42.
En découvrant par elle-même l'état de Severus à son entrée dans sa chambre, Hermione échappe un petit cri horrifié. Le front surmonté d'un linge humide, son visage crispé par la douleur est couvert de sueur. Ses traits ainsi déformés le rendent méconnaissable, il a l'air d'avoir pris dix ans. Elle est tétanisée à la vue de son corps nu se tortillant doucement sous le drap d'une manière qui aurait pu être lascive dans un autre contexte et entend à sa respiration bruyante qu'il a toutes les peines du monde à remplir ses poumons d'air. Puis son regard médusé s'ancre sur son ventre arrondi, contre lequel elle pose une main tremblante d'hésitation.
— Je suis là, mes amours, souffle-t-elle en dirigeant alternativement ses yeux sur son homme et ses doigts au contact de leur bébé à travers sa paroi abdominale. Je vais m'occuper de vous deux maintenant, ça va aller.
Venant s'activer exagérément derrière elle, Pompresh lui fait comprendre que le temps presse. Aussi se retourne-t-elle précipitamment vers elle dans une profonde inspiration avant de lui assurer qu'elle est prête à lancer la procédure.
— Les indications de cet Ernie sont très précises et détaillées mais je n'ai jamais pratiqué ce sort… Si jamais les choses tournaient mal, vous y passerez peut-être tous les trois…
Elle opine de la tête avec détermination et lui fait ensuite signe de se retourner.
— Je vous dis quand on peut commencer, lâche-t-elle en se déshabillant dans son dos.
Sitôt après l'avoir rejoint, elle entreprend de réanimer son homme inconscient à grand renfort de caresses, d'abord indécises de désorientation au contact de son corps à la forme partiellement aberrante puis progressivement plus audacieuses tandis qu'elle se familiarise avec cet aspect contre-nature.
— Humm… soupire-t-il faiblement sous les mains qui glissent sur lui.
— Tu as assez couvé, papa hippocampe, c'est à mon tour… lui murmure-t-elle à l'oreille.
Comme il papillonne des paupières, elle les lui embrasse avant de parcourir l'arrête de son nez du bord des lèvres jusqu'à sa bouche tremblante, contre laquelle elle plaque la sienne, leur arrachant aussitôt à tous les deux un soupir.
— Je… pas la force de… articule-t-il péniblement d'une voix plaintive.
— Chut… laisse-toi faire… susurre-t-elle en lui effleurant le visage du bout des doigts. Tout ce que je te demande, c'est de rester conscient le plus longtemps possible…
D'une main sur son épaule et l'autre sur sa cuisse, elle le fait rouler sur le côté avec précaution. Allongés sur le flanc, face à face et l'un contre l'autre, ils se regardent un instant en se souriant. Puis elle se saisit de son membre dressé qu'elle guide ensuite jusqu'en elle pendant qu'il niche son visage dans le creux de son cou, dont la peau vibre bientôt sous ses lèvres gémissantes. Bouleversée par l'absolue vulnérabilité de son homme s'abandonnant ainsi entre ses bras, elle se met à pleurer d'émotion.
— C'est bon, sanglote-t-elle à l'attention de l'infirmière qui se retourne alors vers eux.
