58.
— Tu ne préférerais pas être avec Anna pour la rassurer sur ton état ?
— Elle sait déjà que je vais bien, je descendrai la rejoindre dès que ton futur mari sera revenu.
Faisant correspondre sa respiration à ses contractions, Hermione prend le temps de savourer le retour des deux hommes qui comptent le plus dans sa vie. Avant de se décider à interroger Drago sur ce qu'il s'est passé qu'elle n'a pas pu voir.
— Tout s'est passé assez vite, en fait. Parrain a fait semblant de s'être évanoui. Quand Riddle s'est rapprochée de lui pour justement vérifier qu'il ne simulait pas, il lui a arraché sa baguette des mains et lancé un avada kedavra dans la foulée et à l'aveugle. A ce moment là, mon père a relâché sa prise sur moi pour lui envoyer un doloris qui lui a vraiment fait perdre connaissance, cette fois. J'ai profité que son emprise se desserre pour m'en dégager et alors qu'il avait déjà prononcé le premier mot de la formule en braquant sa baguette sur lui, j'ai débité les deux d'une seule traite.
— Par Merlin, Drago ! Tu as tué ton père ?
— Non, Hermione. J'ai tué un homme qui n'a pas hésité à trahir celui qu'il disait être son ami pour pouvoir m'enlever parce qu'il savait que je refuserai de me réconcilier avec lui.
— Et comment… comment tu vis ça ?
— Comme quelqu'un qui a du choisir entre son père et son parrain et qui sait qu'il a fait le bon choix. Ne fais pas cette tête, je t'assure que je vais bien ! Riddle est morte, les représentants de son ministère sont renversés, les camps sont en train d'être libérés et papa Snape est rentré pour la naissance de bébé Snape !
La jeune femme se fend d'un sourire devant la touchante mine réjouie du blond et lui prend la main alors qu'un profond sentiment de reconnaissance la submerge.
— Je suis très fière de l'homme que tu es devenu, tu sais ?
— Merci. Mais c'est en grande partie grâce à toi : je t'ai vu faire revenir mon parrain de loin et ça m'a donné envie de suivre son exemple à ton contact…
— J'espère qu'Annabelle t'apportera autant de bonheur que m'en apporte Hermione…
Reconnaissant la voix de Severus, les deux amis tournent simultanément la tête en direction de la porte, contre l'embrasure de laquelle ils le trouvent appuyé.
— … et que notre enfant rendra son parrain aussi fier que je le suis de mon filleul.
— Merci… Bon… je vais vous laisser attendre le grand moment tranquillement, annonce-t-il en ne se levant qu'après avoir déposé un baiser sur le front d'Hermione. Je veux être la première personne après vous à prendre le bébé dans mes bras ! avertit-il en croisant Severus puisqu'il traverse la chambre dans le sens inverse du sien.
— Evidemment que tu le seras ! lui affirme la jeune femme dans un petit rire.
— En espérant que Pompom ne te double pas… soupire son homme en s'allongeant à côté d'elle, qu'il embrasse ensuite longuement tandis que la porte se referme sans bruit.
