45.
Quelques heures plus tard, assise sur le canapé du salon, Hermione caresse les cheveux de Louis dont la tête repose sur ses genoux. Elle lui a expliqué sa soudaine grossesse avancée comme elle a pu et attend maintenant fébrilement le retour de son homme pour lui annoncer la possible suite le concernant.
Lorsque la porte d'entrée s'ouvre enfin sur Drago, elle penche la tête en arrière contre le dossier juste à temps pour voir Annabelle surgir de la cuisine comme une furie et s'élancer en courant dans le hall. Une fois jetée contre lui, elle noue ses bras autour de son cou en l'embrassant pour la première fois.
— J'ai cru que je ne te reverrai jamais…
— Et cette pensée ne t'a pas été agréable ?
— A ton avis, crétin ?!
Le souffle jusque là coupé par l'attente, la jeune femme soupire finalement de soulagement à la vue de Severus apparaissant derrière le couple enlacé et le contournant pour la rejoindre. Il soulève les jambes du garçon puis les repose sur ses cuisses après s'être assis à côté d'elle dont il entoure les épaules d'un bras et qui appuie sa joue contre son épaule. Ils échangent un baiser quand ils sont interrompus par les jeunes gens venant partager un des deux fauteuils d'en face et par Pomfresh s'installant dans l'autre.
— Par Merlin, que d'épreuves traversées, mes enfants ! s'exclame-t-elle en joignant ses mains dans une prière. Vous devriez profiter de ce moment de retrouvailles pour dire ce que vous avez sur le cœur afin que nous débutions votre psychanalyse collective.
— Pardon ? s'étranglent les deux hommes manifestement aussi réticents l'un que l'autre.
— C'est mon idée, répond doucement Hermione. Je pense qu'il faut qu'on parle de toutes ces choses que l'on a vécues ces derniers mois si on veut aller efficacement de l'avant…
— Vu comme ça, j'imagine que ce serait en effet plus raisonnable, concède Severus.
— Mouais, ronchonne Drago. Mais ne comptez pas sur moi pour disserter sur la classique relation au père, je vous préviens toute de suite !
— Tu n'auras qu'à raconter que ce dont tu as envie, intervient calmement Annabelle.
— Tout ce que je vous demande, c'est de vous exprimer librement, reprend l'infirmière. Qui veut commencer ?
Bien entendu, personne ne se précipite pour se porter volontaire. On croirait être dans une salle de classe au moment où le professeur réclame qu'un élève se désigne pour aller au tableau : tous se regardent en chiens de faïence sans prononcer un mot.
— Je vois… lâche Hermione. Je suppose que ça devrait être moi puisque c'est mon idée…
