PdV Rémus

La lumière revint dans la pièce, et on pouvait de nouveau voir la foule entassée qui criait et se bousculait. Une ambiance électrique et déchainée parcourait la salle telle des éclairs de 200 000 volts dans un orage de délire. Nous étions en transe, le sang nous cognait les tempes comme si nous étions dans un ascenseur qui n'arrêtait pas d'accéléré pour nous amener dans les cimes de la folie. Je fermais les yeux afin de me concentrer sur mes autres sens, comme si je pouvais ressentir toute cette joie grâce à un sens caché.

_ EST-CE QUE VOUS EN VOULEZ ENCORE ?

Et dans un écho assourdissant, le public répondit en choeur :

_ !

La batterie donna le tempo comme un signal, et après trois coups de baguette, les deux guitares, la basse et la cornemuse commencèrent leur mélodie frénétique. Après que le chanteur eu amplifié magiquement sa voix, des violons se mirent à s'exciter à leur tour animé par un sorcier qui secouait sa baguette dans le rythme effréné de la musique.

Je dansais comme un aliéné, je ne faisais plus qu'un avec la musique, mes membres semblaient obéir d'eux-mêmes à la cadence déchainée. Il me semblais que je volais, tellement je rebondissais en l'air. Je percutais un gros bonhomme de 120 kilos, chauve et tout transpirant, mais lorsque nos regards se croisèrent nous levâmes les bras en poussant un grand cri de joie, nous nous prîmes bras dessus bras dessous et nous continuâmes notre pogo ensemble.

Tout d'un coup la musique s'arrêta, et après quelques petites secondes, le guitariste commença son solo. Le meilleur moment dans un concert de magic métal, je fermais les yeux de nouveau, et mes mains résonnaient avec celles du guitariste, elles se mirent à imiter leur mouvement sans que mes yeux ne leur indiquassent une quelconque information. Puis une deuxième guitare reprit aussi sa mélodie, puis la batterie, puis la cornemuse et les violons.

_ Quel concert de taré, m'écriais-je en sortant de la salle de spectacle qui se vidait une fois tout le monde rassasié de musique.

_ Et ce n'est que le début de la soirée, me répondit James avec un sourire en coin et le regard malicieux d'un maraudeur préparant un mauvais coup.

_ Alors mon vieux Sirius, comment se passe cette soirée de ton coté, lui demandais-je.

_ Une très bonne soirée, ça me fait un bien fou de la passer avec mes amis.

Sirius, Arthur et moi repartions en suivant James qui semblait se frotter les mains en imaginant ses nouvelles facéties. Nous continuâmes comme ça en nous racontant de vieux souvenirs et en nous remémorant nos plaisanteries de l'époque de Poudlard et les réactions diverses et variées de nos camarades et de nos professeurs.

_ Tu te souviens, la fois où MacGonnagal était partie pour aller récupérer un vieux grimoire et qu'elle avait confié la surveillance de la salle au préfet ?

_ Oui ! La tête de ce pauvre Ned quand nous avions commencé à fouiller dans les affaires de MacGonnagal.

_ Et quand on avait découvert ce vieux placard camouflé dans le mur derrière cette grosse toile hideuse. Tout ce qu'on avait trouvé là-dedans !

_ On avait trouvé une espèce de boule en poil toute rouge et qui ronflait, on se demandait ce que c'était, alors on avait commencé à se l'envoyer dans la salle.

_ Jusqu'au moment où il a atterri sur Jessie et qu'il l'a griffée.

_ Cette pauvre Jessie était dans un état, et nous on riait, je crois que tout le château nous entendait

_ Nous voici arrivés ! Nous coupa James.

Nous étions au milieu d'une des places qui sillonait le chemin de Travers, il y avait une statue de notre très cher ministre Farrarin, il était représenté avec son éternel sourire béat, une grosse main calleuse tendue dans une posture amicale.

_ Tiens voici notre bon vieux ministre sorti tout droit de sa campagne.

_ On aurait dû le représenter avec un âne en botte de fermier, ça lui serait bien allé.

_ Excellent, ajouta James, parce que c'est justement ce que j'avais prévu qu'on fasse, détériorer la statue du ministre.

_ Ah ! Ternir le symbole de l'autorité, tu n'as pas changé James. Dit Siruis.

_ On n'est pas trop vieux pour ces bêtises ? fis-je.

_ Mais non, me rassura James, prends ceci.

Il me tendit une pilule rose avec un clown qui dansait dessus. Cette vision me fît éclater de rire.

_ Qu'est ce que c'est ? Demanda Arthur.

_ Ce n'est rien, c'est un truc que prennent tous les jeunes, je suis sûr que les jumeaux en prennent, et ils n'ont pas le cerveau en compote pour autant.

_ Je crois que tu n'as pas pris l'exemple le plus judicieux, répondit Arthur.

_ Décidemment, cette soirée est la soirée de débauche par excellence, conclu Sirius.

Je pris une des pilules, suivi des trois autres. Je ne ressentis rien de particulier, pas de délirium trémens, pas d'onirisme, pas d'envie de sauter de partout comme un cabri.

_ Bon, c'est qu'on parle et on parle, mais on n'agit toujours pas. Sur ces mots, Arthur prit sa baguette, visa la statue et la déshabilla. Sous nos regards ébahis, jamais nous n'aurions cru que le sage Arthur puisse participer activement à ce genre de plaisanterie.

Mais après tout, il était le père de Fred et Georges et même si le mariage et les responsabilités l'avaient assagi, il savait surement se lâcher, surtout loin de la vigilance de Molly et sous l'emprise d'une substance inconnue et suspecte.

Après un éclat de rire général, Sirius décida de lui donner des attributs féminins, puis je terminais en lui octroyant une posture aguicheuse, voir carrément vicieuse.

_Hé ! Qu'est ce que vous faites là bande de voyous, je vais appeler les aurors. Nous interpella un vieux sorcier décrépit.

_ C'est ça vieux gâteux, t'as qu'à faire ça pour t'occuper !

_ Sirius ! Fit James, je vais avoir l'air de quoi si je me fais arrêter ?

_ Bah, arrête de faire ta pleureuse James, après tout c'est ton idée.

Mais nous fûmes interrompus par trois "Crack" et des aurors commencèrent à arriver dans notre direction. Nous étions tous les quatre trop stones pour tranplaner correctement, et pas assez pour prendre la décision de le faire quand même. Nous nous jetâmes dans une ruelle en fuyant à toutes jambes. Nous évitions quelques stupéfix, mais à en juger à la faible fréquence des tirs qui nous étaient destiné, ils ne voulaient qu'une chose, nous faire déguerpir. Par simple mesure de sécurité, nous continuions à courir à en perdre haleine, ce qui arriva très tôt. Nous étions tous les quatre, les mains sur les genoux en train de vomir nos poumons. Il nous avait fallu quelques minutes pour récupérer, et après avoir retrouvé un peu de mon souffle, je levai la tête pour découvrir où nous étions.

_ On est devant l'ancienne banque de Tom Spell ? demandais-je

_ Oui ! Cet abruti avait voulu concurrencer les gobelins, mais personne ne l'avait suivi, et il s'était retrouvé sans clients et complètement ruiné. Confirma James.

_ Ah je m'en rappelle ! Quel abruti ce Tom. Asséna Sirius.

_ Le pire, c'est qu'il était dans ma promotion, rajouta Arthur, c'était un vrai génie je me souviens bien de lui. Comme quoi.

_ Il aurait mieux fait d'ouvrir un bordel, ça aurait eu plus de succès, ajoutais-je.

_ Non ! En voilà une idée Lunard, s'exclama James.

_Quoi Cornedrue ? répondis-je, pas du tout certain d'avoir eu idée quelconque, ni même d'en être capable.

_Un bordel, c'est la que nous devrions terminer cette soirée, cela fait bien longtemps que nous n'avons pas fait, cela.

_ Une soirée de débauche totale c'est exactement ce dont j'ai besoin en ce moment, d'ailleurs nous en avons tous besoin. En route maintenant ! S'excita Sirius.

_Euh, tu sais où tu vas au moins, m'étonnais-je devant cet entrain soudain.

_ Je connais un tripot moldu pas très loin d'ici, je suis sur qu'il y a de quoi bien rigoler là-bas ! Affirma-t-il, en reprenant sa marche. Nous lui emboitâmes le pas contaminé par son enthousiasme, j'échangeais un regard complice avec James, Sirius le maraudeur était de retour, et cette soirée allée continuer d'être mémorable.

Nous arrivions dans un espèce de bar à ivrogne de la banlieue de Londres.

L'établissement promettait des strip-teases et de l'alcool à volonté, à des prix défiant toute concurrence.

_ Je ne peux pas rentrer là-dedans, grimaça soudain Arthur.

_ Pourquoi ? Demanda James avec des yeux de merlan frit.

_ Si Molly sait ça, elle va m'étriper et se faire un nouveau chapeau avec mes viscères, nous avoua-t-il.

Un nouveau regard complice avec James ,nous subirions surement le même sort si Nymphadora et Lily apprenaient que nous avions mis les pieds ici.

_ Elle n'est pas censée le savoir, répondis-je.

_ Et puis c'est ça qui est amusant l'adrénaline et le danger de se faire prendre. Ajouta James survolté.

Arthur haussa les épaules puis nous suivit dans ce lieu de débauche.

Nos tenues peu conventionnelles nous attirèrent les regards curieux de la clientèle uniquement masculine alors que nous nous installions à une table près de la petite scène.

À peine étions-nous assis qu'une femme vînt prendre notre commande. J'évitai soigneusement de croiser le regard de mes camarades pour ne pas exploser de rire face à l'apparence de la serveuse.

Blonde platine et maquillée à outrance elle devait avoir au bas mot cinquante-cinq ans, la couche épaisse de maquillage accentuant ses rides et sa peau flasque. Elle portait une tenue des plus aguichantes qui donnait mal aux yeux tant le latex de la jupe et de l'écharpe qui lui servait de haut noué autour de sa poitrine pendante, étaient rose pétant.

Enfin pour compléter ce tableau d'un ridicule et d'une vulgarité dégouilinante, elle s'adressa à nous avec une voix rocailleuse et un vocabulaire qu'elle voulait jeune.

_Bonsoir mes loulous, qu'est-ce qui vous ferait plaisir ce soir ? Interrogea-t-elle en ondulant des hanches de façon provocatrice. Une fois de plus nous nous retînmes difficilement d'exploser de rire.

_Un whisky pur feu ? Pouffais-je. Alors que James en face de moi partait dans un fou rire incontrôlable.

_Et trois bièreaubeurres, poursuivit Sirius en me faisant un clin d'oeil.

La femme nous jaugea quelques secondes se demandant surement si nous la prenions pour une idiote, puis haussa les épaules et se détourna vers le comptoir. Elle y glissa un petit mot à un homme de grosse corpulence, le crâne chauve et portant un bouc ridicule, il nous regarda et se dirigea dans notre direction.

_ Bonsoir messieurs.

_ Bonsoir que pouvons faire pour vous ? Lançais-je un brin provocateur.

_ Vous arrivez d'où ?

_ Nous venons du concert de Magic Mét... Aïe ! Fis-je après m'être pris un coup de coude.

_ Excuse-moi mon bon vieux Rémus, nous étions dans un concert d'un groupe de métal que vous ne devez surement pas connaître, à en juger par vos goûts surement plus distingués.

_ Et c'est d'là bas que vous tirez vos fringues du moyen âge ?

_ C'est cela mon cher, ajouta Sirius avec son air le plus sérieux. Et en quoi notre accoutrement vous gêne-t-il ?

_ Oh en rien. Hum, j'viens pour vous faire passer l'information comme quoi nous n'avons pas vos boissons.

_ C'est dommage, et qu'avez-vous à nous proposer ?

_ Nous avons du champagne, ça devrait faire l'affaire non ?

_ Bien va pour votre "champagne", fit James en exagérant la prononciation du mot champagne.

Notre hôte revint avec notre bouteille, tandis que nous piaffions d'impatience quant à la venue d'une de ces strip-teaseuses.

_ Voila, ça vous fera 50 pounds

_ Et cela fait combien en galion ?

_ En Quoi ? Nous répondit-il, mais vous venez vraiment du moyen-âge !

_ En même temps, avec quoi voudriez-vous que l'on vous paye ? Commença à répondre Arthur, en pièce d'un alliage en 75% Cuivre et 25 % Nickel ?

Nous retournâmes ébahis par ses propos.

_ Quoi ? Demanda-t-il, j'ai étudié leur monnaie à un moment donné.

Le barman ne semblait pas trouver la situation très comique, et nous nous étions finalement aperçus que l'endroit où nous étions était quasiment vide, et que les seules personnes présentes commençaient à se rapprocher de nous en nous jetant des regards des plus mauvais.

_ Bon les comiques, je crois qu'on c'est pas compris, moi j'fais pas dans l'humoristique, donc où vous avez de l'argent, et du vrai, ou vous vous barrez d'ici le plus rapidement possible.

_ Et quand est-ce que nous pourrons voir des filles à poil, demanda James d'un ton ingénu.

_ J'en ai rien à foutre, mais c'est mon dernier avertissement avant que moi et mes poteaux on s'fâche et pour de bon.

Siruis, qui avait sorti se baguette et jouait avec,il s'adressa au barman dans un langage qui n'était plus celui avec lequel il s'était adressé au début :

_ Bon mon gars, tu fais peut-être le mariolle avec ta bande de gorilles, mais je crois que t'as emmerdé la mauvaise bande de potes. Donc si tu ne veux pas te retrouver avec le cul à la place de la tête, je te conseille d'être plus poli avec nous. Compris ?

Sans surprises, la menace de Sirius ne fit que les énerver davantage. L'un d'eux commença à prendre James par l'encolure pour le lever et le forcer à quitter les lieux, mais avec une dextérité étonnante dans l'état dans lequel il était, il sortit sa baguette, et la veste de son agresseur commença à prendre feu, ce qui le fît lâcher prise, et il déguerpit afin d'éteindre sa veste. Tandis qu'un deuxième s'était jeté sur Sirius, celui-ci se changea en chien, ce qui surprit son assaillant, puis il se retransforma dans son apparence humaine, et allongea un grand coup de poing dans le visage ahuri de l'homme de main du barman.

Le barman quant à lui regardait la scène d'un air pétrifié, tandis que ses autres amis avaient pris la sage décision de fuir. Je pris ma baguette, et lui jetai un sort de lévi corpus.

_ Qu'est ce qu'on fait de lui, demandais-je à mes amis. On lui tatoue je ne suis qu'un idiot de moldu sur le front ?

_ Quand même, répondit Arthur, on devrait le reposer, ce pauvre homme.

_ On devrait lui demander, répondis-je.

_ S'il vous plaît messieurs, implorait-il, j'sais pas qui vous êtes, mais j'vous jure de ne plus vous importuner.

_ Oh ça va, j'ai horreur de tuer quelqu'un qui me supplie.

_ Tu l'as déjà fait plein de fois, me répondit Sirius.

_ Oui, ajouta James, après les avoir torturé de façon à ce que même moi, je trouve ça répugnant.

Le visage de mon pauvre serveur était défiguré par la peur, d'énormes larmes coulait le long de ses joues avant de retomber sur le sol, lequel je suis sur, il n'aspirait plus qu'à regagner.

_ Bon, ça va pour cette fois. Mais n'oublie pas que la prochaine fois, "El lobo"° ère dans les parages.

Il retomba d'un coup sec, et essaya de se prosterner tant bien que mal pendant que nous sortions du club de Strip-teas en emportant la bouteille de champagne content que notre méfait soit de nouveau accompli.

PDV Ginny.

La soirée d'enterrement de vie de jeune fille de Tonks se passait dans une humeur bonne enfant, même si je regrettais que Hermione ne soit pas là pour profiter de cette soirée uniquement féminine.

Nous avions décidé d'un commun accord que nous nous amuserions, et que nous ne parlerions pas de la guerre, que cette soirée était une pose dans notre quotidien d'angoisse. D'ailleurs, Dumbledort s'était arrangé pour qu'aucun des membres de l'ordre présents ce soir ne soit réquisitionné sous aucun prétexte.

Nous passions donc un agréable moment à discuter et à rire de tout et de rien. La soirée avait eu sa partie mièvrerie lorsque maman et Lily avaient raconté leur mariage respectif. Puis nous avions donné son cadeau à Tonks. Une nuisette en soie blanche, en vue de sa nuit de noces. À la vue du présent, elle avait piqué un far et manqué de renverser son verre de jus de citrouille.

_ J'espère que le ou la futur petit Lupin sera moins maladroit que sa mère, s'était moquée Lily.

_Ne te moque pas de moi ou c'est à Ginny que je demande d'être la marraine de ce bébé.

À ces propos Lily était restée bouche bée avant de balbutier.

_C...c'est vrai ? Tu veux que je sois la marraine de votre enfant ? Tonks avait acquiescé et Lily l'avait serré dans ses bras émue. Puis nous avions offert aux deux futures mamans les cadeaux pour les nouveaux nés à venir. Maman avait tricoté des montagnes de layette multicolore, et face à nos sourires moqueurs, elle se justifia.

_Cela fait des années que je n'ai pas tricoté pour des enfants. J'échangeai un sourire complice avec mes camarades et la taquinait.

_oh oui, c'est vrai que Luka est bientôt majeur ! Je ne sais même pas si Sirius et Clara lui ont acheté le moindre vêtement depuis sa naissance.

_Bon d'accord je me suis peut-être un peu emportée, mais c'est tellement mignon, tout ces petits pulls, ces petits chaussons en agitant une paire de chaussons bordeaux devant nos nez.

Nous sourîmes en lui donnant raison.

Quant à moi j'avais tricoté deux couvertures aux couleurs de Gryffondor qui plairaient sans aucun doute, à James et à Rémus. Auxquelles j'avais ajouté deux peluches. Un faon pour le bébé de Lily et James et un louveteau pour celui de Tonks et Rémus.

J'avais hâte que ces deux bouts de chou naissent, car je savais que je serais leur baby-sitter attitrée.
Une fois les cadeaux distribués nous nous mîmes à table et j'écarquillées les yeux devant l'abondance de nourriture que Tonks avait préparés.

_Tu es complètement folle ? Tu sais que les hommes ne sont pas là ? s'exclama Lily en riant.

_Je sais, répondit Tonks avec un sourire coupable. Mais j'avais tellement faim quand j'ai commencé à cuisiner que je n'ai pas su m'arrêter avant.

La soirée se passa donc entre rire et nostalgie. Mais même si nous tentions de paraître détendues, plus la nuit avançait, plus nous nous inquiétions, pour nos pères, maris, amis qui tardaient à rentrer.

Il était près de trois heures du matin et ils n'avaient donné aucun signe de vie. Lily faisait de plus en plus souvent des allez- retour jusqu'à la fenêtre, et nos prises de paroles étaient de plus en plus espacées.

Maman me jetait des regards qui voulaient dire "si seulement j'avais ma pendule dans les parages" et Tonks poussait des soupirs agacés.

Je me sentais oppressée par cette ambiance,

_Je vais prendre l'air, dis-je à bout de nerfs vers trois heures et demie.

_Ginny ne t'éloigne pas ! Me conseilla ma mère.

_ Je reste sur la terrasse ne t'en fais pas, la rassurai-je.

À l'extérieur la nuit était totalement noire et une légère brise soufflait me donnant des frissons, me forçant à me blottir dans ma cape. Je tendais l'oreille, inquiète que mon père, et les autres ne soient pas encore rentrés. Merlin, faites que des Mangemorts ne leurs soient pas tombés dessus, faites qu'ils aillent bien. Je fus sorti de mes tristes pensées par des rires et des éclats de voix masculins. Je me saisi de ma baguette et descendis les marches du perron pour voir quatre silhouettes tituber vers moi, je reconnu rapidement, mon père et James qui m'arrachaient en tête du groupe tandisque Sirius et Rémus titubaient en se soutenant l'un l'autre tant bien que mal.

_Que s'est-il passé ? Demandais-je paniquée.

_Oh Ginny ma petite fille adorée, tu devrais être couchée à cette heure-ci ! S'exclama-t-il, avant de rire à gorge déployée .

_ Papa tu es ivre ?

_Juste. Un. Peu. Articula difficilement James.

_ Espèce de bande d'idiots ! Hurlais-je mes nerfs lâchant tout à coup. Nous étions mortes d'inquiétude alors que vous vous souliez la gueule.

_ Et reste cool Ginny, il n'y avait aucune raison de s'inquiéter. Bafouilla Rèmus.

_Aucune raison de s'inquiéter, c'est la guerre, mais à part cela tout est normal vraiment.

Ils éclatèrent de rire. Rentrez fulminais-je, rira bien qui rira le dernier.

Les compères n'avaient pas mis un pied dans le salon que leur compagne respective les assaillaient de reproches. Avant que j'ai pu dire "quidditch" maman avait enfourné papa dans la cheminée et y avait disparu à son tour certainement peu désireuse de faire une scène à mon père en public.

Je me retrouvais donc condamné à dormir chez Tonks et Rémus personne ne pouvant me raccompagner à Poudlard. Lily et James finirent par rentrer chez eux aussi et Tonks avait entreprit d'aller coucher Rémus, après m'avoir laissé deux paires de draps, et deux oreillers, il me revenait donc de mettre Sirius au lit. Je levais les yeux vers l'homme en question, il était assis sur l'un des sofa du salon, le dos vouté, le visage dans les mains. Je m'assis à ces côtés :

_ Tout va bien ?

_ça tangue, grogna-t-il en guise de réponse.

_ Tu devrais t'allonger, je t'apporte des couvertures.

_Tu es un ange, soufflat-il.

_ Ce n'est rien, répondis-je. En lui tendant un oreiller. Puis je fis apparaître une bassine au cas où ?

Si tu te sens mal tu n'auras cas te pencher, d'accord ?

_ mmm.

_ Bonne lui alors.

_Bonne nuit, je me détournais vers l'autre sofa de la pièce, Ginny ?

_Oui ?

_ Je ... je t'aime. M'annonça mon professeur la voix pâteuse.

_ mais oui, répondis-je, t'es bien défoncé, me moquais-je, allez dors,cela ira mieux demain.

Je me détournais de nouveau et rejoins mon sofa en tentant de ne pas me rendre compte que mon coeur s'était mis à battre la chamade, après ce que je venais d'entendre. Je me blottis sur moi même dans la pénombre en tentant de reprendre mes esprits.