Disclaimer : Les personnages et l'univers HP sont à JK Rowling.
Rating : K+
NdSs : Ta-dah ! ^^ Voici un autre chapitre de cette histoire qui prend un nouveau tournant dans la relation entre Harry et Draco.
J'espère que ça vous plaira autant qu'à mon amie (et auteur de talent !) rickiss.
Enjoy !
Adopte un sorcier
Chapitre 6 :
Jour 1 (suite) :
« Tu avais dit : "Shopping".
- Et alors ? »
Je serre le poing. Il a vraiment un don pour me faire perdre patience ce mec. Déjà qu'il a refusé de me dire pourquoi nous étions dans ce quartier de Londres. À ma connaissance, il n'y a pas de boutiques de sorciers dans ce coin de la ville.
« C'est un salon de coiffure, ici, je réplique le plus calmement possible.
- Très observateur, Potter… Ah Michel ! Comment allez-vous… »
Malfoy me laisse en plan (et j'ai bien envie d'en faire autant !), pour saluer un vieil homme assez petit avec un fort accent français. Malfoy lui parle avec aisance. Je ne comprends rien à ce qu'ils se disent, pourtant je les écoute attentivement. C'est la première fois que j'entends Malfoy parler cette langue et malgré moi, je dois avouer que ce n'est pas désagréable pour les oreilles.
Je mets une seconde en trop pour m'apercevoir qu'ils me fixent. Je me sens mal à l'aise d'un coup. Malfoy fait rapidement les présentations. Je serre la main du type qui me tire brusquement le bras et, malgré le fait que je le dépasse d'une tête, arrive sans mal à me faire pencher vers lui. Avant que je ne comprenne quoi que ce soit, ses mains sont dans mes cheveux. J'entends Malfoy toussotait légèrement pour couvrir son ricanement.
Michel, lui, fait de petites réflexions, tout en massant mon cuir chevelu. Je ne maîtrise pas la langue française, mais à en juger le ton employé, ça a l'air peu valorisant. Limite, il me donne l'impression d'être aux abois. Il finit par me lâcher et se met à hurler des instructions. Une partie de son personnel arrive alors à toute vitesse… m'encerclant. Et dire que je ne peux pas me défendre parce qu'ils sont moldus…
oOoOoOo
« Potter, tu sors de chez le coiffeur. Tu vas ruiner les efforts de Michel qui vient de réussir à te donner un look capillaire tendan… non, capillaire tout court. »
J'ignore sa pique et continue mon plaidoyer :
« Tu ne vas pas m'interdire de voler ! J'ai toujours eu l'habitude de le faire le dimanche. Je suis libre de faire ce que je veux. Je ne suis pas un gamin !
- Pourtant, tu imites leurs caprices à la perfection. »
Je me doutais que je n'aurais pas dû taper du pied.
« Quel rabat-joie, tu es ! Tu peux venir voler avec moi…
- Non. »
Son ton est sans appel. Ce qui me surprend grandement.
« D'accord, j'irai seul. Juste, peux-tu me prêter ton balai ?
- Tu en as un, non ? Il s'énerve.
- J'ai… euh, j'ai dû le mettre en réparation, la semaine dernière… »
J'omets de lui dire que c'est à cause de Janice qui a voulu s'asseoir avec moi dessus pour une balade et que j'ai perdu le contrôle quand sa main s'est agrippée à mon entrejambe. L'atterrissage a été rude.
« Alors, tu pourras me passer le tien ? » je demande, chassant mes souvenirs peu glorieux.
Il fuit mon regard. Son attitude est de plus en plus bizarre.
« On y est, annonce-t-il, ignorant ma précédente interrogation. »
Il me désigne la porte, m'incitant à entrer en premier. Nous sommes retournés dans le Londres sorcier, pourtant je n'ai jamais mis les pieds dans cet endroit…
En franchissant le seuil, je comprends pourquoi…
oOoOoOo
« Tu es dingue ou quoi ?! Qu'est-ce qu'il t'a pris de déchiqueter mes fringues ? » je m'écrie à l'attention de Malfoy.
Quand je suis sorti de la cabine d'essayage de cette boutique de luxe, parce que ce dernier ne répondait pas à mes appels, je l'ai pris sur le fait.
« Oups, s'excuse-t-il faussement navré, en jetant les lambeaux dans une poubelle étincelante. Ma magie a tendance à réagir toute seule face au mauvais goût vestimentaire, ajoute-t-il le plus sérieusement au monde.
- Oui, bien sûr » je lui réponds avec un regard en biais.
Bizarrement, je ne suis pas si énervé que cela. Je tente même une boutade qui surprend Malfoy :
« Je vais finir par croire que tu cherches des prétextes pour me voir dévêtu. »
Draco fourre les habits qu'il m'a faussement "recommandés" (forcés à choisir, serait plus exact) dans mes bras, me bousculant légèrement. Il m'ordonne de me changer au lieu de débiter des idioties absurdes.
Son attitude me fait rire, même s'il n'y a rien de drôle en soi.
oOo FCRCSM oOo
Jour 3
« Malfoy, je suis rentré à la mai…! »
Merlin, j'ai failli dire une connerie. Faut dire, la journée a été éprouvante, je n'ai plus les idées très claires. Un nouveau cas d'attaque de Détraqueurs nous a été signalé hier matin. C'est la troisième fois en un mois qu'on nous signale leur présence dans les rues de Londres. Du coup, suite à la décision du Ministre de la Magie de lancer une opération d'éradication de ces créatures, ça fait deux jours qu'avec mon équipe, et l'aide d'un spécialiste dans la création de nouveaux sorts - dont celui pour détecter leur présence à moins d'un kilomètre -, nous sommes sur leur trace. Je n'ai pas vu Malfoy depuis. Je lui avais laissé une note pour le prévenir que je restais une nuit en planque. Finalement, nous avons pu arrêter le nid de Détraqueurs qui avait envahi le sous-sol d'un hôtel désaffecté. Le danger est pour l'instant écarté, mais leur nombre exact reste indéterminé. Qui sait si d'autres ne reviendront pas un jour ou l'autre ?
J'enlève mes chaussures, quand j'entends un bruit de casseroles tombant à terre provenir de la cuisine. D'instinct, je sors ma baguette et me dirige vers la source de ce vacarme.
J'ouvre avec précaution la porte et ce que je vois dépasse tout entendement.
Je reste abasourdi par la scène qui se déroule sous mes yeux.
C'est un spectacle hallucinant auquel j'assiste.
On dirait un ballet féerique. Je suis émerveillé surtout par celui qui mène la danse : il coupe les poivrons avec une précision chirurgicale, étale la sauce tomate sur la pâte tel un patineur sur la piste de glace. Râpe le parmesan avec douceur : on dirait de la neige qui tombe un matin d'hiver...
Draco Malfoy qui cuisine (une pizza) c'est waouh, un scoop ! Faut que je le dise à Ron !
« Bordel, Potter ! Arrête de me regarder comme ça et pousse-toi de mon chemin ! »
Je m'exécute. Malfoy passe à mes côtés avec deux assiettes de salade agrémentée de petits légumes, pour accompagner la pizza qu'il sort du four moins de dix minutes plus tard, juste après m'avoir ordonné de m'installer rapidement à table avant que ça ne refroidisse.
oOoOoOo
« Où sont tes elfes ? » je l'interroge quand je dépose les plats vides (C'était vraiment excellent, qui l'aurait cru ?) dans l'évier pendant que Malfoy dresse le dessert. Je vais de surprise en surprise avec lui !
« C'est leur jour de congé aujourd'hui, m'informe-t-il, quand il termine de napper les deux petits gâteaux au chocolat avec un coulis aux fruits rouges. Potter, pourquoi tu te marres ? demande-t-il quand je me poste à ses côtés.
- Ah, pardon, j'ai encore du mal à me remettre de mes émotions de tout à l'heure. Je n'aurais jamais pensé un jour te voir derrière les fourneaux ! Ahhhh.
- Tu m'as cherché. Ça t'aidera peut-être à revenir sur terre. »
J'enlève le coulis de fruits qui menace d'atteindre mes yeux. L'enfoiré, je disais ça comme un compliment... Hmm, de la framboise…
Je lui ai déjà dit que j'avais vraiment aimé son plat. Je me demande s'il mesure l'ampleur de son acte, là. Visiblement, il se doute du danger car il s'est éloigné rapidement, sans se retourner avec les deux assiettes à dessert, après m'avoir versé son reste de coulis sur la tête. Je me saisis de la boîte d'œufs entamée et en prends un au hasard.
« Potter, fais pas le con avec ça et...
- Sort d'immobilisation » je l'informe voyant son air perplexe pour répondre à sa question muette, tout en continuant d'avancer vers lui et jouant négligemment avec l'œuf.
« Tu m'as trouvé. »
Je lui écrase l'œuf sur l'épaule droite (après lui avoir enlevé les assiettes des mains pour les poser sur le plan de travail central). Un autre sur la gauche. Un troisième sur le torse. Je glisse un quatrième dans son cou avant de lui donner une petite frappe dans le dos, faisant exploser la coquille.
Avec le dernier, j'hésite. J'étudie longuement les possibilités qu'il me reste.
Finalement, je mets fin à son calvaire en imitant sa première attaque.
« Il paraît que c'est bon pour les cheveux » je lui explique doctement, en lui caressant les cheveux pour bien étaler son "shampoing". Il ne dit rien, mais je sens une certaine fureur émaner de lui. Il va me le faire payer d'une façon ou d'une autre, je le sais. Pourtant, je ne suis pas plus inquiet que cela. Je m'amuse bien trop pour le moment pour m'angoisser d'une quelconque vengeance de sa part.
Je replace une mèche derrière son oreille droite quand un toussotement me fait sursauter. Je me retourne et comme si tout était parfaitement normal, je salue Hermione et Ron qui nous fixent avec des yeux ronds. Je libère Malfoy discrètement de son sort d'immobilisation, en disant joyeusement à mes amis :
« Vous tombez à pic, nous allions justement prendre le dessert ! »
oOo FCRCSM oOo
Jour 4
« Pas question ! Je m'en vais !
- Ne fais pas l'enfant, Potter.
- Ah, c'est la meilleure, ça, venant de quelqu'un qui refuse de remonter sur un balai. »
J'ai enfin découvert pourquoi il se mettait hors de lui chaque fois que je lui demandais pour emprunter son précieux balai. N'ayant pas obtenu de réponses positives, j'ai entrepris de le chercher moi-même. Sans résultat. Je n'en avais plus besoin, car j'ai récupéré le mien, mais son absence de réponse a titillé ma curiosité.
Au dîner, j'ai voulu savoir pourquoi il ne m'avait pas simplement avoué tout de suite qu'il n'en possédait plus. Après un long sermon de sa part sur le respect de la vie privée qui, bien entendu, a enchaîné sur une dispute, il a fini par lâcher - la colère poussant parfois à dire des choses qu'on regrette plus tard d'avoir révélées - qu'il n'en avait pas besoin, puisque de toute façon, il ne remonterait jamais plus sur l'un d'eux.
Pourquoi ? Allez savoir ! Il n'est pas très loquace sur les sujets trop personnels. Un comble pour quelqu'un qui cherche à en savoir le maximum sur ma vie privée. Après mon relooking, qui m'a valu quelques regards en biais lundi matin au Département des Aurors et trois demi-douzaines de compliments, sa nouvelle étape dans ce qu'il a nommé : "A la recherche de l'âme sœur de Saint Potty " consiste à savoir comment je m'y prends pour draguer. Autant vous dire que j'étais bien content de le laisser en plan pour partir au boulot, quand il m'a interrogé au petit-déjeuner.
J'ai été tranquille, jusqu'à ce soir. J'avais à peine posé un pied dans le hall d'entrée qu'il m'a annoncé qu'on sortait, après le dîner, dans un bar, comme ça il pourrait constater par lui-même ma technique de séduction.
Ce qu'il avait oublié de préciser est qu'il s'agissait d'un bar (gay) avec piste de danse incluse. Tout pour me mettre mal à l'aise.
D'où ma réplique du début, lui indiquant mon envie de quitter au plus vite ce lieu.
Il ne se laisse pas démonter et réplique :
« Touché. Mais, je ne m'abaisserais pas à m'offenser par ta remarque. Oui, Potter, je dois dire que j'admire ton talent à m'énerver au plus haut point, juste pour pouvoir changer la conversation ou retourner la situation à ton avantage. »
Hé merde, depuis quand me connaît-il si bien ?
« Je ne comprends pas en quoi ça va aider ma vie sentimentale de pouvoir faire ça. » j'indique en désignant la piste. C'est une soirée spéciale salsa, si j'en juge la musique.
« Regarde et apprends. »
Malfoy s'élance d'un pas déterminé sur la piste et très vite, un mec vient se coller à lui. Je les observe le temps d'une chanson, puis je m'éloigne en direction du bar.
oOoOoOo
« Je me présente, Draco Malfoy, enchanté de te connaître, hmm… ? il me demande en tendant sa main.
Il faut qu'il arrête, ça devient ridicule.
«… »
« C'est là que tu me dis ton nom.
- C'est débile.
- Dis-moi, ce n'est pas très courant, ça, comme nom. »
Je roule des yeux, laissant échapper un soupir agacé et me mords la joue pour réprimer un sourire.
« Bon, ok je plaisante, elle était facile. Je peux savoir ton vrai nom ? »
Il ne laissera pas tomber, j'en ai bien peur. Il est bien plus téméraire que les trois autres personnes que j'ai refoulées depuis que je me suis installé au bar, pendant que Malfoy continuait à remuer son popotin, croyant peut-être que ça m'inciterait à faire de même. Il a prouvé son point de vue avec son déhancher indécent. Cependant, ce n'est pas ma façon de faire.
Et c'est justement pour cela qu'il fait semblant de m'aborder comme s'il ne me connaissait pas. Genre, je m'y prends mal.
Ce n'est quand même pas de ma faute si :
Primo : je n'aime pas danser. Alors si on m'invite à le faire, que je refuse et que la personne ne cherche pas plus loin, je ne vais pas lui courir après. Surtout si elle demande ensuite à l'individu juste à mes côtés la même chose.
Deusio : je ne sors jamais avec une personne déjà mariée. Surtout si elle nie être engagée dans une relation alors que la marque de son anneau est encore visible.
Tertio : j'avoue, Tertio, euh je veux dire Samuel avait du potentiel, et je n'aurais, pour une fois, pas dit "non" à sa demande pour me retrouver dans une position collée-serré (si vous voyez ce que je veux dire) avec lui. Seulement, au moment où nous avons voulu faire un petit tour dehors, il a remarqué que Malfoy - qui avait enfin arrêté de danser - nous observait d'un peu plus loin. Samuel l'a reconnu et ses propos sur la famille Malfoy m'ont clairement refroidi. D'accord, leur passé n'est pas glorieux, mais ils ont payé à la société leurs dettes. Visiblement Samuel n'était pas d'accord avec mon point de vue. Je lui ai fait comprendre qu'il devait partir prendre l'air tout seul. Ce qu'il a fait.
Je me suis réinstallé sur mon tabouret et moins de dix secondes plus tard, Malfoy était debout à mes côtés, me questionnant pour savoir pourquoi je n'avais pas suivi l'autre type. J'ai menti en lui disant qu'il n'était pas mon genre. Malfoy n'était pas dupe et il a insinué que je devais avoir dit quelque chose qui a fait fuir Samuel.
Du coup, il a dit qu'il voulait changer de tactique et m'a demandé de le draguer. « Pour m'aider » a-t-il ajouté. J'ai rigolé. Il s'est vexé et m'a annoncé : « Très bien, alors c'est moi qui vais m'en charger. » Et il était sérieux.
Je fixe sa main, considérant toutes mes options. Pourquoi pas après tout ?
« Harry, je m'appelle Harry, je consens enfin à dire, tout en serrant sa main.
- Tu veux danser, Harry ?
- Non, merci.
- Très bien, tu permets que je t'offre un verre alors ? »
J'acquiesce et avant même que j'ai le temps de dire que j'aimerais boire une bière-au-beurre, Malfoy nous en commande deux.
« Qui te dit que c'est ce que je voulais ? je le questionne, quand nous sommes servis, pour lui faire croire qu'il s'est trompé.
- Quand je suis venu, le barman venait de débarrasser ta chope.
- Ah, oui, c'est vrai. »
Je sens Malfoy se rapprocher un peu plus de moi. Son parfum mêlé à sa transpiration me parvient et bizarrement, ça ne me rebute pas.
« Tu es mignon quand tu rougis, Harry. »
J'éclate de rire quand son bras frôle le mien.
« Bon, okay j'abandonne, m'informe-t-il ennuyé par mon attitude, s'apprêtant à partir. »
Je le retiens par la manche et lui explique :
« Non, attends. Je suis désolé Draco ! Je ne voulais pas me moquer. C'est juste trop bizarre de t'entendre me parler ainsi.
- Je suis capable de te parler gentiment. Je ne suis pas mon père.
- Je le sais, ça. C'est d'ailleurs ce que j'ai dit à Samuel. Le blond que t'a vu repartir tout à l'heure, je lui précise. Il a dit qu'on aurait mieux fait de vous laisser croupir à Azkaban, toi et ta famille, pour ce que vous avez fait pendant la guerre. Il n'a pas compris pourquoi je continuais de prendre votre défense. Bref, est-ce que tu veux bien arrêter ce jeu de rôles ridicule, qu'on finisse notre verre et qu'on rentre à la maison, euh au Manoir ? Il est tard et, contrairement à toi, je bosse, moi, demain. »
Malfoy prend place sur un tabouret et nous finissons notre verre, en silence.
oOoOoOo
« Alors, Potter, quelles leçons retiens-tu de cette soirée ? » me questionne-t-il quand nous arrivons près de la zone de transplanage. On peut encore entendre les vibrations de la musique au loin.
« Que tu es capable d'allumer un mec rien qu'avec un déhancher ? »
Il me surprend en m'empoignant par la taille, pour me coller à lui. J'essaie de me dégager, mais il a l'avantage.
« Tu n'as rien compris Potter, me susurre-t-il. »
Je sens sa main gauche remonter dans mon dos : « Tout est dans le contact… visuel. »
Il recule sa tête, restée jusque-là près de ma tempe, et son regard plonge dans le mien.
Et quel regard ! Merlin, si je ne savais pas qu'il joue un personnage, je croirais vraiment qu'il me désire. C'est réellement troublant.
En un clin d'œil, le masque tombe et il redevient celui que j'ai toujours connu. Son insolence me fait revenir à la réalité :
« Tu n'as même pas remarqué, je parie…»
Face à mon doute, il précise : «… que nous sommes en train de danser. »
Il exagère. Mes pieds bougent à peine. Mais, je suppose que sur le principe il n'a pas tout à fait tort. Je le bouscule, ayant réussi à me dégager.
« Tu te crois malin !
- Assez pour savoir que ça fonctionne bien mieux que ce que tu as fait ce soir.
- Si tu es si doué, pourquoi es-tu encore célibataire ?
- À cause de toi.
- Je ne te suis pas.
- Tu n'écoutes donc vraiment rien ! Je n'ai plus ma baguette et depuis ce jour, je vis un véritable calvaire.
- Tu exagères.
- Oh, non, crois-moi ! C'est… J'ai du mal à garder une relation stable avec quelqu'un parce que j'ai tout le temps l'impression qu'il me manque une partie de moi.
- Tu as quand même acquis une autre baguette.
- Bordel Potter, tu penses que je fais un caprice ou quoi ? La sensation n'est pas la même ! Ce ne sera jamais comme avec celle en bois d'aubépine. Tu voudrais faire ta vie avec un junkie en manque ? C'est ce que je suis, par ta faute.
Parfois, c'est tellement douloureux comme sensation, que j'ai envie de crever. Peut-être parce que c'est comme ça que ça aurait dû se passer. Sauf que tu m'as pris ma baguette, simplement en me désarmant. Tu sais combien de sorciers ont vécu la même chose que moi ? Zéro ! Ils sont tous morts lors de duel ou peu de temps après.
Alors, tu comprends, pour l'instant, je préfère vivre seul, plutôt que de devoir faire subir cette souffrance à quelqu'un. Je l'ai fait une fois, mais pas deux.»
Il termine sa tirade, à bout de souffle. Il émane de lui un tel désarroi, que c'en est presque palpable. Il tremble légèrement. L'air s'est rafraîchi d'un coup.
Je comprends trop tard ce qui nous arrive. Une force me pousse à terre. Je me débats du mieux que je le peux contre le Détraqueur qui me tient allongé au sol.
« Potter… »
Je vois du coin de l'œil Malfoy, allongé à quelques pas de moi. Trois Détraqueurs s'attaquent à lui.
J'arrive à dégager mon bras droit pour attraper ma baguette au bout de deux longues et insoutenables minutes.
« Spero Patronum » je murmure et aussitôt la lumière de mon Patronus éclaire la rue comme en plein jour. Mon Détraqueur s'enfuit. Je me relève et lance le sort en direction de Malfoy.
Le danger est écarté, pour l'instant. Si nous restons là, je sais qu'ils reviendront et seul, je ne peux pas les arrêter complètement.
J'aide Malfoy à se relever. Il prend appui sur moi pour tenir debout.
« Si tu me laissais t'apprendre à lancer un Patronus, ça n'arriverait plus ! je lui lance, avec plus de reproches dans la voix que je ne le voulais.
- D'accord, demain. Demain, on fera ça. »
Puis il s'évanouit et je nous retiens de justesse pour éviter de nous écrouler tous deux à terre.
A suivre…
