Réponse aux reviews de lectrice : merci pour tes nouvelles reviews et pour avoir pointé une incohérence qui a donc pu être corrigée.


60.

Tout est blanc et paisible. La douleur a libéré son corps qui est devenu presque assez léger pour flotter dans l'air comme une poussière. Examinant l'endroit sans trop oser bouger, Hermione le prend pour une sorte de couloir de lumière. Quoique dans un soupir indécis, elle se décide à y faire quelques pas hésitants tout en continuant de se demander où elle peut bien se trouver. Ou plutôt, en refusant d'accepter la réponse qui s'impose compte tenu des circonstances de son arrivée ici.

— Bonjour, Mimi-la-hargne… lance dans son dos une voix chantonnante qui la fait immédiatement s'immobiliser puis se retourner lentement.

Elle se contente d'hocher la tête, trop stupéfaite pour parler tandis qu'une lumineuse silhouette se change sous ses yeux en la personne qu'elle s'attend à voir.

— J'ai toujours trouvé ce surnom ridicule, articule-t-elle péniblement, faussement vexée.

— Tu m'as manqué aussi, s'exclame gaiement l'homme au regard gris qui écarte les bras de son corps en une invitation qu'elle accepte sans se faire prier.

— Je suis morte, Oncle Léni ? l'interroge-t-elle malgré sa crainte qu'il le lui confirme.

— Pas encore, répond à sa place une femme dont elle s'aperçoit qu'il s'agit d'Hélène lorsque, toujours blottie contre Loulène, elle tourne la tête pour en connaître l'identité.

— Je suis désolée, j'aurais tellement voulu pouvoir te sauver ! se lamente Hermione en la prenant à son tour dans ses bras.

— La diphtérie est une maladie qui est restée mortelle pour les sorciers. Tu n'aurais rien pu faire pour me « sauver ». Je ne regrette pas ce qu'il s'est passé et tu ne le dois pas non plus : j'ai enfin retrouvé mon mari et notre fils est entre de bonnes mains.

— On est là pour t'en remercier, intervient Loulène en lui caressant les cheveux.

S'écartant d'eux, Hermione les regarde se prendre par la taille en commençant à se dématérialiser malgré qu'elle les supplie de ne pas l'abandonner.

Une fois à nouveau seule, elle se laisse tomber à genoux sous le poids du désespoir qui l'envahit à l'idée de ne jamais retourner auprès de Severus et de leur bébé. La tête baissée vers ses cuisses, elle assiste au triste spectacle de ses larmes venant s'y écraser jusqu'à ce qu'elle ne distingue dans son champ de vision un morceau de bois entre deux chaussures. Remontant sa verticale du regard, elle retrouve Ernest.

Le menton appuyé contre une main posée sur la poignée de sa canne, il lui tend l'autre pour l'aider à se relever. Elle l'observe un moment sans la saisir avant qu'il ne la décide à le faire d'une phrase énigmatique. Dont elle essaie de percer le secret pendant que, progressant côte à côte dans le corridor, ils se rapprochent de son extrémité.

— Où veux-tu m'emmener ?

— Où est ta place, bien sur !