Alors, je réédite ce chapitre parce qu'il était vraiment bourré de fautes inadmissibles, je suis désolée pour cette négligence impardonnable.

Julbi : merci un million de fois pour ta review. Voici en fin des nouvelles de Ginny. À oui pour répondre à une de tes review précédentes, Rémus pratique l'occlumencie puisqu'il l'enseigne aux membres de L'AD et à Ginny durant l'été, j'y fais quelques allusions.

Bises et bonne lecture.

Bonne lecture à toutes.

Pdv Ginny

J'avais mal, j'avais froid, j'avais soif et peur aussi. Je voulais que ça s'arrête, je ne voulais plus souffrir, je voulais retrouver ma vie.

Autour de moi, il y avait du bruit, des voix qui murmuraient, des reniflements.

Depuis quand étais-je plongée dans cette pénombre ? Pourquoi mon corps me faisait-il autant souffrir ? Je n'avais jamais ressenti une telle douleur, pas même sous un endoloris. J'avais l'impression que chacun de mes os étaient brisés, que mes muscles avaient tous lâché.

Je tentais d'ouvrir les yeux, mais cela me demandait trop d'efforts. Je pris une profonde inspiration et la goulée d'air me brula la gorge, j'aurais crié de douleurs si j'avais pu. Je tentai de faire le vide autour de moi et de me concentrer sur les bruits environnants.

Il y avait plusieurs voix que je tentais de reconnaitre. Celle de maman, douce, inquiète, elle avait l'air fatiguée.

Puis celle d'une autre femme, aigüe et sèche, je la connaissais, mais j'avais du mal à mettre un visage dessus, puis celle de papa s'éleva grave et mal assurée.

Je ne comprenais rien à ce qu'ils disaient, j'avais juste conscience de leur présence.

Je tentai de me concentrer davantage, et je sentis des lèvres chaudes se poser sur mon front, le baiser se voulait amicale, mais les lèvres trainèrent un peu trop longtemps contre ma peau, et une main s'attarda dans mes cheveux. J'aurai reconnu ce genre de baiser dans n'importe quelle situation.

Sirius me touchait toujours avec prudence en présence des autres, mais ses baisers étaient toujours d'une grande tendresse. Je tentai de prononcer son prénom, mais mes lèvres refusèrent de bouger.

Puis je sentis une masse chaude être posée contre mon flanc et se blottir contre moi, provoquant une nouvelle vague de douleurs dans mes côtes. Luka, il cessa aussitôt de bouger comme s'il avait compris qu'il pouvait me blesser. Sentir le petit corps chaud contre mon flanc me fit du bien. Je voulais le prendre dans mes bras, le serrer fort contre moi, mais j'étais bloquée dans la pénombre et l'immobilisme, si mon esprit avait refait surface mon corps lui restait résolument inanimé, comme si s'éveiller lui demandait un trop grand effort. Puis il y avait cette douleur constante lancinante, j'avais l'impression qu'elle ne s'arrêterait jamais.

Au fur et à mesure que le temps passait, je commençai à percevoir des bribes de conversation, des sanglots... Maman. Je voulais lui hurler de ne pas pleurer, mais j'en étais incapable, intérieurement je pleurais de rage, je détestais me sentir aussi impuissante.

Puis le calme retomba peu à peu autour de moi. La femme à la voix aigüe fut la première à quitter les lieux, ses talons claquant sur le carrelage, accentuant mon mal de tête.

Les sanglots de maman se tarirent et elle et papa m'embrassèrent avant de quitter la pièce en trainant des pieds.

Luka fut retiré de mon giron, privée de la douce chaleur de l'enfant j'étais morte de froid.

Puis le calme fut total, le bruit de ma respiration douloureuse était la seule chose qui parvenait à mes oreilles.

Sirius s'était emparé de ma main dès que mes parents avaient tourné le dos. Sa voix s'éleva, méconnaissable, rauque, grave, éraillée, usée. Comme s'il avait passé des jours entiers à pleurer.

_ Princesse, je me répète et je sais que c'est dur pour toi, que tu souffres beaucoup, mais ouvre les yeux, bouge un doigt, montre-moi que tu es près de moi.

Un reniflement et un sanglot retentirent ; je voulais le prendre dans mes bras, lui dire que tout irait bien, mais s'était impossible, mon corps me faisait inévitablement défaut, j'étais là, clouée dans ce lit à écouter les gens que j'aimais souffrir à cause de moi et je n'avais aucun moyen de les consoler. D'autant plus que j'étais morte de fatigue. Je n'en pouvais plus, je ne voulais plus entendre la détresse dans la voix de mes proches, je refusais de laisser cette guerre tout nous prendre, je voulais revoir, ma famille, mes amis, mon amour.

_ Je vous en pris Merlin, aidez-moi moi à me réveiller, laissez-moi retourner près des miens. Priai-je

silencieusement .

Je retombai lentement dans l'inconscience en tentant de lutter, mais j'étais à bout de force.

Je ne sais pas combien de temps j'avais dormis, mais la douleur de mon corps s'était un peu dispersée, mon esprit était reposé, je voulais ouvrir les yeux, il le fallait.

_ Allez gin' ouvre les yeux, reviens fais un effort ma grande, tu peux le faire, me morigénai-je avec

force.

Je tentai de rassembler toute mon énergie, pour ouvrir les yeux, ils étaient secs et ils me brulaient. Au bout de quelques minutes d'efforts, je sentis enfin mes paupières bouger, c'était dur, mais j'allais y arriver.

Après plusieurs tentatives mes yeux finirent par s'entre-ouvrirent, ma vision était flou,

il faisait nuit et je n'avais aucune idée de l'endroit où je me trouvais.

Un léger ronflement m'indiqua que je n'étais pas seule. Je tentai de parler, mais ma gorge était trop sèche et seul un râle douloureux en sortit.

J'entendis un sursaut près de moi, mais je ne pus pas me tourner, ma tête était complètement immobilisée.

_ Gin' ? La voix de Sirius, inquiète et pleine d'espoir résonna doucement dans la pénombre, je poussais un nouveau râle pour lui signifier mon réveil.

Il se saisit de ma main que je m'empressai de serrer, puis les lignes floues de son visage apparurent dans mon champ de vision. Il déposa ses lèvres sur les miennes et nous échangeâmes un tendre et rapide baiser.

_ tu as besoin de quelque chose ? Me demanda-t-il entre panique et excitation .

Je me raclai la gorge en espérant qu'il comprenne que j'avais soif. Je fis claquer ma langue contre mon palais à plusieurs reprises et il fit apparaitre un verre et un pichet d'eau. Il détacha la minerve qui maintenait ma nuque, et releva ma tête pour m'aider à boire. L'eau fraîche me râpa autant la gorge qu'elle me fit du bien.

J'avalais trois verres d'affilés avant de reprendre on souffle.

_ Bonjour mon cœur, réussi-je à souffler, mais ma voix était roque et sourde.

_ Salut princesse, répondit-il en effleurant mes lèvres des siennes avant de reposer délicatement ma tête sur le lit.

_ Comment te sens-tu ?

_ J'ai l'impression que tous mes os sont brisés, mais je survivrai, plaisantai-je.

Le visage de Sirius se ferma et il se détourna.

_ Où vas-tu, m'inquiétai-je ? Il m'avait manqué, je ne voulais pas qu'il me laisse seule, j'avais besoin de le savoir près de moi.

_ Prévenir tes parents, je reviens, répondit-il d'une voix plate. Il allait passer la porte de l'infirmerie le dos vouté et les pieds trainants.

_ Sirius, je t'aime !

_ Je sais, se contenta-t-il de répondre froidement puis il se contenta de disparaitre dans la pénombre du couloir.

J'eus l'impression de prendre une douche froide, Sirius était tendre et prévenant, la seconde d'après il était à mille lieues de moi.

Moins de cinq minutes plus tard, mes parents, mes frères, et Fleur avaient envahi l'infirmerie.

J'étais heureuse de les voir, d'être en vie.

Mais Sirius n'était pas réapparue et cela m'inquiétait. Je le voulais près de moi plus que n'importe qui. Je me faisais l'impression d'être une gamine capricieuse, mais je ne pus empêcher les larmes de couler.

Bill fut le seul à s'en rendre compte, il me prit doucement dans ses bras et me berça lentement en me chuchotant des paroles de réconfort et dissimulant mes larmes au reste de la famille. Quand je fus calmée, il laissa sa place à Percy. L'étreinte était plus distante que celle de Bill, mais je pouvais sentir des larmes couler le long de mon cou.

_ Tout va bien Percy, soufflai-je.

Il acquiesça et se redressa en reniflant et ce fut deux paires de bras qui m'entourèrent en riant bruyamment. Qu'il était bon de retrouver les jumeaux et leurs rires, Bill et sa force, Percy et son émotivité, de les retrouver tous.

Même Charlie était là, il me sera dans ces bras si fort que je crus que les quelques côtes qui me restaient intactes allaient céder sous la pression.

_ Ne nous fais plus jamais un coup pareil, me supplia-t-il.

_ J'essaierai, promis-je. Puis papa et maman me bercèrent dans leur bras, avant que madame Pomefresh n'arrive furieuse que son infirmerie soit envahie en plein milieu de la nuit et de ne pas avoir était prévenue de mon réveil. Elle expédia tout le monde dehors, maman voulut rester.

_ Maman, je vais bien, je suis réveillée va te reposer s'il te plaît, je ne vais pas m'envoler.

_ Tu es sure ?

_Oui. Elle me prit dans ses bras.

_ Je t'aime ma petite fille.

_ Moi aussi. Bill tu veux bien rester ? Cette nuit demandai-je à mon frère ainé. Il jeta un regard à Fleur qui acquiesça. Il s'installa dans la chaise près de mon lit.

J'aimais chacun de mes frères, mais, si j'étais complice avec les jumeaux, et très proche de Ron, Bill avait toujours était mon confident.

Plus posé et moins protecteur que les autres j'avais toujours pu tout lui dire. Et là j'avais vraiment besoins de parler à quelqu'un de mon histoire avec Sirius, de sa réaction. Bill n'apprécierait peut-être pas, mais il le tolèrerait.

Quand le calme fut revenu et que l'infirmière eu terminé de m'examiner et de m'administrer des potions.

Bill prit la parole.

_Tu vas me dire qui a osé faire couler les jolis yeux de ma petite sœur?

_ Je ne peux rien te cacher, souris-je. Il hocha la tête.

_Tu ne va pas vraiment aimer, disons qu'il est plus vieux que moi, genre beaucoup plus vieux, précisai-je.

_ Ne me dis pas qu'il à l'âge de papa ? Se révolta-t-il.

_ Non, mais il est plus vieux que toi de quelques années, et tu dois me promettre de ne rien dire à personne pas même à Fleur, sinon il risque d'avoir des ennuis.

_ Motus et bouche cousue, me promit-il.

_C'est, c'est Sirius, avouai-je.

_ Ça explique bien des choses, marmonna mon frère.

_ Comment ça ?

_ Et bien, tu as disparu après la bataille, nous t'avons cherché dans les décombres durant plus d'une semaine, Sirius était blessé plus que sérieusement, mais il était là chaque jour à la première heure et ne partait pas avant de ne plus rien y voir.

Lorsque nous t'avons retrouvé, un pieu te traversait le corps, tu étais couverte de bleu, ton cœur battait à peine. Lorsque Sirius t'a reconnu, il a perdu connaissance.

Nous avions mis cela sur le compte de ses blessures et de la fatigue, mais je me rends compte qu'il y avait bien plus que cela.

_ Quand je me suis réveillée, il était à mes côtés, il a eu l'air heureux au départ, puis j'ai fais une

mauvaise plaisanterie et il s'est totalement fermé puis il est parti vous chercher. Terminai-je les larmes me montant de nouveau aux yeux .

Bill sembla peser ses mots :

_ Laisse-lui du temps, il a perdu sa femme i peine quelques mois, puis il s'attache à toi et il manque de te perdre, c'est beaucoup, même pour quelqu'un de sa trempe. Sois patiente et il reviendra vers toi.

_ Alors, je dois juste attendre. ? C'est ce que tu me conseilles ? Je n'y arriverai pas, j'ai besoin de lui, j'ai besoin de savoir qu'il va bien, dis-je tentant de me relever, en grimaçant de douleur.

_ Tu compte aller où comme ça ? La voix de Sirius retentit dans l'infirmerie.

_ Retrouver mon petit ami, répondis-je alors que Bill s'éclipsait en me faisant un clin d'œil.

_ Ah ! Moi qui pensais que je pourrais passer un moment avec toi, fit-il faussement déçu.

Je lui tendis la main en me réinstallant dans mon lit, heureuse de ne pas avoir à me lever. Sirius fut près de moi en trois grandes enjambées, et ses lèvres se posèrent presque brutalement contre les miennes. Son baiser bien que passionné était doux et précautionneux.

_Merlin, que j'ai eu peur, souffla-t-il quand nos bouches se séparèrent . Lorsque l'on t'a retrouvé, j'ai cru mourir.

_ Je suis là, je reste avec toi, c'est fini, dis-je en caressant son visage, mes doigts se baladant sur la petite cicatrice qui ornait désormais son arcade sourcilière.

Il hocha la tête et se blottit dans mon giron .

_ Je suis désolé ma douce j'ai réagi comme un idiot tout à l'heure.

_ C'est oublié, soufflai-je, heureuse de le voir de nouveau à mes côtés. Nous restâmes un long moment ainsi la tête de Sirius contre mon cœur et ma main qui fourrageait dans ses cheveux. :

_ Je sais qu'il est tard, mais j'aimerai voir Luka, demandai-je à Sirius au bout d'un long moment.

Il envoya un patronus et quelques minutes plus tard, un elfe de maison déposait le petit garçon dans les bras de son père.

L'enfant me tendit aussitôt les bras et Sirius le cala doucement contre moi tout en continuant à le tenir.

_ Maman, dit le petit.

_ Non mon chéri, j'aimerai bien, mais... commençai-je émue .

_Laisse, souffla Sirius la gorge serrée, nous lui parlerons de Clara plus tard. Quand il sera plus grand. Tu es ce qui se rapproche le plus d'une mère pour lui. Toute cette histoire m'a fait comprendre que je ne voulais plus perdre une seconde loin de toi, que je voulais que nous fondions une famille tout les trois, alors je sais que ce n'est pas la façon la plus romantique de le faire, mais est-ce que tu veux m'épouser, pas tout de suite, mais dès que tu seras majeur ?

J'étais tellement surprise que je fus prise d'un fou rire.

_ Désolée pouffais-je, je .. c'est tellement inattendu... je ... oh et puis oui je le veux ! Souris-je .

Il me passa un anneau au doigt, c'était une bague en or blanc, très fine surmonté d'un minuscule diamant en forme de cœur.

_ elle est parfaite, dis-je la voix nouée par l'émotion.

_Pas autant que toi, me répondit mon compagnon, ce qui me tira un grand sourire.

_ Qu'est-ce qu'il y a ?

_ Rien, je te trouve juste adorable, et j'aime ça répondis-je, en l'embrassant puis en déposant un baiser sur front de Luka. Je vous aime les Black père et fils et j'ai hâte de devenir madame Black.

Luka avait fini par s'endormir contre moi et Sirius luttait contre le sommeil.

_ Mon chéri, tu devrais aller te coucher et coucher le bébé. Conseillai-je .

_ Je veux rester près de toi, protesta-t-il pour la forme, mais il se leva, pris son fils et quitta la pièce.

Je ne fus pas seule longtemps, car Bill se matérialisa presque à côté de mon lit.

_ Alors sœurette, les choses se sont arrangées ?

_ Oui, et même plus que cela, souris-je en lui montrant la bague qui ornait mon doigt.

Il resta silencieux quelques minutes, il pesait de nouveau ces mots.

_ Alors, c'est sérieux à ce point ? Me demanda mon frère circonspé.

_ Nous nous marierons dès que je serai majeure, affirmai-je.

Bill acquiesça, je sentais qu'il avait besoin de digérer l'information, mais que dès que j'aurai besoin de son soutien, il serait mon meilleur allié.

Je fermai doucement les yeux, il était tard, j'avais sommeil, j'avais retrouvé ma vie, j'étais heureuse. Je me laissai donc glisser lentement dans les bras de Morphée