Réponse aux reviews de lectrice : merci à toi de continuer de suivre !


15.

Durant l'appel du soir, Hermione sent le réconfort apporté par ses retrouvailles avec Severus voler en éclats pendant qu'elle assiste, insupportablement impuissante, à la torture punitive de camarades dans le silence ambiant brisé seulement par les cris de douleur qu'ils poussent et les supplications désespérées qu'ils bégayent.

L'horreur qui la saisit déjà monte encore d'un cran quand l'officier à l'œuvre passe le relai à son homme qui, comme elle seule peut le deviner derrière son masque, répugne en réalité à prendre sa suite. Alors qu'en ayant fini avec sa victime imposée, il laisse à son tour la place à un collègue pour la prochaine, la jeune femme saisit la main d'Annabelle, debout à côté d'elle dans le même rang.

Ne pouvant pas faire mieux pour lui assurer son soutien, elle la lui serre progressivement plus fort tandis que les sorts maintenant portés sur Alan gagnent en intensité et qu'il se tortille sur le sol. Forçant l'admiration des autres déportés pour n'échapper ni hurlement ni gémissement sous le supplice, il fait enrager tout autant son tortionnaire qui s'acharne sur lui pour défendre son prestige.

— Il va le tuer s'il continue comme ça…

— C'est un dur, ton chéri, tu le sais bien. Il tiendra le coup.

— Mais combien de temps encore ?

Dégageant sa main d'entre ses doigts pour qu'elle ne puisse pas la retenir, Annabelle s'élance subitement dans la direction de son petit-ami, ne l'écoutant lui aboyer férocement de retourner dans sa rangée. Après avoir échangé quelques mots en aparté avec d'autres officiers qui la suivent tous du regard sans intervenir, l'un d'eux attend qu'elle se jette à genoux devant Alan pour braquer sa baguette sur elle. Avant de la diriger vers lui pour le tuer l'instant suivant d'un avada kedavra dans l'indifférence collective cruellement conditionnée par l'accoutumance.

— Ça commence à devenir ennuyeux, constate alors l'homme d'un ton neutre. Allez, vous pouvez disposer ! Et toi gamine, débarrasse ça de ma vue tout de suite où je pourrais reconsidérer ma décision de t'épargner !

Accompagnée d'Hélène, ayant laissé Louis à la surveillance d'Ernest, Hermione, bouleversée, s'empresse aussitôt de rejoindre l'adolescente. Auprès de laquelle elle s'accroupit pour lui murmurer des paroles qu'elle voudrait apaisantes et lui entourer les épaules de ses bras pour immobiliser les siens en essayant en vain de la faire se relever.

Une fois les officiers dispersés et Severus nécessairement avec, chacun étant retourné vaquer de son côté à ses occupations, Drago, mimant l'exaspération, les rejoint pour forcer Annabelle à lâcher Alan, auquel elle s'accroche en l'inondant de ses larmes.

— Ça suffit maintenant ! lui crache-t-il violemment au visage en la repoussant le temps de faire disparaître le corps d'un sort. Estime-toi heureuse, sale sang de bourbe, tu aurais pu y passer aussi !

— J'aurais préféré ! Tuez-moi ! TUEZ-MOI !

Les yeux du blond s'écarquillant devant cette demande, sachant que le premier surveillant qui l'entendrait se ferait une joie d'y accéder sur le champ, Hermione plaque sa main sur la bouche de la jeune fille pour la faire taire. Puis, aidée d'Hélène, la conduit jusqu'au dortoir sous les moqueries formelles mais convaincantes du secrétaire.