PDV Sirius

L'odeur était désagréable, mais je pouvais sentir derrière ces effluves de putréfaction lorsqu'il y avait quelque chose d'agréable à sentir. Mon odorat comme chaque fois était décuplé, et toutes mes sensations étaient différentes de celles que j'avais normalement. Il n'y avait rien de suspect, et je passais à la dernière poubelle. Je me remettais sur mes quatre pattes, ce qui était plus agréable, notamment pour les muscles de mes pattes arrière. La dernière poubelle inspectée, j'aboyais deux fois pour signaler à James et Rémus que rien de suspect n'avait été trouvé. Je les entendais au travers du portebruit que j'avais au tour du cou, et je savais qu'à n'importe quel moment, je n'avais qu'à grogner pour qu'ils apparaissent.

_ Bon chien, me répondit James en réponse à mon code.

_ Maintenant il n'y a plus qu'à espérer que Pettigrew prévienne vite son acolyte, ajouta Rémus.

Rémus avait placé la cheminée de Pettigrew sous surveillance, histoire de remonter à celui ou celle qui se cachait derrière tout cela. Son instinct lui avait dit que cet incapable qui était avec nous à Gryffondor n'avait pas les capacités intellectuelles suffisamment développées pour commanditer un meurtre aussi élaboré. Une fois ce dernier relâché, James et lui l'avaient suivi à la trace, de façon à voir à qui il irait répéter tout ce qu'il lui était arrivé. Mais il était allé directement chez lui, et nous n'eûmes pas besoin d'attendre bien plus longtemps, tant cet imbécile c'était vite empressé de tout raconter à son maître. Je pouvais entendre sa petite voix nasillarde par le portebruit.

_ Maître, je dois vous prévenir, Potter et Lupin enquêtent sur le meurtre de ce mouchard de Vic, ils m'ont arrêté et cette épave de Black est avec eux. Maîtres, ils m'ont torturé, mais votre serviteur n'a rien révélé.

Mon sang ne fit qu'un tour lorsque j'entendis mon nom, cet enfoiré me traitait d'épave ! Je ne devais pas mettre la mission en péril, mais je me jurais qu'il allait payer cet affront.

_ Pourquoi m'appelles-tu idiot, fit une voix qui à ma surprise n'était pas celle de Voldemort, mais contre laquelle je ne pouvais qu'être à première vue en accord, tant sa voix portait du dédain à l'encontre de cet ignoble Pettigrew. Que savent les aurors ? Demanda la voix.

_ Rien maître, ils ne savent rien, ils n'avaient rien contre moi, et ils ont du me relâcher. Si vous aviez vu dans quel état se trouve Black, fit-il avec une délectation qui ne faisait qu'empirer ma rage. _ Suffit, je n'ai que faire de ces aurors, ils ne savent rien et tant mieux pour toi. Je te l'ai dit, ne me contacte qu'en cas d'extrême urgence.

La voix se tût et par la même occasion, celle de Pettigrew. Il nous fallait identifier cette voix, nous étions tellement persuadés qu'il contacterait Voldemort et que nous pourrions en apprendre plus sur ce meurtre horrible, que nous n'avions pas pensé à un plan de secours. Il nous fallait désormais improviser. Je décidai de reprendre ma forme humaine, m'emparai d'un vieil imper que j'avais repéré dans une poubelle ainsi qu'une bouteille vide de whisky pur feu. Je contactais Rémus et James en ramassant le portebruit qui était tombé.

_ Rémus, James, n'intervenez que lorsque Pettigrew sera sorti de chez lui.

Je lâchais le portebruit en espérant qu'ils aient compris mon plan. Je fis le plus de bruit possible et me mis à crier.

_ Pettigrew, je sais qu't'es là, fis-je en titubant. Sors de chez toi, où je viens te chercher ! Viens, qu'j'te mette ta raclée.

Je sortis ma baguette et commençais à tambouriner la porte d'entrée de son appartement.

_ Sors de là vermine ! M'écriais-je. Je sais qu't'es là, montre moi ta face de rat !

Pendant que je continuais mon spectacle, j'entendis une fenêtre s'ouvrir de l'autre côté de la maison. Je contournais la minable demeure, et je vis Pettigrew s'extirper maladroitement de chez lui par sa fenêtre. Après être tombé lourdement par terre, il détala à la vitesse de l'éclair pour disparaître de mon champ de vision.

_ C'est bon, fis-je à mes camarades par le portebruit, vous pouvez vous ramener.

_ Bien joué, me félicita James. On arrive.

Après même pas deux secondes, je vis mes deux amis tranplaner jusqu'à la triste maison de Pettigrew. Elle était toute petite et sombre, des rideaux trop vieux pendaient aux fenêtres. Tout le quartier était minable, les rues étaient abandonnées et il trainait des sorciers défoncés par la Poudre à rêves, cette nouvelle drogue derrière laquelle les plus faibles se cachaient pour ne plus ressentir la peur, et qui donnait tellement de fil à retordre aux aurors qui cherchaient à savoir quel mangemort organisait tout ce trafic. Nous ouvrîmes la serrure de la porte, et pénétrâmes dans l'appartement, cela ressemblait autant à un taudis en dedans qu'en dehors, la crasse s'était accumulée et toutes les affaires étaient en désordre. Le bougre n'avait apparemment ni les moyens de s'offrir un elfe de maison, ni la décence de faire du rangement. Rémus s'approcha de la cheminée, et chercha sur lui de la poudre de cheminette. Il modifia la texture à l'aide de quelques ingrédients et la jeta dans la cheminée, une lumière bleue en sortit, de cette lumière bleue, apparue un parchemin, avec une adresse :

« Allée de Barnabé Ecoutum, Londres »

_ Très bien fis-je, retournons au bureau des aurors, nous allons voir qui se cache derrière cette adresse, m'empressais-je, mais au regard perdu de mes deux amis, je vis qu'ils étaient surpris par la nouvelle. Ils connaissaient déjà le propriétaire des lieux.

_ Pas la peine, fit James, je sais qui habite ici, c'est Barty Croupton Junior, un homme d'affaires que l'on soupçonne depuis quelque temps de tremper dans des histoires pas claires.

_Il pourrait être un mangemort ? M'informais-je.

_On va vite le savoir, me répondit Rémus.

PdV Rémus

L'endroit était humide, nous étions loin en dessous du niveau de la Terre, il régnait une température plutôt basse pour un début de mois d'août. Je fixais le carrelage blanc qui couvrait le sol et le plafond vouté de la station de métro dans laquelle nous étions, en essayant de repérer les carreaux manquants. James me sortit de mon égarement.

_ Il est en retard, ça ne lui ressemble pas.

_ Non c'est vrai, répondis-je, pourtant il nous a donné rendez-vous à la station Westbourne Park à 15 heures, je n'ai pas rêvé ?

_ Non en effet, j'ai entendu la même chose que toi. J'ai un mauvais pressentiment Rémus.

Nous attendions notre indic depuis maintenant 20 minutes, et il n'était jamais en retard. Stockwell était un indic fiable et honnête. Il était obligé de côtoyer les mangemorts dans son travail de loueur de boxes, tous les gens qui avaient quelque chose à cacher au ministère choisissaient Stockwell au lieu de Gringott. De plus, il était issu de ce milieu et connaissait la plus-part de ces clients depuis l'enfance et c'était pour cela que ces derniers se confiaient à lui. Seulement, il ne partageait pas les mêmes idées que ses amis, et voulait simplement rendre service, c'est pour cela que nous avions des entretiens avec lui régulièrement. Or il n'était toujours pas là.

_ Ça pue la merde, fit James énervé, je vais le chercher.

J'acquiesçai et lui emboitai le pas. Nous prîmes un chemin réservé au personnel, et finîmes par arriver dans un vestiaire pour le personnel travaillant dans la station. Lorsque nous ouvrîmes la porte, nous tombâmes sur le corps sans vie de Stockwell, le visage encore grimaçant de douleur.

_ Putain, qui a fait ça ? S'énerva James en fracassant un casier d'un grand coup de poing. L'enfoiré, je le trouve, je te jure qu'il va payer !

Je ne savais pas quoi dire, en plus d'être notre indic, nous avions fini par apprécier Stockwell. Mais mes pensées furent tout d'un coup stoppées par une grosse explosion suivie de cris de moldus. J'échangeais un regard avec James et lui lançait :

_ La station de métro !

Nous partîmes en courant, évitant les moldus qui s'échappaient du sinistre. Arrivés sur place, je ne pus constater que l'ampleur des dégâts, la rame de métro était sortie des rails pour se retrouver sur le quai, écrasant les personnes qui étaient sur place. Une équipe de secours s'était improvisée et essayait de libérer ceux qui étaient dans les wagons et qui avaient besoin d'assistance. Nous fonçâmes pour les rejoindre, en utilisant la magie aussi discrètement que possible, mais l'urgence était de sauver le plus de vie possible. Une fois arrivé à l'arrière du train, il me semblait apercevoir une silhouette qui courait en direction du tunnel, mais ce qui attira mon attention fut la baguette qu'il tenait à la main pour s'éclairer.

_ James ! Fis-je, viens de suite.

Après être arrivé le plus vite possible malgré les embuches, il me fit :

_ Qu'est ce qu'il y a encore ?

_ Des sorciers, j'en ai vu un qui s'échappait par le tunnel.

_ C'est pas vrai, il ne manquait plus que ça. Il s'agit d'un attentat de mangemorts.

_ Et je suis sûr qu'il y a un lien avec la mort de Stockwell.

_ Qu'est ce que tu attends, allons arrêter ces salops.

Nous nous élançâmes à la poursuite de nos suspects. Après trente secondes de courses, nous entendîmes une autre explosion, moins spectaculaire et plus proche que la précédente. Nous accélérâmes le pas, mais après avoir tourné le virage du tunnel, nous aperçûmes trois sorciers qui pénétraient dans un orifice causé sans doute par l'explosion que nous venions d'entendre.

_ Minute, me fit James, nous avons besoin de renforts, je ne sais pas combien ils sont là dedans, et je ne veux pas te mettre en danger.

_ Moi non plus répondis-je, l'un de nous doit transplaner pour revenir avec des renforts. Vas-y, je reste là à t'attendre.

Il disparut en un éclair, et je serrai ma baguette dans mon poing en l'attendant. J'essayais de voir où ce passage menait, ils semblaient tellement sûrs de leur coup, et qu'ils n'avaient mis personne pour faire le guet depuis l'extérieur, je m'avançais donc prudemment. J'étais assez proche pour distinguer l'intérieur de la pièce qui s'était ouverte tout en faisant attention de ne pas m'exposer à la lumière. Il me semblait distinguer tout un tas de casiers et plus loin on pouvait voir que la pièce se terminait de l'autre côté du mur maintenant ébranlé, par des barreaux solides.

Au milieu de la salle se trouvait une grande table sur laquelle trônait une grosse pile de billets moldus. Je reculai pour me remettre à l'abri, en attendant les renforts. Après quelques instants, je vis James accompagné de Sirius, Tonks ainsi que Kilburne et Taylor, qui revenaient par le tunnel en ayant fait attention de ne pas se faire repérer par les cracks des transplanages.

_ OK, fis-je, il s'agit d'une banque moldus. Je ne sais ni pourquoi, ni combien ils sont.

_ Ne t'inquiète pas, me fit Kilburne de son sourire malicieux, on va le découvrir.

James passa devant et nous le suivîmes tous en file indienne, exécutant un ballet que nous avions répété maintes et maintes fois. Nous nous divisâmes en deux groupes, afin de contourner l'orifice des deux côtés. Une fois plaqués contre le mur, j'étais en tête de mon groupe et je regardais James qui était à la tête du sien, il me montrait sa main avec quatre doigts relevés, et remuait les lèvres pour que nous comprenions tous, il abaissait un à un ses doigts en mimant de ses lèvres :

_ 4, 3, 2 ,1

Nous jaillîmes tous dans la salle en faisant en sorte que chacun couvre l'autre. Je stupéfixai un premier sorcier qui était dans ma ligne de mire qui n'avait pas compris d'où venaient ses assaillants, tandis que James en immobilisait un autre. Une fois l'effet de surprise passé, le combat commença. Nous n'avions plus que quatre ennemis en face de nous, ce qui ne faisait plus que du quatre contre six, Tonks fît basculé la table pour se mettre à l'abri, tandis que nous arrosions nos ennemis pour les obliger à se mettre derrière les comptoirs du hall de la banque. Grâce au feu nourri de nos baguettes, nous parvînmes à neutraliser un troisième mangemort, et nous essayions de progresser le plus sûrement possible. Tonks fit un tir en mortier avec sa baguette qui fit mouche et en toucha un quatrième. Les deux derniers tentèrent de s'enfuir vers une chambre forte, mais James en toucha un autre. Une fois notre dernier adversaire à l'abri, nous l'entendîmes crier à ses complices qui se trouvaient déjà à l'abri :

_ Barrez vous, ils sont trop nombreux pour nous !

Nous nous lançâmes à sa poursuite, mais une fois à l'entrée de la salle des coffres, une série d'éclairs verts jaillirent, et l'un deux faillit toucher Kilburne si ce dernier n'avait lancé le sort du bouclier à temps pour dévier le tir. Nous étions à couvert, et James essaya de parlementer avec les magemorts.

_ Bon, je crois que ça va être difficile pour vous de vous enfuir, je ne sais pas ce que vous êtes venus foutre ici ! Mais maintenant vous devez vous rendre bien gentiment.

_ Suce ma bite Potter ! Répondit l'un d'eux.

Sur ce, sans que nous ne comprenions quoi que ce soit, Sirius se lança à l'assaut des assiégés, mais afin d'éviter qu'il ne s'envoie à la mort, Tonks se leva pour plaquer son cousin. Un tir partit en direction de Sirius, mais toucha finalement Tonks qui fut précipitée en l'air. Sous un accès de panique et de rage, je pris ma baguette, la dirigea vers la pièce où se trouvaient les mangemorts et prononçai :

_ Incendio !

Des flammes jaillirent de ma baguette qui inondèrent la pièce. Des cris d'horreurs s'y échappèrent, puis plus rien, sinon que le crépitement des flammes.

James se précipita sur le corps de Tonks, tandis que j'étais cloué sur place, les jambes figées au sol de peur. Mon coéquipier se retourna vers moi et me fit :

_ Elle respire !