Auteur : Nakano Hana
Traduction : Ariani Lee
Bêta-lecture : Shangreela
Merci à Tenshi-Sa-Chan, Venkiro et Momo-chan98 pour leurs reviews ^^
Plus Loin Que Dans Mes Rêves
Chapitre 1: Traquenard
Axel : Dire que je vais passer tout l'été avec lui !
Je parie qu'il ne sait même pas boxer !
Roxas : Qu'il est prétentieux, qu'il est superficiel !
Je voudrais attraper la varicelle !
Axel & Roxas : Quel bonheur d'être ici enchanté de vous voir.
Axel : C'est un vrai cauchemar…
Roxas : Quelle idée bizarre…
Axel & Roxas : … de nous faire tomber dans ce traquenard !
- Bon sang, il gagne du terrain ! Tu peux pas t'en débarrasser ?
- Bon Dieu, Dem ! Tu crois pas que j'ai essayé ? Pourquoi est-ce que tu trouves pas quelque chose, pour une fois ?
Le grand garçon châtain se tourna vers le prince, l'air désespéré, et secoua la tête.
- C'est toi, le professionnel des plans fumeux, Axel ! Maintenant, dépêche-toi !
Les deux garçons filèrent à travers les jardins et manquèrent de peu de s'encastrer dans la grande porte en bois qui se trouvait au milieu du mur. Le prince Axel, alors devenu un grand et mince garçon de dix ans, cherchait désespérément dans son trousseau de clés celle qui leur libérerait le passage. Il frémit quand une petite voix retentit, pas très loin derrière eux, et repoussa une de ses mèches rouges, sans cesser de chercher.
- Axel ! Où est-ce que tu vas ? Attends-moi ! Appela la voix, et le prince aurait pu jurer avoir aperçu, de l'autre côté du jardin, une petite houppe de cheveux blonds et ébouriffés qui dépassait d'une haie.
Son compagnon le prit par le bras et le secoua.
- Axel, il est presque là ! Allez ! Arrête de rêvasser et passons au-dessus de la palissade !
Le rouquin resta muet une seconde avant de se frapper le front d'exaspération. Comment n'y ai-je pas pensé plus tôt ? Axel se hâta d'escalader le mur couvert de vignes, s'accrochant où il pouvait et se hissant vers le haut.
Demyx avait passé les jambes de l'autre côté et sauté pile au moment où l'objet de leur mécontentement arriva au pied de mur et se mit à leur crier dessus.
- Attends ! Axel ! Oh, c'est pas juste !
Il fit la moue et darda ses yeux bleus sur le garçon perché en haut du mur, ses jambes se balançant dans le vide. Axel sourit de toutes ses dents.
- Pas ma faute si t'es tout petit, morveux ! Pourquoi tu vas pas houspiller quelqu'un d'autre aujourd'hui ? Riposta-t-il moqueusement avant de disparaître de l'autre côté du mur pour aller atterrir avec un bruit sourd près de son ami.
Lui et Demyx coururent se réfugier dans leur vieille cabane sur l'arbre, près du château, ignorant les cris de colère qui emplissaient l'air derrière eux. C'était une magnifique journée à Raza, le soleil brillait haut dans le ciel dégagé et les oiseaux gazouillaient joyeusement dans la chaleur estivale. L'herbe craquait doucement sous leurs pieds nus alors que les garçons avançaient vers un grand arbre d'aspect robuste qui poussait juste au coin du terrain d'exercice des gardes. Axel avait toujours adoré les regarder s'affronter de là-haut il voulait apprendre à se battre, lui aussi. Et peut-être devenir chevalier, un jour, pas roi, car cela impliquait de passer sa vie à s'ennuyer, enfermé dans un château plein de paperasse et de conseillers.
Demyx atteignit le tronc en premier et, attrapant l'échelle de corde, grimpa rapidement. Axel le regarda jusqu'à ce qu'il soit arrivé au sommet puis s'engagea sur le même chemin, ne s'arrêtant que pour regarder au-delà du château.
Bien, pas de signe de lui. Peut-être que ce petit morveux a enfin compris.
Axel n'avait jamais compris pourquoi il devait continuer à voir l'enquiquinant petit blond chaque été que Dieu faisait. L'été, c'était supposé être fait pour s'amuser, non ? Les autres enfants du royaume étaient en vacances et jouaient tranquillement avec leurs amis. Alors pourquoi lui était toujours forcé de faire du babysitting ?
- Axel, chéri ! Ne sois pas grossier ! Descends saluer nos invités !
Axel grimaça en entendant la voix perçante de sa mère et grogna en rampant vers le trou. Il jeta un coup d'œil par la fenêtre de la cabane et découvrit la reine plantée au pied de l'arbre avec un groupe de curieuses gens qu'il voyait pour la première fois. Ils portaient tous de fins vêtements bleus, blanc et or – de toute évidence, les couleurs d'un autre royaume, et Axel pouvait deviner rien qu'à la posture et l'attitude qu'ils adoptaient que ces hommes se considéraient comme très importants. Il renâcla légèrement, pas du tout impressionné.
Mais ce ne furent pas vraiment les hommes qui captèrent son attention. Au sein du groupe d'adultes, il y avait aussi un petit garçon, un blond plus jeune que lui et Demyx de quelques années et qui le regardait avec de grands yeux curieux. Axel grogna à nouveau, lançant à sa mère un regard mortellement las.
- Pourquoi j'dois descendre ? J'peux dire bonjour d'ici, pas vrai ?
Il faisait beaucoup trop chaud, et il était beaucoup trop paresseux. Axel attrapa un oreiller qui traînait par là et se cala confortablement dedans, sans amorcer le moindre geste pour se lever et… hé bien, bouger…
La reine Ella fronça les sourcils et son visage prit une couleur qui rivalisait avec celle de ses cheveux.
- Jeune homme, tu vas descendre ton cul paresseux de cet arbre immédiatement !
Elle se retourna vers celui qui, d'après Axel, devait être le chef du groupe, souriant gentiment, comme si elle ne venait pas de hurler.
- S'il te plait, excuse-le, Lucas, très cher. C'est vraiment un gentil garçon… quand il y met du sien.
Elle ajouta ces derniers mots avec un gloussement nerveux, et Axel leva les yeux au ciel, irrité. Pensait-elle qu'il ne l'entendait pas, de là-haut ? La voix de sa mère portait si loin qu'il était sûr que la moitié du royaume était au courant, quand elle s'énervait !
La reine baissa alors les yeux sur le petit garçon qui étreignait la jambe de son père et cachait son visage dans le tissu de ses habits. Le roi Lucas sourit et s'écarta, révélant l'enfant réticent, qui couina de surprise.
- Ne sois pas timide, Roxas, dit doucement la reine, en lui souriant et en tendant la main pour lui caresser la tête dans un geste rassurant. Tu veux aller jouer avec Axel ? Je te promets qu'il est très gentil.
Le petit hésita puis hocha tout doucement la tête, avant d'essayer de se cacher dans ses grandes jupes.
- Bien !
Ella applaudit joyeusement avant de se retourner vers Lucas.
- Pourquoi n'allons-nous pas à l'intérieur pour discuter ? Laissons-les seuls, je suis sûre que tout se passera bien.
Elle jeta vers le haut un regard acéré et ajouta, avec juste un soupçon de colère : AXEL ! DESCENDS DE LA TOUT DE SUITE !
Axel tressaillit, ainsi que tous les gens qui se trouvaient là, à l'exception du vieux roi. Quelque chose lui disait que cet homme connaissait bien sa mère et qu'il avait déjà vu bien pire, parce qu'il ne tiqua même pas en entendant ce cri haut-perché. Le jeune rouquin se sentit aussi un peu inquiet car les yeux bleus de l'homme semblaient briller de la même lueur malicieuse que ceux de sa mère.
Ça ne sentait pas bon.
Axel soupira lourdement, repoussant ses livres sous la couchette qu'il avait bricolée avant d'aller jusqu'à l'échelle. Vu l'allure que prenaient les choses, le reste de sa journée était désormais ruiné. Il grogna un peu sa réticence mais eut la surprise, lorsqu'il regarda en bas, de voir que tout le monde avait disparu. Seul, le petit garçon attendait au pied de l'arbre, l'air pas bien sûr de ce qu'il devait faire. Il avait l'air bien trop timide pour dire quoi que ce soit…
- Bon, ben tu montes ou quoi ? Appela Axel, surprenant le petit. Il sursauta et regarda en l'air mais resta muet. Il hocha la tête en tremblotant avant d'avancer vers l'échelle et de regarder la taille que faisait l'arbre. Il déglutit nerveusement.
Tout aussi nerveusement, Roxas s'agrippa au premier échelon de corde et se mit à grimper rapidement en s'efforçant de ne pas regarder en bas. Il n'était pas si timide, d'habitude, mais à se retrouver ainsi dans un endroit nouveau, loin de chez lui et entouré d'étrangers, il ne pouvait s'empêcher d'être mal à l'aise. La sensation augmentait au fur et à mesure qu'il grimpait, plus lentement maintenant, prudemment, et Axel soupira à nouveau et s'écarta pour récupérer un livre et y fourrer le nez. Il était sûr que ce gosse – Roxas – allait mettre la journée à monter jusque là.
Génial… Et maintenant, voilà qu'il devait le garder !
Pendant ce temps-là, Roxas était en train d'épuiser les forces qu'il avait, s'agrippant de plus en plus aux échelons tandis qu'il luttait pour se hisser. S'arrêtant brièvement, il risqua un coup d'œil vers le sol et frémit, découvrant qu'il était plus haut qu'il ne l'aurait cru. Le blond vacilla un peu, étourdi par le vide sous lui, son cœur battant à tout rompre tandis que le monde oscillait désagréablement en dessous de lui…
- P-pou'quoi c'est si haut ?
Quand il recommença à bouger, la section de corde sur laquelle son pied s'appuyait cassa net, soudainement. L'enfant glapit lorsque son pied se retrouva sans plus aucun appui et plongea dans le vide il dévala plusieurs échelons, criant de peur. Il se débattit un instant avant que sa jambe ne s'emmêle à la corde, l'arrêtant douloureusement et interrompant brusquement sa chute.
Roxas s'accrocha à la corde comme un noyé à son rocher, heureux de ne plus tomber mais incapable de bouger son pied coincé dans l'échelle. Une petite pointe de douleur lui traversa la cheville quand il tenta de la désemmêler et il tressaillit, cessant immédiatement de remuer. Mais la panique continua de battre dans sa poitrine. Il ne savait pas comment faire pour descendre !
Ouvrant les yeux à contrecœur, Roxas se tourna juste assez pour regarder le château, priant en silence que son père où un des gardes revienne et le décroche de là. Il avait envie de pleurer, mais il préférait consacrer son énergie à s'accrocher à la vie. Des larmes vinrent néanmoins à poindre lorsqu'il sentit sa prise sur la corde commencer à se relâcher.
Peut-être que le garçon plus âgé, dans l'arbre, pourrait l'aider. Axel… oui, c'était son nom. Roxas regarda avec espoir la cabane, qui semblait à la fois si proche et si éloignée. Puis à nouveau, il regarda en bas, sans bien savoir pourquoi, mais le sol semblait toujours aussi lointain. Roxas déglutit durement et ferma très fort les yeux, déchiré entre sa timidité qui l'empêchait d'appeler à l'aide et son désir de ne pas aller s'écraser sur le sol.
Si seulement il avait pu…
- Qu'est-ce que tu fais ? Demanda une voix sèche derrière lui.
Roxas glapit, et se tourna pour découvrir le garçon aux cheveux rouges suspendu à une autre corde adjacente à la sienne, occupé à se balancer tranquillement. Avant même qu'il ait eu le temps d'ouvrir la bouche, l'autre garçon s'était mis à tirer rudement sur la corde, défaisant le nœud qui lui emprisonnait la cheville.
- Tu veux mourir, gamin ? De cette hauteur, tu pourrais vraiment t'amocher en tombant, tu sais.
Il termina facilement de le dégager avant de se balancer pour venir s'accrocher à l'échelle, juste derrière Roxas.
- Voilà, c'est arrangé. Maintenant, avance.
Le blond couina timidement en sentant une main s'appuyer sur son dos pour le pousser à grimper plus vite, mais l'autre se contenta de grogner et de pousser plus fort. Il aida Roxas à monter le reste du chemin, ralentissant une ou deux fois avec réticence, le temps de laisser le petit reprendre son souffle. Aussitôt qu'il eut rejoint le plancher en bois de la cabane, Roxas se hissa dessus et s'y étala, se pressant dessus. Il espérait de tout son cœur que jamais plus il n'aurait à quitter le plancher des vaches.
Mais il lui faudrait toujours redescendre de ce perchoir, et cette idée lui donnait déjà le frisson.
- Bouge de là, minable.
Le rouquin le poussa rudement sur le côté en émergeant du trou et en se hissant à son tour dans la pièce. Après quoi il alla jusqu'au lit qui était chevillé au mur et se mit à fourrager en dessous tandis que le petit garçon s'essuyait les yeux et l'observait avec curiosité.
- M-Me'ci, dit faiblement Roxas, sa voix à peine plus forte qu'un murmure.
Axel s'immobilisa quand le garçon lui parla, puis reprit où il s'était interrompu en hochant vaguement la tête. Il tira rapidement une boîte blanche des profondeurs obscures de dessous le meuble et revint s'agenouiller près de l'enfant. Il se saisit de sa cheville et l'examina avec attention, promenant ses doigts sur la petite marque pourpre qui commençait à s'y voir.
- Hé bien, on dirait que tu t'es rien fait de trop grave, gamin. Mais tu devras faire plus attention si tu veux pas finir en bouillie sur le sol.
Le blond avait frémit quand Axel l'avait touché, mais il reprit un peu confiance en lui en réalisant que l'autre allait se comporter en parfait crétin. Il grogna un peu en réponse, sans réaliser que son visage poupin et ses grands yeux bleu marine ruinaient totalement l'effet recherché.
- Hé ! Me pa'le pas comme ça ! C'est pas pa'ce que je suis plus petit que toi que ça veut di'e que je suis stupide !
- Ouais, ouais, espèce de poule mouillée… Grommela Axel.
Mais vraiment, le petit avait l'air de sortir à peine de ses couches ! A quoi pensait sa mère en lui faisant garder ce morveux qu'il n'avait même jamais vu ? Roxas, de son côté, croisa les bras et fit la moue.
- Je suis pa-z'une poule mouillée ! J'ai quat' ans ! Pou'quoi t'es si méchant ?
- Comme si j'allais m'expliquer à un bébé ! Se moqua Axel. Allez, tiens-toi tranquille, princesse, j'ai presque fini…
Le petit blond tâcha de réprimer le fard qui lui colorait les joues pendant que l'autre prince bandait avec soin sa cheville, en faisant attention à ne pas faire s'étendre davantage le bleu. Roxas grogna encore un peu, mais se souvint que son père lui avait dit de surveiller ses manières. L'autre garçon était malpoli, mais il devait reconnaître qu'il l'avait sauvé d'une vilaine chute. (1) Peut-être qu'il était juste d'humeur grincheuse, ou quelque chose comme ça.
Peut-être qu'Axel pourrait être son ami, ici. Il avait l'impression que lui et son père allaient revenir souvent, alors il ferait mieux de se faire des copains et de s'entendre avec tout le monde…
Roxas était si perdu dans ses pensées qu'il bondit presque de surprise que le prince roux parla.
- Au fait, je m'appelle Axel. T'as pas l'air sourd alors je suppose que tu l'avais déjà entendu… mais tâche de t'en souvenir.
Le petit garçon acquiesça.
- Je veux que les choses soient parfaitement claires : on n'est pas amis. Je dois peut-être te surveiller et m'assurer qu'il t'arrive pas de bricoles, mais rien que te regarder, déjà ça m'énerve, dit froidement le roux, avant de se détourner du petit prince et de s'allonger, la tête reposant sur ses bras croisés, le regard attaché au plafond. T'attends pas à ce qu'on devienne copains juste parce que je t'ai sauvé.
Roxas le regarda, sincèrement confus. Ça faisait même un petit peu mal, mais Axel ne s'en rendit pas compte. Il soupira simplement avant de poursuivre :
- Ecoute : si tu peux juste jouer tranquillement, en silence et ne pas être dans mes pieds, j'aurai peut-être pas besoin de te mettre une raclée. C'est compris, gamin ?
Axel ajouta ce dernier mot avec un petit sourire moqueur, et Roxas frissonna légèrement. Il lui lança une pathétique tentative de regard noir.
- A'ête de m'appeler « Gamin » ! Mon nom, c'est 'oxas ! Et c'est pas juste !
Quelque part dans les tréfonds de son esprit, Axel pensa presque que la moue du petit prince était plutôt mignonne. Mais il rejeta aussitôt cette pensée et repoussa sa crinière flamboyante vers l'arrière en ricanant. Les petits enfants étaient mignons exprès, justement ! C'était comme ça qu'ils s'y prenaient pour vous embobiner.
- C'est comme ça que ça marche, ici, Roxy. Tu veux jouer avec les grands, tu fais ce qu'ils te disent de faire. C'est bon, c'est retenu?
Le rouquin soupira et s'étira un peu. Il n'avait jamais réussi à comprendre pourquoi le môme le rendait à ce point cinglé. Mais il n'avait pas l'intention de se pencher plus que ça sur la question il lui suffisait de savoir une chose, à savoir que lui n'aurait jamais d'enfant. Il s'étira et rampa sur le sol avant de s'affaler à côté de Demyx, qui était occupé à se battre avec son sac à dos, tentant de l'ouvrir. Le prince se contenta de l'observer en rigolant pendant un moment avant de dire quelque chose.
- Un coup de main, Dem ? Gloussa-t-il.
Le châtain lui jeta un regard noir et parvint, enfin, à tirer du paquet une petite boîte bleue.
- Continue de rire, crétin, et t'en auras pas.
Axel resta perplexe jusqu'au moment où Demyx souleva le couvercle de la boîte, et il laissa alors échapper un pur cri de joie.
- De la crème glacée ? Dem, t'es le meilleur !
Il se redressa et étreignit son ami. La glace à l'eau de mer avait toujours été sa préférée, et dans un pays au climat aussi chaud, la garder au frais coûtait assez cher. Lorsque les marchands installaient leurs étals, au marché, les glaces étaient presque toujours les articles les plus vite vendus, surtout durant des étés tels que celui-là.
Demyx lui rendit son sourire.
- Sans blague ! Maintenant dépêchons-nous de les manger avant qu'elles fondent.
Il prit un bâtonnet et le tendit au prince avant d'en prendre un pour lui et d'aller se mettre à la fenêtre pour regarder dehors. Il observa le soleil dont la lumière ruisselait sur les feuilles des arbres, souriant. Axel, de son côté, s'était fourré l'esquimau dans le bec et savourait la paix et le silence environnants. Aucun des deux garçons n'aurait pu demander plus pour que cette journée soit absolument par-
- AXEL !
Le rouquin manqua de peu s'étouffer, et Demyx grinça des dents avant de plonger sous la couchette, hors de vue.
- T'es seul sur ce coup, Ax.
Axel soupira avant dans répondre dans un presque-ricanement :
- Hé, merci Dem. C'est réconfortant de savoir que je peux toujours compter sur toi…
L'autre le regardait depuis l'espace sous le lit, et le gratifia d'un sourire de traviole et d'un haussement d'épaules penaud. Il pouvait toujours compter sur son meilleur ami, ça oui, quand il s'agissait de le laisser tomber dans les moments délicats. Mais Axel rejoignit tout de même l'échelle et descendit jusqu'au pied de l'arbre, où il trouva un garde qui l'attendait patiemment.
- Maître Axel, votre mère requière votre présence au château. Maintenant.
Il soupira encore.
- Très bien. Qu'est-ce qui se passe, maintenant?
Axel fit appel à son regard le plus meurtrier en entrant dans le château, et découvrit un petit attroupement dans la chambre de sa mère. Plus spécifiquement, il remarqua un petit garçon blond qui pleurait dans l'ourlet de la robe de cette dernière, et la reine Ella qui le regardait lui avec colère, comme si c'était lui qui était responsable. Le roi Lucas se tenait adossé à un mur non loin de là, l'air plus amusé que réellement ennuyé il comprenait un peu mieux ce qui se passait que la mère impulsive et dirigiste d'Axel.
- Axel, Roxas me dit que tu l'évites et que tu l'ignores quand il t'appelle ! Comment peux-tu traiter aussi grossièrement et avec si peu d'égards ton invité ?
- C'est pas mon invité, maman ! C'est toi qui l'invites ici ! Dit-il d'un ton brusque, refusant de revenir sur ses positions. Roxas tressaillit, un peu plus blessé par ces paroles qu'il n'aurait voulu l'être, mais il se contenta d'enfouir davantage sa figure dans les jupes de la reine.
Cette espèce de petit cafard intrigant…
- Je n'ai jamais signé pour être son garde-bébé ! Il ne nous laisse jamais tranquilles ! Et regarde, tout ce qu'il fait, c'est verser des larmes de crocodile pour vous –
- C'est assez, jeune homme ! Je pense que tu lui as assez fait de peine comme ça !
Le reine baissa sur Roxas un regard d'excuse et lui caressa les cheveux. Le petit garçon renifla.
- A-Axel… P-Pourquoi tu es si méchant avec moi ? Dit-il doucement, ses grands yeux bleus miroitants de larmes. J-Je voulais juste jouer avec vous.
Oh, qu'il était convaincant. Le sourire diabolique du petit s'élargit, même si les adultes présents étaient trop occupés à jeter à Axel des regards réprobateurs pour ne fut-ce que remarquer le petit menteur. Le blond se détourna et se blottit à nouveau dans les jupons de sa mère, les épaules tremblant légèrement pour faire bonne mesure. Le prince soupira lourdement.
Il est trop doué… Merde.
Ella en avait de toute évidence plus qu'assez entendu.
- Axel, tu vas gentiment jouer avec lui, sans quoi tu seras privé de tes leçons d'escrime et de tir à l'arc pour le reste de l'été.
- Mais maman !
Elle secoua la tête et montra la porte du doigt.
- Maintenant, tu vas emmener Roxas. Et ne me réponds pas, jeune homme.
De mauvaise grâce, Axel avança dans la pièce et prit rudement le pâle petit blond par la main avant de le tirer à ses côtés et de tourner les talons pour partir.
- Très bien, siffla-t-il par-dessus son épaule, et il continua de traîner Roxas derrière lui jusqu'à ce qu'ils soient sortis, et en route pour la cabane.
- T'es vraiment un morveux, Roxas.
Le petit prince émit un grognement dégoûté, faisant la moue sans parvenir à dissimuler son sourire triomphant.
- Même pas vrai ! C'est toi, le morveux, Axel ! Pourquoi tu me détestes autant, d'abord ?
- Hé bien j'avoue que ça n'aide pas beaucoup, que tu passes tout ton temps à me suivre partout et à mettre ton nez dans mes affaires ! Riposta-t-il férocement. Pourquoi tu vas pas te trouver des amis ?
Roxas continua de faire la moue tout en tentant de dégager son bras de la poigne de son aîné.
- Tu crois pas que j'ai essayé ? Je suis obligé de venir jouer avec toi tous les étés, j'ai pas le temps de me faire d'autres amis ! Et tu pourrais lâcher mon bras ? Tu me fais mal !
- Pleurnichard !
- Méchant !
- Trou du cul !
Le blond le fixa pendant un instant, les yeux écarquillés. Axel le lâcha, frappé de stupeur, et se plaqua une main sur la bouche en gémissant. Maintenant, il était dans le pétrin…
- Non, je le pensais pas ! Roxas, attends…!
Le garçon lui fit un sourire diabolique, et chantonna : « Je vais le dire à ta maman ~ ! » avant de mettre les bouts à toutes jambes, retournant à l'intérieur du château, Axel bientôt sur les talons.
- Reviens ici, espèce de sale petit…
La reine Ella écoutait les garçons qui tambourinaient à la porte, criant et se chamaillant.
- Je trouve que les enfants ont l'air de bien s'entendre. Pas toi, Lucas ?
Le roi sourit et prit distraitement une gorgée de thé.
- Je pense que je ne m'étais plus autant amusé depuis des années, Ella. C'est la meilleure idée de que tu aies jamais eue !
Elle rit.
- Hé bien, tu n'as pas encore vu le meilleur! Je peux dire que mon petit Axel aime bien Roxas, il refuse simplement de l'admettre ! Nous n'avons plus qu'à passer à la vitesse supérieure !
NDT :
1 : Même si à mon sens il ne s'est retrouvé dans ce pétrin que par la faute d'Axel qui aurait du descendre le chercher – zut, il a quatre ans quoi XD
