40.

Placées sur une même ligne imaginaire, les trois femmes brandissent chacune leurs deux baguettes dans la direction de la porte, prête à accueillir le nouvel arrivant. Seulement, elles n'avaient pas prévu qu'il ne ferait que l'entrouvrir pour faire rouler un objet à leurs pieds. Lorsqu'elles se rendent compte qu'il s'agit d'un annihilateur de magie, il est trop tard : un officier triomphant pénètre déjà dans le bureau, tout sourire.

— Comme ça, on organise une petite soirée entre filles et je ne suis pas invité ?

— Rufus… soupire gravement Hermione en le reconnaissant.

— Lui-même ! J'ai oublié un document ici en partant et je suis revenu le chercher malgré que le secrétaire Malfoy ait insisté pour que je l'y laisse. En y repensant, il a lourdement insisté… Je suppose qu'il savait ce qui se tramait ici et qu'il ne voulait pas que je le découvre. Alors dites-moi, de laquelle de vous ce petit péteux est-il tombé amoureux ?

— Qu'est-ce que ça peut vous faire, espèce de porc ?! réagit trop vivement Annabelle.

— Donc c'est toi, rétorque d'abord l'homme d'un ton neutre.

Il se jette ensuite sur elle pour la frapper, heurtant au passage une Hermione tentant en vain de la défendre. Prises de court, les deux amies ne pensent pas utiliser leur couteau et se retrouvent précipitées à terre, sonnées. Elles sont en train de reprendre leurs esprits quand Hélène, sa lame à la main, s'adresse à elles.

— Si on le laisse nous retenir toutes ici plus longtemps, personne ne s'en sortira ! leur fait-elle remarquer. Prenez Louis avec vous et allez-vous-en ! leur ordonne-t-elle avant de s'attaquer à l'homme. J'ai attrapé la diphtérie, je suis condamnée ! ajoute-t-elle pour leur ôter tout scrupule tout en luttant contre lui pour le blesser au maximum.

N'ayant pas d'autre choix, Hermione et Annabelle décident d'un commun accord à contrecœur de profiter de sa diversion. Elles attrapent chacune une main du garçon secoué de sanglots et l'entrainent à leur suite. C'est les joues couvertes de larmes qu'elles entendent le dernier échange entre sa mère et lui en passant la porte du bureau. Puis ils courent tous les trois jusqu'au portail qu'ils franchissent sans interrompre leur course. Enfin parvenus en dehors du camp, ils se mettent frénétiquement à la recherche d'un des portoloins disposés pour eux.

La zone étant quasiment pas éclairée et un lumos risquant d'attirer l'attention, ces objets sont presque impossibles à distinguer. Etant si près d'un but qui aura encore réclamé une perte pour pouvoir être atteint, Hermione, frôlant l'état de transe hystérique, parvient à repérer un reflet singulier à travers les brins d'herbe à quelques mètres d'eux, d'un côté du bois bordant le sentier sur lequel ils se trouvent.

— Là-bas, venez ! lâche-t-elle d'une voix déformée par l'espoir.

Ils sont presque arrivés au niveau de ce qui s'avère être une cannette de soda quand la jeune femme a un brusque mouvement de recul à la vue d'une silhouette familière à sa proximité. A la lumière de la lune, elle peut clairement voir son visage et ainsi confirmer son identité. Malheureusement.