverra pas. »
Eléa sursauta à ces paroles. Keina vit très clairement qu'elle venait de choquer sa sœur. Ses jolis yeux bridés étaient écarquillés et elle regardait Keina comme si elle cherchait absolument quelque chose qui trahirait sa sœur. Elle cherchait à savoir s'il s'agissait vraiment de la vérité.
Au moment où Keina et Eléa sortaient de la chambre en vue d'aller manger, on sonna à la porte. Les deux sœurs se figèrent et échangèrent un regard. Keina fit signe à Eléa d'aller dans sa chambre et referma la porte derrière elle. Elle sortit ensuite sa baguette et s'approcha prudemment de la porte. Elle colla son oreille et n'entendit rien. Elle se risqua un œil dans la serrure mais elle était poussiéreuse.
Keina se demandait si elle devait ouvrir ou non quand la personne derrière la porte parla :
« Euh… bonjour ! Je m'appelle Jenny Prewett et je souhaiterai vous rencontrer pour… euh… pour discuter de… »
Keina plissa les yeux d'incompréhension. Jenny Prewett ? Ça ne lui disait rien. Etait-ce un piège du Ministère ?
Dans sa chambre, Eléa avait entrouvert la porte et écoutait ce qu'il se passait. En reconnaissant la voix de miss. Jenny, elle sortit de sa chambre et s'approcha de la porte en marmonnant à sa sœur :
« Je connais cette miss. Prewett. Elle est venue une fois au bureau du secrétariat. C'est elle qui n'a pas rendu sa liste, tu sais, je te l'avais raconté. »
Keina hésita encore un instant. Finalement, elle se résolut à ouvrir la porte. Elle fut quelque peu surprise devant l'immense jeune femme vêtue tout en noir, les yeux maquillés de noir. Elle dût se maîtriser pour ne pas paraître surprise de ce spectacle.
« Oui ? Demanda Keina méfiante.
_Miss. Prewett ! S'exclama Eléa. Entrez, entrez !
_Non ! La coupa sa sœur. Qu'est-ce que vous voulez ? »
Les yeux de miss. Jenny ne manquèrent pas la baguette de la jeune asiatique pointée dans sa direction. Elle devina immédiatement qu'elle avait bien fait de venir ici.
« J'écris un article en ce moment et… je… »
Miss. Jenny se racla la gorge. Ça ne lui ressemblait pas de bafouiller de la sorte. En même temps avec une baguette pointée sur soi, il était difficile de ne pas bafouiller. Elle marqua une courte pause et puis reprit plus sérieusement :
« Je rédige un article sur les persécutions des sorciers nés moldus. Je cherche à recueillir des témoignages pour apporter à mon article des faits réels et qui sauront toucher le lecteur.
_Je regrette je ne peux rien pour vous, la coupa Keina en commençant à refermer la porte.
_Attendez ! L'arrêta miss. Jenny en s'engouffrant dans l'encolure.
_Je vous préviens, je n'hésiterai pas à vous tirer dessus ! S'énerva Keina en pointant sa baguette droit sur le visage de miss. Jenny.
_En apprenant ce que votre père faisait pour ces sorciers nés moldus j'ai pensé que vous pourriez connaître quelques uns de ces sorciers. Je me disais que ce serait utile s'ils parlaient pour mon article…
_Et bien ma réponse est non ! Je ne connais aucun de ces sorciers et même si j'en connaissais je ne vous le dirai pas ! Maintenant sortez de chez moi !
_Attend ! La pria Eléa derrière les deux sorcières. Ça pourrait peut-être faire avancer les choses…
_Avancer les choses ? Répéta Keina abasourdie par la naïveté de sa sœur.
_Elle a raison ! Reprit miss. Jenny contente d'avoir une alliée. En lisant cet article les gens pourraient réagir, ils pourraient comprendre et une idée germerait peut-être… une idée de révolte !
_Mais oui bien sûr ! Ricana Keina. Vous croyez vraiment que ces gens vont se bouger pour une affaire qui ne les concerne pas rien qu'en lisant votre article ? Vous croyez sincèrement que ça pourrait les faire réagir ?
_Ça vaut le coup d'essayer, persista miss. Jenny qui n'allait pas se laisser insulter. C'est sûr que si on reste derrière sa porte fermée à clef, sa baguette à la main, à attendre que ça se passe, rien n'avancera.
_Chacun est libre de faire ce qu'il veut, sortez de chez moi immédiatement !
_Tu sais qu'elle n'a pas tord ? Tenta Eléa d'une petite voix.
_Écoutez-la ! La pria miss. Jenny.
_Non ! Maintenant vous sortez ou je vous tire dessus ! » La prévint Keina en se préparant déjà à lancer un sort.
Miss. Jenny leva les mains en signe de paix et sortit de l'appartement des deux sœurs japonaises. Aussitôt la porte refermée derrière elle, miss. Jenny tapa du pied frustrée de ne pas avoir ce qu'elle était venue chercher.
Cette fois, c'en était trop ! Harvey avait suffisamment attendu. Il avait été patient, plus qu'il ne l'aurait dû. Voilà maintenant deux semaines qu'il n'avait plus aucune nouvelle de Sacha. Il ne savait tout simplement pas ce qu'elle était devenue. Camille lui avait répéter un millier de fois à sa demande que la dernière fois qu'elle l'avait vu, Sacha était détenue par quatre détraqueurs. *Ce n'est pas possible.* Songeait Harvey.*Sacha n'a jamais rien fait à personne. Je savais que certains sorciers disparaissaient mystérieusement et pourtant j'ai bêtement cru qu'ils la laisseraient tranquille. J'ai cru qu'ils ne cherchaient pas à lui faire du mal. Pourtant, j'ai bien vu pendant les quelques minutes qui m'ont été accordées dans la salle d'audience, qu'ils ne cherchaient pas du tout à ce qu'elle en ressorte idem. J'ai vu combien leur cruauté était grande ! Ils lui cherchaient tout simplement la moindre faute qui pourrait la condamner. Apparemment, ils l'ont trouvé cette faute. Comment est-ce que Sacha a-t-elle pu se retrouver accusée d'un vol d'argent ? Je la connais, elle n'aurait jamais fait ça. Quant à sa soi-disant liaison avec le fils Gamp… j'en doute sérieusement !*
Et même s'il le pensait intérieurement, il existait quand même un doute dans son esprit. Très léger, très discret, mais un doute quand même. Après tout, Sacha et lui n'étaient pas officiellement ensemble. Et il ne s'était jamais intéressé à ses relations amoureuses. Peut-être que si finalement… *Mais non ! Allons Harvey mon pauvre, tu dérailles !*
Il sortit de la cuisine de son petit studio pour aller tendre une tasse de thé à Camille. Son amie essayait tant bien que mal de paraître confiante. Elle restait souriante, fidèle à son caractère, mais on pouvait sentir combien elle était troublée. Camille n'était plus la jeune femme rayonnante, son amie délirante et joyeuse, au grand sourire si charmeur. Il s'assit à côté d'elle et lui adressa bien malgré lui un sourire pour la réconforter.
« Aller, ça va bien se passer. Elle va revenir, affirma-t-il peu convaincu. Ils ne vont pas la retenir plus longtemps, je pense. Tôt ou tard, ils seront obligés de la relâcher. Elle n'est pas coupable, tu m'as dit. Elle a simplement eu une augmentation. Il faudrait que cet idiot de Gamp dise la vérité. Rah, il essaye de sauver sa peau, il n'assume pas. Évidemment, ça veut aider mais quand on découvre le pot aux roses, on nie !
_N'importe qui sauverait sa peau dans un moment pareil, répondit Camille en haussant les épaules. Ne t'en prends pas à lui.
_C'est vrai ! Intervint Louis en sortant de la salle de bain. Les seules personnes à qui on peut s'en prendre, ce sont ces hommes du Ministère. Ombrage, Yaxley, et toute la bande… Grinça-t-il. Même si ce Gamp avouait, je parie qu'ils ne relâcheraient pas Sacha. »
Camille trembla. Le liquide contenu dans sa tasse se renversa sur la moquette. Elle s'excusa en se levant précipitamment. Elle tremblait encore quand elle revint de la cuisine avec un torchon.
« Laisse, je vais le faire, l'arrêta Louis en sortant sa baguette. Recurvite ! »
La tâche de thé se dissipa jusqu'à disparaître complètement. Camille resta immobile en fixant la tâche qui venait de disparaître.
« Et voilà ! S'exclama Louis en rangeant sa baguette. Ca va nettement plus vite !
_Vous croyez qu'ils la relâcheront un jour ? » Demanda Camille en se redressant tremblotante.
Harvey et Louis échangèrent un regard. Ils avaient déjà parlé de ça entre eux. Ils avaient rapidement conclus que leur chance de revoir Sacha était minime voire nulle. Devant l'air tant inquiet de leur amie, les deux garçons avaient dû mal à trouver les mots justes pour cette vérité effrayante.
« Euh… Tu sais, on en a parlé avec Harvey… Marmonna Louis mal à l'aise. Je ne… je ne pense pas que… »
Camille émit un sanglot avant de partir s'enfermer dans la salle de bain. Harvey jeta un regard à Louis pour qu'il se taise. C'était évident que son ami n'était pas la bonne personne qui devait parler. Louis était toujours mal à l'aise face à Camille et cela depuis leurs années Poudlard, alors s'il fallait qu'il lui dise qu'elle ne reverrait sûrement plus sa meilleure amie…
En soupirant, Harvey s'avança jusqu'à la porte de la salle de bain et frappa. Il entra à la suite et alla rejoindre Camille qui avait le visage caché dans ses mains. Il s'arrêta prêt d'elle et se laissa aller contre le lavabo en croisant les bras. Il réfléchit un instant et puis finalement décida de se lancer :
« Sacha n'est pas la seule à être victime du Ministère. Il faut se rendre à l'évidence, on est fichu ici. Si personne ne réagit, on va tous disparaître sauf les pantins de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom. Ils sont intelligents et surtout ils sont prêts à tout pour atteindre leur but qui est, je crois qu'on l'a tous deviné, éliminé ce qu'ils appellent le Sang Impur ou devrais-je dire l'exterminer.
_Et qu'est-ce qu'il faut qu'on fasse ? Soupira Camille qui visiblement était fatiguée de toute cette lutte contre le Sang Impur.
_Moi je dis qu'il faudrait partir ! Intervint Louis en pénétrant dans la salle de bain. Loin d'ici !
_Louis… Marmonna Harvey en lui faisant les gros yeux.
_C'est notre seule solution. Quoi ? Tu veux qu'on attende les bras croisés qu'ils viennent un à un nous chercher pour nous conduire à Azkaban ?
_Mais je ne comprends pas… Marmonna Camille sa voix enrouée dans un sanglot. Qu'est-ce qu'on leur a fait pour qu'ils nous haïssent ?
_Rien, répondit Harvey. Et c'est justement là qu'est le problème ! Ces gens, ils veulent contrôler le monde selon leur idéal. Ils n'ont pas conscience des conséquences de leurs actes.
_Tu crois ? Pourtant moi j'ai l'impression qu'ils en ont conscience, cingla Louis. Ils en ont parfaitement conscience !
_Ce que je veux dire, c'est qu'ils ne se rendent pas compte qu'aujourd'hui personne ne peut dire qu'il a un Sang Pur ou non ! Citez-moi une seule famille dont vous êtes sûr, absolument sûr, qu'il n'y a eu aucun sang de moldu !
_Les Black, répondit immédiatement Camille.
_Oui, et ils sont tous morts ! Le dernier des Black était un assassin recherché dans tout le pays par les détraqueurs ! Ils ont de quoi être fiers ! Ricana Harvey.
_Il reste encore des Black. Les Malefoy par exemple… Commença Camille.
_Oui, bref ! Ce n'est pas ça l'important ! Les coupa Harvey. Ce qu'il faut comprendre c'est que chaque famille a son petit secret. Et qui vous dit qu'il n'y a pas un de ces foutus enculés de Sang Pur qui a décidé de garder secret pour lui que ses enfants sont des nés moldus ! Comment est-ce qu'on peut être certain qu'il n'y vraiment aucun sang moldu dans toute leur famille, hein ?
_Pourquoi tu nous dis ça… ? Soupira Louis.
_Parce que je réponds à ta question ! Répliqua Harvey. Ils n'ont pas conscience qu'ils assassinent des sorciers qui ont exactement le même sang qu'eux ! C'est ridicule de toute façon. »
Louis et Camille ne réagirent pas. Ils gardèrent le silence jusqu'à ce qu'Harvey ne décide d'aller préparer le dîner. Ce fut à ce moment que Louis reprit :
« Je continue à dire que le meilleur moyen serait de partir d'ici. Et le plus vite possible !
_Pour aller où ? Lui demanda Harvey depuis la cuisine.
_Quelque part où ils ne nous trouveront jamais ! Affirma Louis.
_Et laisser Sacha ici toute seule !? Demanda Camille qui semblait avoir repris vie.
_Camille… je suis désolé de te dire ça mais… Sacha elle est…
_Je sais où elle est ! S'énerva Camille. Je sais aussi dans quel état elle doit être ! Et je sais aussi que je ne la reverrai peut-être plus.
_Alors justement ! Tu veux subir le même sort ? La questionna Louis en la suivant dans le salon. Sacha prie sûrement dans sa prison pour que nous soyons loin de ce monde de fous !
_Et après ? Revint Harvey irrité par l'idée de son ami qu'il trouvait stupide. Qu'est-ce que tu veux qu'on fasse ? Est-ce que t'es bien sûr qu'ils nous laisseront nous barrer comme ça sans rien faire !?
_On disparaîtrait ! Persista Louis en les regardant à tour de rôle. On n'a qu'à changer nos papiers, ça se fait ! Dit-il en attrapant la Gazette du Sorcier sur la table basse. Des gens sur cette planète fabriquent de faux papiers d'identité. On pourrait le faire !
_Ils se font tous arrêter ! Le coupa Harvey en lui reprenant le journal des mains avec la photo d'Ewan Perks à la Une.
_Non, on ne fait pas de faux papiers en tant que Sang Pur. On se fait de faux papiers en tant que moldus ! » Affirma Louis.
A ces mots, ses deux amis écarquillèrent les yeux. Ils semblaient avoir peine à croire que cette idée pouvait être une bonne idée. Pourtant, Louis trouvait que c'était leur unique solution à tous leurs problèmes. Harvey était un sorcier de Sang Pur, il n'était pas obligé de les suivre mais il serait en danger si jamais Louis et Camille décidaient de disparaître.
« Tu veux dire… vivre comme des moldus ? Demanda Camille éberluée.
_Ouais, c'est exactement ça. On se fond parmi eux, on habite avec eux, on a des amis moldus, et on devient des moldus. Réfléchissez ! Si les sorciers fabriquent des faux papiers, je suis certain que les moldus en font aussi ! On trouverait une personne… On changerait de nom, d'histoire, de tout !
_Cette idée est complètement stupide, conclut Harvey d'un ton révolu. A table tout le monde ! Demain il y a boulot, il ne faut pas qu'on traîne.
_Camille… Souffla Louis en se tournant vers elle avec espoir.
_Tu es fou. » Lui dit-elle en suivant Harvey dans la cuisine.
Louis s'affala dans un fauteuil abattu par leur refus mais surtout convaincu qu'il avait eu la meilleure idée pour les sauver, lui et Camille. Harvey ne pouvait pas avoir pleinement conscience de ce que cela représentait pour eux. Même s'il compatissait bien plus qu'il ne l'aurait dû, il ne pouvait pas pleinement ressentir ce que Camille et Louis vivaient tous les jours. Les mauvais regards, les insultes, les expressions de dégoût, etc. Louis se sentait comme un rat. Un rat puant des égouts, une bête infecte et ignoble portant avec elle des bactéries et des virus transmissibles. C'était comme ça que Louis se sentait tous les jours.
Le lendemain, Camille et Harvey se rendirent au Ministère ensemble tandis que Louis allait rejoindre la boutique où il travaillait pour accessoires de quidditch sur le Chemin de Traverse. Camille et Harvey montèrent leur carte d'accès au Ministère quand les vigiles le leur demandèrent. En voyant l'indication « Sang Impur » sur la carte de Camille ils grimacèrent et la regardèrent comme une chose répugnante. Harvey se résolut à leur lancer le même regard avant de suivre Camille. Il la laissa à son comptoir et se rendit jusqu'à l'ascenseur comme d'habitude bondé de sorciers. Cette fois, il semblait qu'il y avait un problème. Une foule de sorciers piétinait devant l'ascenseur. Cette foule semblait bloquée, immobile. Certains sorciers n'arrêtaient pas de rouspéter entre eux. Harvey se mit sur la pointe des pieds pour voir ce qui se passait. Il reconnut immédiatement Keina sa collègue de service grâce à sa petite taille et à ses cheveux courts qui rebiquaient dans tous les sens. Il semblait qu'elle avait un problème. Certains sorciers lui barraient le passage à l'ascenseur et la poussaient en arrière. L'un d'entre eux lui cracha au visage en hurlant : « Traite à ton sang, sale vermine ! »
*Mais qu'est-ce que c'est que cette histoire encore ?* Harvey n'arrivait plus à comprendre ce qui se passait dans la tête de ces gens. Mais qui dans ce monde partageait donc son idée !? Qui était d'accord avec lui qu'un sorcier n'était pas plus pur qu'un autre !? QUI ? Dans ce monde, Harvey commençait à douter de la lucidité des gens qui l'entouraient. Il commençait à croire qu'il vivait en plein cauchemar, que les sorciers autour de lui étaient victime d'un virus. A les regarder humilier la jeune femme, il pensa instantanément aux fauves de la jungle qui vivaient selon la loi du plus fort. Leur air féroce, le regard sombre, et leur hurlement, lui confirmaient que ces gens étaient tous fous.
Sans attendre d'avantage, Harvey se fraya un chemin parmi la foule et se plaça devant Keina qui se relevait après que l'un des sorciers l'eut projeté au sol. Il défia du regard les autres sorciers qui s'approchèrent avec un air arrogant insupportable.
« Qu'est-ce tu fiches, toi là ?
_Qu'est-ce que vous fichez, vous là ! Répliqua Harvey.
_C'est la fille d'Ewan Perks, il a aidé des Sang-de-Bourde à passer pour des Sang Pur ! Cette famille est pourrie, ils sont tous traitres à leur sang là-dedans et pourris jusqu'aux os ! »
L'homme qui venait de lui parler cracha à nouveau au sol. Harvey sentit la colère monter en lui.
« Et on peut savoir pourquoi tu l'empêches de monter dans cet ascenseur ? Voulut savoir Harvey.
_Abruti, je viens de te le dire !
_Ah oui ? Mais je ne vois marquer nulle part que cet ascenseur est interdit à qui que ce soit. Si je suis ton raisonnement, je pourrais t'empêcher le passage moi aussi ?
_Eh ! Ne m'insulte pas, gamin !
_Bah écoute, tu fais ta loi, je fais la mienne ! Répondit Harvey en haussant les épaules.
_Bon ça suffit, les gamins mal élevés dans ton genre je m'en occupe illico. »
A peine avait-il prononcé ces mots qu'Harvey l'avait cloué au sol grâce à un maléfice. La foule de sorciers autour d'eux hurla en reculant. Keina s'élança vers Harvey et lui abaissa sa baguette d'un geste autoritaire.
« C'est bon ! Je n'ai pas besoin qu'on se batte pour moi, aller on monte. »
Elle prit l'ascenseur et seul Harvey la suivit. Tous les autres sorciers restèrent au rez-de-chaussée, préférant attendre le prochain pour monter. Dans l'ascenseur, Keina ne prononça pas un mot jusqu'à ce qu'Harvey décide de briser le silence :
« Tu aurais pu au moins me remercier.
_Merci. » Marmonna-t-elle.
Harvey se racla la gorge, mal à l'aise face à tant de froideur. Finalement, il se décida à reprendre :
« Ça faisait combien de temps qu'il t'empêchait de passer ?
_Un moment…
_Et tu n'as pas eu l'idée de sortir ta baguette pour te défendre ? S'étonna Harvey.
_Je n'attire pas l'attention sur moi, contrairement à toi ! Mais fais attention, il n'est jamais très bon de faire parler de soi.
_Tu aurais voulu que je fasse quoi ?
_Je ne sais pas. »
Les portes de l'ascenseur s'ouvrirent et les deux sorciers descendirent pour se rendre dans leur service réservé aux accidents et aux catastrophes magiques. Quand ils entrèrent, tous les sorciers à l'intérieur se turent. Ils dévisageaient tous la jeune asiatique qui décida de les ignorer. Elle rejoignit son bureau et commença à déposer ses affaires.
Harvey décida de faire de même et l'imita sur son bureau. Il commençait tout juste à s'installer sur sa chaise pour consulter le travail qu'il avait à effectuer ce jour-ci quand il aperçut dans le service quelqu'un qui n'était pas à sa place.
Cameron Prewett rôdait comme un vautour parmi les salariés dans sa magnifique robe de sorcier, un léger sourire aux lèvres, fier de la peur qu'il provoquait chez les sorciers. Harvey se demanda encore une fois pourquoi cet insupportable sorcier était dans leur service. A ce qu'il sache, le département de la Justice Magique n'était pas directement impliqué dans les affaires du département des accidents et catastrophes magiques.
Cameron sembla voir Keina pour la première fois. Il s'avança lentement jusqu'à elle et lui adressa un faible sourire certainement pas amical. Harvey ne perdit rien de la scène.
« Miss. Perks, enfin vous voilà. Je vous attendais justement et j'ai cru que vous ne viendriez jamais, ricana-t-il malgré qu'il n'y eut rien de drôle.
_Oui ? L'interrogea Keina en se levant de sa chaise.
_J'ai ici une lettre qui vous informe que vous êtes licenciée. » Dit-il en lui tendant la lettre tout sourire.
Keina prit cette lettre en baissant les yeux vers son bureau. Ainsi elle n'avait plus de travail, ainsi elle allait crever comme un chien ou se tuer au travail pour pouvoir survivre désormais. C'était ce que le monde semblait avoir décidé pour elle. Keina commença à ranger ses affaires sous le regard extatique de Cameron. Il semblait jouir de ce spectacle, ce qu'Harvey ne put supporter une seconde de plus.
« Et depuis quand c'est vous qui donnez les ordres ici ? Demanda-t-il se levant fièrement sous le regard médusé de ces collègues.
_Oh, mais cet ordre ne vient pas de moi. Il vient de votre directeur. Miss. Perks, est-ce que je peux vous emprunter cette lettre pour montrer à votre ex-collègue impertinent la signature de Mr. Travis ?
_Oui, bien sûr, répondit la jeune sorcière en lui lançant son regard le plus noir.
_Merci, c'est très gentil à vous, lui dit-il sarcastiquement. Tenez, vous pouvez donc constater que c'est belle et bien la signature de votre directeur, Mr… ?
_Leroy, Harvey Leroy, se présenta-t-il en repoussant la lettre d'un geste volontairement insolent. Je me fiche de votre lettre ! Ce que je veux savoir c'est qu'est-ce que vous foutez là, vous ? Ce n'est pas la première fois que je vous vois ici alors j'aimerais bien savoir pourquoi vous venez rôder par ici ?
_Mr. Leroy, je mène ici une enquête. Vous êtes sûrement au courant de tout ce qui se trame en ce moment à propos des faux papiers que Mr. Perks a délivré volontairement aux Impurs.
_Ah oui ! Maintenant que vous le dites… ça me revient effectivement ! Lança Harvey avec le plus d'insolence dont il était capable. Et depuis quand vous vous occupez des enquêtes, vous le bras droit du Ministre lui-même ! S'exclama-t-il dans tout le service.
_Harvey… Commença Keina en s'approchant.
_Ne vous mêlez pas de cette histoire, miss. Perks. Contentez-vous de faire vos bagages et de partir, la coupa Cameront avec un sourire narquois.
_Eh ! Ne lui parle pas comme ça ! S'énerva Harvey. Elle n'est pas ton elfe ! Tu ne lui donnes pas d'ordres !
_Je suis hiérarchiquement au-dessus d'elle et de vous aussi alors oui je donne des ordres ! Précisa Cameron sans cesser son petit sourire narquois.
_Non, intervint Keina pour la première fois avec un ton sarcastique. Je ne travaille plus ici, vous venez vous-même de me l'annoncer. Je n'ai plus à vous obéir.
_Oh, oh ! Ricana Cameron. Vous êtes joueuse miss. Perks mais attention à ce que vous allez perdre si vous continuez…
_Bon aller laisse-la tranquille ! Le coupa Harvey. Tu lui as donné une lettre de licenciement sans aucun motif et elle l'a accepté sans rien dire alors je pense que la moindre des choses serait de la laisser tranquille maintenant ! Et réponds plutôt à ma question : depuis quand tu te mêles des enquêtes ?
_Depuis qu'on ne peut plus faire confiance à la police ! Répliqua Cameron qui commençait à laisser percevoir un ton irrité.
_Ah ! Alors maintenant, on doit vous faire confiance, vous ? Ricana Harvey. Je ne savais pas que vous pratiquiez l'humour !
_Oh mais vous allez voir, je pratique bien des arts ! Lui promit Cameron en se retournant vers les vigiles à l'entrée du service. Arrêtez-le !
_Je vous demande pardon !? S'écria Harvey. Et pourquoi ?
_Pour conduite irrespectueuse en ma présence ! Cingla Cameron.
_Vous êtes couronné empereur depuis combien de temps ? Parce que ça a dû m'échapper ! Et lâchez-moi vous deux ! S'écria-t-il pour les vigiles qui commençaient à le saisir. Vous n'avez aucune raison valable pour m'arrêter !
_C'est drôle, sur ma fiche de suspect que je vais vous montrer, j'ai lu que vous étiez très proche de miss. Sacha Burbles. D'après les indications qui ont été rajoutées, vous êtes même fiancés tous les deux, lut-il en lui adressant à nouveau son sourire narquois. Je vous arrête donc pour vous interroger en tant que suspect.
_Et vous n'enquêtiez pas sur l'affaire Perks au départ ? Demanda Harvey toujours sur le ton de l'insolence.
_Je suis sur toutes les enquêtes Mr. Leroy ! Lui expliqua Cameron. Il faut bien qu'il y est des hommes qui se dévouent à remplir leur devoir envers l'ordre.
_L'ordre… mais tu parles ! » Siffla Harvey.
Les vigiles se saisirent de lui et le traînèrent hors du service. Keina en avait le souffle coupé. Elle restait immobile jusqu'à ce que Cameron se plante à nouveau devant elle et ne lui ordonne :
« Aller, aller ! On fait s'est bagages et en vitesse ! »
Elle se retint de lui cracher à la figure. Il l'aurait bien mérité celui-là.
Miss. Jenny entrait à nouveau au Ministère par l'entrée des visiteurs dans le but d'aller voir ce que donnait l'impression des nouveaux journaux. Elle déglutit en voyant que les sorciers au service de l'imprimerie glissaient dans les pages de la Gazette du Sorcier des affiches avec le portrait du jeune Harry Potter. Elle en prit une à un sorcier qui n'osa pas protester et lut le titre de ces affiches : « Ennemi Public N°1 ». *C'est quoi ces conneries !?*
« Mais qu'est-ce que vous faites ? Cria-t-elle à l'employée qui trembla légèrement.
_Ombrage nous a donné ces affiches avec ordre de les glisser dans les journaux pour faire passer l'annonce…
_Arrêtez ça tout de suite ! Ordonna miss. Jenny. Et enlevez ces affiches des précédents exemplaires.
_Impossible… Marmonna le sorcier en tremblant de plus belle. C'est un ordre d'Ombrage et il est catégorique… »
Miss. Jenny poussa un cri de rage en faisant trembler tous les sorciers du service. Elle sortit de la pièce en se jurant qu'elle allait retrouver cette vieille peau d'Ombrage ! Elle traversa tout l'Atrium du Ministère jusqu'à arriver devant l'ascenseur. Il s'ouvrit sur deux vigiles du Ministère qui traînaient derrière eux un jeune homme. Ce dernier ne cessait de leur dire qu'ils étaient tous des vendus et des charlatans. Il commença même à le crier à tue-tête dans tout l'Atrium attirant ainsi l'attention de tous les sorciers. Miss. Jenny sourit. La technique de ce sorcier était risquée et complètement stupide mais au moins tout le monde l'avait entendu.
A la suite de ces vigiles, Cameron sortit de l'ascenseur en lissant sa belle robe de sorcier avec un air satisfait. Miss. Jenny le toisa du regard comme une vermine.
« Bonjour chère cousine. » Lui lança-t-il sarcastiquement.
Elle ne prit pas la peine de lui répondre et commença à s'engouffrer dans l'ascenseur quand elle aperçut une personne qui pourrait l'aider. Mafalda Hopkrik travaillait avec Ombrage depuis longtemps et miss. Jenny l'avait souvent vu se promener avec. Mafalda ne semblait pas tellement enchantée de se promener avec Ombrage mais en tant que lèche-botte elle le faisait quand même. Malgré tout, miss. Jenny était fière de pouvoir considérer Mafalda comme l'une de ses rares amies ici au Ministère. Elle ne lui avait plus adressé la parole depuis des années, en fait depuis qu'elle était devenue une lèche-botte, mais cela ne la dérange pas du tout de l'interpeller ici au milieu de l'Atrium.
Mafalda n'arriva même pas à masquer sa surprise lorsque miss. Jenny s'approcha d'elle. Elle semblait presque paniquée. Miss. Jenny se demanda un instant si durant ces années sans contact Mafalda ne l'avait pas oublié. Celle-ci regardait autour d'elle comme si miss. Jenny pouvait s'adresser à quelqu'un d'autre qu'à elle.
« Mafalda ! L'appela encore une fois miss. Jenny. Je cherche Ombrage. » Annonça-t-elle de but en blanc.
Mafalda hocha la tête avec un sourire intimidé. Miss. Jenny arqua un sourcil, étonné de sa réaction.
« Est-ce que tu sais où elle est ? » L'interrogea-t-elle plus explicitement car elle n'avait pas toute la journée.
Mafalda secoua la tête dans le plus grand silence. Miss. Jenny en conclut que Mafalda avait décidé de ne plus lui adresser la parole sans doute à cause d'un quelconque ordre d'Ombrage. Miss. Jenny serra les dents et partit sans même remercier la sorcière qui semblait plus que soulagée d'être débarrassée d'elle.
Miss. Jenny allait à nouveau emprunter l'ascenseur quand elle entendit en cours de route une conversation de son cousin Cameron. Elle décida de tendre l'oreille pour écouter. Cameron était en compagnie de Yaxley, un petit sorcier qui avait vite pris le melon en devenant le directeur du département de la Justice Magique.
« Il pleut dans mon bureau et avec votre intervention dans le département des accidents et catastrophes, plus aucune personne n'est disponible ! Vous avez arrêté un jeune homme à ce que j'ai cru comprendre ? Disait Yaxley sans même essayer de chuchoter.
_Oui, un simple idiot qui est beaucoup trop curieux. Il a de l'audace en plus pour ne rien arranger… Répondit Cameron en se massant la tempe. Mais je vais lui régler son compte, ne vous en faites pas. Il est sans doute impliqué dans l'affaire Burbles ce qui devrait lui valoir un aller simple pour Az…
_Essayez de ne pas trop attirer l'attention sur vous ! Le coupa Yaxley. J'aimerais éviter de causer des ennuis à Mr. Gamp.
_Et pourquoi êtes-vous tant persuadé qu'il est innocent ? L'interrogea Cameron méfiant. Enfin, même la plus intelligente personne de cette sous-race ne pourrait pas subtiliser autant d'argent ! Il est forcément impliqué d'une manière ou d'une autre… D'ailleurs, il est plutôt discret en ce moment votre ami Gamp… beaucoup trop discret, je trouve ! Sans oublier que sa femme était une cliente d'Ewan Perks. Il se pourrait bien que…
_Allons taisez-vous ! Lui ordonna Yaxley en interpellant plusieurs sorciers au passage. Mr. Gamp et miss. Purse sont les sorciers les plus honnêtes que je connaisse !
_Si vous le dites… Acquiesça Cameron. Pour votre problème avec votre bureau, je peux vous conseiller de faire appel à Cattermole, ce pauvre type ferait tout pour se faire bien voir et espérer sauver sa femme dans la salle d'audience. »
Les deux sorciers se quittèrent sans rien échanger de plus, pas même une formule de politesse, ni rien d'autre. Miss. Jenny n'avait pas comprit toute la conversation mais elle était sûre d'avoir saisi des informations dont elle n'était pas censée être au courant. De toute évidence, ces deux sorciers se croyaient tellement effrayants et respectés qu'ils n'avaient pas pensé un seul instant que quelqu'un pourrait oser les écouter.
En se dirigeant vers l'ascenseur, miss. Jenny repensa à ce que Cameron avait dit au sujet de son amie Lizzie Purse. Lizzie et Cécilia étaient depuis longtemps des amies de miss. Jenny et elle n'était pas certaine de pouvoir éliminer les doutes de Cameron. Miss. Jenny avait connu Lizzie et Cécilia à Poudlard. Les deux sœurs avaient toujours étaient très bizarres, distantes avec tout le monde, mystérieuses, et un on ne savait quoi de frayeur dans le regard. Miss. Jenny n'avait pas prêté attention à toutes les rumeurs qui circulaient sur les deux sœurs car elle-même faisait l'objet de rumeur ridicule.
Mais maintenant, cette nouvelle rumeur qu'avait à peine formulée son cousin l'intéressait. C'était la seule rumeur qu'elle était parvenue à retenir d'entre toutes et la seule qui l'intriguait vraiment. Elle qui cherchait des clients d'Ewan Perks, pourquoi ne commencerait-elle pas par ses deux amies Lizzie et Cécilia ?
Quand elle arriva prêt de l'ascenseur, miss. Jenny jubilait intérieurement de sa trouvaille. Elle jubilait tellement qu'elle en oublia un instant Ombrage. Avant même d'avoir pu s'en souvenir, Harry Potter débarquait au milieu du couloir en courant. Sortant comme un diable de l'ascenseur, il détala suivis de plusieurs sorciers. Miss. Jenny les regarda passer et reconnu dans la foulée les Cattermole ainsi que la jeune fille Granger recherchée et un rouquin qu'elle devina être un Weasley. Lequel ? Elle ne se rappelait jamais de prénoms et encore moins dans l'ordre qu'ils étaient !
Debout au milieu du couloir, miss. Jenny observa les sorciers lui passer à côté leurs baguettes pointées vers elle.
La jeune femme les observa courir et descendre jusqu'à l'Atrium. Elle ne bougea pas d'un millimètre même lorsqu'un des sorciers du Ministère vint lui crier aux oreilles qu'elle ne devait pas rester ici et qu'un autre lui hurlait qu'elle venait de laisser filer l'ennemi public numéro un. *Bah ça alors ! Si ce n'est pas un truc de fous ! Harry Potter au cœur du Ministère, il a réussi à s'infiltrer on ne sait pas comment mais ça va faire enrager les dirigeants cette affaires ! Ca fera un bon exemplaire de la Gazette ça ! Je vois déjà le titre : « L'Elu ne nous a pas abandonné ! » Ouais ! Ca va faire un scandale ! C'est génial !*
« JENNIFER ! »
C'était Ombrage qui arrivait à grands pas vers elle. Miss. Jenny la toisa du regard tandis que la petite sorcière tentait de paraître un peu plus grande malgré elle.
« Vous venez de laisser filer notre ennemi public…
_Justement vous tombez à pic ! La coupa miss. Jenny sans gêne. Je reviens du service de l'imprimerie et…
_Vous vous payez ma tête, c'est ça ? Hurla Ombrage qui paraissait fortement irritée.
_Et ils m'ont dit que vous aviez donné l'ordre de…
_Ça suffit ! Je ne veux plus entendre un mot de votre bouche ! S'égosilla Ombrage. A cause de vous, je suis sans cesse obligée d'expliquer à notre Ministre pourquoi je n'ai pas la liste des salariés de la Gazette du Sorcier ! Et maintenant je vais être obligée d'expliquer comment j'ai pu laisser filer ce Potter à cause de vous !
_Mmm… Vous savez, moi, je suis une humble citoyenne qui sur le moment a été secouée et le seul réflexe que j'ai eu…
_Taisez-vous ! Jennifer, c'est la dernière fois que je vous dis de me rendre cette liste ! Je passerai à la manière forte si j'ai à le redire ! La menaça-t-elle. Maintenant excusez-moi, j'ai des choses plus importantes à faire comme rattraper ce Potter que vous venez de laisser filer ! »
Ombrage s'éloigna à grands pas presque plus furieuse qu'elle ne l'était déjà avant de croiser miss. Jenny. Cette dernière esquissa un sourire moqueur en regardant la sous-secrétaire d'état tenter tant bien que mal de courir avec ses petits talons et son gros derrière. *Elle a l'air de passer une mauvaise journée.* Ricana-t-elle intérieurement.
