PDV Harry.

Ginny et Hermione avaient pleuré longtemps, Ron et moi avions mis notre désarroi de côté pour les soutenir au mieux, mais c'était difficile, de voir la fille que j'aimais et ma meilleure amie pleurer à s'en déshydrater, de voir nos amis et nos proches tomber les uns après les autres, de voir des vies qui nous étaient chères détruites, difficile aussi de grandir, oh comme j'enviais le petit Luka si innocent, j'aurais aimé n'être encore qu'un bébé choyé et protégé. Enfin comme il était dur de garder espoirs, cela faisait bientôt vingt ans que la guerre faisait rage, que Voldemort et ses larbins agressaient, violaient, tuais, ravageaient tout ce qu'ils pouvaient.

Jusque-là nous résistions et il n'avait pas réussi à prendre réellement le pouvoir, mais ses hommes infiltraient peu à peu tous les postes stratégiques et les lieux clés du pays. Le ministère finirait par tomber ce n'était qu'une question de mois, voir même de jours pour Tonks et Kingsley qui voyaient peu à peu leurs collègues aurors tomber du côté du lord noir soit par réelle sympathie pour son idéologie totalement timbrée et ses méthodes expéditives, soit soumis au sortilège de l'imperium ou bien encore par peur ou ambition. Les moyens d'action de l'ordre du phénix et de tous les autres réseaux de combats plus ou moins clandestins étaient de plus en plus réduits et il fallait bien le dire nos troupes étaient de plus en plus clairsemées et même Dumbledort n'arrivait plus recruter beaucoup de monde, je le soupçonnais de perdre lui même espoirs.

J'en étais là de mes réflexions lorsque des cris perçants retentirent dans la chambre de Ginny, je montais en quatrième vitesse voir si Sirius avait besoin d'aide. Il était recroquevillé sur le lit les cris de son fils ne l'avaient pas réveillé, il avait pleuré, jamais je n'aurais cru un jour voir mon parrain si vulnérable. Sirius était beaucoup de chose : drôle, impulsif, immature, blagueur, séducteur, bagarreur, une vraie force de la nature. Mais jamais il n'avait été vulnérable, pas devant moi en tout les cas. Pour moi Sirius était un vrai modèle presque un super héros. Les seules larmes qu'il avait versées étaient celles qui avaient accompagné la naissance de son fils. Le voir si fragile me fit mal au cœur, un mythe de plus s'écroulait ; un pas de plus vers l'âge adulte, Merlin que je détestais grandir.

Je pris Luka dans mes bras et sortais silencieusement de la chambre. Mes parents me lancèrent un regard inquiet quand je revins dans la cuisine.

Il dort, les informais-je simplement incapable de m'étendre sur le sujet.

C'est bien il aura besoin de toutes ses forces les prochains jours. Soupira Mrs Weasley, les parents de Clara arrivent demain.

Nous acquiesçâmes puis je pris le biberon que me tendait Ginny et commençais à nourrir Luka.

PDV Sirius

Je me réveillais grogui, je ne savais pas très bien où j'étais, je jetais un coup d'œil alentour dans le rocking-chair à côté du petit lit de mon fils ma femme dormait blottie dans un plaid, je ne pus m'empêcher de sourire, tout ça n'avait été qu'un horrible cauchemar, Clara dormait paisiblement en tenant la main de Luka comme elle avait l'habitude de le faire. Je me levai pour aller la recoucher dans notre lit. Je dégagé le plaid de son visage et restait choqué alors je n'avais pas rêvé, ce n'était pas Clara, mais Ginny qui se trouvait dans le rocking-chair.

Tu es réveillé ? Me demanda la jeune fille encore à moitié endormie.

Excuse-moi je ne voulais pas … pendant quelques secondes j'ai cru que c'était Clara, que j'avais fait un cauchemar. Bafouillais-je

désolée Sirius je ne voulais pas te donner de faux espoirs, mais Luka était agité et tu avais besoin de repos, Harry, Ron Hermione et moi nous sommes relayés pour nous occuper de lui les deux derniers jours.

Deux derniers jours ?

Tu as dormis environ 48 heures.

Mais vous auriez dû me réveiller, j'ai un tas de choses à faire.

Ne t'en fais pas, James, Lilly et Rémus ont tout pris en main. Les parents de Clara sont arrivés il y a quelques heures, les Potter sont là également et les Evans ne devraient pas tarder avec la mère de Rémus, mais comme ils ne peuvent pas transplaner c'est plus long.

Merci Ginny, tu devrais aller te coucher je suppose que vous n'avez pas beaucoup dormis ces derniers jours.

C'est bon ne t'en fais pas pour nous et il est 9 heures du matin je vais aller prendre mon petit déjeuner et tu devrais en faire autant.

Je n'ai pas faim du tout. Répondis-je

Tu n'as rien dans le ventre depuis plus de trois jours s'il te plaît bois au moins un café. Si tu veux, je demande à Dobby de te monter ton repas ici.

Non ! C'est bon et puis il va bien falloir que j'aille voir mes beaux-parents de toute façon.

Nous descendîmes les escaliers, je n'avais pas mis un pied dans la cuisine qu'une forme que je n'eus pas le temps d'identifier se précipita sur moi et me serra dans ses bras.

Oh ! mon pauvre petit Sirius comment tu te sens te sens mon chéri ?

J'entendis les autres pouffer dans mon dos et je ne pus m'empêcher de sourire face à l'attitude protectrice et maternelle de Katherine Potter, la mère de James et ma mère de substitution.

Je restai quelques secondes dans le giron maternel avant de répondre :

Je fais aller. Répondis-je simplement .

Je saluai les autres et nous prîmes tous notre petit déjeuner. Puis je remontais vers ma chambre en compagnie de mes beaux-parents et des Potter qui étaient impatients de voir Luka.

Qu'est-ce qu'il ressemble à Clara ! Pleurnicha ma belle-mère. Je hochai la tête silencieusement de toute façon mes beaux-parents ne m'avaient jamais réellement apprécié, ils faisaient des efforts pour leur fille, mais ils pensaient que je n'étais pas assez bien pour elle et ils n'avaient peut être pas tord.

Alors, qu'est-ce qui s'est passé ? Demanda mon beau-père d'une voix froide.

Avant même de savoir quoique se soit-il me tenait pour responsable de la mort de sa fille et après tout je l'étais, j'avais été incapable de la protéger. Je leur fis difficilement le récit de la bataille tentant de dissiper le brouillard qui entouré l'évènement dans ma mémoire. J'avais du mal à me rappeler autre chose que les yeux sans vie de ma femme.

À la fin les parents de Clara sortirent elle en sanglotant et lui en claquant la porte.

Katherine me prit une nouvelle fois dans ses bras en répétant :

mon pauvre chéri, mon pauvre chéri.

James sénior lui se contenta de me donner une tape amicale sur l'épaule puis ils me laissèrent seul dans la pénombre de la chambre d'où je décidais de ne plus sortir.

Mes amis se relayaient à mes côtés ne me laissant que rarement seul, leur présence me faisait du bien, elle m'empêchait de penser. James et Rémus ne disaient rien, ils se contentaient de rester là silencieux leur présence suffisait. Lilly elle jacassait sans cesse, elle en avait besoin pour tenir le coup. Clara était sa meilleure amie et elle souffrait presque autant que moi. Elle se faisait du souci, pour moi, pour Luka, mais par-dessus tout pour Harry et James. Je la laissais parler, ça me faisait du bien à moi aussi, au moins je restais en contact avec le monde réel. Molly m'aidait à sa façon en cuisinant des plats plus délicieux les uns que les autres. Il faudrait que je pense à la remercier. Nous n'étions pas d'accord sur tout, mais c'était une femme formidable, dotée d'une capacité à aimer incroyable. Elle me faisait souvent penser à Katherine. Nous avions beau n'avoir que deux ans d'écart , elle était une vraie mère poule avec moi comme avec tous les membres de l'ordre à qui elle ouvrait chaleureusement sa maison. Harry, Hermione, Ron, Ginny et les jumeaux me rendaient eux aussi visite ainsi que Katherine et James sénior. Ils me secondaient auprès de Luka s'était le seul moment où je me sentais à peu près vivant, quand je prenais soin de mon fils. Souvent, Ginny le veillait la nuit pour que je puisse dormir un peu. Elle fera une mère formidable le jour où elle aura des enfants.

Un matin Harry et Ginny rentrèrent silencieusement dans la chambre, elle prit Luka et sortie,

Harry me tendit un costume sombre.

C'est le moment ? Murmurais-je

il acquiesça et me laissa me préparer pour rendre un dernier hommage à la femme que j'aimais.