PdV Harry

Nous arrivâmes dans une ancienne gare occupée autrefois par les moldus, mais sans que ceux-ci ne s'en rendent compte, elle fût réquisitionnée par les sorciers. Comme nous l'avions pensé, quasiment tous les passagers du train y descendirent. Nous essayâmes de passer pour de simples touristes afin de ne pas attirer l'attention sur nous, ce qui ne fût pas trop difficile tant nous étions perdus.

Après avoir appelé un taxi sorcier, nous lui demandâmes de nous amener à la bibliothèque magique de la ville. Nous nous installâmes tous les trois au fond du taxi impatients de découvrir une nouvelle ville, nous espérions quelque chose d'original, et nous ne fûmes pas déçus.

À peine avions-nous pris le premier virage, nous emboîtâmes sur un pont traversant un fleuve, le Rhône, nous faisions face à la ville et le paysage qui s'ouvrait à nous était superbe. Tout autour du centre, on pouvait voir des remparts majestueux qui semblaient protéger la ville depuis des siècles. Tout en dominant la cité, un somptueux palais jouxtait une énorme église,et un pont médiéval effondré complétait le décor.

. Après avoir descendu la rue principale d'Avignon, un spectacle des plus étrange s'offrit à nous. Des moldus avaient mis des déguisements grotesques et distribuaient des papiers aux passants. Nous en prîmes un chacun, sur le papier il y avait ce qui semblait être une affiche de spectacle, or de telles affiches étaient placardées par milliers sur tout ce qui pouvait être tapissé : murs, poteaux électriques, réverbères, barrières pour piétons, panneaux de circulation... La foule dense se promenait parmi ces cotillons immenses tandis que nous essayions de nous y frayer un passage vers notre destination.

Nous arrivâmes au pied du palais, une grande place où des gens se donnaient en spectacle devant d'autres. Après être entré dans une bibliothèque moldue, nous grimpâmes au dernier étage, et comme indiqué par notre chauffeur, nous trouvâmes un escalier secret caché derrière le mur où se terminait normalement celui emprunté par les moldus.

Nous l'empruntâmes et nous débouchâmes dans une immense pièce jonchée d'interminables étagères remplies de livres, nous nous risquâmes à interpeler un employé de la bibliothèque.

_ Bonjour, fis-je, nous venons d'arriver à Avignon, et nous aurions quelques services à vous demander.

_ Mais pas de problèmes mes petits, nous répondit avec un grand sourire le bibliothécaire, qu'est ce que je peux faire pour vous.

_ Déjà nous voulions savoir si c'était la fête comme ça tous les jours chez vous ? Demanda Ron avec une grimace.

_ Oh peuchère c'est vrai, vous débarquez ici, et vous voyez tous ces moldus en plein dans leur festival ! Ne vous inquiétez pas, cela ne durera encore que quelques semaines. Tous les ans, des moldus viennent ici pour se déguiser, ils montent sur une scène et font semblant qui leur arrive des tas et des tas d'aventures. Du coup, d'autres moldus viennent les voir à leur tour, cela les fait des fois rire, des fois pas.

_ Des spectacles de théâtre fît Hermione.

_ Exactement, je vois que mademoiselle est une experte en moldus.

_ En réalité, intervins-je, nous voulons des renseignements sur une certaine Rosetta Lemaître, plus connue sous le nom de Dame à la licorne. Nous venons en France, car nous faisons une étude sur elle pour notre école, et à Paris ils nous ont dit qu'elle était originaire de cette ville.

_ Ah ces couillons de parigot ! Dit-il en s'énervant, j'avais compris que j'avais dit un gros mot, il continuait en parlant fort et en levant les bras au ciel : pour eux, nous habitons tous dans le même patelin minable où même les chouettes se perdraient ! À part pour venir nous emmerder chez nous pendant les vacances, je ne vois pas pourquoi ils nous côtoieraient. S'ils pouvaient s'envoler avec le mistral tous ces gens-là !

_ Euh en réalité, s'excusa Hermione, ils nous ont précisé dans la région, donc peut-être qu'ils ont eu vent d'une quelconque information que vous pourriez nous préciser.

_ Mhhh... Je vais voir ce que je peux faire pour vous.

Le bibliothécaire s'en alla pour disparaître au milieu des étagères. Il revint quelques minutes après avec un grand sourire

_ Ah ! Tenez mes petits, ce n'était pas facile à trouver, vous savez, les livres traitants d'histoire de la magie sont extrêmement rares, et peu de personnes s'y intéressent.

Nous le remerciâmes, et plongeâmes dans le livre qui nous avait été donné, mais très peu d'information transparaissaient encore sur sa vie privée, il y avait encore les mêmes informations sur les façons de trouver un champ de Licorne, comment les apprivoiser, et pourquoi c'était le meilleur animal du monde.

_ Je commence à en savoir un rayon sur les licornes, s'énerva Ron, mais je ne sais pas en quoi savoir qu'elles raffolent d'herbes aromatiques va nous faire avancer dans notre mission.

_ Nous allons bien finir par trouver quelque chose, fit Hermione, je ne désespère pas.

_ Plus têtue que toi, c'est impossible, maugréa Ron.

_ Regardez, là, fis-je.

Il y avait écrit ces mots : « Bien que complexe, la native de Bagnols sur Cèze a bien su faire la différence entre écoute, et dialogue. »

_ C'est tout ce qu'il y a ? Me demanda Hermione.

_ C'est ce qu'il semble répondis-je, mais avec le peu d'indices que l'on a, c'est déjà encourageant.

Nous recherchions dans le livre s'il y avait encore quelques informations sur la dame à la licorne, mais en vain. Nous allâmes donc vers le bibliothécaire pour nous renseigner sur cette nouvelle ville.

La température était véritablement suffocante, et les cigales chantaient à tue-tête. Nous cherchions un peu d'ombre afin de ne pas littéralement rôtir sous le soleil. Nous nous dirigeâmes l'hôpital de Bagnols/ Cèze, en espérant qu'ils avaient gardé les traces de leurs archives. Nous nous étions dirigés comme il nous l'avait été indiqué vers le quartier des sorciers de la ville, pour arriver à destination à l'intérieur une ancienne bâtisse aux allures provençales. Après un bref délai d'attente, nous parvînmes avec soulagement aux archives qui n'avaient pas été détruites. Nous avions du mal à déchiffrer l'écriture qui nous avait été donnée, mais le texte disait ces quelques mots.

Nom de l'enfant : Rosetta Lemaître

Date de naissance : 22 Septembre 1184

Nom des parents : Guy Lemaître et Marie Louise Poisson Lemaître.

Statut du sang : pur

Poids : 7,2 livres

Taille : 1,4 pieds

Adresse : Rue du cerisier à Saint Victor La Coste

Nous sentions que nous nous rapprochions du but, mais à partir de ce moment, nous ne savions plus trop dans quelle direction chercher. Étant donné que son sang était pur, on aurait pu penser que sa famille avait de l'importance dans le milieu des sorciers, on pouvait aller dans le village, et demander aux sorciers s'ils connaissaient où vivait la famille Lemaître. Mais nous voulions profiter de notre présence dans cette ville moyenne pour glaner le plus d'informations possible. Nous décidâmes donc d'aller dans un office du tourisme pour moldu, afin de nous orienter vers quelqu'un qui pourrait nous renseigner sur l'histoire de la région.

Les employés de l'office nous avaient indiqué l'adresse du musée d'archéologie de la ville.

Le bâtiment dans lequel nous étions sur le point d'entrer n'était pas extraordinaire, surement une vieille maison qui avait été léguée à la ville qui l'avait à son tour transformé en musée. Nous franchîmes le pas de la porte où se trouvait une jeune gardienne derrière son bureau. Elle ne semblait pas noyée par le travail, et notre arrivée semblait la sortir de son ennui.

_ Bonjour, vous voulez trois entrées, nous demanda-t-elle avec un large et franc sourire.

_ Oui, répondit Hermione, mais à vrai dire, nous voudrions des renseignements sur l'histoire de la région, pourriez-vous nous aider ?

_ Ah, désolé je ne travaille ici que pour les vacances d'été, vous devriez vous adresser au titulaire, il est un expert sur tout ce qui est histoire. CHRISTIAN ! Cria-t-elle vers la pièce d'à côté, ce n'est pas vrai, il est encore en train de faire sa sieste, ce gros bébé a besoin d'au moins 14 heures de sommeil par jour. CHRISTIAN !

_ Euh... Ne vous dérangez pas, fit Ron, nous allons le réveiller.

La vue de la personne en face de nous, nous déconcerta, il s'agissait d'un gros bonhomme, au crâne dégarni, mais avec une nuque longue et des rouflaquettes rousses. Il portait de vieilles lunettes de soleil qui avaient dû être à la mode à une certaine époque, même si le personnage ne semblait pas avoir plus de 45 ans. Il portait un gilet en treillis et un short qui lui arrivait au dessus des genoux, et pour finir des scandales ouvertes aux pieds. On aurait dit un sorcier voulant se faire passer pour un moldu.

_ Excusez-nous monsieur, fit Hermione en lui tapotant l'épaule pour le réveiller, nous voudrions vous poser quelques questions.

_ Hein, hum... oui bien sûr, que voulez vous mes enfants.

Il s'était levé, mais n'était pas plus grand que nous, et était même plus petit que moi. Il nous tendait son bras pour que nous le serrions.

_ Voilà, fis-je après m'être exécuté, nous sommes à la recherche d'une ancienne famille de Saint Victor la Coste, les Lemaîtres, et nous aurions voulu savoir dans quelle maison ils auraient pu habiter.

_ Vous recherchez des anciennes maisons ?

_ C'est exact monsieur.

Il baissa la tête et passa sa grosse main sur son menton, frottant celui-ci en guise de réflexion. Après quelques secondes, il leva les yeux et nous récita un cours comme un petit enfant qui l'aurait appris par cœur.

_ Très bien mes enfants, voyez-vous, le village de Saint-Victor La Coste est un village médiéval réputé aujourd'hui pour son ancienne place forte toujours présente, mais en ruine, et pour ses remparts qui ont du être détruits après la défaite du comte de Toulouse, dont le seigneur de Saint-Victor était le vassal, lors de la croisade menée par le roi de France contre les Albigeois. Donc, le vieux village est situé sur la colline, ou plus précisément, sur la côte, qui se disait coste en ancien français. Cependant, si vous voulez aller encore plus loin dans l'histoire, je vous conseille de chercher du côté de Mayran, bien qu'il n'y ait plus de vestige aujourd'hui à l'exception de la chapelle. Mais, si vous le permettez, j'ai une question à vous poser.

_ Allez-y

_ Qu'est-ce que des touristes comme vous venez chercher ici ?

_ Nous recherchons un lien avec la famille que nous recherchons et une histoire qui s'est passée chez nous, répondit Hermione.

_ Oh mes petits ! Ne perdez pas votre temps avec ces vieilles histoires, à votre âge quand même !

Nous nous regardions circonspects, mais le gros bonhomme semblait être parti dans des souvenirs personnels.

_ Ah je m'en rappelle, quand j'avais votre âge, on était insouciants. On passait notre temps à faire les cons, mais c'était une autre époque, pas de chômage, pas toutes ces histoires...

_ Et c'est reparti, fit la gardienne désabusée en feignant de lire son livre.

_ Parfaitement, répondit Christian. Si tu l'avais connu, le général, tu serais d'accord avec moi !

Ils se mirent à débattre de politique, et nous prîmes cette opportunité pour nous enfuir, en étant quand même plus avancés sur notre quête.

La température se refusait à baisser, et pas une âme ne semblait errer sous cette chaleur. Le village était désert, seules les voitures moldues étaient là, bien à l'ombre sous d'épais platanes, et les cigales qui continuaient à chanter. Nous étions sereins, la guerre et ses malheurs paraissaient bien loin. Nous avions posé nos affaires dans un gîte tenu par de jeunes retraités très sympathiques qui nous avaient admirablement bien accueillis. Ils avaient été charmés par notre léger accent, et notre maîtrise parfaite du français, il faut dire que les sorts de parlelangue étaient bien pratiques depuis notre départ d'Angleterre. Nous profitions chaque jour du moment où les moldus s'abandonnaient à la sieste pour aller enquêter sur le village et sur son histoire magique. Pour le moment, nous n'avions trouvé aucun sorcier, mais aujourd'hui ce n'était pas le monde de la magie qui m'intéressait. Je m'étais retrouvé par hasard dans la boulangerie du village pour aller y chercher une « baguette », dont le terme nous faisait assez rire avec Ron et Hermione, mais j'aimais particulièrement aller dans cette boulangerie, non pas pour la baguette, mais pour Julie. Nous avions sympathisé depuis le premier jour, et j'affectionnais particulièrement notre rendez-vous quotidien.

_ Bonjour, fis-je.

_ Bonjour, monsieur l'anglais, me répondit-elle en souriant.

Elle avait attaché ses cheveux blonds en un chignon, ce qui lui dégageait le visage et mettait en valeur ses yeux bleus.

_ Tu peux m'appeler Harry.

_ Je préfère monsieur l'anglais. Alors, tu ne t'ennuies toujours pas dans le coin ?

_ Non, nous n'avons pas encore tout exploré.

_ Car il y a quelque chose à explorer ici ? Demanda-t-elle dubitative.

_ De très jolies choses à vrai dire, on n'en a pas de telle en Angleterre.

_ Qu'est-ce que vous n'avez pas ?

_ Le soleil déjà.

Nous discutions encore de tout et de rien pendant quelques minutes, ignorant les quelques clients qui s'égaraient dans la boulangerie. Julie était une fille de 17 ans qui travaillait ici chaque vacance, l'établissement était à son oncle qui s'occupait d'elle depuis l'accident de voiture qui avait coûté la vie à ses parents. Elle ne rêvait que d'une chose, c'était de partir de ce village dès qu'elle en aurait la possibilité. J'essayais de la décourager, car je ne comprenais pas comment on pouvait avoir envie de quitter une vie paisible pour rechercher l'aventure. Je ne pouvais pas lui parler de Voldemort, ni de la guerre, et de ce fait mon argumentaire n'arrivait pas à la dissuader de son obsession. Lorsque nous n'eûmes plus de sujets de discussion, je pris ma baguette, lui fît un sourire et comme tous les autres jours, je n'eus pas le courage de l'inviter après son service.

Je quittais la petite place de la boulangerie pour remonter vers la place de la mairie où m'attendaient Hermione et Ron. Je ne leur avais rien dit sur Julie, et ils ne se doutaient de rien. Je ne voulais pas non plus que Ron prenne le parti de sa sœur, car je me sentais coupable quelque part, et je savais qu'il aurait eu raison.

_ Tu as déjà acheté ta baguette ? Me demanda Hermione.

_ Ah oui, désolé j'avais oublié que l'on devait visiter le château.

_ Bon, met la dans mon sac, me fit Hermione, ne perdons pas trop de temps, profitons de la température pour pouvoir jeter des sortilèges pendant qu'aucun moldu ne sera en mesure de nous voir.

Nous montâmes tout en haut de la colline sur laquelle reposaient les vestiges d'un ancien château fort. Il demeurait quelques remparts, avec des traces d'anciennes meurtrières. La végétation avait totalement envahi le site, et la garrigue avait remplacé les anciennes routes, recouvert le sol et même parfois les murs. Une fois arrivé tout en haut, nous nous assurions qu'aucun autre touriste n'était là, après cette vérification, nous sortîmes nos baguettes, afin de détecter toute trace de sortilèges, où de sorts ayant été lancés ici. La cour du château s'était révélée négative à nos analyses, nous décidâmes alors d'entrer à l'intérieur du château. L'endroit était très sombre, j'éclairai la pièce à l'aide d'une lampe torche moldue afin de ne pas trop polluer nos sorts de détection. Nous étions au milieu d'une grande pièce qui devait servir de salle à manger, nous continuâmes pour aller dans les appartements privés du château, et là, enfin nous détections des sorts.

_ Ça y est ! S'écria Hermione, nous avons enfin trouvé quelque chose.

_ Super, fit Ron dubitatif, maintenant que pouvons-nous en conclure ?

_ Que des sorciers étaient présents dans ce château, et sûrement les Lemaîtres.

_ Nous devons rechercher les affaires qui ont été trouvées dans ce château pour en être sûrs, ajoutai-je.

Nous examinions de plus près les appartements. On pouvait voir sur un des murs, quelque chose de gravé dans les parois, et malgré le temps ces gravures étaient encore lisibles.

« Savoir être humble »

Avec en dessous une série de chiffres :

1

11

21

1211

111221

_ Encore une énigme, fis-je désabusé, ce qui provoqua un sourire sur le visage de Ron.

_ Je suis sûre que c'est un sorcier qui a posé cette énigme, Fît Hermione toute excitée. Regardez, il y a un sortilège qui est sur cette inscription.

Nous restions plusieurs heures afin de chercher des indices, mais ce fût en vain. Nous nous décidâmes donc à faire demi-tour pour rentrer chez nos hôtes.

Nous sortîmes du château, soulagé d'avancer dans notre quête, enfin nous progressions. Hermione insistait sur le fait qu'elle avait un bon sentiment, mais tout d'un coup nous entendîmes

_ Pétrificus totalus !

Nous fûmes immobilisés, ma tête était bloquée, tournée vers Hermione et Ron qui était de l'autre côté, un sourire figé sur son visage, alors que ses yeux trahissaient la surprise totale. Je voulais tourner la tête, pour voir notre agresseur, mais il m'était bien sûr impossible de le faire. Un homme nous dépassa pour nous faire face. Il était grand, les cheveux frisés, et de grands yeux. Je n'eus pas besoin de voir ses vêtements de Mangemorts pour reconnaître qu'il était un ennemi, je l'avais reconnu lors de l'attaque du cimetière, et apparemment lui aussi nous avait reconnus.

_ Tiens, tiens, qu'est ce qu'il se passe ici, fit-il d'une voix aiguë. C'est le fils des Potters avec un des fils Weaslay, et cette sang de bourbe qui les accompagne tout le temps. Quand le seigneur des ténèbres sera qui j'ai réussi à attraper, il sera satisfait.

J'essayais de toutes mes forces de bouger mon bras afin d'attraper ma baguette, mais cela m'était impossible. Je le vis lever la sienne, puis un rayon vert jaillit...