Disclaimer : Les personnages et l'univers HP sont à JK Rowling.

Rating : T

NdSs : Je vous souhaite une très bonne lecture !


Adopte un sorcier

Chapitre 7 :

Jour 5

« Laisse tomber, Potter. Ça ne sert à rien. »

Ça fait presque une heure que Malfoy et moi sommes dans la salle de billard, qu'il a réaménagée pour l'occasion en salle d'entraînement. Je lui ai montré le bon geste à faire pour lancer un Patronus. Son mouvement est correct et la formule qu'il prononce également. Pourtant, ça ne fonctionne pas. Je ne comprends pas pourquoi.

« En plus, tu m'as dit que le Ministère avait lancé une opération d'éradication des Détraqueurs dans tout le pays. Je n'ai pas spécialement besoin de connaître ce sort, si ton rencard de ce soir est aussi bon dans son domaine que tu me l'as dit.

- Il s'appelle Damien et tout ne dépend pas que de lui. Il a inventé le sort de détection des Détraqueurs, certes, mais ça ne veut pas dire qu'on en sera débarrassé tout de suite. Ça va prendre du temps, alors d'ici là, il vaut mieux que tu saches te défendre. Maintenant boucle-là et concentre-toi. Ferme les yeux. Allez, écoute ce que je te dis. »

Après un soupir, il obtempère.

« Respire calmement.

Détends-toi.

Tu te sens bien.

Heureux.

Pense à ce qui te rend heureux.

- De savoir que tu vas disparaître de ma vie dans trois jours. »

Il ouvre un œil, puis le second et sourit en me voyant le regarder de travers faussement vexé par sa remarque et son manque de sérieux. Il se retient de rire quand il ferme les deux yeux. Puis, après une longue inspiration et expiration, il se calme :

« Concentre-toi, Draco, sur cette pensée heureuse. »

Il trésaille quand ma main vient doucement se poser sur celle qui tient sa baguette, pour le guider dans son mouvement. Mon autre main vient se poser sur sa hanche pour être sûr qu'il ne brise pas le contact.

« Maintenant, je lui murmure. Vas-y. »

Sa main s'agite, entraînant la mienne et sa voix paraît plus rauque que d'habitude quand il prononce la formule. Je peux sentir sa magie s'échapper de lui. Il a dû le sentir aussi car il ouvre les yeux. Je me détache et nous pouvons admirer ensemble la pointe de sa baguette crépiter de petites gerbes de fumée blanches. Puis, plus rien.

Il semble déçu.

« Pour un début, c'est très bien ! » je dis pour le rassurer.

Il jette sa baguette au loin, pour me signifier sa désapprobation. Il me tourne le dos, allant fulminer sa rage et sa frustration près de la table de billard.

Quelques instants plus tard, je me poste à ses côtés et pose la baguette sur la table de billard qu'il agrippe des deux mains, tête baissée. J'ai comme une impression de déjà-vu, dans les toilettes des garçons en sixième année. Alors, je m'en vais pour qu'il puisse laisser exprimer son chagrin en paix, cette fois-ci.

oOoOoOo

« Si j'étais toi, je mettrais la verte. »

Je sursaute, surpris par l'intervention de Malfoy. J'étais en train de m'habiller pour mon rendez-vous avec Damien, ne sachant pas quelle chemise choisir parmi celles étendues sur le lit. Je n'avais même pas entendu qu'il avait frappé avant d'ouvrir la porte de ma chambre.

« Merci du conseil, je dis, enfilant mon pantalon. »

Il se tient sur le seuil de la porte, attendant.

« Elle fonctionne mieux que l'autre, j'espère ? je demande, ayant aperçu ce qu'il tenait en main.

« Je n'ai pas encore essayé de sort avec. J'étais trop sous le choc de voir qu'elle était sur la table de billard. Je me demande pourquoi d'ailleurs ? Alors je suis venu te poser directement la question : Pourquoi m'avoir redonné mon ancienne baguette ?

- C'était le deal, non ?

- Ta semaine ici n'est pas terminée.

- Et alors ? »

Ça le fait sourire.

« J'ai une surprise, pour toi. Rejoins-moi dans la cour dans cinq minutes. »

oOoOoOo

Je descends les quatre marches devant la porte d'entrée, tout en fermant le bouton de ma manchette qui s'est défait. Pas facile avec une seule main.

J'entends plus que je ne le vois, Malfoy dire :

« Sublime.

- Euh, merci » fais-je gêné par son compliment, jusqu'à ce que je me rende compte qu'il admire la carrosserie flamboyante de sa Lamborghini Aventador grise métallisée. Avec la pénombre, je n'avais pas vu tout de suite qu'elle était garée dans la cour.

Je siffle, admiratif. Elle en jette, ça c'est sûr.

« Avec ça, tu auras la classe en arrivant au restaurant.

- Quoi, tu me la prêtes, sérieux ?

- Oui, dit-il s'apprêtant à me donner les clés, puis se ravisant au dernier moment, il ajoute : « Prends-en soin, s'il te plaît.

- Promis. »

Il me lance les clés et je prends un temps pour admirer ce petit bijou automobile.

« Tu ne penses pas que c'est un peu too much ? Les fringues, le restaurant cinq étoiles, la voiture de Batman ! Ce n'est pas moi, ça !

- C'est qui ce Batman ? Le concessionnaire m'a certifié qu'il s'agissait d'un modèle unique. »

Malfoy semble embêté qu'on lui ait menti.

« Référence moldue, je t'expliquerai plus tard.

- Hm, fait-il rassuré. »

Il reporte alors son attention sur moi et là je vois son visage retrouver de sa bonne humeur.

« Tu as finalement opté pour la chemise verte ! se réjouit-il, avant de faire une moue ennuyée.

- Allons donc, qu'est-ce qu'il y a encore ? » je m'exclame levant les mains légèrement pour accentuer mon agacement.

Malfoy coule sur moi un regard sérieux où je décèle une pointe d'amusement. Il s'est rapproché de moi et a pris mon poignet gauche.

Il penche la tête légèrement de côté alors qu'il ferme le bouton de manchette que j'ai laissé de côté tout à l'heure.

« Rien ne t'échappe, ma parole. »

Mon ton se veut léger, dénoué de reproche. Ça le fait brièvement sourire. J'aime bien sa petite fossette. Je sens mon pouls s'accélérer un peu plus sous le contact de ses doigts. La fossette réapparaît subrepticement. Il libère mon bras, mais ne s'éloigne pas pour autant.

« N'oublie pas ce que je t'ai dit.

- Ne pas parler la bouche pleine et les couverts de l'extérieur vers l'intérieur ? »

Il me regarde ému et me serre brusquement dans ses bras.

« Merci, de me l'avoir rendue. »

Ah, sa baguette en bois d'aubépine. Je comprends mieux sa réaction, même si elle est inattendue. Je lui tapote maladroitement le dos avec ma main droite. Il se détache et réajuste ma tenue, en s'excusant.

« Je peux te poser une question ?

- Tu me demandes la permission ? fais-je dubitatif. Qui êtes-vous et qu'avez-vous fait de Draco Malfoy ? »

Il passe outre ma remarque et m'explique :

« Je croyais que tu ne me la rendrais jamais, malgré notre accord, à cause de ce que ça implique par rapport au pouvoir de la baguette de Sureau.

- Je ne suis peut-être pas très doué pour les relations amoureuses, mais je tiens toujours mes promesses. J'ai ma propre baguette, je n'ai pas besoin d'en avoir une en plus.

- Mais, et le pouvoir ?

- Je suis toujours le maître de la baguette de Sureau, puisque j'ai transféré son pouvoir dans ma baguette.

- Comment ?

- Il se trouve que Damien a également inventé une formule pour ça. »

Il semble impressionné. Je le comprends, j'ai été moi-même abasourdi en apprenant qu'une telle chose était possible et encore plus en assistant au transfert de magie. Juste après, j'ai indiqué à Damien qu'il pouvait demander ce qu'il voulait en échange de ce service rendu. Il m'a alors invité à sortir avec lui pour un dîner.

« Tu le remercieras pour moi, alors.

- Pas de problème ! »

Après un petit silence, je monte dans la voiture et démarre le moteur.

Malfoy toque à la vitre de ma portière. Je l'abaisse en appuyant sur un bouton.

« Il vaudrait peut-être mieux que je t'y conduise.

- Dans tes rêves. »

J'appuie sur l'accélérateur. Wahou, c'est sensible. J'aperçois dans le rétro Malfoy qui rapetisse petit à petit jusqu'à devenir un petit point dans l'horizon.

oOoOoOo

« Potter ! Tu peux m'expliquer ce que c'est que ça ?

- Ce qui est sûr, c'est que ce n'est pas mon lit, alors je m'en vais le rejoindre de ce pas. »

Il est presque cinq heures du matin ou quelque chose approchant et Monsieur-je-me-lève-avec-les-poules-Malfoy n'a rien trouvé d'autre pour commencer sa journée que de me traîner hors des bras de Morphée pour m'emmener devant sa bagnole de bourge. Pourquoi ? Allez savoir ! Ça doit l'amuser de me lever aux aurores. Je suis rentré de mon rendez-vous, il y a deux heures. J'ai pas envie de me prendre la tête avec Malfoy, maintenant.

« Là, indique-t-il grondant en me désignant la portière. »

Je dois me pencher au plus près pour voir la minuscule trace qui raye la carrosserie.

« Je… suis… désolé ? » je m'excuse, même si j'avoue n'avoir pas souvenir d'avoir fait une quelconque manœuvre qui aurait pu laisser une telle marque.

- Je m'en fiche que tu sois désolé ! Ce n'est pas avec tes mots que tu vas te faire pardonner. Tu vas me réparer cela et tout de suite ! Mets-toi à genoux. »

Il exagère, je ne vais…pas…euh…

« Malfoy, qu'est-ce que tu fais ? »

Il a défait le nœud de la ceinture de son peignoir et… ce dernier est maintenant à terre.

J'ai par conséquent une jolie vue sur le postérieur de Draco. Plus celui d'un bébé, ça c'est sûr.

Il se tourne et me fixe avec ce regard -celui qu'il avait en faisant son numéro de charme - Ses mains se posent sur mes épaules et il exerce avec fermeté une pression pour que je m'accroupisse. Comprenant ses intentions, je m'exécute.

"Potter"…

Hm, j'ai envie de lui dire qu'à ce stade, il pourrait au moins m'appeler par mon prénom, mais je préfère me concentrer sur ce que fait ma bouche à cet endroit, là.

"Potter, debout !" …

J'obéis, un peu à contrecœur, et il me retourne pour me plaquer face contre le capot de la voiture. C'est un peu brutal, mais je suis bien trop excité pour protester. Il abaisse mon caleçon. J'anticipe alors sur ce qui va se passer et mon désir s'en retrouve augmenté par la simple pensée qu'on va faire ça sur sa voiture à un million de gallions.

"Maître Draco a besoin d'aide ? " ...

Hein ? Qu'est-ce que son elfe vient faire ici ?

J'ouvre les yeux. Je mets quelques secondes pour réaliser que je suis tombé du lit.

Ce n'était qu'un rêve. Pourtant ça semblait bien réel…

« Potter, est-ce que tout va bien ? »

Je me remets en position assise et je constate que de l'autre côté du lit, Draco est sur le seuil de la porte, attendant sans doute ma permission pour entrer. Pour ça, il a besoin de mon accord ! Je devrais lui suggérer d'ajouter une clause à ses convenances : ne pas réveiller ses invités en plein milieu de rêve charnel !

« Hum, oui ça va, sommeil agité, j'explique en me remettant assis sur le lit. Qu'est-ce que tu veux ? » Je l'invite à entrer d'un geste de la main. Il s'assied sur le bord du lit, non sans s'être assuré avant que ma tenue était décente. Malgré mon caleçon, j'ai ramené la couverture jusqu'à mon torse pour cacher mon début d'érection. Je constate que Malfoy porte les mêmes habits (un peu plus froissés) qu'au moment où je suis parti à mon rendez-vous.

Comme s'il lisait mes pensées, il indique :

« J'étais endormi sur le canapé quand je t'ai entendu rentrer. Le temps de vérifier que la voiture était encore en bon état, et je te retrouve dormant comme un bébé. »

Un coup d'œil à ma montre au poignet - 3h42 - et je me rends compte que je ne dors que depuis dix minutes. Pourquoi vient-il me réveiller si tôt ? J'étouffe un bâillement.

« Alors Potter, raconte ! Comment s'est passé ton rendez-vous ? Ça fait des heures que je t'attends ! … pour que tu me racontes la soirée, bien évidemment. »

Il est sérieux là ? Il veut que je lui raconte tout, maintenant ?

Malfoy me fixe avec insistance et je bénis la pénombre qui cache mes joues rosies parce que mon esprit me rappelle le rêve que je viens de faire. Je remonte un peu plus la couverture.

Je me racle la gorge et résume la soirée :

« Pour faire bref : On a dîné et discuté, on s'est baladé puis on a flirté. C'était vraiment chouette.

- Tu vas le revoir, en dehors du boulot, j'entends ?

- Oui, il m'a proposé un autre rendez-vous demain soir.

- C'est cool, Potter. »

Sa manière de le dire me rend perplexe : il est bien moins enthousiaste que tout à l'heure.

« Houlà, il est tard ! » il s'exclame, me surprenant. Il se lève puis ajoute :

« Bon, bonne nuit, Potter.

- Hé attends ! » je l'interpelle, trouvant son attitude des plus bizarres, mais il a déjà claqué la porte de ma chambre. « Tu ne veux pas en savoir plus ? » je demande à moi-même, avant de me recoucher.

Je ne trouve pas tout de suite le sommeil. Il ne me faut pas longtemps pour venir dans ma main. Après un sort de nettoyage, je m'endors, essayant de chasser l'image de Draco de mes pensées éveillées… à défaut de mes rêves.

A suivre…