PDV Hermione

Ron avait enfin prit son courage à deux mains et était venu m'embrasser à son tour, et je crois que jamais je ne m'étais sentie aussi euphorique, qu'a cet instant précis. Nous descendions main dans la main en direction de notre premier cours de la journée en compagnie de Ginny et Harry, un sourire indélébile flottait sur mes lèvres et je remarquais qu'il en était de même pour Ron. Une fois arrivés devant notre salle de cours Ginny embrassa tendrement Harry et partit en direction des cachots où se déroulerait son cour de potion. Nous retrouvâmes Neville qui attendait devant la porte, lorsqu'il nous aperçu main dans la main, il nous adressa un grand sourire qui signifiait clairement « il était temps » et Luna nous gratifia d'un « c'est pas trop tôt » rêveur qui fit pouffer Harry.

_Alors comment s'est passée la fin de vos vacances ? Demandais-je pour détourner l'attention de nos amis.

_ J' ai étais très triste ces derniers jours, déclara Luna toujours de son ton rêveur. L'euphorie qui m'habitait depuis quelques minutes retomba soudainement et je sentis l'angoisse m'enserrer l'estomac et la main de Ron se refermer davantage autour de la mienne.

Un silence total s'était installé dans le couloir comme si la remarque de Luna avait résonnait contre les murs. Je scrutais alors les visages de mes camarades de classes, tous arborais désormais des mines fermés et rien ne transparaissait de la pagaille qui régnait quelques secondes auparavant.

Je m'attardais quelques instants sur Dean Thomas dont les traits étaient tirés et les yeux rougis, il avait perdu son meilleur ami. Mon cœur se serra encore un peu plus à la vu de notre camarade dévasté, dont le visage si jovial n'était plus que tristesse. Je fus envahie par une vague de culpabilité : avais-je le droit d'être heureuse alors que des gens que j'aimais ou que j'appréciais souffraient le martyr ? Comme s'il avait lu dans mes pensées Harry me chuchota.

_Il faut que la vie continue Mione tu n'y es pour rien. Je lui fis un pauvre sourire et entraînai mes amis dans mon sillage alors que la salle de cours s'ouvrait pour nous laisser entrer. Nous pénétrâmes en silence dans la classe et rejoignîmes nos places tels des automates. Je me plaçais au second rang entre Harry et Ron qui m'entourèrent les épaules de leurs bras, tout en gardant la tête baissée. Très vite des reniflements et des bruits de sanglots étouffés parvinrent à mes oreilles, je levai lentement les yeux et fus bouleversée par ce que je vis, les places vides, et qui le resteraient me sautèrent au visage et j'eus un mouvement de recul. Plus de cinq places demeurerais désormais inoccupées : il y avait évidemment celle de Seamus Finnigan au premier rang, mais les Serdaigles de notre année avaient payés un lourd tribut. Il manquait Zacharia Smith, Ernie McMillan et Parvati Patil.

J'aperçus d'ailleurs sa sœur Padma en larme dans les bras de Lavande Brown. Je n'avais jamais beaucoup apprécié les deux jeunes filles trop superficielles à mon goût, mais leur chagrin me déchira. Je me sentais oppressée, je voulais fuir cette réalité qui se rappelait si durement à nous. Je voulais me sentir protégée dans les remparts solides de Poudlard, Je voulais oublier ne serait-ce que quelques semaines cette guerre, ces morts, ces chagrins, être une adolescente comme les autres. Je me savais égoïste mais j'étais à bout de nerfs. Je sentis des sillages brûlants et humides se tracer le long de mes joues je pleurais moi aussi je n'étais plus capable de contenir mes émotions.

Je cachais mon visage dans le cou de Ron qui me serra fort dans ses bras. Il était droit comme un I et luttait contre les larmes, quant à Harry il avait abandonné la partie et sanglotait la tête dans les bras avachi, sur son bureau.

Au bout d'un temps qui me paru une éternité, un bruit de pas traînants rompit le silence lugubre qui s'était installé. Je levais la tête pour faire face à notre professeur de Défense contre les forces du mal.

Je retins un cris d'horreur, il n'était que l'ombre de lui même, rien ne demeurait de son port altier et de son allure noble et distinguée. L'homme qui se tenait devant nous semblait être un vieillard voûté dont les cheveux retombaient en masse informe devant ses yeux. Son regard était vide et son teint blafard le faisait ressembler au professeur Rogue. Je donnai un tape sur l'épaule de Harry afin qu'il puisse se rendre compte de l' état de son parrain et il hoqueta de surprise, nous savions que Sirius mettrait du temps à remonter la pente, mais la personne que nous avions devant les yeux n'avais vraiment plus rien de Sirius Black.

_Bonjour, murmura-t-il d'une voix désincarnée à laquelle seul le silence répondit.

Certains de vos camarades ne remettrons plus jamais les pieds dans cette classe, victimes de la barbarie d'un groupe de fou furieux, je vous propose donc de nous recueillir en silence en mémoire de ces derniers. Un silence absolu se fit à nouveau, puis lorsque Sirius releva la tête, je vis Dean brandir sa baguette vers le mur juste derrière Sirius et des lettres d'or s'y inscrivirent. On pouvait lire Seamus Finnigan

8 Décembre 1980-14 Avril 1996.

Padma ajouta le nom et les dates des sa sœur et les noms des autres victimes toutes maisons et années confondues furent eux aussi inscrits. Il y en avait une quinzaines, dont deux autres Gryffondors : Katie Bell, de septième année et Colin Crivey qui était dans la classe de Ginny. Nous les connaissions tous et les larmes me piquèrent à nouveaux les yeux.

_C'est un très beau gestes les enfants vos camarades méritaient amplement cet hommage spontané et je vous encourage à le réitérer dans chaque classe cette semaine pour que jamais l'on oublie que des enfants ont payé de leur vie ce conflit imbécile. La voix de notre professeur semblait moins lointaine comme si nous avions réussis à lui insuffler un peu d'espoir. Il se racla la gorge et reprit plus fort mais son ton resta monocorde.

Exceptionnellement je comprendrais très bien que vous n'ayez pas envie de faire cours donc si vous souhaitez mettre le temps qu'il nous reste à profit pour discuter des derniers événements.

je vous laisse la parole.

_Nous avons assez parlé de tous cela ! intervint vivement Padma, puis elle baissa le ton se rappelant qu'elle s'adressait à un professeur. Enfin, excusez-moi professeur, je ne voulais pas me montrer insolente mais nous ne trouverons pas la solution à notre problème dans les paroles, ce qu'il nous faut c'est nous entraîner davantage, pour qu'à la prochaine attaque, nous soyons tous prêts à affronter les mangemorts et même vous-savez-qui s'il le faut. En tant que professeur de défense contre les forces du mal vous êtes le mieux placé pour nous y préparer. Elle reprit son souffle ayant débité sa tirade à toute vitesse. Puis elle jeta un regard inquiet à notre professeur, craignant sa réaction.

Ce dernier jaugeait la classe dans son ensemble et une lueur de fierté éclaira son regard.

_Est-ce que c'est ce que vous voulez tous ? Nous demanda-t -il.

Oui professeur ! Répondîmes-nous tous, dans un même ensemble, d'un ton résolu.

_Très bien dans ce cas je vous aiderai, mais avant toutes choses il faut que vous sachiez que ce n'est pas parce que vous serez entraînés que vous ne serez pas en danger, au contraire même. Et ces entraînements devront rester le plus secret possible, si cela tombait dans de mauvaises oreilles, les conséquences pourraient être catastrophiques. Ensuite j'aimerais pouvoir vous dire qu'être prêt à vous battre vous sauvera du pire et que nous ressortirons tous sein et sauf de cette guerre, mais c'est impossible, des combattants bien plus aguerris que vous, sont déjà tombés et d'autre tomberons.

Un frémissement parcouru la salle, la voix de Sirius était ferme, froide, réaliste, il voulait nous confronter à ce qui nous attendait dehors.

_Vous ne serez jamais en sécurité, ni vous, ni vos proches, reprit-il. Ce qui vous attend dehors c'est la peur continuelle, c'est le chagrin, la haine et la mort, soyez-en toujours conscient. Nous prévint-il sombrement. Le tableau qu'il dépeignait faisait froid dans le dos, mais nous savions que s'était la réalité.