Disclamer: Twilight est à Stéphanie Meyer HARRY POTTER est à J.K. Rowling
Beta : Silver Angell
''Angel" rêve
Chapitre dix-neuf
Je reviens à moi le lendemain après-midi. Je suis allongé sur un matelas de fortune. Pour être exacte dans une tente. Blanche-Neige accourt à mon chevet dès que je bouge. Il passe sa main un peu plus fraiche que la normale, mais néanmoins plus chaude qu'à notre première rencontre sur mon front. La caresse est très agréable. Je la savoure comme un bon repas. Il m'apprend, sans cesser ses câlineries, que nous sommes dans les collines près de la piste d'atterrissage où nous avions laissé l'avion privé des Cullen.
Lentement, j'ouvre les yeux que j'avais clos au passage de sa main sur mon front. Je plonge directement dans la profondeur de son regard. Il se penche sur moi et me donne un baiser papillon. Il me sourit et me demande comment je me sens. Je lui réponds que je suis encore un peu fatigué. Il me sourit tendrement et me dit de me reposer encore un peu. Je suis sur le point de lui obéir quand la pensée de la disparition de mon père me revient.
Je me mets dans la position verticale en un rien de temps. La peur au ventre, je lui demande des nouvelles de Charlie. Il est gêné et il évite de poser son regard sur moi. Je le prends par les épaules et je le secoue avec une force vigoureuse. Je ne me savais pas doté d'une telle puissance physique. Il finit par m'apprendre que lui et ses frères étaient retournés dans le château et avaient dégagé l'entrée des sous-sols, mais qu'ils n'avaient pas réussi à localiser Bella et mon père. Il me rassure cependant en m'apprenant que les cachots étaient vides.
Il ajoute aussi qu'ils avaient fouillé tout le château sans trouver trace d'eux ni de Demetri. Je suis soulagé de l'entendre. S'il n'était pas dans la prison des vampires, ni dans aucune autre pièce, alors Charlie devait être encore de ce monde. Je me relève de ma couche et quitte la tente. Je suis abasourdi par le décor qui s'offre à moi. Où que mon regard se pose, je ne peux voir que destruction et désolation.
Les collines, enfin ce qui en reste, sont complètement détruites. Les arbres sont déracinés. La terre est retournée. Des crevasses de plusieurs mètres ont fait leur apparition un peu partout. Des cadavres d'animaux sillonnent le sol. Le jet privé des Cullen est en miettes. En m'avançant un peu, je peux voir de loin les débris de ce qui avait été la petite ville de Volterra. De mon point d'observation, je vois la fumée s'élever des décombres de la ville. La cité est en ruine.
Toutes les habitations sont détruites, effondrées. Edward me rejoint et passe ses bras autour de ma taille. Il me tire vers lui. Mon dos repose sur son torse ferme. Il pose un délicat bisou sur ma nuque. C'est un désastre qui s'offre à ma vue. Je me demande ce qui a bien pu se passer ici, quand les souvenirs de ma perte de contrôle me reviennent. Suis-je vraiment responsable de cette calamité ? Je peine à le croire.
Comment un simple petit être humain peut-il être capable d'anéantir une ville en seulement quelques heures ? Je me fais peur. Est-ce que j'héberge vraiment en mon sein une telle puissance destructrice ? Je me demande ce qui se serait produit si je n'avais pas repris la maîtrise de ma personne ? Puis, finalement, je ne tiens pas le découvrir. J'ai peur de savoir. Je demande à Edward si nous pouvions aller y faire un tour.
Depuis son changement de métabolisme, il ne brille plus au soleil. Il accède à ma requête avec résistance. Blanche-Neige utilise sa vitesse vampirique pour nous y conduire. Les grands murs entourant la ville sont réduits en miettes ainsi que la grande porte. En franchissant les débris de la grande entrée, nous tombons sur une scène déchirante. Une enfant qui ne doit pas avoir plus de cinq ans est en pleure devant les cadavres d'un couple sous un mur.
Ses pleurs sont pénétrants. Je fais un pas vers elle dans l'intention de la réconforter, mais Blanche-Neige me retient. Il me montre une équipe médicale qui s'approche d'elle. Nous poursuivons donc notre route dans les ruines de la ville. Il y a des équipes de caméramans et de journalistes partout. Ils filment et interrogent les rescapés. Ce que je vois a les allures d'un décor de fin du monde. Des files d'hommes, de femmes et d'enfants avancent le long des ruelles. Certains sont gravement blessés, mais ils se traînent pourtant à la suite des autres.
Les secours sont trop peu nombreux pour qu'ils se permettent de les attendre dans leurs coins. Je ne sais pas ce que je cherche au juste en parcourant ces rues et ruelles. Tous ces morts me font me sentir coupable pour ce que j'ai contribué à faire. Les pleurs émouvants des enfants devant les corps de leurs parents me brisent le cœur. Je tente néanmoins de faire abstraction de la culpabilité qui me gagne lentement, mais surement. Je me persuade en mon fort intérieur que je ne suis en rien responsable de ce malheur. C'est ma Magie folle qui est la seule fautive pas moi.
En prenant un embranchement, je discerne un homme qui chancelle au-dessus de cadavres afin de récupérer quelque chose dans les décombres d'une maison effondrée. Un reflet provenant de la droite de l'homme attire mon attention. Une main brillante surgit des décombres et chope l'homme. Pas un cri ne passe sa bouche. À n'en pas douter, c'est un vampire le responsable. Cette vue me fait penser aux résidents du château. Je demande à mon compagnon ce qu'il en est d'eux.
Ont-ils tous péris ou y a-t-il eu des survivants à l'hécatombe ? Il me dit que la majorité des vampires occupants le château avaient péri durant ma perte de contrôle, mais ceux qui se trouvaient près des sorties avaient pu s'échapper. Un des rois était toujours en vie. Alice l'avait aperçu pendant le retrait des vampires. Je me souviens moi aussi l'avoir vu quitter son trône quand Alice avait sonné la retraite.
Une idée me vient en tête avec le souvenir du dernier souverain. Je me dis que si j'arrive à le retrouver je pourrais lui demander des renseignements sur l'endroit où se trouve mon père. Cette pensée me redonne de l'espoir. Je fais part de celle-ci à mon copain. Il trouve que c'est bien raisonné. Nous partons alors à la recherche de Marcus. Nous faisons le tour de la ville. Nous rencontrons trois vampires en état de choc. Je ne savais pas que les vampires pouvaient éprouver ce syndrome, mais il semblerait que la démonstration de ma Magie a eu un impact très fort sur eux.
Je demande à ces vampires s'ils ont vu leur Roi Marcus. Ils me répondent avec méfiance que non. J'ai du mal à les croire. Mais il ne faudrait pas oublier non plus que je suis le responsable de cette catastrophe et de la mort de deux de leurs souverains. C'est donc tout à fait normal qu'ils éprouvent de la méfiance à mon encontre. J'utilise sans vergogne mon pouvoir psychique pour lire leurs esprits. Je découvre que Marcus se cache dans les collines avec les survivants. Leur camp se trouve non loin de la piste d'atterrissage où se trouvent les restes du jet des Cullen. Edward a lu les pensées des vampires pendant que je forçais leurs esprits. Nous sommes vraiment faits l'un pour l'autre, vous ne trouvez pas ?
Avec cette information en tête, nous remontons dans les collines. Alice vient à notre rencontre. Elle a un sourire encourageant. De la voir de si bonnes humeurs, me donne encore plus d'espoir pour le retour de Charlie. Elle me dit qu'elle vient d'avoir une vision de nous rencontrant Marcus. Elle me sourit et me dit que le roi à de bonnes nouvelles pour moi. Cela ne veut dire qu'une chose, que je Charlie est en vie. Heureux d'apprendre cela, je la prends dans mes bras et je la serre avec force.
Je pousse avec impatience Blanche-Neige. Je suis pressé de savoir où se trouve mon père. En chemin, la petite Jane nous rejoint en silence. Elle ne dit rien et se contente de nous suivre. Je me demande pourquoi elle est toujours là ? Ne devrait-elle pas déjà être retournée auprès des siens ? Je pose la question histoire de ne pas mourir bête.
– J'ai ignoré un ordre direct d'Aro. L'un des crimes les plus graves pour les vampires. Rien que pour cela, je mérite la mort. Pire encore, votre compagnon est venu à mon secours. En faisant cela, il m'a placé sous sa protection. Cela a fait de moi une paria dans la communauté vampirique. Si j'y retourne, ils vont m'exécuter.
– Mais Aro est mort. Tu n'as donc plus à avoir peur de lui.
– Certes, le souverain est peut-être mort, mais certains vampires qui se trouvaient dans la salle du trône et le roi Marcus ont assisté à la scène. Même si Aro n'est plus, eux sont toujours là.
– C'est complètement stupide.
– Mais c'est ainsi que notre monde fonctionne.
– Pourquoi tu nous suis au juste ? Je lui demande avec curiosité.
– Je viens en renfort. J'ai une dette de vie envers votre compagnon. Je me suis fait la promesse de le servir pour le restant de ma vie.
– Quoi ? Mais non, je ne veux pas ! Il n'a besoin de personne pour se défendre et dans la perspective où il devrait être défendu, je serais là pour ça. N'est-ce pas que tu n'as pas besoin de cette enfant, hein ! Je suis contre le fait que cette folle furieuse traine près de mon Blanche-Neige.
– Vous ne serez pas toujours à ses côtés. Me souligne la petite folle calmement.
– Et comment tu vas faire avec le sang, hein ? Je te signale que tu ne bois que du sang humain et que les Cullen son végétarien. Dis-je fier de ma trouvaille.
– Je n'ai pas le choix. Je vais devoir changer de régime. Cela ne va pas être simple et non sans quelques accidents, mais avec de la volonté de ma part je vais pouvoir y parvenir certainement.
– Je ne pense pas que le mode de vie des Cullen soit fait pour toi. Tu devrais plutôt retourner auprès des tiens. Je suis sûr et certain qu'ils ne vont pas te faire de mal.
Je dis cela avec le plus de persuasion que je peux. Je ne veux pas d'elle dans l'entourage de mon amoureux. Je ne lui fais pas confiance. Certes, j'ai eu de la peine pour elle, mais c'est un monstre. Bon, moi aussi je le suis dans une certaine mesure, mais je ne suis pas un psychopathe !
Cette petite fille a le chic de me faire passer du chaud au froid. Une fois, j'éprouve l'envie de lui venir en aide et de la protéger et la fois d'après je ne la supporte pas. Mais une constante reste dans les deux cas, je ne lui fais pas confiance. Cette méfiance vient de la fois où elle infligeait une torture mentale affreuse à Edward.
– Ne dit pas de bêtise mon ange. Si Jane désire adopter notre mode de vie je suis le premier à l'encourager sur cette voie. Et toi aussi tu devrais le faire. Pense à ce que représente cette décision non seulement pour elle, mais aussi pour les humains. C'est une excellente résolution qu'elle vient de prendre. En la prenant, elle sauve de nombreuses vies.
– Ok, je veux bien qu'elle change de régime et je crois qu'effectivement c'est une bonne idée, mais est-elle obligée de se coller à toi ? N'y a-t-il pas d'autres vampires végétariens chez qui elle peut se rendre ? Et pourquoi pas chez vos amis les Denali.
– Ne soit pas idiot et jaloux Angel. Cela ne te va absolument pas. Tu ne peux pas obliger Jane à aller chez des gens qu'elle ne connaît pas. Si tu as peur qu'elle ne soit dangereuse pour notre famille, tu n'as qu'à garder un œil sur elle.
– Elle ne vous connaît pas vous non plus. Je lui dis têtu.
– C'est vrai, mais elle se sentira bien plus en confiance avec nous qu'elle connaît de vue et dont elle sait à quoi s'attendre, qu'avec de parfaits inconnus dont elle ne saurait pas à quoi s'attendre. Et puis être avec nous va lui permettre de vraiment se sevrer du sang humain. Ce qui n'est pas garantie qu'elle le ferait chez les Denali.
J'admets avoir un peu honte de mon comportement enfantin, mais les images d'Edward pris de douleur au sol ne veulent pas me quitter. Et dans ma tête ces images sont associées à Jane. Je tente toutefois de mettre de côté ma méfiance. Je vais essayer de donner une chance à cette enfant, mais je vais la surveiller de très près. La conversation se déroule pendant que nous allons à la rencontre de Marcus.
Les deux vampires qui nous barrent la route, nous apprennent que nous sommes arrivés à destination. Je demande à voir Marcus. Les vampires se satisfont de nous montrer la parfaite blancheur de leurs dents. Je redemande gentiment d'être amené à leur Roi, mais ils ne prennent pas la peine de me répondre. Jane agacée par leur attitude utilise son pouvoir sur les deux abrutis. Leurs cris font venir Marcus à nous.
Il est très calme et pose sur moi un regard curieux où je crois voir ce qui ressemble à du respect. Étonnamment, je ne discerne aucune peur en lui. Des trois rois, il est le plus normal on va dire. Je ne perçois pas ce grain de folie qui y avait en eux. Marcus n'est pas un homme d'une grande beauté ni même séduisant. Il est plutôt grand et mince. Sa peau est très fine à l'image d'une feuille de calque et à la couleur de la poussière de craie. En gros. Il est laid sans vraiment l'être.
Il nous invite à le suivre. Nous entrons dans une tente de fortune avec des coussins recouvrant le sol. Marcus nous invite à nous installer sur les pseudos sièges. Je prends place sur celui qui se trouve le plus près de la sortie, ne sait-on jamais avec les vampires. Mon petit ami s'installe sur ma gauche et Jane préfère rester debout. Je ne perds pas de temps en salutation et je demande directement des informations sur mon père.
– Avant que je ne dévoile quoique ce soit sur ta famille, je souhaiterais savoir deux choses. Nous dit Marcus calmement.
– Quoi donc ? Lui demande Edward méfiant.
– En premier, je voudrais savoir qui était l'homme en noir qui est apparu quand Arro a voulu lire dans ton esprit. Et en second, ce que tu vas faire à propos des vampires.
– Pour l'homme, je ne sais rien de lui. Et en ce qui concerne les vampires, où voulez-vous en venir exactement ?
– Pourtant l'homme semblait te connaitre lui. Cela me semble étrange que tu ne saches pas qui il est.
– J'ai perdu la mémoire donc je ne sais vraiment pas de qui il s'agit. Et puis, pourquoi vous voulez le savoir ?
– Je désire confirmer quelque chose simplement.
– De quoi s'agit-il ? Demande Blanche-Neige soudain intéressé
– Il y a une légende qui est connue que par de très rares vampires.
– De quoi elle parle cette légende. Je lui demande.
– Elle parle de nos origines. De nos vraies origines, pas des fables qu'Aro et Caius ont répandues.
– Peut-on en connaitre le contenu ? Lui demande mon copain.
– Il est dit que les vampires viennent d'un monde caché des hommes. Un endroit où vivent des créatures magiques ainsi que des hommes et femmes possédants des pouvoirs fantastiques. Un peu comme toi, Angel à vrai dire.
– Vraiment ? Demandé-je soudain captivé par ce qu'il dit.
– Oui. Il est dit que ce monde était fréquemment en proie à la guerre. Une de ces guerres qui avait opposé les vampires aux hommes avec des pouvoirs magiques avait été d'une telle violence que plusieurs vampires en avaient perdu la vie. Parmi les victimes, il y avait eu la compagne du frère cadet de la source de pouvoir Vampirique.
– C'est quoi la source de pouvoir vampirique ? Demande Jane. Marcus la regarde bizarrement avant de répondre.
– Je ne sais pas exactement ce que c'est. Mais certaines théories disent que c'est le premier vampire à avoir vu le jour. Notre souverain légitime paraîtrait-il. Et ces mêmes théories disent aussi que s'il venait à mourir, il entraînerait avec lui le reste d'entre nous. Dit Marcus pensif.
– Que dit le reste de la légende ? Demande Jane comme le roi vampire ne parle plus.
– Le frère cadet du Roi qui se prénommait Regulus, avait eu une dépression suite à la mort de sa compagne. Il n'avait plus eu envie de rien et il ne se nourrissait plus. Il en avait assez des bains de sang et il ne voulait plus se nourrir de celui des hommes. Son frère qui lui portait une grande affection avait eu l'idée de l'alimenter avec du sang animal. Le temps passant, Regulus finit par se rétablir petit à petit. Mais les guerres incessantes qui secouaient ce monde l'avaient replongé dans sa déprime. La source de pouvoir vampirique qui était un génie en quelque chose dont je n'ai pas vraiment compris, avait trouvé une solution pour sauver son frère.
– C'était quoi cette solution ? Demandais-je avec impatience. Je ne sais pas pourquoi, mais je suis convaincu que cela a à voir avec la manière dont je suis arrivé dans la forêt de Forks.
– Il a trouvé un moyen de l'envoyer lui et quelques vampires dans un autre monde. Un monde qui était différent du leur et où les êtres magiques n'avaient pas leur place. Ce monde est celui où nous sommes.
– Il y a des chances pour qu'il y ait une part de vérité là-dedans ? Lui demande mon petit ami.
– Avant-hier je pensais que ce n'était que des histoires, mais depuis je pense qu'elle est véridique.
– Pourquoi ? Qu'est-ce qui vous a fait changer d'avis ? Je le questionne.
– L'homme qui est intervenu hier est le sosie du portrait du roi des vampires qui se trouve dans le carnet où la légende est transcrite.
– C'est impossible ! Je m'exclame.
– Pourtant je te garantis que je ne me trompe pas. C'est bien lui que j'ai vu sur ce carnet. Et la façon qu'il a eue de s'adresser à mes frères de trône ne fait que me le confirmer.
– Ok, je vous crois. Je vous promets de vous faire part de toutes les informations que je pourrais avoir dans le futur sur cet homme.
Je commence à perdre patience. Même si ce que Marcus nous dit est captivant, je n'oublie pas ce qui m'a amené à lui. Je suis là pour mon père et seulement pour lui. Donc les fables et les légendes, ce sera pour après l'avoir sauvé. Je m'apprête à faire part de ce que je pense à Marcus, quand Blanche-Neige met son grain de sel.
– Que voulez-vous dire par ce qu'Angel compte faire des vampires ? Il demande au roi.
– De la façon dont celui que je crois être le vrai roi des vampires a parlé et s'est conduit avec toi Angel, j'estime que tu es parenté ou lié à lui d'une certaine manière. Je pense que tu es une sorte de prince vampire.
– Quoi ? C'est n'importe quoi ce que vous dites !
– Je pense au contraire que j'ai parfaitement raison. Rappelles-toi que la petite créature et l'homme étaient contrariés parce qu'Aro t'avait manqué de respect en voulant violer ton esprit. En prenant cela en compte, je continue à croire que tu es un membre important de notre communauté. Il suffit de voir qui est ton compagnon. Même s'il est devenu plus humain que vampire par je ne sais quel prodige, il reste néanmoins un vampire.
– C'est vraiment du n'importe quoi votre théorie à la noix. Je suis le prince de rien du tout et je n'ai aucune envie de m'investir dans la vie des vampires. Je suis ici pour une seule raison, c'est de retrouver mon père. Si vous n'avez rien à me dire à son sujet, nous allons vous laissez.
Je fais mine de me remettre sur mes pieds. Je suis contrarié par ce qu'il vient de dire, car je pense qu'il a raison. Je me rappelle encore de ce que l'homme m'a dit avant de disparaitre. Ses mots exacts étaient :
– Je suis heureux de vous revoir petit prince sorcier. Vous avez l'air de bien vous acclimater dans cette partie du monde. Je ne regrette pas le choix que j'ai fait en vous offrant une partie de moi ce jour-là. Je vous laisse régler le problème avec ses enfants immature et capricieux. N'oubliez pas mon petit Prince que vous avez en vous la magie du sang.
Il avait lui aussi utilisé l'appellation 'Prince' pour me désigner et parler d'un autre monde. Ce qui confirme les théories de Marcus sur l'existence d'un autre univers qui se pourrait être le mien. Je m'inquiète aussi sur ce qu'il voulait dire à propos de m'avoir offert une partie de lui. Qu'est-ce que cela voulait au juste dire ? Que je suis une sorte de fils pour lui ou qu'il a sacrifié sa vie pour moi ? Je sens une migraine poindre le bout de son nez crochu.
Et puis, je n'ai pas le temps de me concentrer sur tout cela. Je dois retrouver Charlie. C'est tout ce à quoi je dois songer maintenant, pas à des idioties. Avant que je me mette à la verticale, Marcus m'arrête.
– Ta famille est encore en vie. Elle est retenue prisonnière dans un hôtel particulier appartenant aux Volturi. Ils sont sous la garde de trois vampires dont Demetri est le chef. Aro se méfiait de toi et de tes pouvoirs. C'est pour cela qu'il a fait déplacer ta famille avant votre arrivée en ville. Il voulait se servir d'eux pour te garder en laisse auprès de lui. Il était vraiment impatient de faire ta connaissance et de tester les limites de tes dons.
– Vous voulez dire qu'il n'avait aucune intention de me rendre mon père !
– Précisément.
– La sale pourriture ! Heureusement qu'il est déjà mort, parce que je me serais fait un plaisir de le faire. Où il se trouve en ce moment ?
– Au nord de Naples. Ils sont cachés dans un de nos hôtels particuliers.
– Il se trouve où cet hôtel ?
– Le bâtiment se situe à Scampia un des quartiers les plus pauvres d'Italie.
– Pouvons-nous avoir l'adresse ?
– Non, pas d'adresse. Le plus simple est de vous envoyer un guide. Il vous trouvera à Naples directement pour vous conduire à l'hôtel.
Je suis surpris de sa complaisance. C'est plus que ce que je suis venu chercher. Je le remercie sincèrement. Je ne me fais pas d'illusions sur les raisons de son aide. Je pense qu'il le fait uniquement parce qu'il croit que je suis un prince vampire, même si je n'en suis pas un.
Je suis dans la chambre que je partage avec Blanche-Neige. Nous sommes dans un hôtel de luxe à Naples. Suite à notre conversation avec Marcus, la famille Cullen, Jane et moi-même sommes partis pour Naples. Nous sommes arrivés à destination à la nuit tombée. Carlisle avait fait des réservations pour tout le monde dans une chaîne d'hôtels locale.
Nous sommes allongés sur le grand lit. Edward fait de son mieux pour me changer les idées. Je dois dire qu'il y arrive parfaitement. Délicatement, nous en venons à nous caresser et à nous embrasser. Les choses deviennent rapidement brûlantes. Je sens son bâton de chaire se gonfler. Je presse ma jambe dessus et débute une lente caresse. Nos bouches se dévorent avec passion et urgence. Nos langues s'entremêlent dans une danse aussi vieille que le monde.
Je me presse contre lui et j'introduis mes mains baladeuses sous sa chemise. Je mets à jouer avec ses tétons tendus à l'extrême. Ma main droite descend mollement vers son désir érigé. Je ne peux résister à la tentation de faire courir la paume de ma main sur son entrejambe. Il se cambre en laissant échapper un gémissement de plaisir. Il n'est pas passif, car il me rend chacune de mes caresses.
Je quitte son entre-jambe pour lui retirer sa chemise trop encombrante. Je suis tant pressé que mes doigts ont du mal à m'obéir. Je dois m'y prendre à trois fois pour que cette foutue chemise consente à me céder. Il fait de même avec moi. Nous sommes à présent torses nus tous les deux. Je me penche vers le lobe de son oreille, l'emprisonne entre mes lèvres et je la suçote. Cela semble lui plaire. En même temps, je défais la ceinture de son pantalon. De son côté, Edward calque tous mes gestes.
Je le pousse sur le lit et lui retire le vêtement. Il ne tarde pas à reproduire mon geste en inversant les positons. Maintenant, seuls nos deux boxers sont encore sur nous. Edward m'écarte les jambes et se place entre elles. Il reprend ma bouche dans la sienne. Il frotte nos deux désirs l'un contre l'autre. Une vague soudaine de chaleur voyage de mes épaules à mon membre. Je pousse de petits cris de plaisir. Je passe mes doigts dans ses cheveux et je tire avec force dessus.
Je lui mords la lèvre inférieure et il retient à grand-peine un gémissement. Un grognement sourd se fait entendre alors que la peau de ma main se glisse dans son boxer. Je tente quelques caresses osées. De mon autre main, je lui ôte le sous-vêtement. Il est complètement nu devant moi. Je m'abreuve de lui. Je le détaille sous toutes les coutures. Il est beau mon mec ! Nos yeux se croisent et ils ne se lâchent plus. Il effleure longuement mon corps de ses doigts agiles, de haut en bas et de bas en haut en s'attardant sur les zones les plus sensibles.
Entre deux caresses, il pose des baisers pleins de délices. Il s'interrompt de temps en temps pour me demander si j'aime ce qu'il est en train de me faire. Je ne peux que hocher en signe d'approbation, car je ne peux pas parler tant ce qu'il me fait est fabuleux. Il retire mon boxer entre-temps et nos deux colonnes gorgées de sang se frottent allègrement.
Il glisse un doigt qu'il m'a fait sucer entre les fesses. Il me prépare à le recevoir délicatement. Quand il pense que je suis prêt, il se place correctement entre mes jambes bien écartées et s'introduit en moi. C'est douloureux au début, mais cela se calme petit à petit. La douleur est remplacée bientôt par une douce chaleur. Chaque petit poil couvrant mon corps se dresse tel un piquet désireux d'atteindre cette source de chaleur. Durant toute la manœuvre, ses yeux sont plongés dans les miens.
Il me demande si je vais bien. Je lui dis que oui. Je bouge mes hanches pour l'inciter à se mettre en mouvement, car il s'est arrêté quand j'ai montré des signes de douleur. Il commence alors un va-et-vient qui me fait tourner la tête. Touche-moi. Je crois entendre. Je lui obéis. Tout en bougeant en moi, Edward fait des allers et retours sur ma colonne avec sa main. Le plaisir monte lentement en nous avant qu'il n'explose brusquement en nous coupant le souffle.
– Je t'aime Angel ! Hurle presque mon mec.
– Moi aussi, je t'aime.
On tombe sur le lit d'épuisement. Je ne tarde pas à m'endormir.
« Je fais un rêve. Le jeune homme est surpris par ce que lui apprend la créatrice. Il lui fait remarquer que Ginevra Weasley était bien tombée enceinte de lui. Et que sans cela, Albus n'aurait jamais essayé de le tuer. La créatrice lui dit que l'enfant n'était pas de lui, car elle ne l'a pas permis. Elle ajoute que si l'enfant avait vraiment été de lui, elle aurait dû quitter son corps pour celui du nouveau-né. Le jeune homme lui demande de qui était-il alors.
La créatrice lui apprend que la jeune femme avait trois autres amants et que c'était certainement l'un des trois le père biologique de l'enfant. Cela étant éclairci, le jeune homme demande à sa mère magique de l'aider à s'échapper de sa prison. Cette dernière lui dit qu'elle en est incapable pour le moment. Elle lui apprend que même si la magie de Dobby lui donne l'opportunité de quitter le corps du jeune homme, elle n'a pas encore réuni assez de pouvoirs pour pouvoir intervenir.
Le jeune lui demande combien de temps cela aller lui prendre pour réunir suffisamment de magie pour le libérer. Elle lui répond que cela allait prendre au moins un an. Le jeune homme perd espoir, car en un an beaucoup de choses peuvent survenir. Sa mère magique essaye de le réconforter en lui disant qu'elle va lui apprendre tout ce qu'elle sait sur la magie et les langues des différentes créatures peuplant le monde magique. C'est ainsi que le jeune homme apprend la langue des serpents.
Trois mois après l'apparition de sa mère magique, Voldemort est venu rendre une petite visite au jeune homme. Il lui apprend que son fils est mort suite à une malheureuse expérience de potion. Il se félicite de ne pas avoir tué le jeune homme comme il en avait eu envie à la base. Il annonce au jeune homme qu'il a déniché un excellent maître alchimiste et potionniste. Celui-ci lui a promis qu'il pouvait retirer du jeune prince ce qui faisait de lui la source de pouvoir des sorciers pour l'implanter en Voldemort. Le nom de ce potionniste est Nicolas Flamel.
À partir de ce jour, le jeune homme est devenu un sujet de laboratoire. Et avec les jours, les semaines et les mois passants, il a commencé à perdre son humanité et à nourrir une haine farouche pour le monde injuste dans lequel il vit. Durant tout le temps qu'il passe entre les mains monstrueuses de Nicolas Flamel, le jeune homme apprend différents types de magie avec la créatrice. Des magies pas toutes blanches. Il s'est aussi lié d'amitié avec Nagini. »
J'ouvre les yeux dans un état second. C'est Blanche-Neige qui me sort des profondeurs de mes songes avec des baisers. Nous nous câlinons. Il est trois heures du matin. L'heure de notre rendez-vous avec le guide promis par Marcus. C'est une jeune femme pas très commode qui nous attend devant l'hôtel. Carlisle, Jasper, Emmett, Edward et moi nous la rejoignons.
Elle nous conduit à travers le dédale de rues délabrées que même la noirceur de la nuit ne parvient pas à masquer. C'est devant l'entrée de ce qui avait dû être un ancien motel qu'elle s'arrête. Elle nous indique que c'est là qu'est retenue ma famille. Elle part sans dire un mot. Nous nous séparons en deux groupes. Carlisle, Edward et Emmett d'un côté et Jasper et moi de l'autre. Marcus nous a prévenus que Demetri pouvait poser des problèmes et refuser de rendre Charlie et Bella.
Il nous a dit que le vampire avait une relation particulière avec Aro et qu'il risque de vouloir se venger sur les deux humains s'il venait à apprendre la mort de celui-ci. Marcus nous a dit que la nouvelle de la mort des deux rois n'est pas encore connue de la communauté vampirique. Donc, Demetri n'est pas au courant de la disparition d'Aro. C'est confiant que nous entrons dans le bâtiment.
L'intérieur du motel est une véritable ode à la saleté. Il y a cinq étages et une petite porte qui mène à une cave. Nous nous séparons au pied de l'escalier. Avec jasper, on se rend à l'étage. Pendant que les autres descendent à la cave. Grâce à son sens super-accru, il arrive à détecter la présence d'humains dans une pièce au fond du couloir. On se rend prudemment devant la chambre. Jasper entrouvre la porte. Il jette un regard et me fait signe de le suivre. La chambre est plongée dans le noir.
Un gémissement provenant de notre droite, nous fait tourner la tête dans cette direction. Je suis frustré de ne rien voir. Je tends la main devant moi en souhaitant avoir un peu de lumière. Miracle, une boule de lumière sort de ma main et lévite devant moi. La lumière même si elle est faible, me permet de pouvoir voir suffisamment ce qui m'entoure. Sur un lit qui ne tient que par la volonté divine, Bella est allongée les bras attachés aux montants du lit avec un bâillon à la bouche. Comme quoi, il n'y a pas que moi qui ne supporte pas le son de sa voix de crécelle.
Elle se tortille comme un ver de terre en me voyant. Ses yeux s'agrandissent de surprise et je peux distinguer des perles de larmes s'en échapper. Autre que le lit, la pièce est vide. Je rejoins Bella et je la détache. Elle me saute dans les bras en sanglots. Je suis pétrifié sur place. C'est quoi ce bordel ! Depuis quand cette peste me fait des accolades ?
– Oh, Angel ! Tu es venu à mon aide. Si tu savais comme j'ai eu peur. Mais je savais que tu allais venir pour moi. Je l'ai dit à l'autre monstre avec les longues dents, mais il ne me croyait pas. Il m'a dit que tu t'en foutais de moi. Mais, il avait tort puisque tu es là. S'il te plaît, ramène-moi à la maison. Je ne veux plus rester ici.
Je crois qu'elle a pété un câble la pauvre fille. J'essaye de me défaire de ses bras sans y parvenir. Jasper me vient en aide après cinq minutes infructueuses de tentatives. Elle se met à hurler comme un putois au contact de Jasper. Les cris ameutent deux vampires. Merci pour la discrétion ! Un combat s'engage entre nous. Avec le soutien de ma magie, je domine sans problème l'un des deux pendant que Jasper s'occupe de l'autre.
Il utilise sa vitesse pour éviter les sorts que je lui lance. Il me tourne autour comme une tornade. J'en ai presque le vertige tant il est rapide. Je commence à perdre patience. Quand je constate l'inefficacité de mes sorts trop lents pour l'atteindre. Je pense à autre chose. Je fixe le sol avec rage. Je ne tarde pas à récolter les fruits de mes efforts. La colle que j'ai fait survenir du néant l'immobilise deux secondes. Un temps court, mais suffisant pour me permettre de faire apparaitre des liens résistant à la grande force vampirique de mon adversaire. Je l'attache solidement avec.
Cette beugleuse de Bella est recoquillée dans un coin d'où elle continue de hurler. Je m'approche d'elle en m'assurant que mon adversaire est bien solidement attaché. Je pose ma main sur son épaule pour la calmer. Elle sursaute. Je lui parle gentiment pour lui faire comprendre que ce n'est que moi. Rebelote. Elle se jette dans mes bras et s'y accroche avec plus de force que la fois précédente. Si elle continue, je vais finir par m'étouffer. Je tente de la faire lâcher prise et lui demande si elle sait où se trouve notre père, mais c'est bataille perdu d'avance que je livre avec elle.
Jasper me vient une fois de plus en aide. Ses hurlements se multiplient par trois quand le vampire pose ses mains sur elle. Il faut que je la fasse taire. Je comprends parfaitement qu'elle est sous le choc de ce qui lui est arrivé et je compatis, mais je dois découvrir où est retenu mon père. J'essaye avec toute la patience que je possède de la calmer, mais elle ne le fait pas. Ne pouvant plus la supporter, je fais la seule chose qui me passe en tête. Je la change en un mignon bébé orang-outan.
Le silence qui suit la transformation est absolument reposant. Je demande à Jasper d'aller la mettre en sécurité pendant que je poursuis les recherches. Il n'est pas très partant de me laisser seul, mais j'arrive à le convaincre. Il me dit qu'il va demander à Edward ou Carlisle de me rejoindre avant de partir. Je hoche la tête dans sa direction. Alors qu'il quitte la chambre, je plonge mon regard dans celui du vampire que j'ai maitrisé. Il ne me faut que trois minutes pour trouver ce qui m'intéresse dans son cerveau.
Charlie est au quatrième étage. Je découvre dans l'esprit du vampire qu'ils ont appris la mort des deux rois. Notre guide leur a annoncé avant de venir nous quérir à l'hôtel. Elle fait partie des partisans d'Aro et elle ne porte pas Marcus dans son cœur. Elle nous a conduits dans ce piège qui a pour but de mettre un terme à ma vie. En cet instant même, un groupe de dix vampires sont aux prises avec Edward, Emmett et Carlisle. Je suis déchiré entre mon désir de partir au secours de mon père et celui de secourir les Cullen.
Je me décide pour Charlie en me disant que les Cullen sont assez forts pour s'en sortir sans mon aide. Je grimpe les marches quatre à quatre. Je cours le long du couloir et je défonce la porte où est retenu mon père. Contrairement à la chambre où on a retrouvé Bella, celle-ci est parfaitement éclairée. Seul Demetri et mon père s'y trouvent. Le vampire tient Charlie contre lui la gorge à découvert. Il plonge ses yeux rubis dans les miennes. Je devine sans l'ombre d'un doute qu'il a l'intention de tuer de mon père et rien de ce que je vais lui dire ne va lui faire changer d'avis.
– J'ai appris que tu as tué Aro et Caius. Me dit-il en ne me quittant pas des yeux. La mort de Caius n'a aucune importance pour moi, mon petit ange. Mais celle d'Aro, c'est une autre histoire. Savais-tu que je considérais Aro comme un père pour moi ? Tu me l'as pris. Sais-tu ce que j'ai ressenti en apprenant son trépas ? Non, je parie. Mais ne t'en fais pas, tu ne vas pas tarder à le savoir. Me dit-il tranquillement avec des yeux déments.
– Va-t'en Angel ! Sauves-toi ! Ne t'en fais pas pour Mo…mais il n'a pas la chance de finir sa phrase. Le vampire, les crocs à découvert, plonge dans le cou de mon père et lui arrache presque la gorge en le mordant. Charlie hurle sous la douleur. Le monstre qui l'a mordu le relâche avec négligence comme on le fait avec des ordures. Je suis tétanisé.
Le corps de Charlie s'affaisse. Il tombe lentement au ralenti comme dans les films. Ses yeux sont encore rivés dans les miens. Sa bouche grande ouverte mime mon nom pendant sa chute. Sur sa gorge, deux énormes trous identiques d'où deux filets de sang s'écoulent abondamment. Je me précipite vers lui en oubliant la présence de Demetri. Je me jette sur son corps et je presse mes deux mains sur les deux cavités sanglantes, afin de tâcher d'endiguer le flux. Cela est laborieux, car le vampire ne l'a pas loupé.
Il l'a mordu avec l'intention de le tuer et non de le transformer. Je presse de toutes mes forces sur les deux blessures, mais le flot de sang est trop important pour que je puisse l'arrêter. Les yeux de Charlie sont hagards et voilés. Il tente de prononcer mon nom, mais seul un gargouillement incompréhensible franchit ses lèvres. Cela est dû au sang qui encombre sa gorge. Des gémissements de souffrances accompagnent la sonorité.
Tout en appuyant sur sa blessure, j'essaye de le mettre dans une position qui peut lui permettre d'évacuer le sang dans sa cavité buccale. Mais mes efforts sont vains, étant donné que sans l'aide de mes deux mains qui sont pressées sur son cou, je ne peux pas le manipuler correctement. Son corps commence à devenir d'un blanc cadavérique. À peu près aussi blanche que celui des Cullen. Sa respiration est forte et laborieuse. Le sang qui embarrasse sa gorge l'étouffe. J'ai peur.
Il se saisit de mes mains posées sur lui à l'aveuglette et d'une main tremblante. Elles sont si froides au toucher que cela m'apeure. Je tente de le soigner comme je l'ai déjà fait avec le compagnon de mon amie la vipère, mais je n'arrive pas à me concentrer suffisamment assez pour le faire. Je me mets à crier au secours. Les larmes coulent sans que je puisse les en empêcher.
Je prie, sollicite, supplie, implore et je finis par ordonner une aide, un secours. Qu'importe qui ou quoi, mais que l'on me vienne en assistance. Je sais qu'il va mourir si rien n'est fait. Que je vais le perdre. Mais je sais aussi que plus rien ne peut être fait pour le maintenir en vie. Que plus rien, ni personne ne peut le sauver maintenant. Pourtant, je ne peux m'empêcher de demander, d'espérer.
– S'il vous plaît aidez-moi. Que quelqu'un le sauve. Je vous en prie. Je vous implore, aidez-le ! Je ne veux pas le perdre lui aussi. Je vous en supplie ! Mes larmes me rendent aveugle à mon environnement. Je ne vois plus rien. Tout s'efface.
Une douleur atroce me prend au cœur. C'est affreux ce que j'éprouve en ce moment. Des flashes d'un endroit qui m'est inconnu viennent se superposer à celle de Charlie. Je vois un homme fier et droit qui monte des marches avant de tomber dans un puits sous les regards d'une foule en exaltation. Cette image triple ma douleur. Je ressens les remous que fait ma magie emprisonnée dans le dôme sur le fleuve de pouvoir. Je crains qu'elle finisse par le briser à force de cogner dessus.
Pourtant, je me fiche complètement qu'elle y parvienne ou pas. Je me fous de tout, si ce n'est de la survie de mon père. Le reste peut bien être inhalé par ma foutue magie vengeresse. Une crainte brutale enveloppée d'effroi m'entoure dans un cocon de peur. Un truc ne va pas. Je ferme mes yeux et j'écoute attentive. Silence. Rien que le silence. Ce n'est pas possible ! Je dois me tromper ! C'est sûrement cela. Je ne peux pas le croire. J'ai peur de l'accepter. J'appuie avec plus de force sur les cavités sanglantes.
Mes yeux sont restés clos et je me refuse à les ouvrir. Peut-être que si je ne le vois pas, la réalité de ce que mes sens me disent va disparaitre. Je bouge lentement ma main droite en prenant soin de garder la gauche sur la gorge de mon père. Je plisse avec force mes globes oculaires. Je le fais avec tant de vigueur que j'en ai mal. J'attrape la main de mon père et je cherche son pouls à l'aveuglette. Les secondes passent. Rien ! Absolument rien ! Il n'y a rien ! Rien. Rien. Rien. Rien. Riennnnnnnn ! Mort. Il est mort. Il est décédé. Il a trépassé. Il m'a quitté.
Me laissant seul dans ce monde vide de lui. De sa présence. De son soutien. De ses rires. Mon père est mort. Je ne vais plus jamais pouvoir lui parler et ni lui mijoter de bons petits plats comme il les aime. Je suis de nouveau seul. Seul au monde avec personne pour me tenir la main. Le cœur ensanglanté par l'abandon involontaire de mon père, je réalise lentement ce que cela signifie. Un déclic assourdissant se fait entendre dans le fond de mon cerveau. Une voix tentatrice s'élève.
– Moi, je suis là mon cœur et je ne te quitterais en aucun cas. Je serais à jamais à tes côtés. La voix est si savoureuse et séduisante que je lui prête toute mon attention. Elle est aussi très persuasive. Et moi je ne demande qu'à la croire.
Des roulements de tonnerre lointains tout en étant proches me déchirent les tympans. Des bourrasques de vent me fouettent le visage. Je crois que le sol tremble. Je prends Charlie dans mes bras et je le berce en chantonnant une berceuse que j'ai entendue à la télé. Je n'ai plus aucune conscience de ce qui se passe autour de moi. Je suis trop plongé dans mon chagrin pour cela. Sans savoir comment je fais, je me retrouve debout devant le dôme sur le fleuve en ébullition.
– Libère-moi mon enfant pour que je puisse enfin te rendre justice. Je suis de ton côté et je ne te veux pas de mal. Tu es ma descendance Harry. Libère-moi et je te rendrais ce qu'ils t'ont honteusement volé. Je ne suis pas la méchante de l'histoire et je ne suis pas la seule à vouloir la destruction de ce monde. Toi aussi tu le désires. Rappelle-toi de ce qu'ils t'ont fait mon enfant. Rappelle-toi pourquoi ce désir de vengeance est né en toi. Ces paroles font écho à quelque chose en moi qui ne demande qu'à sortir.
Oui, moi aussi, je le veux. Je veux tout détruire. Tout anéantir. Qu'il ne reste plus rien. Plus rien! Un vent glacial se lève autour de moi. La pièce tremble et les murs choient.
