NdSs : J'ai choisi de publier la suite de cette histoire aujourd'hui, car c'est une date spéciale pour une personne qui a une place spéciale dans mon cœur : rickiss. Je te souhaite de passer un excellent anniversaire mon ange ! BisouSs :)
Bonne lecture à tous !
Place au texte…
Adopte un sorcier
Chapitre 3 :
En montant les marches, je ne peux m'empêcher de contempler ce que je vois :
Une paire de fesses.
Celles de Malfoy.
Bébé.
Plusieurs portraits sont accrochés au mur. Marche après marche, toute la famille Malfoy y passe. Des plus anciens jusqu'aux générations présentes.
J'esquisse un petit sourire lorsque j'arrive au portrait de mon ancien camarade, enfant. Il est avec ses parents. Ils ont l'air heureux. Je pousse un petit soupir nostalgique, avant de poursuivre mon chemin.
Je m'arrête un instant devant le dernier portrait : Malfoy est adulte.
La photo est assez récente si j'en juge sa coupe de cheveux. Dessus, il est à nouveau en compagnie de ses parents. Je remarque avec étonnement que le professeur Snape est également présent. Ce qui a capté mon attention toutefois, est la jeune femme, que je ne connais pas, qui se tient à côté de Malfoy. Ils ont l'air assez intimes, vu le regard complice qu'ils s'échangent.
Brune, cheveux mi-longs, yeux pétillants de malice, sourire à en faire tomber plus d'un. Elle est jolie, élégante et je suis sûr, est d'une personnalité attrayante et amicale. Je pourrais l'apprécier, mais en cet instant j'éprouve uniquement ce qui ressemble étrangement à de la jalousie.
Me voilà pensant comme une midinette adolescente, il faut que je me reprenne. D'autant que Malfoy a l'air de s'impatienter là-haut, même s'il n'a pas fait de remarque explicite, son tapotement de pied l'est bien assez. Je me dépêche alors de monter les quelques marches restantes en lui faisant un sourire penaud d'excuses.
Il me conduit dans une pièce assez sobre équipée d'un canapé, d'un fauteuil, une table basse et une petite étagère remplie de livres et autres parchemins. Un feu crépite dans une cheminée.
Mon hôte s'installe dans le fauteuil. Je m'assois sur le canapé et attends. Ma pinte me fait de l'œil, mais je n'ose pas y toucher.
Malfoy semble perdu dans ses pensées. Il pianote de sa main droite sur l'accoudoir de son fauteuil, m'ignorant superbement.
J'en profite pour le détailler encore une fois.
« Potter, on ne t'a jamais appris que c'était malpoli de dévisager les gens ?
- Je… je ne te regardais pas… N'importe quoi, pff ! »
Je bafouille de mauvaise foi, gêné et me traitant intérieurement pour avoir fais preuve de si peu de discrétion. Pour la peine, je prends une gorgée de ma boisson.
« Tu n'as pas à avoir honte, tu sais. Je comprends, je ne suis pas déplaisant à regarder, je le sais. »
Je manque de recracher le whisky. Il est corsé, whaou.
« Fais juste preuve d'un peu plus de subtilité la prochaine fois, c'est tout, ajoute-t-il, avec un soupir ennuyé en me donnant une petite serviette pour que je ne salisse pas la moquette.
- On ne peut pas dire que la modestie t'étouffe, toi, je lui réplique en reposant mon verre.
- Je n'ai pas à l'être puisque c'est la vérité et tu le sais très bien. »
Il me dit cela avec toute la nonchalance dont il est capable. Il est si sûr de lui, que ça m'énerve de ne rien trouver à répondre à ça.
Du coup, je préfère changer de sujet :
« C'est qui la femme avec toi sur la photo accrochée en haut de l'escalier ? »
Je ne sais pas pourquoi mais j'ai demandé cela sur un ton qui n'était pas aussi neutre que je l'aurais voulu. Cela n'échappe pas à mon vis-à-vis qui me regarde enfin droit dans les yeux et me réplique narquois :
« Pourquoi, elle t'intéresse peut-être ?
- Ça, certainement pas.
- Oh, alors dois-je comprendre que tu es jaloux… d'elle ?
- Ce n'est pas ce que je voulais dire, je réponds excédé. Dis-moi qui c'est, j'ordonne, impatient.
- Sûrement pas si c'est demandé avec si peu de tact ! De toute façon, ce ne sont pas tes affaires.
- Maître Draco ?
- Quoi ?! »
L'elfe de maison sursaute légèrement sur le ton un peu abrupt employé par Malfoy. Ce dernier l'invite à continuer de la main.
« Pardon d'interrompre le Maître, Mona est venue vous prévenir, Maître Draco, le dîner est servi dans la grande salle.
- Merci, Mona. Tu peux disposer. »
Sur ces paroles, Malfoy se lève, m'invitant à le suivre. Je m'en veux un peu d'avoir gâché l'ambiance. Il pourrait répondre aussi, je ne vois pas pourquoi il en fait tout un foin. Ce n'est qu'une question après tout.
oOoFCRCSMoOo
« Désolé pour tout à l'heure. Je n'aurais pas dû être si curieux. »
Je m'excuse alors que l'on s'installe à table. Je ne vois pas sa réaction, car il est hors de question de le regarder en disant cela, faut pas abuser non plus.
« Abby, lâche-t-il au même moment où les plats sont servis.
- Pardon ?
- Elle s'appelle Abby. Nous travaillons ensemble au labo. La photo a été prise le mois dernier, quand j'ai fêté mon anniversaire.
- Oh, d'accord. Euh, au labo ?
- Je constate que tu n'as pas suivi un instant ce que je disais avec Granger. »
Devant mon air embarrassé, il soupire avant d'ajouter :
« Je travaille au laboratoire des Potions Curatives.
- Ça a l'air…intéressant.
- Ça l'est. »
Le silence s'installe à nouveau.
Nous attaquons alors les plats. Tout a l'air délicieux.
Le repas se passe calmement, au début.
Au fil de la soirée, l'ambiance se détend considérablement. Les discussions sont plus vivaces.
C'est assez étrange tout de même, peu importe le sujet de conversation, il semble très concentré sur ce que je dis. C'est pour le moins déconcertant de le voir si attentif à mes paroles. Il a vraiment changé. Ou est-ce moi qui suis différent ? Ce n'est peut-être aucun des deux. Ou alors il a tout simplement la faculté à dormir les yeux ouverts. Mais j'en doute fortement.
Il ne cesse de me regarder dans les yeux à chaque mot prononcé.
C'est très déstabilisant, mais pas désagréable. De plus, même si nous ne sommes pas toujours d'accord sur certains sujets, il m'expose son point de vue, sans vouloir à tout prix l'imposer.
Merlin, Draco Malfoy est appréciable.
Àcroire que depuis que nous avons quitté Poudlard, il est devenu un autre homme. Quoi qu'à bien y réfléchir, c'est depuis la fin de la guerre. À cette pensée, un déclic se fait dans ma tête.
« Potter, est-ce que ça va ? Tu as l'air contrarié, c'est le dessert qui n'est pas à ton goût ?
- Le dessert est parfait.
- Quel est le problème alors ?
- Je suis vraiment impressionné, Malfoy. Ta sollicitude à mon égard paraît si réelle. »
Il fronce les sourcils.
« Tu crois que je n'aurais pas deviné à un moment la vraie raison de ma présence ici ? Alors je t'écoute, qu'est-ce que tu veux ?
- Je ne comprends pas.
- Arrête de faire l'hypocrite, j'ai compris pourquoi je suis là : tu as un service à me demander, alors je t'écoute. »
Il me regarde comme si une seconde tête avait poussé sur mon crâne. Ça dure bien une minute avant que son attitude change du tout au tout. Il soupire, tout en reposant ses couverts. Il semble agacé d'un coup :
« Ma baguette. »
Constatant mon hésitation, il poursuit, légèrement énervé :
« Celle que tu m'as volée ? J'aimerais que tu me la rendes. »
Oh. Je suis déçu, bizarrement. Je pensais… Quoi ? Que Draco Malfoy avait voulu un rendez-vous galant avec moi parce qu'il m'appréciait ? Ça sonnait faux depuis le début. J'aurais dû écouter mon instinct plus tôt. Toute cette mascarade, juste pour me demander de lui rendre sa baguette ? Je lui fais part de mes doutes… il doit y avoir autre chose :
« Tu as payé mille gallions pour passer toute une soirée avec moi uniquement pour me demander cela ? Après tout ce temps ? »
J'essaie de faire diversion avec mes questions. Il n'est pas dupe et me réitère sa demande. Je lui explique alors que je ne peux pas lui rendre sa baguette. Ça reviendrait à lui donner l'allégeance de la baguette de Sureau. Enfin, je crois. Bref, je lui redemande alors pourquoi il a attendu aussi longtemps pour sa requête, à moins que…
« À moins que je suis là pour une autre raison ? »
Pendant un moment, je crois qu'il va me dire simplement : « Non » mais à la place il demande :
« Tu as déjà entendu parler de : dette de sorcier ? »
Je m'attendais à tout, sauf à ça. Me raclant la gorge, je lui réponds :
« Euh, oui. Snape en avait une envers mon père. Si je me souviens bien, si un sorcier sauve la vie d'un autre sorcier, il lui est redevable jusqu'à ce qu'il lui rende la pareille.
- Exactement. Ça fait presque quatre ans que cette dette me pourrit la vie, Potter. Quatre ans à vivre avec ce sentiment de t'être redevable de m'avoir sauvé la vie dans la salle sur demande. J'en ai assez, j'ai d'autres priorités et ambitions dans la vie que d'être au courant de tes moindres faits et gestes. Chaque jour, je dois savoir ce que tu fais pour être sûr qu'il ne t'arrive rien.
- Attends, ça veut dire que tu m'as espionné ?
- Oui et le pire c'est qu'effectivement, il ne se passe rien dans ta vie ! Plus ennuyeux que ça, c'est impossible.
- Hé ! Je t'emmerde, Malfoy, ma vie me convient très bien comme ça !
- Et moi je dis qu'il est temps que ça change !
- Au revoir. »
J'en ai assez entendu comme ça. Ce mec est dingue.
Quelques instants plus tard, après avoir pris deux fois le même couloir - c'est un véritable labyrinthe ce Manoir ! - je dévale l'escalier et me retrouve dans le hall. J'ouvre la porte. J'entends Malfoy qui descend les marches et avec nonchalance m'interpelle :
« Potter, tu… »
J'avance un pied dehors et… rien. Je suis bloqué.
« Tu ne peux pas t'enfuir, Potter. »
Qu'est-ce qu'il raconte ?!
« Tu n'as pas le droit de me garder prisonnier, c'est du kidnapping ! C'est puni par la loi. »
Je ne comprends pas ce qu'il m'arrive. Chaque fois que j'essaie de franchir le seuil, une espèce de force magique me retient à l'intérieure.
Je me retrouve projeté en arrière, sur le dos, alors que je poussais de toutes mes forces pour sortir de cet enfer.
Je me relève et je vois Malfoy, à quelques pas de moi, se pincer l'arête du nez car il perd patience.
Pourtant, il m'explique alors d'un ton dénoué d'humour, malgré son sourire :
« Crois-moi, Potter, que je te foutrais moi-même par la porte si je le pouvais ! Le contrat que tu as signé et que j'ai en ma possession grâce à mon enchère stipule que tu es à moi jusqu'à minuit. »
L'horloge du salon sonne à ce moment précis 23 heures. Génial, ça veut dire que je dois rester encore une heure ici, avec lui.
A suivre…
