13.
— Hermione, dis-moi la vérité, lâche-t-il gravement. Est-ce que…
— Non, Severus, tu es le premier ! s'empresse-t-elle de lui répondre, gênée.
— Bien. Je ferai tout ce que je pourrai pour être le seul à gagner le droit de « profiter de tes faveurs », assure-t-il en l'écartant pour la regarder dans les yeux. Mais…
— Je sais, l'interrompt-elle avant de presser ses lèvres contre les siennes.
Elle perçoit alors chez lui une réticence. Et comme elle connaît son homme sur le bout du cœur, elle n'a pas à réfléchir très longtemps pour comprendre ce qui le retient.
— Tu n'étais pas toi-même quand c'est arrivé, affirme-t-elle d'un ton confiant. J'ai pris ça pour ce que c'était : un acte désespéré. Et partagé : j'aurais pu te repousser pour t'éviter d'avoir ça sur la conscience, j'avais ma baguette à portée de main, mais je t'ai laissé faire parce que je te voulais une dernière fois…
— Comment fais-tu pour être une aussi bonne personne ? s'exclame-t-il. Ce que je t'ai fait est entièrement ma faute et tu trouves encore le moyen de partager les torts…
— Tais-toi un peu, tu veux ? J'aimerais mieux que tu te serves de ta bouche pour autre chose que parler… lui dit-elle en se dénudant sous ses yeux brillants de convoitise.
Ce n'est qu'une fois totalement nue qu'Hermione relève lentement vers lui la tête qu'elle avait gardé baissée durant toute sa manœuvre. Les larmes qui naissent sur ses joues creusées viennent mourir sur la langue de Severus qui les lèche une à une en lui tenant le visage entre les mains. Délicatement. Et patiemment.
Puis il lui glisse un bras dans le dos et l'autre sous les genoux pour la soulever. Ainsi la porte-t-il jusqu'au lit sur lequel il l'allonge avant de se placer au-dessus d'elle. Tandis que ses mains viriles glissent sur sa peau décharnée, elle se sent d'argile sous ses doigts. Alors, lorsqu'il en retrace les contours déformés par la maigreur, c'est un peu comme s'il lui sculptait de nouvelles courbes. Et elle l'aime plus fort, si c'est possible.
— Il faut que tu saches… si j'ai voulu te prendre violemment… c'était aussi que je voulais que mon image puisse s'imposer à toi, dans le cas où un autre homme te forcerait avec lui… avoue-t-il entre deux rencontres de leurs langues avides l'une de l'autre.
Ne sachant quoi répondre à cet aveu, elle lui adresse un de ses regards indulgents dont elle sait qu'ils ont pour effet sur lui de le laver de toute faute. Elle y ajoute un sourire reconnaissant afin d'achever de le rassurer. Sentant ensuite la décrispation de ses muscles sous ses doigts qui les effleurent dans leurs caresses, elle sait qu'elle a atteint son but et lui entoure les hanches de ses jambes. D'une pression de ses mollets joints au bas de ses reins, elle rapproche son érection plus près de son entrée humide.
— Je suis Hermione Granger, Frontiste et future madame Snape, répète-t-elle en prélude à la pénétration approbatrice dont il la gratifie juste après dans un râle commun.
Désormais que leurs corps sont soudés l'un à l'autre, il bascule sur le dos en l'entrainant dans son mouvement pour qu'elle se retrouve au-dessus de lui. Comprenant son intention de lui donner une occasion de regagner, quoique temporairement, un peu de ce contrôle perdu sur son existence, elle se redresse et prend appui sur ses genoux. Le temps qu'ils s'habituent tous les deux à ce changement de position, il attrape des coussins qu'il cale derrière lui. Puis elle commence à onduler du bassin alors que, soupirant, le front contre sa poitrine et les mains agrippées à ses omoplates, il la presse plus fermement contre lui en remuant sous elle sur le rythme qu'il lui laisse lui imposer.
Jusqu'à ce que n'y tenant manifestement plus, il ne leur fasse reprendre leur place initiale. Après quoi il entame de lents va et viens bientôt remplacés par de plus vigoureux pendant lesquels, gémissante, elle lui demande d'aller toujours plus vite, toujours plus fort, en se cambrant sous lui.
A l'approche de sa jouissance imminente, elle plaque sa bouche contre la sienne dans un ultime baiser qu'il ne rompt qu'une fois avoir joui juste après elle.
