Auteur : Nakano Hana

Traduction : Ariani Lee

Bêta-lecture : Shangreela

Note: Je me sens d'humeur généreuse aujourd'hui, alors voici le chapitre avec un jour d'avance. Bonne lecture!


Plus Loin Que Dans Mes Rêves

Chapitre 15 – Au-delà de tout espoir


Pardonne-moi, Roxas… pardonne-moi.

Je voulais seulement rompre le maléfice…pour te prouver mon amour.

Je t'aime. Je t'aime pour ta bonté et pour ton courage.

Je t'aimerai toute ma vie.


Axel laissa le corps de Zexion retomber en frémissant de colère. Il se releva et cracha sur son cadavre avant de retourner au bord du lac, en sachant très bien qu'il allait devoir expliquer à Demyx tout ce qui était arrivé, et il n'avait franchement pas hâte… Il n'avait plus hâte de rien, quoi qu'il en fut.

Quand le prince rejoignit enfin Demyx, il le trouva agenouillé près de Roxas, la tête basse et les épaules tremblantes.

- Axel, qu'est-ce qui se passe ? C'est quoi le problème avec Roxas ?

Demyx, pourtant toujours si insouciant, était maintenant au bord des larmes. Il leva vers son ami un regard confus.

Axel soupira.

- En… En fait, commença-t-il, s'étranglant pratiquement avec ses mots, cette chose que je combattais… c'était le monstre qui a tué son père.

Demyx hocha la tête, puis il la baissa à nouveau tristement.

- Mais… qu'est-ce qu'on fait, pour Roxas ? Je… Il va… Il va guérir ?

Axel frémit, incapable de trouver quoi dire. Il avait lui-même tant de mal à admettre la mort de Roxas, son cœur se brisait à la simple pensée que le garçon qu'il aimait était réellement parti pour toujours.

- Dem, il est…

- Je sais !

Demyx bondit sur ses pieds.

- Je vais chercher de l'aide ! Un docteur saura quoi faire ! Attends-moi là, je reviens très vite !

Axel le regarda partir, légèrement sonné. Demyx disparut dans les bois et le prince resta immobile un instant avant de se détourner en secouant tristement la tête. Son ami découvrirait la vérité bien assez tôt.

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Pendant un long moment, Axel resta assis sur le sol dur et froid, serrant Roxas contre lui et laissant ses larmes couler. Il ne se sentait pas capable de faire quoi que ce soit d'autre en attendant que Demyx revienne avec ses renforts… ou se perde à nouveau sur le chemin du retour. Il était trop fatigué, trop épuisé moralement pour bouger.

- Roxas…

Arriva un moment où il n'eut plus de larmes à verser, et où les dernières terminèrent de couler et séchèrent sur ses joues. Axel déplaça avec mille précautions le corps inerte pour pouvoir regarder le visage blanc de son fiancé et caresser tendrement sa joue. Plus il le regardait, plus son cœur se serrait dans sa poitrine, et le prince commença à penser que la douleur ne partirait jamais. Même les choses les plus insignifiantes de la vie quotidienne finiraient par lui rappeler Roxas, d'une manière ou d'une autre.

- Roxas… Je suis tellement désolé… S'il te plaît, pardonne-moi…

Axel se pencha à nouveau pour l'embrasser. Sa bouche, qui avait été si douce, si aimante, resta froide et immobile. Il resta ainsi pendant un moment, priant avec un ultime espoir pour sentir à nouveau le souffle léger et chaud qui avait un jour passé ces lèvres entrouvertes. Mais bien sûr, cela n'arriva pas, alors il se laissa aller et s'adossa contre un arbre. Il regarda le ciel, les yeux vides, tenant Roxas dans ses bras comme une mère son enfant nouveau-né.

J'aurais dû m'en rendre compte…, pensa-t-il, amer. Il n'y a pas de lune. J'aurais dû savoir…

S'il avait remarqué ça plus tôt, peut-être que ça ne serait pas arrivé. Il avait été si obnubilé, tellement heureux de retrouver Roxas en vie, qu'il avait commis des erreurs qui l'avaient mis en danger.

Et maintenant, il était mort.

Le prince recommença à sangloter, réalisant que finalement, il avait encore des larmes. Il ne se rendit pas compte que son ami était revenu…

Demyx avait à peine parcouru la moitié du chemin qui menait jusqu'au château quand il était tombé sur toute une équipe de nobles, comprenant la reine elle-même, qui avait pris armes et chevaux pour venir aider le prince. Tous les hommes présents dans la salle de bal étaient venus, épées au côté en prévision du pire, mais aucun ne fit mine de s'approcher d'Axel.

Demyx descendit du cheval de la reine, derrière laquelle il était monté, et fit quelques pas vers le couple avant de s'arrêter. Il secoua tristement la tête.

- Axel…

Ella démonta à son tour, ses yeux écarquillés de tristesse et de chagrin face à la scène qui se déroulait devant elle.

- Oh, non…

Tous regardèrent, le cœur lourd, leur prince prendre le visage de son promis dans ses mains en coupe et lui parler doucement.

- Roxas…

Une nouvelle fois, il écarta des mèches de cheveux, marquant une pause avant de parler à nouveau.

- Tu m'as demandé une fois si ta beauté était tout ce qui m'importait. Dans un sens, c'est vrai… J'ai toujours pensé que tu étais incroyablement têtu, et tu m'as cent fois donné raison !

Il sourit doucement en parlant, et un léger gloussement lui échappa.

- Tu restais collé à moi, que je le veuille ou non, et je serais mort plutôt que de l'admettre, mais j'avais fini par apprécier ta présence. Tu étais toujours si gentil avec tout le monde, même avec les gens qui ne le méritaient pas. Et je sais que je ne l'avais pas mérité, vu la façon dont je m'étais conduit pendant tout ce temps…

Axel se tut un instant, chassant une larme brûlante qui poignait au coin de son œil.

- Tu étais intelligent et drôle, tellement plein de vie…

Il sourit doucement en jouant d'un air absent avec une mèche de cheveux blonds.

- Tu étais la personne la plus courageuse que j'ai jamais connue… Et…

Il s'étrangla.

- …et tu n'avais pas mérité ça. Pas du tout…

Une autre larme coula et alla s'écraser sur la joue de Roxas. Axel l'essuya et se penchant encore davantage.

- J'ai été tellement stupide… Je ne te méritais pas non plus…

Il l'embrassa à nouveau, passionnément en dépit de l'absence d'une réponse qu'il aurait tant désirée. Pendant un instant, le monde entier se figea, et il ne resta plus qu'eux deux. Rien d'autre n'avait d'importance…

Une minute s'écoula, puis Axel s'écarta lentement, et essuya brusquement ses larmes d'un revers de la main.

- Je le sais, mais… mais je t'aime tellement, Roxas… Tout chez toi est magnifique à mes yeux…

Il l'attira à nouveau tout contre lui et le serra de toutes ses forces en essayant de se maîtriser. La nuit était parfaitement silencieuse, personne ne faisait le moindre bruit. Nul n'osait, tous redoutaient de déranger le prince, de risquer de lui briser un peu plus le cœur, quand son chagrin brisait déjà les leurs…

- Je t'aime, Rox…

- Axel… Je suis flatté mais tu permets ? Murmura une voix douce, qui parvenait à peine à son oreille. C'est inconfortable… et ma nuque me fait mal…

La voix était faible, mais elle était bien réelle. Les yeux d'Axel, toujours miroitants de larmes, s'ouvrirent d'un seul coup en entendant ce son familier, et quand il les baissa, ce fut pour voir les iris bleus les plus magnifiques du monde lui rendre son regard. Son cœur manqua plusieurs battements pendant qu'il s'efforçait d'assimiler l'information. Roxas était en vie et il lui souriait…

- R… Roxas ?

Il le regarda en battant des paupières, puis ses yeux s'écarquillèrent – c'était réel. Roxas était réel…

Demyx, qui avait entendu la voix de son ami, aussi faible fusse-t-elle, s'approcha en courant. Il les regarda tous les deux, ses yeux allant de l'un à l'autre, une surprise flagrante peinte sur le visage. Puis ses lèvres s'étirèrent en un sourire qui semblait ne jamais devoir cesser de s'élargir, et il se jeta sur ses amis stupéfaits, les étreignant tous les deux en pleurant de joie.

- Roxas ! T'es vivant ! C'est un miracle !

Tous les gens présents échangèrent des regards incrédules, mais ils se rendirent rapidement compte que c'était la vérité. Alors tous se mirent à crier de joie et à rire, et la tension qui avait jusque là rendu l'atmosphère aussi pesante qu'avant un orage d'été disparut.

Axel était encore à moitié pétrifié et à moitié ailleurs, incapable de détacher son regard de Roxas. Ce dernier rit faiblement et leva la main pour fermer lui-même la bouche du rouquin, s'arrêtant pour suivre du bout des doigts les marques de griffes sur son visage.

- Tu vas fini par avaler des mouches si tu restes comme ça, Axel… mais qu'est-ce qui s'est passé ici ?

Il désigna les troncs d'arbres écorchés et les buissons ravagés.

Axel émergea enfin de sa transe et se secoua un peu.

- C'est rien, gamin… rien du tout…

Roxas fronça les sourcils, devinant que le jeune homme essayait sans doute de lui cacher quelque chose. Puis ses yeux s'écarquillèrent légèrement, comme s'il se rappelait soudain les évènements de la soirée. Il regarda autour de lui, l'air inquiet.

- Zexion. Où est-il ?

Axel le sentit trembler un peu dans ses bras et, le serrant fermement contre lui, il lui offrit son sourire le plus rassurant.

- C'est fini, Roxas… Il est parti pour de bon. Il ne te fera plus jamais de mal…

Le garçon ramena aussitôt sur attention vers lui, bouche bée, l'air incrédule.

- Tu… tu ne veux pas dire que… Je… je suis libre ?

Le rouquin hocha la tête et son sourire s'agrandit. Après un instant, les larmes montèrent aux yeux du blond. Il laissa échapper un petit rire triste, noua ses bras autour du cou d'Axel et se blottit contre lui.

- Tu avais promis de ne pas te battre avec lui, espèce d'idiot…

Axel gloussa un peu.

- Hé, j'ai gagné, non ?

Roxas sourit et ferma les yeux, peu pressé de réfléchir à la suite des évènements. Il était avec Axel, maintenant, et tout allait bien se pass -

- Oh, Axel ! Roxas ! Je suis si heureuse que vous alliez bien !

À nouveau, le couple se retrouva serré dans une autre paire de bras, à la force écrasante. Les yeux de Roxas s'exorbitèrent et il se tortilla faiblement, tandis qu'Axel protestait et essayait de repousser l'envahisseur.

- MAMAN ! ARRETE, JE PEUX PLUS RESPIRER !

Il lança un regard furieux à Demyx, qui s'était écarté en catimini pour laisser la reine s'approcher et leur tomber dessus.

- DEMYX, SALE ENFOIRE ! FAIS QUELQUE CHOSE !

Ledit Demyx se contenta de sourire.

- Disons que c'est une petite vengeance. Tu m'as laissé errer dans les bois pendant une semaine...

Là-dessus il fit un petit signe à Roxas et s'éloigna en ignorant soigneusement les insultes et les poignards oculaires que le rouquin furibard lui lançait.

Dans les buissons, Marluxia broyait Xigbar dans sa propre étreinte écrasante et pleurait de soulagement.

- Il va bien ! Je savais qu'il s'en sortirait !

La grenouille grognait et se débattait, et Lexaeus riait en les regardant. La vieille tortue jeta un regard au couple enlacé, puis se détourna en souriant.

- Je suis heureux pour toi, gamin…

La reine entreprit de préparer le retour au château et tout le monde se dispersa pour laisser aux deux princes un moment d'intimité dont ils avaient plus que besoin. Roxas était encore très affaibli, mais il ne s'en souciait guère. Il était installé confortablement, les bras d'Axel autour de lui, son épaule faisant office d'appuie-tête. Ils se regardèrent en silence pendant un moment. C'était un silence heureux, comblé, car ils savaient maintenant qu'ils avaient tout le temps devant eux.

Finalement, Axel passa une main dans les cheveux de son promis et parla.

- Je n'arrive toujours pas à le croire. Tu es revenu…

Le blond soupira de contentement et sourit, savourant la caresse et serrant la main libre d'Axel dans les siennes.

- C'est grâce à toi, Axel.

Quand le jeune homme lui lança un regard perplexe, il rit.

- Tu as vaincu Zexion, et tu as fait ce vœu pendant que tout le monde regardait. On dirait que ton plan a vraiment fonctionné…

Axel rougit légèrement en l'entendant dire ça, mais il sourit et lui ébouriffa les cheveux. Il était heureux au-delà des mots, et voir Roxas rire et sourire à nouveau, c'était la plus belle chose qu'il eût jamais vue…

- Axel ! Tu veux bien arrêter ça ? Protesta Roxas en chassant sa main. (Il s'efforçait de parler sur un ton autoritaire qui, vu son état de faiblesse, faisait un peu pitié.) Combien de fois vais-je encore devoir te dire de cesser de me traiter comme ça ?

Le rouquin se contenta d'un ricanement et le serra tout contre lui, ignorant volontairement les grognements qu'émit Roxas quand il l'embrassa sur la joue.

- Tu pourras le répéter encore un million de fois, le môme, je continuerai.

- Allez ! Je ne suis plus un bébé !

- Tu seras toujours un petit morveux pour moi, gloussa Axel en tapotant le bout du nez du blond furieux.

Roxas croisa les bras et se mit à bouder, mais Axel s'en moquait. Il ne pouvait penser qu'à une chose, combien il était adorable, même énervé comme ça. Il n'avait jamais remarqué à quel point l'air renfrogné de Roxas lui avait manqué, jusqu'à ce moment où il avait cru qu'il ne le verrait plus jamais faire la grimace. Et s'il ne l'avait plus jamais vu sourire ? Tout serait devenu insensé, sa vie serait devenue une parodie d'elle-même...

Hé bien, il ne ferait plus jamais de telles erreurs. Axel décida qu'il allait profiter au maximum de tous les moments qu'ils passeraient ensemble, car chaque moment de vie était précieux.

- Mais tu es mon petit morveux…, murmura-t-il au creux de l'oreille de Roxas, et il sourit quand ce dernier se tourna vers lui en fronçant les sourcils. Son sourire devint rire quand il se pencha pour capturer ses lèvres boudeuses et qu'il sentit entre elles ce merveilleux souffle de vie lorsqu'il les toucha.

Roxas laissa ses yeux déjà fatigués se fermer et s'empourpra un peu, mais il se rapprocha. Il passa ses bras autour du cou d'Axel et s'y accrocha fermement quand ce dernier se releva, l'entraînant avec lui. Axel s'écarta lentement et, en souriant, il le soutint jusqu'à la calèche qui les attendait maintenant non loin de là pour les ramener au château.

- Quoi qu'il arrive, je viendrai toujours te chercher…

Le blond sourit, l'air épuisé. Il dormait déjà à moitié quand Axel l'installa dans la voiture. Axel le déposa sur une banquette et l'attira contre lui pour qu'il puisse s'assoupir à son aise, et l'attelage se mit en branle.

- Je t'aime, Axel…

Le prince lui caressa les cheveux, puis se mit à regarder le paysage défiler par la fenêtre. Un instant plus tard, Roxas était profondément endormi, blotti contre lui comme s'il avait été un oreiller. Axel sourit en le voyant et déposa un baiser sur sa joue.

- Je t'aime aussi, Roxas. Joyeux anniversaire…