61.
Parvenue avec lui au niveau d'un point de lumière tellement intense qu'il la force à plisser les yeux, Hermione imite le vieil homme lorsqu'il s'immobilise à moins d'un mètre de cette aveuglante source lumineuse.
— Donc ça y est : je vais mourir.
— Qu'est-ce qui te fait dire ça avec autant de certitude ?
— Chez les moldus, quand on entre dans la lumière, c'est qu'on est mort.
— Sauf que tu es une sorcière. Et les sorciers ne meurent pas comme les moldus.
Lorsqu'elle lui demande si cela signifie qu'elle va vivre, il prend une profonde inspiration en redirigeant son regard droit devant lui.
— Ta présence ici ne tient qu'à ta volonté de rester en vie. Mais ce n'est qu'en traversant que tu sauras si tu as ainsi obtenu de Merlin qu'il la respecte.
— Alors, il existe vraiment ? Tu l'as vu ?
— Nul besoin de le voir pour qu'il existe…
Bien que la remarque soit propice à la réflexion, la jeune femme ne s'appesantit par sur le sujet, interpellée par un cri de bébé semblant provenir de la source de lumière.
— Tu as entendu ça ? s'écrie-t-elle, le cœur gonflé d'espoir, en lui secouant l'épaule.
Il lui glisse silencieusement une main dans le dos pour y exercer une pression. Tout à coup inexplicablement confiante, elle le laisse la pousser à faire un pas en avant puis se met à avancer d'elle-même. Une fois l'intérieur de la source lumineuse atteint, elle sent une vague de bien-être la submerger agréablement. La sensation de chaleur qu'elle éprouve ensuite la fait fermer les paupières et s'abandonner doucement à elle.
Lorsqu'Hermione papillonne lentement des yeux pour les rouvrir, elle distingue une forme noire recroquevillée dans un coin de sa chambre en train de se balancer sur elle-même d'avant en arrière. Sa vue qui se précise lui montre enfin ce qu'elle a déjà deviné : c'est Severus qui berce leur enfant.
— Chuuut… bébé… chuuut… maman va revenir… il le faut… parce que papa est comme toi… il a besoin d'elle… alors… je suis sur qu'elle ne va pas nous abandonner…
— Ja-mais, souffle-t-elle en tournant la tête sur son oreiller pour mieux les voir.
Ainsi peut-elle pleinement profiter de l'expression de pur bonheur s'affichant sur le visage de son homme lorsqu'il lève brusquement les yeux vers elle qui lui adresse en retour un sourire apaisant.
— Je le savais, Mionie. Je savais que tu ne nous laisserais pas.
Prenant soin de ne pas trop remuer ses bras, entre lesquels il tient leur enfant, il se hisse debout en faisant glisser vers le haut son dos contre le mur. Puis, des larmes de joie coulant sur ses joues, il vient lentement s'asseoir à côté de la jeune mère sur la poitrine de laquelle il dépose ensuite soigneusement le nouveau né.
— Voici notre fille.
— Elle est…
— Magnifique. Comme sa maman.
Tandis qu'il lui embrasse tendrement le front en recouvrant sa main qui enveloppe l'arrière du crâne de la petite de la sienne, Hermione soupire d'aise.
— Merci, Merlin.
