56.

Profitant manifestement de l'agitation pour se frayer un chemin jusqu'à une petite pièce exiguë, Severus y pénètre précipitamment. Il a à peine le temps de s'apercevoir de la présence de Lucius qu'il tombe lourdement à genoux sous le sort que celui-ci lui lance avec une rapidité telle qu'il ne peut ni l'éviter ni le contrer.

Et Hermione de geindre d'une douleur double car causée à la fois par cette attaque surprise et une nouvelle contraction. L'angle de vue suivant lui indique que son homme a basculé à quatre pattes et son instabilité, qu'il doit être en train de chercher à retrouver son souffle. Comme il est en train de le faire, elle fixe le sol puis échappe un sanglot en entrevoyant des gouttes de sang s'écraser au niveau de l'espace entre ses mains posées à plat dans le prolongement de ses épaules, juste avant de ne voir plus que du noir. Elle devine alors qu'il a fermé les yeux pour soustraire ces tâches aux siens.

Lorsqu'il les rouvre, la jeune femme ne peut réprimer un mouvement de recul à l'apparition soudaine du visage de Riddle, apparemment accroupie devant lui. Elle n'a pas besoin d'entendre ce qu'elle lui crache, son articulation rend ses paroles parfaitement lisibles sur ses lèvres : « tu vas enfin payer pour la mort de mes parents, sale traître ».

Son souffle s'accélère quand, alors qu'il se tourne vers Drago, elle le découvre se débattant férocement entre les bras de son père pour échapper à son emprise. Ayant conseillé à son homme de lui faire confiance, un élan de culpabilité lui retourne l'estomac et elle ne se retient que très difficilement d'en vomir. D'autant qu'une contraction vient ajouter la souffrance physique à la mentale.

Comme sa vue suit tout à coup la verticale d'un mur jusqu'au milieu du plafond, elle comprend qu'il a été projeté en arrière par un sort. La tête tournée vers sa baguette tombée un peu plus loin, il étend le bras pour la récupérer. Mais elle vole jusqu'entre les mains de la ministre qui, ayant placé un pied de chaque côté de sa taille, se penche au-dessus de lui pour le narguer avec alors qu'étendu sur le dos et privé d'elle, il est désormais totalement impuissant. S'ajoute à cet insupportable constat une contraction qui l'est presque tout autant.

— Il faut interrompre le sort.

— NON !

— Hermione… vous avez dit à Severus que vous l'accepteriez…

— ET LUI IL M'AVAIT DIT QUE TOUT SE PASSERAIT BIEN !

Des larmes tracent des sillons humides sur ses joues tandis qu'elle distingue le mot que la ministre ne cesse de prononcer : doloris. Sa tête s'enfonce dans son oreiller en même temps que l'arrière du crâne de son homme heurte le sol, au rythme des torsions communes de leurs deux corps. Lui sous les sorts et elle sous les contractions. Quelques fois, alors que son regard voilé bascule dans sa direction, elle peut voir se déformer la bouche d'un Drago criant visiblement comme un forcené.

— Je vous en prie, Merlin… implore faiblement Hermione. Ne me prenez pas l'homme que j'aime...