PDV Ginny
_Petrificus totalus !
J'esquivais de justesse le sortilège en me jetant à terre, je me mis à genoux afin de ramper jusqu'à une colonne où je pourrais m'abriter et jurai de ne pas avoir plus travaillé mes esquives. Il aurait été en effet plus classe d'effectuer une roulade jusqu'à cette colonne, l'idée de me voir ramper à quatre pattes aurait presque pu me faire sourire si j'en avais eu le temps. Je réussis malgré tout à me retrouver derrière mon abri esquivant par chance les feux nourris.
_ Tu as eu de la chance, me fit mon frère qui était lui aussi derrière la colonne.
_ Merci de reconnaître mon talent.
_ Bon, ils sont combien de ton coté ? Me demanda-t-il
_ Deux.
_ J'en ai qu'un du mien, à trois on sort tous les deux en même temps et on les désarme.
_ Parfait !
_ Un... Deux...
Nous sortîmes simultanément, et je mis en joue mes adversaires.
_ Expelliarmus !
Les baguettes de nos adversaires voltigèrent sous leurs mines déconfites. Ils pensaient avoir l'avantage, et n'attendaient que de nous cueillir une fois qu'ils auraient pu abattre notre planque. Mais comme disait souvent mon frère, la meilleure des défenses c'est l'attaque.
Je fus extraite de mes pensées par les applaudissements des autres qui nous regardaient en temps que spectateurs.
_ Bien joué me fit Harry en m'adressant un léger baiser. Bon, fit-il, nous allons terminer l'entraînement sur cela, et n'oublions pas qu'il ne faut jamais croire que la victoire est acquise.
Les autres regardaient Harry, buvant ses paroles. L'aura qu'il avait pouvait se montrer impressionnante. Il faisait tout pour que ses parents soient fiers de lui, et ils pouvaient l'être. Les élèves qui formaient l'AD s'étaient tous mis autour de lui, écoutant son discours au milieu du décor qui était apparu pour notre entraînement, tandis que la salle sur demande résonnait de ses instructions.
Harry termina son topo, et les membres de l'AD sentirent qu'ils pouvaient désormais sortir.
_ Vous avez entendu parler de la rumeur ? Nous demanda Hermione.
_ Oui, répondit Ron, mais à mon avis, Dumbledort ne ferait jamais ça maintenant.
_ D'accord avec Ron, fit Harry, je ne vois pas pourquoi Dumbledort irait envoyer les sixièmes années en échange avec d'autres écoles. Ce n'est pas du tout le moment, surtout pendant que vous-savez-qui reprend des forces. Nous avons besoin de tout le monde en ce moment.
_ Mais à mon avis, s'il veut nous envoyer là-bas, c'est qu'il a un plan, répondit Hermione.
Nous n'étions plus que nous quatre dans la salle sur demande, et plus personne ne prit la parole. Cela faisait bizarre de trouver le silence dans cette salle d'ordinaire si bruyante, j'avais l'impression que les mannequins d'entraînements attendaient patiemment que l'on quitte la salle afin de se reposer de cette heure si éprouvante pour eux. N'ayant plus rien à y faire, nous quittâmes un à un la salle sur demande. Je regardais la porte diminuer petit à petit, jusqu'à disparaître dans le mur, et se confondre avec une des jointures qui entouraient les grosses pierres du château. Harry me prit la main, je devais me perdre dans mes rêveries, nous marchions derrière Hermione et mon frère, lorsque nous passâmes devant un groupe de serpentards. Comme dans un mauvais western, nos regards se croisèrent et s'affrontèrent, jusqu'à ce que l'un d'eux dise à voix haute :
_ Il parait que le cours de Black était pire que tout, du larmoyant à faire pleurer la ménagère.
C'était la voix de Malefoy, toujours à chercher à dire quelque chose de méchant afin de faire rire ses compères aussi bêtes qu'obèses. À ses mots, Harry me lâcha la main afin de saisir sa baguette, Ron à son habitude lui avait emboîté le pas, mais cette fois-ci, même Hermione avait craqué.
_ Retire ça, espèce de misérable pauvre merde ! Fît Hermione.
_ Mais c'est que la sang de bourbe se rebelle, fit Malefoy ricanant essayant de cacher la peur que lui inspiraient mes trois amis.
_ Oui, répondit mon frère, et toi tu vas finir dans un état tellement lamentable, que même ton père avec tout l'or qu'il a, ne pourra pas te reconnaître.
_ Ca suffit ! Tonna une voix qui venait de derrière nous.
Nous nous retournâmes, c'était Sirius qui arrivait à grandes enjambées, en nous jetant un regard noir. Quelques secondes passèrent sans que personne ne dise quoique se soit. Devant ce silence, il reprit d'une voix grave.
_ Vous ne trouvez pas que le sang a assez coulé ? Vous ne trouvez pas qu'assez d'horreurs ont été commises ? Vous n'êtes plus des enfants maintenant, apprenez à vous comporter en tant qu'adultes responsables ! Et par pitié, ne laissez pas la colère ou l'imbécillitié vous aveugler.
Ces paroles résonnèrent en nous jusqu'à nous donner de la chair de poule. Nous nous sentions minables, avec quasiment l'envie de dire : ce n'est pas nous qui avons commencé. Nous restâmes silencieux, honteux de nous être déshonorés en nous donnant en spectacle de la sorte, tandis que Drago et ses sbires s'en allèrent, sans oser répondre à nos regards. Quand ils quittèrent le couloir, Ron tenta malgré tout de se défendre.
_ Siriu...
_ C'est professeur Black ! Répondit sèchement Sirius avant de tourner les talons, sans nous jeter un regard.
Mon frère se retourna vers nous d'un air ahuri, mais aucun de nous n'osa redire quoi que ce soit, nous baissâmes la tête et allâmes dans la grande salle pour le diner. Arrivés là-bas, la vue de toute cette nourriture en abondance nous redonna la bonne humeur qui nous avait quittés quelques instants plus tôt. Je me précipitai sur les pommes de terres qui étaient dans le plat devant moi, elles étaient coupées en de toutes fines rondelles, de façon à ce qu'elles aient doré pendant la cuisson. Elles craquaient dans le palais, et un petit gout de noix de muscade me faisait fondre sur ma chaise. Je pensais que j'allais finir obèse tant je mangeai sans m'arrêter.
Nous profitions tous en silence de notre diner lorsqu'un bruit aigu résonna jusqu'à mes oreilles.
_ Votre attention je vous prie !
Tous les regards se tournèrent vers la table d'où venait ce bruit, c'était celle des professeurs, et Dumbledort était debout à son pupitre attendant que tous les élèves aient l'esprit disponible à ce qui allait être dit.
_ Excusez moi d'interrompre ce repas, qui je l'espère vous convient comme à son habitude, mais j'ai une grande annonce à vous faire. J'ai l'honneur d'annoncer qu'une vieille tradition va refaire son apparition, il s'agit d'échange des septièmes années entre différentes écoles pour le passage des ASPICS. Ceux-ci ayant pour but de favoriser le voyage et l'échange entre toutes les communautés de sorciers, nous espérons que nous pourrons apprendre les uns des autres, et aussi pourquoi pas, si cela pouvait convaincre certains des élèves à découvrir un métier, ou à commencer leurs études dans un autre pays que l'Angleterre. Cependant, pour que chaque élève choisisse la meilleure école , je propose, que les élèves de sixième année partent visiter et finir l'année dans les différentes écoles disponibles pour les échanges : il s'agit des écoles de Durmstrang en Bulgarie, Beaux-Bâtons en France, Ferricelli en Italie et Llobères en Espagne. Bien, je verrais personnellement les élèves de sixièmes années pour leur parler de ce nouveau plan d'échange interécole en présence des directeurs de vos maisons respectives. Je vous souhaite une bonne fin de repas, ainsi qu'une bonne soirée.
Une fois que Dumbledort eu finit de prendre la parole, un brouhaha monta dans la salle. Harry fût le premier à réagir aux propos de notre directeur :
_ Nous ne pouvons pas partir avec tout ce qui se passe en ce moment !
_ Je ne sais pas ce que Dumbledort a dans la tête, répondis-je.
_ À mon avis, répondit Hermione, Dumbledort veut peut-être éloigner certains serpentards
_ Comme ces abrutis de Malefoy, Crabbe et Goyle, ajouta mon frère qui n'avait semble-t-il toujours pas digéré l'altercation de tout à l'heure.
Nous repartîmes dans la discussion que nous avions eue tout juste auparavant, jusqu'au moment où un détail qui avait de l'importance me frappa.
_ Mais si vous partez, je resterais toute seule ?
