PDV Sirius
J'attendais en compagnie James que Dumbledort réapparaisse avec mon frère. Nous étions assis, chacun sur une chaise, le regard dans le vide, silencieux. Je me demandais ce qu'il pouvait bien se dire dans cette chambre : Mon frère renonçait-il vraiment à son allégeance envers celui qu'il appelait le « seigneur des ténèbres ? Après toutes ces années, j'avais du mal à y croire. Mais pourquoi pas après tout.
Je fus extirpé de mes pensées par le bruit d'un sort, suivi d'un bruit sourd. Comme si un corps était tombé sur le sol. Nous nous regardâmes avec James, dégainâmes nos baguettes et nous montâmes les escaliers en trombe. Lorsque j'arrivai dans la chambre, mes craintes se trouvaient justifiées : Dumbledort gisait sur le sol et Régulus s'était enfui.
La poitrine de Dumbledort continuait à se soulever, et il ne mît pas longtemps à rouvrir les yeux.
_ Que s'est-il passé ? Demandai-je.
_ Je crois que Régulus a réussi à s'enfuir. Nous apprit Dumbledort.
_ Je m'en étais aperçu tout seul. Comment a-t-il fait pour s'enfuir ?
_ J'avais posé sa baguette sur la commode, et je pense qu'il a réussi à s'en saisir sans que je m'en rende compte.
_ Mais comment avez-vous pu vous laisser endormir par Régulus ? Me devança James, qui paraissait aussi énervé que moi.
_ Je crois que mon intuition a été plus que mauvaise, je pensais qu'il avait dit vrai, et que nous aurions un allié de plus. Nous avons commencé à discuter des projets de Voldemort, mais il ne m'a rien appris de plus que ce que nous savions déjà. C'est à dire des banalités sur ces désirs de s'emparer du ministère et de Poudlard.
_ Fantastique ! M'écriais-je, nous reculons d'heure en heure. Il ne peut pas arriver une bonne nouvelle sans que trente mauvaises nous tombent dessus ?
J'étais fou, je me sentais trembler de rage, je n'attendais qu'une chose, Que l'un d'eux me réponde afin de pouvoir laisser exploser ma colère et ma douleur. Mais James et Dumbledort ne rajoutèrent rien à cela. Ils avaient dû sentir qu'il ne valait mieux rien dire de plus, et ils ne voulaient pas non plus évoquer un sujet qui aurait pu amener à Clara.
Ils quittèrent la pièce sans un bruit. Je restai là, sans bouger attendant encore quelque chose qui ne viendrait jamais. Dumbledort jeta un dernier regard dans ma direction avant de franchir la porte, je n'avais toujours pas bougé.
Je ne savais plus de quoi j'avais envie. De pleurer ? Pour quoi faire ? Et puis j'étais trop en colère. De rire ? Surement pas. Je fixais une vieille horloge cassée, sans pouvoir m'empêcher de m'identifier à elle. Nous avions cela en commun, j'étais cassé et ma vie s'était arrêtée en même temps que celle de Clara. Je n'étais plus qu'une coquille vide, tout juste capable de marcher et de parler.
Je finis par m'assoir sur le lit, et je me mis à repenser à tout cela. Cette guerre ne semblait avoir d'autre issue que la défaite de notre camp, et un règne despotique de Voldemort. Jamais il ne m'avait semblé être aussi près de la fin de la guerre. Tout ce que nous étions en train de vivre nous avait ramenés 18 ans en arrière, alors que notre ennemi était tout puissant et que rien ne semblait pouvoir l'arrêter. Je me rappelais de tous les attentats, les attaques que nous avions subies à cette époque là. La peur permanente dans laquelle vivait toute une partie de la population. Puis l'ordre du phœnix avait pu s'organiser. Après de lourdes pertes, nous avions pu contre-attaquer et remporter quelques batailles. Je me rappelais notamment de la bataille qui avait eu lieu en Albanie. Nous avions traqué Voldemort pendant des jours, grâce aux sens aiguisés de Rémus accentués par une potion concoctée par Lilly. Nous avions attaqué alors qu'ils se sentaient en parfaite sécurité, ils étaient encerclés et totalement surpris. C'est alors que beaucoup de prisonniers avaient été faits, même si la cible la plus importante s'était échappée.
Depuis lors, l'ordre avait fait en sorte que des ministres de la magie désireux de combattre Voldemort soient élus. Nous étions arrivés à stabiliser la situation et les mangemorts agissaient moins aisément. Sous les ministères qui s'étaient succédés, nous harcelions Voldemort, et la donne avait changé. Cette fois-ci, s'était les mangemorts qui se cachaient et nous qui les traquions. Je me rappelais des missions que j'effectuais avec James et Rémus, en tant qu'aurors, ils ne chômaient pas et mon statut de professeur de Poudlard me laissait du temps libre pour les accompagner. Surtout après que les détraqueurs aient choisi leur camp, et que bon nombre des pires mangemorts se fussent enfuis d'Azkaban. Nos principales missions étaient donc de regarnir la prison et d'attraper le plus de mages noirs possible. Les souvenirs des maraudeurs réunis me calmèrent un peu. Au moins, nous restions unis, et je savais qu'eux ne m'abandonneraient jamais, toutes les fois où nous nous étions sauvés mutuellement, cela nous avait soudés au plus haut point. Je retrouvai un peu d'espoir.
Je rageai toutefois contre la politique, même si nous réussissions à avoir un ministre de la magie de notre côté, certains n'avaient pas aimé l'influence que nous avions et la possibilité que l'ordre fasse un coup d'État. Aux dernières élections, un ministre non soutenu par l'ordre avait été élu, le ministre John Peter Farrarin. Farrarin était un ministre qui avait de prime abord une allure sympathique : c'était un gros monsieur avec de bonnes grosses mains et un nez large et aplati, qui lui donnait l'impression de venir tout droit de la campagne. Il tenait toujours des discours très passionnés, mais aussi terriblement creux, sa spécialité était de balancer des proverbes sortis de son imagination : « Plus dure est la pente, plus belle est la route », « Pour gagner, le monde du bien a besoin du monde du mal, pour gagner contre le monde du mal ». Chacun comprenait ce qu'il avait envie de comprendre, mais aucune décision audacieuse n'avait été prise, hormis celle de nous court-circuiter. Face à cela, l'ennemi s'était senti plus fort et les informations nous arrivant plus difficilement, les attentats et les attaques avaient repris de plus belle. Nos troupes se clair-semaient alors que Voldemort ralliait de plus en plus de monde à sa cause.
C'est alors qu'il s'attaqua à nous, nous étions le dernier rempart dressé contre son accession au pouvoir.
Il s'était attaqué à Arthur : Bellatrix l'avait enlevé et fait prisonnier dans sa demeure. Nous nous doutions qu'il s'agissait d'un piège, et les mangemorts s'attendaient à voir l'ordre débarquer au complet pour le libérer, mais s'était sans compter sur l'audace des maraudeurs, et surtout de la très utile cape d'invisibilité de James. Nous nous étions infiltré dans la demeure de ma cousine, caché sous la cape. Nous prîmes une potion de silence concoctée par Clara et Lilly, qui nous permettais d'avancer sans être vus et sans être attendus, nos pas et nos respirations ne faisant aucun bruit. Il valait mieux, car la quasi-totalité des Mangemorts nous avaient tendu une embuscade. Nous nous étions glissés jusqu'à la prison où était caché Arthur, gardé par des Détraqueurs. Nous jetâmes des patronus afin de libérer la voie et cachâmes Arthur sous la cape. Des mangemorts arrivèrent attirés par le bruit, nous restâmes cachés, sans bruits, à attendre qu'ils s'en allassent. Toutes les issus étaient désormais bloquées, nous pûmes quand même nous échapper grâce à des sorts de confusion et à des potions d'obscurité. Mais cette victoire, et la fierté d'être toujours plus malins que le seigneur des ténèbres nous coûta très cher.
Nous fûmes informés que les mangemorts allaient attaquer des sympathisants de l'ordre sur le chemin de Traverse. Nous partîmes donc tous en hâte, et cette fois-ci, nous étions tombés dans le piège. L'assaut fut bref, et les pertes lourdes. Heureusement qu'Harry et les membres de l'Armée de Dumbledort nous avaient suivis, permettant de percer l'encerclement dont nous faisions l'objet. Nous parvînmes à nous échapper, mais trop tard pour être indemnes. Les pertes avaient été lourdes, les pires que nous ayons subie. Beaucoup étaient tombés... Clara… les larmes recommençaient à me piquer les yeux, mais je ne voulais pas craquer à nouveau, je me levais, j'avais besoin d'un verre.
Je descendis les marches, tous mes amis étaient là, certainement en train d'analyser de leur côté les évènements de la journée. Dans le salon, je croisai Dumbledort et lui lâchai
_ Il nous faut un plan !
