Titre : Doublement blond
Disclaimer : Tout est à JKR
Rating : M / NC 17
Paring : Harry/Draco
Note : Ne tient pas compte de l'histoire originale d'Harry Potter. Les évènements en lien avec Voldemort durant la scolarité d'Harry ne se sont jamais passés.
Un des personnages se nomme Henry. A lire plutôt à l'anglaise et non à la française.
Résumé : Draco Malfoy n'est pas fils unique. Il a un frère, Henry. Depuis son dix-septième anniversaire, il n'arrive plus à le voir comme avant. Il ne sait pas ce qu'il se passe, ni pourquoi il rêve du passé avec un garçon brun et non blond. Quant à Henry, sa vie va prendre un brusque changement la veille de la rentrée scolaire. Pourquoi ce flash vert devant ses yeux et ce cri horrible de femme ? Les Potter ? Aucun survivant.
Review anonymes :
Tintinabule : Merci à toi pour ta review. Je suis contente de te compter parmi mes lecteurs. D'ailleurs j'ai relevé dans ta review que tu dis "curieux" et non curieuse. Es-tu un lecteur ou une lectrice ? T'es pas obligé de me dire, je suis juste curieuse.
En tout cas merci pour tous ces magnifiques compliments qui me vont droit au cœur. Tu vas avoir quelques réponses à tes question dans ce chapitre, mais pas toutes. Ben oui, sinon se serait pas marrant. Et puis de toute façon, il y en a certaine, je ne connais pas la réponse moi-même.
J'espère que ce chapitre te plaira.
Jilly : Merci pour ta review. Si le mystère te plait, j'en suis ravie. J'espère que ce chapitre te plaira autant que le premier.
Le passé n'est pas un rêve
Je regarde le calendrier tourner sa page. Le mois d'août se termine et les vacances avec. Demain, je reprends le Poudlard express pour ma dernière année. Et sincèrement, je n'en ai pas envie. Parce qu'en dernière année, il faut choisir son futur. Et je ne sais pas. Je ne sais pas ce que je veux devenir, ce que je veux faire de ma vie. Je sais déjà que je ne suis pas destiné à une grande carrière de sorcier. Mais alors que me reste-t-il ?
Je soupire et me laisse tomber sur mon lit. Ce n'est vraiment pas marrant de grandir. Et puis, je crois que je vais devoir avancer seul pour cette dernière année et cela m'effraie. Non, en fait je suis terrorisé à l'idée d'être seul face au monde. Moi qui ne l'est jamais été, qui aie toujours eu mon frère jumeau à mes côtés pour m'aider, je ne sais pas comment faire. Sans le vouloir, mon regard dérive sur la place vide à côté de moi, puis sur la porte de notre salle de bain, seul rempart entre nos chambres. Comme je le pressentais, il ne viendra pas me rejoindre. Notre rituel avant chaque rentrée est mort. Une légère brise pénètre ma chambre et fait virevolter les rideaux blancs. Je voudrais que derrière ce voile blanc un corps se dessine et que toutes mes peurs disparaissent avec le souffle du vent. Mais le rideau retombe et je suis toujours seul. Il n'y a pas de corps chaud contre le mien. Il n'y a pas de cheveux aussi blonds que les miens, se mêlant aux miens et qui, pourtant, sentent différemment. Il n'y a pas de doigts enlacés aux miens, les serrant parfois un peu trop fort. Et surtout, il n'y a pas de prunelles grises se fondant au plus profond des miennes, tels deux lacs pluvieux s'harmonisant avec mes larmes. C'est plus fort que moi, je pleure.
Mais Draco n'est pas là pour me réconforter, me rassurer sur cette nouvelle année. Ce soir, mon miroir ne m'aidera pas.
Je ferme les yeux et tente d'apaiser les battements de mon cœur affolé. Que me disait-il dans ces moments là ? Ah oui. Chaque larme que tu verses est une goutte d'eau qui étanche ma soif d'amour de frère que j'ai pour toi. Une si belle façon d'accepter mes faiblesses. Comme je voudrais tant entendre ces mots. Rien qu'une fois, une dernière. Sauf qu'un silence angoissant règne dans la maison. Je suis probablement le dernier éveillé. Il faut que j'arrête d'espérer à son entrée fracassante dans ma chambre. Voir Draco pousser la porte de la salle de bain, les cheveux en bataille, torse-nu et en pantalon de pyjama est vraiment une vision surréaliste.
Entre deux sanglots je ne peux empêcher mes lèvres de s'étirer légèrement. La scène serait vraiment comique.
Une nouvelle brise soulève à nouveau mes rideaux. Sauf que je n'ai pas d'espoirs fous cette fois-ci. Je leur tourne même le dos et me recroqueville dans mon lit. Il faut que je dorme. Je sais que trouver le sommeil ne va pas être facile, mais il faut que je me repose un minimum. Sinon demain sera une journée très difficile. Alors je ferme les yeux encore mouillés et imagine un espace vide et noir. Et moi je suis au milieu de ce néant, calme et serein.
Le noir est apaisant, rassurant en quelque sorte. Il ne me fait pas peur. Tout doucement je sens mon cœur ralentir, mon souffle devenir régulier et je crois bien que je finis par m'endormir assez rapidement. Mais en fait, je me demande quand même si je dors réellement. Pourquoi ? Parce la femme qui me sert dans ses bras avec force ne me fait pas penser à un rêve. C'est différent. Trop présent, trop fort je dirais. Son cœur est affolé, sa respiration hachée. Encore ce moment d'angoisse qui revient me hanter. Elle me parle, mais je ne comprends pas ce qu'elle me dit. Je vois un homme brun au loin courir, fermer une porte. Je crois qu'il crie. La femme qui porte mon corps d'enfant me fait peur. Et en même temps je me sens si bien au creux de sa chaleur. L'homme a disparu et nous sommes dans une chambre d'enfant. Je vois un lit à barreau. Des cheveux bouclés qui sentent l'herbe fraîche me caressent le visage et je me sens fermer les yeux. J'ai envie de rester éternellement à cet instant. Mais un bruit sourd me fait sursauter et la femme au-dessus de moi s'éloigne de quelques mètres. Elle crie et je crois deviner des pleurs parmi ses mots.
- Je vous en supplie. Ayez pitié ! Je vous en supplie, tuez-moi si vous voulez, tuez-moi à sa place...
J'ai envie de pleurer. Pas ce moi enfant, mais le moi d'aujourd'hui. Mais qui est cette femme ? Pourquoi les quelques images floues de son visage me donnent encore plus envie de me blottir contre elle ? Et ses mots… si forts… si horribles. C'est un cauchemar.
J'ai envie de me réveiller, de sortir de cet enfer qui me donne la nausée. Mais je veux encore voir le visage de cette femme. Je veux encore sentir l'odeur de ses cheveux contre ma peau. Et surtout… entendre son cœur battre contre mon torse. Je suis tiraillé entre l'envie de quitter mon sommeil et y rester pour voir la suite. Je vois une main en l'air et une forte lumière. Elle est verte. C''est la première fois que je vois ce flash, que mon rêve m'emmène si loin. Et au plus profond de mon être, je tremble. Car je crois savoir ce que signifie cette lumière verte. Je pousse un cri. Non, je ne veux pas. Pas elle. Pas ça.
Je me redresse brusquement dans mon lit, les yeux écarquillés. Des perles de sueur coulent sur mon front. Dans ma poitrine, mon cœur cogne si fort que j'ai mal. Mal partout. Sans pouvoir me retenir, des larmes se mettent à couler sur mes joues, suivies par une violente nausée. Sans trop réfléchir, je me rends dans la salle de bain et me penche au-dessus des WC. Je revois en boucle cette main en l'air, cette lumière verte et l'effondrement de cette femme. L'évidence qui se peint devant moi est trop dure à accepter. Elle est… elle est…
- Morte, je murmure difficilement.
Et je continue de pleurer, de m'agripper à la cuvette des WC, faute de meilleure bouée de sauvetage. Les images de ce rêve défilent devant moi à toute allure. Une boucle en enfer, un looping infernal. Que s'est-il passé ? Pourquoi ces images me hantent-elles ? Je tousse, une nouvelle nausée me prend. Et puis, soudain, une main chaude se pose sur mon épaule. Je tourne difficilement la tête pour faire face au regard surpris de mon frère. Là, tout de suite, je n'ai qu'une envie. Et je me laisse aller à cette pulsion. D'un bond je me retrouve collé à son torse, mes bras l'entourant fortement, ma tête nichée dans son cou. Je le sens se crisper contre moi et je redoute le rejet qui va suivre. Sauf que ce dernier ne vient pas et je sens même les doigts de Draco se poser doucement dans mon dos. Alors je me laisse aller et pleure sans retenue. Je ne veux pas penser à ce qu'il va se passer ensuite. Juste profiter de sa chaleur rassurante, de son odeur réconfortante. Entre deux sanglots, je marmonne :
- Cauchemar horrible.
Une de ses mains se crispe l'espace d'une seconde.
- Ah ? Toi aussi.
Je ne relève pas vraiment ses mots, encore trop bouleversé par la mort de cette femme. Une mort qui s'est passée sous mes yeux. Et plus j'y repense et plus je ressens ce rêve comme un souvenir et non le fruit de mon subconscient.
Je ne sais pas combien de temps nous sommes restés ainsi, moi agrippé à Draco, le maintenant contre un mur, mon visage enfoui dans son cou, le corps parcouru de spasmes et lui, stoïque, mais présent malgré tout. L'étau qui enserrait ma poitrine a fini par s'évaporer et je décide alors de me reculer un peu. Il va bien falloir quitter cette position un jour ou l'autre de toute façon. J'ose un regard en sa direction. Mes dents mordent mes lèvres… j'angoisse.
- Ne crois pas que ça changera quoi que se soit Henry.
Je le savais. Et ses mots me blessent. Décidemment je passe une très mauvaise nuit. Je ferme les yeux, tentant de contenir ma peine. Doucement, je sens sa chaleur s'éloigner de moi. Puis le bruit d'une porte qui se ferme et plus rien. Une inspiration et je rouvre les yeux. Je suis à nouveau seul. Un peu fébrile, je me passe un peu d'eau sur le visage et retourne dans ma chambre. Assis sur mon lit, j'ai peur de me rendormir. Je pourrais très bien demander une potion de sommeil, mais mon père risque de refuser. Moins je prends de potion et mieux c'est pour moi, selon lui. Alors je laisse passer le temps. Rapidement, mon esprit retourne dans ce rêve qui me terrorise un peu moins. Après tout, ce n'est pas la première fois que je le fais. En réalité, c'est la sixième fois en l'espace d'un mois. La première fois fut le 31 juillet. Le rêve a duré l'espace de quelques secondes, juste le temps de sentir le corps de cette femme et sa chaleur. Je ne l'avais même pas relevé. Mais quand deux jours après, j'ai refais le même et qu'il a duré un peu plus, j'ai trouvé cela étrange. Et cette nuit m'a conduit à un point nouveau. Un point tragique.
Ce qui me dérange un peu, c'est quand pensant à cette femme, je pense aussitôt à ma mère. Cette odeur qui nous berce malgré elle, nous emportant dans des contrées remplies d'innocence. Comme des bras protecteurs, barrières au reste du monde, j'ai envie de me jeter dedans. Une douceur légère, telles les plumes d'un poussin, caressant mes joues, essuyant mes larmes. Et ce bruit retentissant au plus profond de mes entrailles. Ce battement sourd qui éloigne tous les maux qui m'entourent. C'est une mélodie unique qui ne peut résonner qu'en moi. C'est celle d'un amour sans condition. L'amour de ma mère.
oOo
Finalement, je me suis rendormi. Pas suffisamment pour être en forme, mais ce n'est pas grave. Je dormirai dans le train. Sur le quai, nos parents nous saluent de la main et nous sourient. Draco fait un bref signe de main en leur direction et reprend sa discussion avec Pansy. Quant à moi, je serais bien resté à la maison encore quelques jours. Mais je n'ai pas le choix. Mon avenir se joue en cette dernière année. Une secousse m'indique que le train vient de démarrer et, petit à petit, mes parents finissent par devenir deux petits points dans la foule. Je retourne m'asseoir entre Blaise et Goyle. Mon regard dérive vers Draco qui est en pleine conversation avec Pansy. Aussitôt son comportement de la nuit dernière me revient. Malgré ses mots, je ne peux m'empêcher d'espérer. Le Draco de mon enfance existe toujours. J'esquisse un faible sourire en repensant au passé. Depuis que je suis tout petit, Draco est à mes côtés. Comme beaucoup de jumeaux, nous partageons tout de nous. Notre lien est unique. Je dirais même, magique. Oui, je le pense vraiment. Nous sommes liés par notre magie. Même si je suis bien plus faible magiquement, je ressens sa magie crépiter dans l'air et lui la mienne. Sans nous voir, nous pouvons ressentir l'état dans lequel se trouve l'autre. Combien de fois a-t-il accouru dans une salle de classe alors que j'étais à la limite de l'évanouissement ? Combien de fois m'a-t-il rejoint en pleine nuit parce je pleurais de rage d'être qui je suis ? Je ne les compte plus depuis bien longtemps. Draco a toujours été là, à m'aider à faire face à mes problèmes. Des heures à m'aider, à me soutenir, à m'encourager. Et à me dire que j'étais unique, que pour rien au monde il ne voudrait un autre frère. Pourtant il y aurait de quoi. A dix-sept ans, je peine à voler sur un balais, mes wingardium leviosa ne sont pas toujours réussis, j'ai une forte tendance à rater mes potions et je ne parle même pas du transplanage. Je n'ai pas suivi les cours jusqu'au bout car je me désartibulais à chaque fois. Je ne sais même pas comment j'ai pu avoir mes B.U.S.E. Les seules matières où j'ai réussi à avoir un O ou un E sont l'histoire de la magie, l'étude des runes et des moldus. Normal, le potentiel magique ne rentre pas en compte dans ces matières.
Mais tout ça, Draco s'en moquait. Il m'a toujours accepté. Y compris cette maladie. Je suis né avec une défaillance magique. J'ai même failli en mourir à la naissance. Je ne suis pas un cracmol, mais ma magie est instable, irrégulière et peut s'épuiser très vite. C'est pourquoi je prends une potion chaque matin, afin de réguler au mieux ce flux en moi. Mais du coup, lorsque je dois puiser un peu plus que d'ordinaire, cela m'est très difficile. Il m'arrive encore, parfois, de m'évanouir.
Je secoue brièvement la tête, chassant ces images de ma tête. J'aurais tout le temps de m'angoisser sur mes capacités magiques durant les mois à venir. Alors je reporte mon attention sur mon frère. Il me jette un rapide coup d'œil qui me fait frissonner, puis se remet à parler avec Blaise. En fait, il n'y a qu'avec moi que son comportement a changé. Avec ses amis, il est toujours le même. Mais avec moi… je ne comprends vraiment pas. Je sais très bien qu'il est normal qu'avec l'âge nous nous éloignons de l'autre… mais à ce point…
Dire qu'il y a dix ans en arrière il ne se passait pas une journée, une nuit sans que nous soyons collés l'un à l'autre. En fait, depuis que nous sommes nés, nous partageons tout. Je crois bien que jusqu'à nos dix ans, nous avons toujours tout fait ensemble. Nous dormions dans le même lit, prenions nos bains en même temps, rions, pleurions avec l'autre… tout.
- Henry ?
- Hein ?
Pansy m'interroge du regard. Je crois qu'elle m'a posé une question que je n'ai pas entendue.
- Pff, soupire Draco.
- Alors tu as réfléchi à ce que tu voudrais faire après Poudlard ? reprend-elle.
Un faible rire franchi les lèvres de mon frère. Nous connaissons tous la réponse à cette question.
- Non, je réponds en baissant le regard.
Non, je ne sais pas et je n'ai pas envie d'y réfléchir. En ce moment, je veux juste dormir un peu. Juste récupérer…
Que pensez-vous de cette suite ? Est-ce que pour ceux qui se posaient des questions, vous avez eu quelques réponses ?
Si non, hésitez pas à me demander car peut-être que parfois je ne suis pas assez claire dans ce que j'écris, alors que je pense l'être. ben oui, c'est normal, je suis dans ma tête donc tout est clair pour moi. Mais pas forcément pour vous.
