27.

— Eh, Hermione ! Je me demande bien lequel de nos surveillants va venir prendre la place libérée par ton officier attitré ?!

— J'espère pour elle que ce ne sera pas Rufus, il a des fantasmes vraiment très pervers…

— Toi aussi, tu as du imiter des animaux pendant que vous le faisiez ?

— Oh non, pas la peine. Il a préféré me prendre directement sous ma forme d'Animagus.

Avalant péniblement sa salive, la jeune femme au teint de plus en plus pâlissant se garde de participer à la désagréable conversation de ses « camarades de passes ». Bien sur, elle se doutait des horreurs qui pouvaient exciter les porcs en uniforme. Et d'autant plus depuis qu'elle les avait vu plus choqués par le fait qu'une sang de bourbe puisse être l'obsession sexuelle d'un des leurs que par le fait qu'elle soit soi-disant violée par son beau-père. Mais quand même.

— « Reste forte et soit le plus encore, pour toi, pour nous » se répète-t-elle discrètement à voix basse pour se donner du courage tandis que les autres femmes à côté d'elle s'adonnent gaiement à un bruyant concours de simulation d'orgasme.

Ce n'est pas son genre de mal penser des gens. Cependant, elles les soupçonnent d'être familières avec la pratique de la prostitution. Maquillées comme des magicobus volés grâce à des accessoires bons marchés rapportés par les « usagers », elles transpirent l'obscène à travers leur tenue rayée. Egalement grossières, elles se racontent mutuellement la nature de leurs activités sans s'épargner le plus petit des détails. Parfois, la jeune femme s'interroge à leur sujet : sont-elles sincèrement à l'aise avec leur situation ou se le font-elles croire pour la supporter ?

— Pourquoi tu ne veux jamais discuter avec nous, Hermione ?

— Je n'aime pas ça, désolée, je n'adhère pas.

— Bien sur que non ! T'es une fille « bien », toi. Pas une trainée comme nous, hein ?

Jugeant préférable de ne pas confirmer, Hermione s'en abstient. Mais comprend à la vue de la lueur brillant dans les yeux de sa bientôt assaillante que cela ne suffira pas à éviter la confrontation physique. Car ladite lueur indique à coup sur une intention d'en venir aux mains, elle le sait parce ce qu'elle l'a vue des dizaines de fois, juste avant qu'une bagarre n'éclate entre Frontistes et partisans de l'Etat sous son regard.

Sauf qu'elle ne faisait pas qu'y assister. Son oncle Léni tenant en effet à ce qu'elle sache et encaisser et frapper, elle participait régulièrement à ces rixes. Alors quand la brute magiquement siliconée se jette sur elle sans grande surprise, un pas de côté sur le bon timing, suivi d'un coup de poing latéral dans les côtes, lui montre à qui elle a affaire.

Blessée dans son orgueil, l'autre revient toutefois à la charge et une violente altercation s'engage. D'abord entre elles deux. Puis les coups qui pleuvent font jaillir du sang des narines ou lèvres, les estomacs se contractent et les souffles se coupent durant ce qui tourne à l'affrontement collectif. Si bien que des surveillants finissent par être obligés d'intervenir pour les séparer.

— L1B3RT3 ! claque sèchement la voix de Drago qui désigne son amie du doigt. Tu viens avec moi dans le baraquement, j'ai besoin que tu utilises ton corps plus utilement.