Disclamer: Twilight est à Stéphanie Meyer HARRY POTTER est à J.K. Rowling
Beta : Silver Angell
''Angel" rêve
Chapitre deux
En préparant mes affaires pour la plage, Bella qui a mystérieusement oublié qu'elle me tirait la tronche a décidé de s'imposer dans mon programme. Me voilà donc parti en direction de la plage avec elle. Je laisse un mot à Charlie pour le prévenir. Il est quatorze heures quand nous y arrivons. La plage est bondée. Je nous trouve une petite place dans un coin ayant un peu d'ombre.
Bella se jette à l'eau. Putain, c'est un cachet d'aspirine cette fille ! Elle a bien fait de venir finalement. Je la rejoins un peu plus tard. Nous nageons une grande partie de la journée. Je suis zen. Il n'y a pas à dire, rien de meilleur qu'une bonne baignade. À un moment, je pars nous chercher à boire. À mon retour, des amis de Bella l'ont rejointe. Ils semblent bien s'amuser.
Ne voulant absolument pas faire leur connaissance, je me faufile un peu plus loin. Là où il y a moins de monde. Je grimpe sur une pierre et fais bronzette. Je dois avoir fini par m'endormir, car, quand j'ouvre les yeux, c'est pour constater que le ciel s'est assombri. Je me dépêche de retourner à notre place à Bella et moi pour m'apercevoir qu'elle n'y est pas. Je perds une heure à la chercher partout. Je finis par me rendre à notre place de parking, pour découvrir que la voiture a elle aussi disparu.
Je me demande qui peut bien être autant dans la merde pour en venir à voler une voiture comme la nôtre. Fin bon, je hausse les épaules. Rien ne sert de se prendre la tête. Qui que soit le voleur, Charlie le trouvera. C'est une petite ville. Alors que je me dis ça, un doute me prend soudainement. Bella introuvable. Voiture introuvable. Il ne faut pas être un génie pour comprendre. La salope ! Je vais la trucider.
Me voilà bon pour rentrer à pied. Quelle poisse ! Mais plus vite je me mets en route, je plus vite j'arriverais. Je retourne prendre mes affaires et en profite pour me changer avant de commencer ma longue marche. Je chantonne en essayant de faire du stop, mais les voitures sont toutes bondées. J'ai mal aux pieds. Nouvelle résolution. Se mettre au sport quotidien. C'est la honte d'être aussi fatigué par une si petite marche. C'est décidé. Je la bousille dès que je la vois.
Après presque une heure de marche, je décide de faire une petite pause. Je me mets alors à imaginer que j'ai des pouvoirs magiques autres que ma capacité à parler aux serpents. Je m'imagine rentrer à la maison rien qu'en y pensant. Un pouvoir comme ça serait vraiment pratique, vous ne pensez pas ? Imaginez le truc ! Avoir juste à visualiser l'endroit que vous voulez et pouf. Vous y êtes. Je me mets à imaginer ma chambre chez Charlie, rien que pour rire. Je me vois arriver dans celle-ci comme une fleur. Il y a un crac. Une impression d'écrasement. Une sensation d'étirement. J'ouvre les yeux de surprise. Je me trouve dans ma chambre. Non, sérieusement ! Je ne blague pas. Je suis dans ma chambre. Ça a marché. Impossible ! Je me pince. Aïe ! Ça fait mal. Je tourne sur moi-même... C'est bien ma chambre.
La surprise passée, je me demande si ce n'est pas comme ça que j'ai atterri dans la forêt. Ne pouvant trouver de réponse à cette interrogation, je me décide à faire des tests. Peut-être que je possède d'autres capacités magiques dont je n'ai pas connaissance. Je suis excité. Et si j'ai d'autres pouvoirs, est-ce qu'il y a un qui fait pousser des vers de terre sur la tête des pestes ? Et si oui, comment ? Je passe un quart d'heure à me déplacer d'un endroit à un autre. C'est très amusant, quand on s'habitue aux désagréments.
Ensuite, je me lance à la découverte de la nouvelle capacité dont je viens de faire acquisition : la lévitation. Après plusieurs essais, je parviens à faire voler un crayon dans ma chambre. C'est éreintant, mais avec un peu d'entraînement, je suis sûr de pouvoir le faire avec plus de facilité comme avec le déplacement.
Alors que je fais une pose, la porte d'entrée claque bruyamment.
- Papa, je suis rentée. J'ai faim. T'as fait quoi à manger ? Bella !
Je dévale les marches, la rage au cœur. Non, mais, quelle petite conne ! Elle ne va pas s'en sortir comme ça, croyez-moi ! Quand elle me voit, elle ouvre grand la bouche. Attention aux mouches !
- Comment tu es renté ? me demande-t-elle frappée de stupeur.
- Pas avec ton aide en tout cas, lui répondis-je. Non, mais t'es débile ou quoi ? Pourquoi tu m'as planté là-bas ? Tu sais la route qu'il faut faire pour revenir à pied ?
- C'est de ta faute aussi, m'accuse-t-elle avec aplomb. Je t'ai cherchée partout et tu n'étais pas là.
J'hallucine. Elle plaisante n'est-ce pas ?
– Tu ne t'es pas dit que, peut-être, j'avais eu un problème ? Et tu croyais que j'allais faire comment pour rentrer, hein ? Par la voie des airs peut-être ! T'es complètement inconsciente ma parole ! J'aurais pu m'être noyé, cassé une jambe ou truc du genre... Et toi, tout ce que tu as trouvé à faire, c'est de foutre le camp avec la bagnole !
– C'est bon, ce n'est pas non plus la peine d'en faire un fromage. Tu es là et tu n'as rien. Alors pas la peine de me casser les oreilles pour si peu, hein.
Sur ce, elle monte dans sa chambre en me laissant en plan. Je jure de le lui faire regretter.
Je viens de me faire un ami. C'est un Indien. Pas un hindou. Mais un Indien d'Amérique. Il s'appelle Jacob. C'est quoi ce nom tout pourri et vieillot d'abord ?! On dirait celui d'un vieux. Et il n'est même pas indien en plus. Quand j'ai vu qu'il l'était — indien, je veux dire — je m'étais attendu à un truc du genre : plume sauvage, œil de lynx, mange caca. Ou bien des noms impossibles à prononcer avec une signification cool, comme Gosheven, qui signifie grand sauteur, ou Diwali qui veut dire cuvettes. Bon, ce n'est pas des noms très cool. Mais, ils sont indiens. Enfin, personne n'est parfait.
Il vit dans la réserve indienne. J'ai fait sa rencontre dans la forêt alors que je venais d'un de mes rendez-vous avec mon amie le serpent. Je lui ai parlé de mes nouvelles capacités. Elle ne m'a pas semblé très impressionnée par elles. Et quand je lui ai décrit ce que je pouvais faire, elle m'a demandé si je pouvais faire apparaître des souris directement dans son terrier. Je lui ai répondu que non. Elle m'a alors dit qu'elle ne voyait pas où était leur utilité. Fin de la discussion. Déçu de sa réaction, j'ai boudé dans mon coin.
Bref, alors que je rentrais à la maison, je suis tombé sur lui. Il était en panne de moto. En premier, j'ai voulu tracer ma route, mais pas de bol, il m'a vu. Il m'a par la suite interpellé et m'a demandé si je m'y connaissais en moto. Je lui ai dit que je m'y connaissais un peu. Je l'ai alors aidé à réparer la panne. Pour me remercier, il m'a proposé de me déposer. Je ne voulais pas, mais il a lourdement insisté, alors j'ai accepté. Il m'a déposé devant la maison. En remerciement pour le trajet, je l'ai invité à entrer. Je lui ai proposé à boire et un truc à grignoter. On a ensuite discuté de tout et de rien. On s'est trouvés pleins de choses en commun. Jacob me fait un peu penser à mon défunt ami. Ils ne sont pas des copies conformes. Juste leurs simplicités, le fait de ne pas se prendre la tête inutilement. Avant de partir, il m'a invité à lui rendre visite à la réserve le week-end prochain. J'ai accepté avec joie. À l'heure de partir, Bella est arrivé. Elle lui a sauté dessus en lui faisant une prise de boa et en lui bavent sur la joue. Gentil, il lui a souri avant de la faire descendre de lui.
J'ai halluciné ! C'était quoi ce délire ? Ils étaient là en train de se dire bonjour et parlant de je ne sais quoi. Au bout de deux minutes, j'ai décroché. J'étais trop estomaqué. Parmi toutes les personnes auxquelles j'aurais pu me lier d'amitié, il avait fallu que la seule qui soit potable connaisse Bella. Dieu m'en veut. Je ne sais pas pourquoi, mais il est clair qu'il m'en veut terriblement. Pendant leur discussion, j'ai appris que le père de Jacob, Billy Black, est le meilleur ami de Charlie. Énervé par leur complicité apparente, je les ai laissés refaire connaissance et suis parti m'enfermer dans ma chambre, le moral dans les chaussettes. À la fin de leurs retrouvailles, Jacob est venu me dire au revoir. Il en a profité pour m'apprendre que Bella était aussi convié pour la sortie de ce week-end. Je vous assure que je n'avais plus très envie de m'y rendre sur l'instant, mais je crois lui avoir parfaitement caché. Il est ensuite parti. Maintenant, il faut vraiment que je trouve comment me venger de Bella et de façon à ce qu'elle ne puisse pas venir avec moi à la réserve indienne.
Après le départ de Jacob, je retourne voir mon amie serpent pour me plaindre de Bella. Elle me propose de venir la mordre, comme ça j'en saurais débarrasser, tout en déplorant le fait de ne pas pouvoir la manger. Ensuite, elle me dit que tout compte fait, Bella doit certainement être toxique. J'éclate de rire à cette remarque. Quand je parviens finalement à me calmer, nous discutons d'autre chose. Elle me fait une drôle de remarque. Selon elle, je sens le loup. Ce qui fait qu'elle s'inquiète de mes fréquentations. Cependant, je pense qu'elle délire, parce que je n'ai rencontré aucun loup de ma vie. Même pas un chien. Sur cette note étrange, je lui dis au revoir et m'éclipse directement dans ma chambre. Il n'y a pas à dire : il est trop chouette ce pouvoir.
Le lundi matin au lycée, Blanche-Neige vient me voir. Néanmoins, alors qu'il allait ouvrir la bouche pour dire quelque chose, il plisse le nez et prends une profonde inspiration. Je rêve ou il me renifle ?! Je vous le disais, pas net ce mec. Vraiment pas net. Il me grogne dessus.
– Tu étais avec qui ce week-end ?
Non, mais c'est quoi cette question ? Il me fait une crise de jalousie ou quoi ? Je ne me donne même pas la peine de lui répondre. À la place, je lui tourne le dos et me rends à mon cours de math. Il me court après, me rattrape et me fait pivoter avant de me reposer sa question. Hors de question que je me justifie auprès de lui. Nous ne sommes même pas des amis. De quel droit me demande-t-il des comptes ? Et même dans le cas hypothétique où nous le serions, je ne vois pas pourquoi je devrais lui répondre. Je ne suis pas sa chose. Il me relâche aussi vite qu'il m'a agrippé le bras. Il a l'air choqué. Il me tourne ensuite le dos, et rapide comme l'éclair, il disparaît. Je ne le vois pas de la journée. Je me dis qu'il devrait sérieusement songer à consulter pour son problème.
Le lendemain, il n'est pas venu en cours. Je ne m'inquiète pas. Je n'ai rien à me reprocher. Je prends la résolution de changer mon cours de chant contre un cours de dessin. Vous savez, je ne me suis pas fait d'ami au lycée. Mais je ne suis pas triste de ça. Oh non, aucunement ! Au contraire de moi, Bella, elle s'est faite pas mal d'amis. Je ne connais aucun d'eux. Et dieu me préserve de faire leur rencontre. Pour le peu que j'ai pu voir, je me porte très bien sans eux. Pour bien vous faire comprendre pourquoi, voilà un petit résumé de ses amis.
Il y a en premier Jessica Stanley, la miss je-me-mêle-de-la-vie-de-tout-le-monde-et-colporte-des-rumeurs-sur-les-autres. Elle sort avec Mike Newton. Je le sais parce que Bella se plaint de lui toutes les deux secondes. Soi-disant qu'il la drague. Le pauvre, il ne sait pas à quoi il s'attaque. Une mante religieuse cette fille. Ensuite, il y a Angela Weber, une fille intelligente et bonne élève selon Bella. Mon avis, si elle est aussi intelligente, pourquoi elle traîne avec de telles idiotes ? Peur de se retrouver seul ? Qui sait. Vient après Éric Yorkie. Je ne sais rien sur son compte. Radio Bella ne parle pas souvent de lui. Sans doute qu'elle ne doit pas l'aimer des masses. Puis Mike Newton, le prétendu amoureux de Bella. Cette fille se prend pour Madonna je vous le dis. Il y a aussi Tyler, allez savoir c'est qui. Il est logé sur le même palier qu'Éric.
Donc tout ça pour vous dire que je suis un solitaire. Je ne fais aucun effort pour m'intégrer. Je suis bien comme je suis et je me fais un devoir de refroidir tous ceux qui font mine de vouloir se rapprocher de moi. Le seul qui ne semble pas se décourager est Blanche-Neige. Je me demande s'il est malade. Je devrais peut-être demander à la fée de ses nouvelles. Et puis non. Finalement je lui ai demandé de lui dire que : s'il venait à mourir, et bien... Je ne me rendrais pas à son enterrement ! Comme réponse elle m'a fait un sourire amusé, me promettant de lui faire passer le message ».
La semaine est finie. Demain je vais à la réserve. Il me faut donc trouver une solution pour la peste. Je viens d'avoir une idée tordante. Je suis passé à la pharmacie pour Charlie en sortant, j'ai vu des laxatifs. Ce soir, je fais le ragoût de mouton que Charlie affectionne tant. Et comme dessert, une tarte à la fraise, celle que préfère Bella. Je lui sers une part généreuse. Elle se goinfre comme une dinde. Qui suis-je pour la stopper ? Je ne l'ai pas obligée à tout avaler ! Charlie fait la vaisselle. Je range un peu et monte dans ma chambre après un passage dans la salle d'eau.
« Je fais un rêve. Le petit garçon court. Il est poursuivi par une bande d'enfants. Il est fatigué. Il est en nage. Un regard par-dessus son épaule lui apprend que ses poursuivants ne sont pas loin. Il trébuche. Il tombe. Ils sont sur lui. Les coups partent. Il a mal. Le néant. Il reprend conscience quelques heures après. Il est dans son placard. Une voix s'élève dans les ténèbres : "Venez maître, le château nous attend".
Je me réveille en sueur. Je suis pris de tremblement. Les rêves sont de plus en plus présents. Je regarde l'heure. Six heures. Je me lève. Je vais à la salle de bains pour me préparer. En passant devant la chambre de Bella pour aller à la cuisine, un gémissement me stoppe. Je cogne à la porte et lui demande si tout va bien. Elle me dit que oui. Je ne cherche pas en savoir plus. Je fais à manger. Charlie vient prendre le petit déjeuner. Il est pressé et mange donc en vitesse avant de partir pour le poste de police. Avant de sortir de la maison, il me dit qu'ils ont peut-être une piste sur le meurtre de mon ami. Je suis tétanisé. J'ai du mal à réaliser. Comme n'a pas le temps de tout m'expliquer, il me promet de me mettre au courant des avancées sur l'enquête plus tard. Je hoche la tête automatiquement.
Je finis par assimiler la nouvelle. Ça ne sert à rien de me prendre la tête. J'aurais des réponses ce soir. Bella est malade. Elle me dit ne pas pouvoir venir avec moi. Je lui demande tristement, pourquoi ? Mais elle refuse de me répondre. Je lui propose de rester avec elle. Elle hurle que non. J'insiste un moment, ne désirant pas la laisser seule alors qu'elle est souffrante. Elle me menace de me tordre le cou, si je ne pars pas. Je baisse la tête de dépit. Je traîne des pieds au cas où elle change d'avis.
Le pas de la porte dépassée, j'éclate de rire. Un pour Angel et zéro pour Bella. Je n'en ai pas encore fini avec toi petite peste. Je ris comme les méchants dans les films. Je grimpe dans le 4x4, direction la réserve indienne. Je conduis en sifflotant de joie. La vie est belle, non ?
