Disclamer: Twilight est à Stéphanie Meyer HARRY POTTER est à J.K. Rowling
Beta : Silver Angell
''Angel" rêve
Chapitre douze
Ce matin en me rendant au lycée, je m'aperçois du comportement anormal de Bella. Habituellement, durant le trajet qui nous mène au lycée, elle n'arrête pas de rabâcher de cette façon agaçante qui me met les nerfs à vif. Mais aujourd'hui elle est d'un silence olympien. On pourrait croire qu'elle fait vœu de silence. Si elle ne gigotait pas toutes les deux secondes sur son siège, j'en viendrais à croire qu'elle est invisible. N'empêche, une Bella invisible ne serait pas de refus cela. De temps en temps, elle me lance des regards incompréhensibles. J'en viens à me demander si je n'ai pas quelque chose sur la figure. Je jette même un rapide coup d'œil au rétroviseur pour m'en assurer. Ensuite, je tente un début de conversation dans le fol espoir de la sortir de son mutisme. C'est vraiment risible quand je pense au nombre hallucinant de fois où j'ai souhaité qu'elle se taise. Comme on dit : il faut faire attention à ce que l'on souhaite, car il se peut que nous soyons exaucés, et pas toujours de la bonne manière.
Tout en conduisant, je me creuse la tête pour trouver les raisons de ce soudain changement de comportement. Pourtant en arrivant au lycée, je n'ai toujours rien trouvé. J'ai à peine le temps de me garer que Bella saute de la voiture. Elle détale comme un lapin devant un loup. Je secoue la tête en me promettant d'essayer d'en parler avec elle une fois à la maison. Je me dis qu'elle a peut-être des problèmes avec certains de ses amis. Même si je ne la porte pas dans mon cœur, elle fait partie de la famille. Et s'il y a une chose avec laquelle je ne plaisante pas, c'est la famille. J'avoue lui avoir joué pas mal de mauvais tour depuis son arrivée, mais ce n'était pas très méchant, hein ! Enfin, je crois.
Je descends de la bagnole et prends mon sac. Je traverse le parking. Il est encore tôt pour commencer les cours. C'est sans doute pour cela qu'il y a autant élèves sur celui-ci. En avançant vers le grand bâtiment, j'ai la désagréable impression d'être épié. Je me dis que cela doit venir de mon imagination débordante et poursuis ma route tranquillement. En traversant le long couloir qui me sépare des casiers, je surprends une conversation entre deux adolescentes.
– Tu crois que c'est vrai ce qu'elle nous a dit Bella ?
– Je ne sais pas trop avec elle. Tout le monde sait qu'elle est en recherche d'attention. Elle est même allée jusqu'à piquer le petit copain de Jessica.
– On ne peut pas vraiment le lui reprocher ça, c'est Mike qui lui courrait après. Et si Jessica n'a pas réussi à garder son petit ami, c'est de sa faute et pas celle de Bella.
– Mais tout de même, ce qu'elle raconte sur Cullen, tu penses que c'est pour se venger du râteau qu'elle s'est pris ?
– Je ne sais pas.
– En tout cas, si c'est vrai, c'est juste du gâchis. Un si beau garçon.
– Je ne te le fais pas dire.
En s'apercevant de ma présence, elles se taisent et se dépêchent de partir. Je continue mon chemin vers les casiers. Tout au long de mon trajet, je suis pointé du doigt par mes camarades de classe. En premier lieu, je ne comprends pas leurs agissements étranges et leurs messes basses sont trop basses pour que je saisisse de quoi il retourne. Ce n'est qu'en passant devant un groupe de filles un peu trop bruyantes que les mots de l'une d'elles me parviennent avec clarté. Il est question une fois de plus de Cullen. Ce n'est pas difficile de deviner duquel il est question, car le seul Cullen que Bella a eu l'occasion de côtoyer de près, c'est Edward. Je me souviens aussi vaguement qu'à notre entrée au lycée, elle m'avait demandé de l'inviter à la maison. Comme à cette période je ne connaissais pas le nom de Blanche-Neige, je l'ai envoyé promener et je n'y ai plus repensé par la suite.
Donc, le comportement étrange de Bella et les messes basses sur mon passage ont tous un rapport avec mon petit ami. La question est : pourquoi parlerait-on de lui ? Alors que je me pose cette question, la phrase d'une des filles que j'ai croisées plus tôt s'impose à moi : ''En tout cas, si c'est vrai, c'est juste du gâchis. Un si beau garçon''. Je crois que je viens de saisir le problème. Je ne le crois pas ! La petite sournoise de Bella a vendu la mèche sur moi et Blanche-Neige.
Comment dois-je prendre la nouvelle ? Avec affolement ? Avec indifférence ? Avec colère ? Avec honte ? Ou bien faire comme si de rien n'était ? C'est dans ces moments-là que la présence de Blanche-Neige devrait être requise. Mais il se trouve que mon désirable petit ami n'est pas là aujourd'hui. Il m'a appelé ce matin pour me prévenir de son absence. Il semblerait que son père ait beaucoup de difficultés à surmonter la trahison de sa femme. Il m'a aussi prévenu que cette conne de Rosalie est persuadée que j'ai quelque chose à voir avec le comportement de leur mère. Je me demande bien en quoi et où elle est partie pêcher un truc pareil. Des fois les gens font et disent des choses ahurissantes rien que pour pouvoir se raccrocher à ce qui leur est acquis.
Je ne connaissais pas spécialement Esmée. Je ne l'ai rencontré que deux fois pour tout dire. La première fois, c'était lors de la réunion que j'ai surprise avec les loups. Et la seconde fois, c'était dans la petite cabane au milieu des bois, là où j'ai forcé l'esprit de Sam. Dans ce cas, en quoi suis-je coupable du changement de leur tarée de mère ? Qu'elle se presse de me le dire ! Parce que moi, je ne vois pas en quoi je suis responsable dans cette histoire. Enfin, bref ! Je reviens à ce qui me préoccupe maintenant. Il faut que je m'isole pour réfléchir à la meilleure manière d'agir.
Je décide donc de sécher les cours et d'aller rendre visite à mon amie la vipère. Je n'ai pas eu l'occasion de la revoir depuis vendredi dernier. Je me souviens aussi que je devais la rejoindre pour la ramener avec moi à la réserve indienne afin qu'elle nous aide à démasquer le loup qui faisait équipe avec la vampire. Mais mon hospitalisation impromptue et la découverte des responsables des meurtres m'ont un peu fait oublier tout ça. Ma décision prise, je vais m'isoler dans une salle vide. De là, je me téléporte devant le nouveau logis de mon amie rampante.
Sa nouvelle tanière est plus proche du chemin des campeurs. Elle se situe au creux d'un arbre mort. Le paysage est plus clair. Tout en me dirigeant vers l'arbre en question, je me demande si ce nouvel emplacement n'est pas trop à découvert. Je me fais du souci depuis que Sam et Esmée ont tenté de l'éliminer. Parvenu devant l'entrée de la tanière, j'appelle mon amie afin de la prévenir de ma présence. Je ne tiens pas à ce qu'elle me morde par inadvertance.
– Doucement jolie petite friandise... Voilà, c'est ça ! Viens... Approche un peu plus. Encore un tout petit peu...Et hop.
Je retire quelques branches. Mon amie la vipère se trouve derrière les mâchoires fermées sur une petite souris. Après une longue minute, elle la dépose près d'elle lorsqu'elle cesse de bouger. Ensuite, elle me fait savoir qu'elle est consciente de ma présence en glissant brièvement sur ma jambe. Après les salutations d'usage, elle me demande la raison de mon retard de quatre lunes. Je lui explique ce qui s'est passé avec Sam et Esmée. En réponse à mon récit, elle me fait remarquer que je n'avais plus besoin d'elle puisque les traitres avaient été découverts. Comme d'habitude, elle va à l'essentiel. Après ça, je lui demande comment cela se passe avec son compagnon. Elle répond que c'est un bon chasseur. Elle ajoute qu'il était parti en chasse en ce moment même. Elle ne me dit rien de plus.
Nous restons silencieux pendant de longues minutes. C'est un silence agréable et relaxant. Après dix minutes passées ainsi, je me décide à lui parler des raisons de ma présence. Je lui raconte ce qui vient de se passer au lycée. Elle m'écoute en silence. Lorsque je finis mon histoire, elle me pose des questions. Elle a du mal à saisir certaines choses. Des choses comme le pourquoi de mon inquiétude et en quoi dois-je avoir honte de mon compagnon ? Je lui explique que c'est un homme comme moi. Comme elle ne voyait pas le problème au fait que nous soyons du même sexe tous les deux, elle me demande où se trouve le problème. J'essaye de lui faire comprendre que c'était mal perçu par la société deux hommes ensemble. Mais elle ne comprend toujours pas où était le mal à ce que je sors avec Edward.
Finalement, ne pouvant comprendre la manière étrange que les humains ont de penser, elle me pose plusieurs questions. Est-ce que mon compagnon était un mauvais chasseur ? Non, lui répondais-je en souriant. Est-ce qu'il était trop faible pour prendre ma défense ? Non, répondais-je une fois de plus. Je précise même qu'il est très capable dans ce domaine. Suite à mes réponses, elle me demande où se trouvait le problème. Je lui explique maladroitement que j'avais peur des regards des gens sur moi, sur nous. Elle me demande alors si c'étaient ces gens qui me nourrissaient. Je lui dis que non. Est-ce que c'étaient ces gens qui me gardaient en bonne santé ? Non, la détrompais-je. Étais-je lié d'une façon ou d'une autre à ces gens ? Une fois de plus, la réponse est négative.
Face à mes réponses, elle me dit ne pas saisir en quoi je devrais m'inquiéter de ce qu'ils pensaient ou disaient de moi. Et après réflexion, il se trouve que moi aussi je me pose la question. En y repassant bien, je me demande de quoi j'ai aussi peur. En effet, depuis la rentrée je me suis toujours royalement foutu de ce que les autres pensent de moi. Alors, pourquoi cela devrait-il changer maintenant ? Et puis, après ce que j'ai vu dans la tête de l'Alpha, je me dis que si je prends en considération ce que veulent et disent les autres avant mes propres sentiments et désirs, je risque de finir comme Sam et son imprégné. De plus, je ne désire pas perdre Edward.
Depuis notre mise en couple, j'ai fait comme il me l'a demandé. Je ne me suis pas pris la tête avec notre relation, j'ai simple pris les choses comme elles venaient. Et jusqu'à maintenant, cela fonctionnait parfaitement. Au lieu de me focaliser sur ce que les autres pensent, je pense qu'il est temps pour moi de me poser les bonnes questions. Des questions sur lui et moi. Je sais qu'il compte pour moi et je ne crois pas pouvoir le quitter. Je ne sais pas depuis quand cette certitude est ancrée en moi, mais une chose est certaine. Je ne vais pas me séparer de lui. Et tant qu'il voudra de moi, je me tiendrais fièrement à ses côtés et j'affronterais le lycée la tête haute. Je ne vais pas les laisser me dicter avec qui je dois sortir. Avec cette résolution en tête, je me sens bien plus détendu. Plus serein. Mais est-ce que je l'aime autant pour être aussi résolu à affronter le lycée ? Je prends le temps de bien réfléchir à la question, car je ne veux pas me mentir à moi-même. Je repense à cette première fois dans cette discothèque où il m'a donné mon premier baiser.
J'essaye de repenser à ce que j'ai éprouvé à cet instant-là. Je ferme les yeux et me remémore de cette nuit-là. De ses lèvres fraîches sur les miennes, de sa langue froide et chaude dans ma bouche, des rythmes saccadés de mon cœur ainsi que de la joie que j'ai éprouvée alors. Lorsque j'ouvre les yeux une certitude est ancrée en moi : Edward est la partie manquante de moi-même. Il me complète. Et puis cette envie que j'aie toujours de l'avoir près de moi, ce besoin si ardant de me jeter sur lui pour le recouvrir de baisers, de m'unir à lui corps et âme que j'éprouve en sa présence ne font que me le confirmer.
Si je prends tout cela en considération, deux choses sont ressorties de cette immersion dans mes sentiments. La première est qu'il est hors de question pour moi de me séparer de mon petit ami. La deuxième est que je suis certainement tombé amoureux de cet idiot sans m'en rendre compte. Car, si ce n'est pas de l'amour, comment expliquer que la seule idée de le quitter me serre douloureusement le cœur. Ma visite à mon amie la vipère m'est d'une grande aide.
Lorsque le moment de retourner au lycée arrive, une pensée me vient en tête : il faut absolument que je trouve le moyen de me venger de la peste de Bella. Je pense que j'ai été un peu trop gentil avec elle ces temps-ci et elle en a profité pour prendre la grosse tête. Je me propose donc d'aller la lui dégonfler. Avant de la quitter, je remercie mon amie pour son aide et la mets au courant de mes nouvelles résolutions. Elle me félicite pour celles-ci et me propose aussi, avec un peu de réticence, de venir mordre Bella afin de me venger de ce qu'elle m'a fait. Je décline son offre poliment, car je veux m'occuper personnellement de la petite peste. Elle semble soulager par mon refus. Je prends congé d'elle. De retour au lycée, je me demande si je dois mettre Blanche-Neige au parfum. Mais après mûres réflexions, je me décide à attendre. Je voudrais parler à Bella en premier lieu. Je souhaite connaître les raisons qui l'ont poussée à faire ça.
Il est midi quand je retourne au lycée. Les regards sont toujours présents. Les chuchotements aussi. En me rendant au réfectoire, je croise un groupe de rugbymen. Ils sont trois. De grands gaillards qui me dévisagent avec indiscrétion. Ils se taisent à mon approche. Parmi les joueurs se trouve le nouveau petit ami de Bella. Il s'avance vers moi. Il a un sourire cruel aux lèvres. Ses yeux brillent d'une lueur malsaine. Il commence les hostilités avec un :
– Alors la tapette ! Tu as perdu ton copain ? Il ne veut plus de toi ?
Il ricane en disant cela. Et c'est par ces mots qu'ils commencent les hostilités. Un attroupement commence à se faire autour de nous. Des injures du genre : pédé, aspirateur à bite, enculé, tarlouse, garage à bite et j'en passe...me sont lancées à la figure. Comme je suis trop choqué par la violence de l'attaque, je ne leur réponds pas tout de suite. Ils prennent mon manque de réplique pour de la crainte, de la honte. Et devant mon manque de réaction face à leurs injures, ils deviennent plus virulents dans leurs propos. Ils me disent des phrases blessantes du genre : je suis une aberration de la nature. Que je devrais avoir honte de ce que je suis ! Que je devrais sérieusement songer à me faire soigner pour ma tare, et de le faire vite avant que je ne contamine les honnêtes gens. Que c'était sûrement pour cette raison que mes parents s'étaient débarrassés de moi dans les bois !
Cette dernière phrase a au moins le don de me sortir de ma léthargie. Je suis malade d'écœurement par ce qu'ils osent me sortir. Je jette un coup d'œil autour de moi pour voir si un des élèves spectateurs allait intervenir. Mais quand je les regarde, je ne vois que du dégoût et parfois du malaise. C'est insensé ! Comment cela se fait-il ? Pourquoi découvrir que je sors avec un garçon a déclenché une telle avalanche de haine à mon encontre ? Je ne parviens pas à le comprendre. C'est bien trop délirant pour moi.
Que je sache, que je sois gay ne fait pas de moi un monstre. Je suis toujours le même. Quand je pense qu'il n'y a même pas quelques semaines de ça, ils voulaient tous devenir amis avec moi. Comment un tel revirement de situation a-t-il pu se produire aussi brusquement ? En voyant leur réaction, je me félicite d'avoir mis autant de distance entre eux et moi dès les premiers jours. Cette décision va au moins m'éviter des déceptions venant de leur part. En voyant leurs réactions, j'ai comme le sentiment de souffrir d'une maladie incurable dont il faut absolument se vacciner. Je n'ai pas de mot suffisamment fort pour vous faire connaître ma déception. La colère prend le pas sur tout et je mets à leur hurler dessus.
– Je suis gay et alors ! Je l'assume ! Je n'ai pas à avoir honte de ce que je suis. Au contraire, je suis super fier de l'être. Et si ça ne vous plaît pas, allez tous vous faire pendre ailleurs !
Un silence de mort accueille mes cris. Je poursuis avec rage.
– Je ne vais pas me laisser dicter ma conduite par des petits esprits étriqués et sans personnalités tels que les vôtres. Je sors avec qui je veux, où je veux et quand ça me plaît. Je ne vous demande pas votre avis. Et je n'en ai rien à faire de ce que vous pouvez penser.
Alors que je déclare ça, je sens le pouvoir qui est en moi qui s'agite. C'est comme s'il voulait sortir pour donner une leçon aux abrutis qui m'entourent. J'aimerais bien le laisser faire, mais je ne tiens pas à faire étalage de mes dons. Je ne veux qu'ils découvrent ce dont je suis capable. Au lieu de laisser mes dons leur donner une bonne leçon, je les provoque.
– Si un seul d'entre vous a assez de couilles pour trouver à redire qu'il vient me le dire en face. Je me ferais un plaisir de lui apprendre à grandir. Je n'ai pas peur de vous. Aucun de vous ne me fait peur. Si vous le voulez, vous pouvez vous mettre autant que vous désirez contre moi. Mais sachez une chose : je ne vais pas me laisser marcher sur les pieds par des lâches tels que vous qui ont besoin de se mettre à plusieurs pour s'en prendre à une seule personne !
Fier de moi, je conclus avec un retentissant :
– Bande de petits merdeux va !
Ensuite, je leur lance à tous un regard plein d'effronteries les mettant au défi de s'en prendre à moi autant physiquement que verbalement. Comme je m'y attendais, personne ne bronche. Que des couards ! Ils sont partants pour s'en prendre à une personne isolée et craintive. Mais dès que cette personne s'avise à leurs montrer un semblant de résistance, il n'y a plus personne. Pff ! Je me dégage de l'attroupement en bousculant Mike, le petit ami de Bella, pour me rendre à la cantine. Il se laisse faire sans chercher à me retenir. Brave petit va ! Il sait quand s'arrêter.
Les élèves s'écartent de mon chemin. Ils me livrent le passage sans que je n'aie à en faire la demande. Je me rends dans le réfectoire et même si je n'aime pas la chose infecte qu'ils osent appeler nourriture, je prends un plateau et me sers copieusement avant d'aller m'installer sur une table vide et à l'écart des autres. Quand je vais mettre la main sur cette immonde vermine de Bella, elle va s'en souvenir pendant des siècles. Et moi qui commençais à ressentir des inquiétudes et la sympathie pour elle. C'est bien fini maintenant. Je vais m'assurer qu'elle comprenne bien la leçon et de façon à ce qu'elle y réfléchisse à deux fois avant de s'en prendre à moi.
Le reste de la journée se déroule lentement pour moi. C'est avec soulagement que je grimpe dans la voiture. Je perds une heure à attendre cette petite conne de Bella pour rien. Elle est sans doute partie avec son copain. Elle doit chercher à m'éviter. Elle oublie certainement que nous vivons dans la même maison. Je vais finir à un moment ou un autre par la coincer quelque part. Après avoir déposé mes affaires d'école dans ma chambre, je vais au boulot avec une demi-heure de retard. Le patron très est conciliant avec moi quand je lui exprime mon regret de ne plus pouvoir venir travailler les lundis en raison de mes séances avec le docteur Lecter. Il me demande les raisons de ces séances en précisant que je ne suis pas obligé de répondre. Il est tellement gentil avec moi que je lui parle de mes difficultés. Il me souhaite bonne chance. À la fermeture du magasin, j'ai l'agréable surprise de trouver mon copain devant la devanture.
Il est habillé de vêtements décontractés. Il porte un débardeur blanc transparent ce qui me donne une vue parfaite de ses superbes abdos. Une veste légère gris argent avec une bordure blanche. Une petite échappe blanche et argent est enroulée autour de son cou. Ses hanches sont glissées dans un jean taille basse délavé noir clair avec de fausses déchirures sur les cuisses qui laisse voir son ventre plat lorsqu'il lève le bras. Une paire de converses blanche ainsi qu'une paire de lunettes du style aviateur complètent le tout. Il est sexy en diable. Si je ne sortais pas déjà avec lui, je tenterais ma chance. Il est négligemment appuyé sur une belle Aston Martin vanquish noir métallique. Je me dépêche de fermer la petite librairie et m'élance vers lui.
Il m'ouvre ses bras. Je suis si heureux de le voir là. Il m'écrase contre sa poitrine avant de venir nicher son nez au creux de mon cou. C'était devenu une habitude depuis que nous avons commencé à sortir ensemble. Il me renifle. Il prend une grande inspiration. Je le sens frissonner de plaisir. Une fois, il m'a dit que l'odeur de mon sang avait le don de l'apaiser, contrairement à celui de Bella qui lui donnait envie de la vider sur place. Il m'a avoué que si je n'avais pas attiré son attention le premier jour de notre rencontre, il l'aurait peut-être tué ou essayé de le faire. Il m'a aussi dit que mon sang a cet effet sur tous les membres de sa famille. C'est en grand parti la raison pour laquelle il n'a eu aucun mal à accepter son attirance vis-à-vis de moi.
Il m'avoue être venu avec l'intention de m'inviter au restaurant et au cinéma. Je suis enchanté par ses plans. Je lui demande si je dois passer à la maison pour me changer. Il me dit que non en précisant que je suis parfais comme je suis. Je ne le crois pas, mais je n'insiste pas. Depuis que nous sommes ensemble, c'est la première fois qu'il m'invite à une sortie romantique. Généralement, nous nous voyons au lycée ou chez moi. Nous discutons beaucoup entre des échanges buccaux. Je suis excité de faire cette sortie. J'en ai bien besoin après cette journée de merde que je viens de vivre. Je me demande tout de même les raisons qui l'ont poussé à choisir ce jour-ci justement pour me faire sa demande. Et puis, on s'en fout ! L'essentiel est qu'il l'ait faite. Je suis tout content. Après un long baiser échangé, je lui demande où nous allions. Il m'ouvre la portière côté passager en silence et sans répondre à ma question. Je m'installe douillettement et lâche un soupir de satisfaction. Il monte dans la voiture après avoir fait le tour. C'est avec un sourire niais aux lèvres qu'il s'installe au volant. Mais même en le remarquant, je n'arrive pas à me moquer de lui comme d'habitude. Je mets cela sur le dos de cette journée.
Il met le contact et commence à rouler. Nous sortons rapidement de la petite ville. Il pose sa main libre sur ma cuisse. Il commence une légère et agréable caresse sur ma cuisse. Je frissonne de plaisir. Je crois que je ronronne à un certain moment. Il nous arrête devant un petit restaurant de Port Angeles. L'établissement est sans prétention et a la mine triste. Je suis un peu dubitatif devant la devanture. Je lui demande s'il ne s'est pas trompé d'endroit. Il ne me répond pas et se contente de me sourire. Il m'ouvre la portière avant que je n'aie même eu le temps de faire le moindre geste pour l'ouvrir moi-même. Je sors de la voiture. Il me prend par le coude et nous dirige vers la porte d'entrée. Une pancarte indiquant « La soif infinie » pend précairement au-dessus de la porte. Il appuie sur un bouton noir caché sur le côté droit du mur en pierre. S'il ne l'avait pas fait, jamais je n'aurais deviné sa présence à cet endroit-là.
Un homme en habits de cérémonie vient nous ouvrir la porte. Il fait sombre derrière lui. Aucun bruit ne nous parvient de l'intérieur. Intrigué, je me tourne vers mon compagnon en espérant une explication. Mais comme plus tôt, il se réjouit de mon désarroi et de mon incompréhension. L'homme qui nous a ouvert tend la main, la paume ouverte vers le haut à mon petit ami. Celui-ci lui remet une petite enveloppe rouge. Je ne l'avais pas remarquée sur lui. L'enveloppe à la main, l'homme se pousse et ouvre la porte en plus grand. Cependant, il laisse juste assez de place pour nous permettre d'entrer. Dès que nous pénétrons dans le restaurant, à défaut d'autres mots pour le désigner, l'homme nous fait traverser un long couloir. De dehors, il n'avait pas l'air si grand. Nous arrivons devant une petite porte. L'homme donne trois petits coups sur cette dernière. Il laisse deux secondes passer. Ensuite, il redonne cinq petits coups rythmés sur elle. La porte s'entrouvre alors sur une belle jeune femme.
Elle a le teint aussi blanc que mon compagnon, sauf que ses yeux sont d'un rouge vif. Elle porte ses cheveux blond platine très longs. Ils lui arrivent au bas des fesses. Elle est habillée d'une robe extrêmement courte. Elle est si courte qu'elle en est presque vulgaire. En nous souriant, elle exhibe ses longues canines. Donc, j'ai fait la bonne déduction : c'est une vampire ! Et la couleur de ses yeux m'indique qu'elle se nourrit de sang humain. Avec cette réalisation, je commence à prendre peur. Dans quoi Blanche-Neige m'a embarqué ?
Il me serre un peu dans ses bras en s'apercevant de ma soudaine nervosité. Il me chuchote de lui faire confiance et ajoute que je n'ai pas à avoir peur. Il me dit que c'est un endroit sûr. Je me détends un peu, mais pas complètement. La femme se pousse et elle nous fait signe d'entrer. Je laisse mon compagnon passer devant. Il ne me lâche pas la main qu'il a saisie quand nous sommes entrés dans le bâtiment. En franchissant le seuil de la petite porte nous sommes reçus par une douce musique et des murmures de conversations diverses. Nous venons de pénétrer dans une grande salle faiblement éclairée. Une ambiance intime et chaleureuse se dégage de l'endroit. Des tables de deux, trois ou quatre personnes sont éparpillées dans la pièce. Une petite scène surélevée se dresse sur un des pans des murs. Sur cette dernière, un groupe anime la soirée.
Un serveur humain en habit rouge et blanc nous conduit à une petite table. Edward me tire la chaise et m'invite à m'asseoir. Je prends place sur la chaise. Le serveur nous donne deux menus. Sur la carte des choix étranges apparaissent. À côté d'un steak de bœuf, il y a des poches de sang de taureau. Sur tout le reste du menu, je peux voir de telles associations. Je fais remarquer ce détail à mon copain. Il me sourit et se décide enfin à me dire où nous sommes. Il m'apprend que nous sommes dans un restaurant tenu par des vampires. C'est tout nouveau. Il m'apprend ensuite que c'est un clan de Nomades européens qui en a eu l'idée.
Ils proposent des menus pour vampire associés à des menus pour humains. Ces restaurants sont réservés exclusivement aux vampires végétariens. Ils ne proposent pas de sang humain au menu. Les vampires avec des compagnons humains qui connaissent le monde surnaturel viennent ici quand ils veulent dîner ensemble sans faire semblant de manger. Mais comme les rois vampires interdisaient le rapprochement entre humains et vampires, et qu'ils étaient aussi anti vampire végétarien, des précautions ont été prises pour éviter qu'ils ne viennent à apprendre l'existence de ces restaurants clandestins.
Nous ne pouvions pas entrer dans ces auberges sans une carte d'invitation. Ces cartes sont généralement envoyées par lots de dix aux clans déclarés végétariens. Sans elles, personne n'entrait dans l'établissement. Il me chuchote aussi que le portier avait le pouvoir d'effacer la mémoire des vampires qui tombaient accidentellement devant un de ces restaurants. C'est le secret le mieux gardé des clans végétariens. Même si la nature vampirique qui les habite les oblige à chasser pour vivre, ces restaurants sont une bénédiction pour eux. Ils leur offrent l'opportunité de se conduire de façon un peu normale.
Je lui fais remarquer que la femme qui nous a ouvert a les yeux rouges. Il rit un peu. Il m'explique que c'est une vampire qui vient de rejoindre le clan. Elle vient d'arrêter de chasser les humains pour ne plus boire que du sang animal. Devant mon étonnement, il m'apprend qu'il faut un certain temps pour que la couleur des yeux des vampires qui se nourrissent de sang humain change. Satisfait de ses réponses, je fais signe au serveur de venir. Ce n'est pas tout, mais j'ai une faim de loup moi. Je n'ai rien avalé depuis ce matin. Avec toute cette histoire d'homophobie de masse, l'appétit m'avait désertée. À la cantine, je me suis bien gardé d'avaler cette horreur qui se trouvait dans mon plateau.
Nous passons commande. Le dîner se passe en bavardant de tout et de rien. Je m'abstiens de lui faire part de ce qui s'est produit au lycée. Je ne veux pas gâcher la soirée avec ça. Je ne vais pas lui cacher. Je compte bien le lui dire. Je veux seulement attendre le bon moment pour lui en parler. À un certain moment de la soirée. Je peux le voir faire des grimaces bizarres. Je me demande ce qui lui arrive. Et puis, je me souviens de mon nouveau pouvoir. Je ne le contrôle pas complètement, car il est plus complexe que les autres. Il me demande un peu plus de concentration et de vigilance dans son utilisation. Je m'entraine tous les soirs pour voir si je pouvais le contrôler à volonté.
C'est compliqué, mais faisable. Il me suffit d'imaginer que mon esprit est à l'intérieur d'une grande bulle où tous mes souvenirs et pensées sont rangés à l'abri des attaques extérieures. Depuis hier au soir, je m'exerce à maintenir la bulle en place. Chose que j'avais oubliée après tout ce qui vient de m'arriver. Bref avec le temps, je pense que cela va devenir une seconde nature chez moi. Enfin, revenons à mon petit fouineur de petit ami. Si vous ne l'avez pas encore compris, le petit vampire liseur d'esprit (mon charmant et séduisant copain) ne peut plus lire le mien. C'est un soulagement prodigieux. Vous, vous imaginez ce que ça fait de n'avoir aucune intimité, même dans votre propre tête ?! C'est juste horrible ! Donc l'apparition de ce nouveau don est une bénédiction pour moi. Je devrais en remercier Sam pour cela. Sans lui, je ne sais pas si je l'aurais découvert.
Comme il ne m'a pas prévenu de son incapacité à lire mes pensées, je n'ai pas jugé utile de lui dire que je suis au courant. Je le laisse donc se débrouiller avec ses tentatives inutiles. Je continue mon repas calmement. Soudain j'éprouve une légère douleur au front. Je lui lance un regard mauvais. Il me fixe la bouche ouverte dans le silence. Il fronce les sourcils. Je grimace de douleur.
– Tu le savais et tu ne m'as rien dit ! m'accuse-t-il.
– Savoir quoi ? demandais-je innocemment.
– Ne me prend pas pour un imbécile ! Tu sais exactement de quoi je parle.
– Je te signale que tu es celui de nous deux qui peut lire les pensées des autres. Alors, je ne vois absolument pas de quoi tu parles.
– Quelle tête de mule tu fais ! soupire-t-il. Je te parle de ton nouveau pouvoir, celui que tu as utilisé sur le loup et qui m'empêche d'accéder à ton esprit.
– Oh ! Tu veux sans doute parler de ce merveilleux don, dont je viens faire l'acquisition. Si c'est de cela que tu voulais parler, alors oui je le sais depuis la cabane.
Il grince les dents de dépit. Je lui fais un sourire charmeur et je me penche au-dessus de la table pour lui voler un baiser. Il me répond du tac au tac. Nous finissons de manger. Il règle la note. Nous sortons du restaurant et nous nous rendons au cinéma. Nous regardons une comédie romantique. Ce n'est vraiment, alors là, vraiment pas ma tasse de thé. J'ai détesté le film du début à la fin. Blanche-Neige par contre en a aimé chaque seconde. Beurk ! C'est la première et la dernière fois que je le laisse choisir le film. C'est décidé, à partir maintenant c'est moi qui suis en charge de ça. Je lui fais bien comprendre. Il accepte avec regret. J'en suis bien content.
Sur le chemin du retour, je lui demande s'il va venir au lycée demain. Il me répond que non. Il ajoute tristement qu'il sera absent le reste de la semaine. J'en suis un peu triste, mais je le comprends. Je lui demande s'il compte rester dormir chez moi. Il me dit que non. J'en suis encore plus triste. En s'apercevant de ma tristesse, il me propose de rester avec moi jusqu'à ce que je m'endorme. Je saute sur l'occasion et lui dis un grand oui. Nous ne tardons pas à arriver devant chez moi. Charlie est devant la télé. Lorsque je ferme la porte derrière moi, il me serre contre lui et me reproche de ne pas l'avoir prévenu de mon retard. Je m'excuse et lui promets de ne plus le faire. Après un dernier câlin, il me souhaite bonne nuit et monte se coucher. Je pense qu'il est resté au salon tout ce temps pour attendre mon retour. Le geste me touche profondément. Je ne sais pas ce que je deviendrais s'il venait à me tourner le dos en apprenant mon homosexualité. Je me souviens qu'il n'était pas très heureux de mon amitié avec Abhay. Je me demande si cela était parce qu'il était de gay ou à autre chose. Je ne lui pose pas la question, car j'ai peur d'entendre la réponse.
Je monte me coucher après avoir fait un petit détour par la salle de bains. Je me change et je me glisse entre les draps. Mon petit ami vient s'étendre près de moi. Je m'endors rapidement.
« Je fais un rêve. Le jeune homme grimpe les marches. En arrivant au palier du premier étage, un elfe de maison vient le chercher pour le mener à la Mère Divine. Ils longent un petit et étroit couloir sombre. L'elfe s'arrête devant une porte verte. Il donne ensuite deux petits coups dessus. La porte s'ouvre sur une mini forêt et une cascade. L'elfe invite le jeune homme à pénétrer dans l'étrange pièce. Ils longent la petite rivière qui mène à la cascade. L'elfe de maison mène le Prince jusqu'à un grand arbre avec plusieurs branches. Sur l'une des branches, une petite fille de cinq ou six ans se balance.
Un Phoenix vert émeraude est perché sur son épaule droite. Ses cheveux sont bouclés et de couleur flamme vive, presque en feu. Elle porte une jolie petite robe faite de feuilles et de fleurs. De petites lucioles virevoltent autour de son crâne et forment une couronne de lumière. Elle tourne le regard dans la direction du Prince quand elle remarque leur présence. Elle s'envole de sa branche et reste en lévitation devant le jeune homme. Elle lui sourit et ancre son regard captivant dans celui du jeune homme.
Celui-ci peut alors apercevoir la couleur de ses yeux. Ils sont d'un vert très pâle et lumineux. Le vert est si clair qu'on croirait qu'ils sont blancs. Ils sont comme recouverts d'un liquide qui leur donne cette étrange brillance. Ils sont fascinants. Le jeune homme se perd dedans. La petite fille est une vraie beauté. Elle lui tourne autour avec curiosité avant de s'arrêter devant lui. Elle ouvre la bouche pour lui dire quelque chose, mais aucun son ne sort de celle-ci. Le jeune homme allait lui faire la remarque, mais une douce voix sans âge se fait entendre à l'intérieur de sa tête.
– Petit Prince Sorcier Humain. Cela fait longtemps que j'attends ta visite. Un millénaire est passé depuis que le créateur m'a annoncé ta venue. Je commençais à désespérer de faire ta rencontre, déclare la voix.
Le jeune homme la regarde avec incompréhension. Mais avant qu'il ne puisse poser une quelconque question, la petite fille ajouta :
– J'ai un présent de la part d'un de tes amis, pour toi.
Le jeune Prince ne comprend pas de quoi elle parle. De qui faisait-elle allusion en parlant d'un ami à lui ? Il n'a aucun ami. Dans le cas contraire, il l'aurait su. Et qui était ce créateur ? »
