20.

Le lendemain, en fin de journée, elle retrouve Severus dans la chambre glauque qui abrite leurs retrouvailles clandestines. Sitôt en passe-t-il la porte qu'étant déjà là à l'attendre, elle se jette sur lui pour se pendre à son cou. Comme, le nez plongé dans ses cheveux, il noue immédiatement ses bras autour sa taille, une revigorante vague de réconfort la submerge agréablement.

— Drago m'a dit ce qu'il vous était arrivé. Rassure-moi, ce sale type ne t'a rien fait ?

— Tu ne devrais pas parler de ton filleul en ces termes…

— J'ai vraiment l'air de vouloir plaisanter sur le sujet ?

— Bon… alors sérieusement : il voulait me regarder faire des choses avec Drago… mais j'ai réussi à lui prendre sa baguette pour le tuer avec !

Peu disposés tous les deux à donner dans l'ébat torride, ils s'allongent donc sagement l'un contre l'autre sur le lit pour fixer silencieusement les aspérités, qui leur sont connues par cœur, du plafond menaçant cependant un peu plus de s'effondrer à tout moment. Jusqu'à ce qu'Hermione ne se décide enfin à prendre la parole. Avant de se raviser aussitôt après avoir ouvert la bouche.

— Vas-y, tu ne tiendras pas longtemps avant de me cracher le morceau de toute façon.

— C'est que celui-là est plutôt gros…

Visiblement intrigué, il tourne la tête vers elle en lui adressant un haussement de sourcil appuyé en guise d'incitation à passer aux aveux.

— C'est pour aujourd'hui ou pour demain l'accouchement ? s'impatiente-t-il en choisissant malgré lui une expression forte à propos qui la fait se pincer les lèvres.

— Ni pour aujourd'hui ni pour demain, mais pour dans un peu moins de neuf mois...

— QUOI ?! s'écrie-t-il en se redressant dans un reflexe en position assise.

— Ce n'est peut-être pas raisonnable de le garder, teste-t-elle sa réaction, en vain selon elle puisqu'il lui semble qu'il ne l'écoute déjà plus.

— Si : on peut le garder, si je le porte à ta place, la surprend-il ainsi en la suppliant intensément du regard. Au moins le temps que tu sortes d'ici… Ernie m'a parlé d'un sort…

Elle n'en revient pas tellement il lui fait penser à un gamin prêt à toutes les négociations pour atteindre son but. Et en même temps, elle le trouve terriblement poignant. Aussi s'aperçoit-elle qu'il est indéniablement parvenu à l'amadouer.

— Il m'a aussi expliqué l'Hippocampus Mutatis. Je ne suis ni pour ni contre : il faut qu'on réfléchisse à comment on pourrait, éventuellement, le lancer.

— Donc… si je comprends bien… tu me demandes de te convaincre ?

— C'est ça. Et si tu réussis à élaborer un plan fiable et efficace pour lancer ce sort, alors j'accepterai peut-être qu'on le fasse. Mais seulement à une condition.

— Laquelle ? l'interroge-t-il en se rallongeant auprès d'elle.

— Que tu quittes ton poste : tu seras « enceint » hors d'ici ou pas du tout, lâche-t-elle d'un ton qui n'appelle pas à la protestation. Pas de mais. C'est à prendre ou à laisser et ce n'est absolument pas négociable.

A l'expression de contrariété qu'elle lit sur son visage, elle le devine en plein dilemme. Elle savait qu'il lui faudrait jouer serrer pour obtenir de lui qu'il accepte de renoncer à rester auprès d'elle. C'était d'ailleurs bien pour l'obliger à céder sur ce point, avec pour but d'atteindre celui de la persuader, qu'elle avait fait mine d'être indécise.

— Tu acceptes en échange de faire le serment inviolable de prendre soin de toi ?

Celle là par contre, elle ne l'avait pas vue venir et l'encaisse un peu sonnée. Mais elle consent à le faire en exigeant finement en retour qu'il en fasse autant concernant son engagement de partir une fois le sort lancé et ils passent à l'acte l'instant suivant.

— Je vais trouver un plan, Hermione.