19.

Le blond lui marmonnant vaguement que oui avant de perdre connaissance une fois de plus, elle conseille libidineusement au surveillant qui les observe de s'approcher davantage pour mieux voir. A la faveur d'une montée soudaine d'adrénaline bienvenue, elle lui arrache alors sa baguette des mains et l'exécute d'un avada kedavra dans la foulée. Puis c'est « la panique des très » : Drago est très mal au point, elle vient de très tuer un homme et elle ne sait très pas quoi faire.

Tout en tâchant désespérément de s'éclaircir les idées, elle se lève d'abord précipitamment des cuisses de son ami. S'auto-acclamant fièrement pour avoir révisé l'ensemble des sorts de soins possibles et imaginables avant d'être arrêtée, elle utilise ensuite la baguette qu'elle a gardé à la main pour le remettre sur pied.

— J'aurais préféré mourir ! s'exclame-t-il vivement tandis qu'elle le détache.

— J'en ai plus qu'assez d'entendre dire ça ! réplique-t-elle en levant les yeux au ciel.

— Moi, j'ai le droit de le dire - merci - parce que si jamais parrain apprend ce qu'il s'est passé entre nous, je n'ose même pas imaginer le nombre de jours qu'il mettrait à me tuer !

— Sauf qu'il ne s'est rien passé entre nous.

— Ah oui, c'est vrai.

— Bien. Donc maintenant qu'il est établi que tu ne vas pas agoniser dans de terribles souffrances infligées par mon homme mais continuer de trainer ta carcasse de peroxydé dégénéré sur cette terre, on pourrait réfléchir à une solution pour se sortir de là ?

— Mais bien sur, je m'en voudrais si la terre en question était privée de sa petite gérontophile ulcérante préférée…

Un coup d'œil vérificatif à la porte restée close et ils se tombent dans les bras l'un de l'autre, sans rancune pour cet échange piquant dont ils ont à vrai dire gardé la vieille habitude qui ressurgit le plus souvent dans les situations émotionnellement chargées.

— Tu sais s'il m'a dénoncé ? demande ensuite Drago en désignant le corps du regard.

— Il a dit que non, l'informe-t-elle dans un haussement d'épaules las. En espérant qu'il n'ait pas menti…

— Bah ici, c'est tendance d'espérer un tas de choses. Et on n'est pas des ringards, alors…

— … alors, on va l'espérer. Tu as une idée pour expliquer sa mort ?

— Quelqu'un t'a vu rentrer ici avec lui ou pas ?

— Je suis presque sure que non.

— Voilà, ce qu'on va faire : je te lance un sort d'invisibilité temporaire pour que tu sortes d'ici sans être vue, débrouille-toi par contre pour trouver un endroit isolé où redevenir visible sans te faire surprendre. Et moi, je feins d'être en train de me battre avec ce salopard et de l'envoyer au tapis une fois dehors, où je lui enverrai un avada pour faire croire à son exécution.