Titre : Doublement blond
Disclaimer : Tout est à JKR
Rating : M / NC 17
Paring : Harry/Draco
Note : Ne tient pas compte de l'histoire originale d'Harry Potter. Les évènements en lien avec Voldemort durant la scolarité d'Harry ne se sont jamais passés.
Un des personnages se nomme Henry. A lire plutôt à l'anglaise et non à la française.
Résumé : Draco Malfoy n'est pas fils unique. Il a un frère, Henry. Depuis son dix-septième anniversaire, il n'arrive plus à le voir comme avant. Il ne sait pas ce qu'il se passe, ni pourquoi il rêve du passé avec un garçon brun et non blond. Quant à Henry, sa vie va prendre un brusque changement la veille de la rentrée scolaire. Pourquoi ce flash vert devant ses yeux et ce cri horrible de femme ? Les Potter ? Tous morts.
Review anonymes :
Tintinabule : Ah te revoila ! Ne t'ayant pas vu au second chapitre, j'ai eu peur que tu aies déserté ma fic. Mais non, ouf ! Si Henry ne prenait plus sa potion, y aurait une explosion ! Non je rigole, j'en sais rien. Henry commence déjà à faire ce qu'il veut quand j'écris. Mais c'est bon signe, ça veut dire que je gère (même si en fait je ne gère plus, puisque ce sont les persos qui décident de ce qu'il va se passer.) Quant à la raison de cette potion, j'y réfléchis encore.
Sinon tu supputes bien à la fin. ^^
Jilly : Je te rassure, tu auras toutes les réponses à tes questions à un moment. Ne te prend pas trop la tête non plus.
Une brûlure noire
J'ai mal à la tête. Surtout à l'arrière du crâne. Que s'est-il passé ?
Tout en grimaçant, je tente de me souvenir. Je crois que j'étais dans la serre, en cours. Et puis… j'ai eu… tout ce flou…
J'ouvre brusquement les yeux, cherchant en premier lieu à vérifier ma vision. Le plafond qui se dessine au-dessus de moi est parfaitement net. J'arrive même à voir une fissure. Une vague de soulagement s'empare de moi. J'y vois toujours.
Une odeur familière vient me chatouiller les narines et je reconnais aussitôt les lieux. L'infirmerie. Encore… Depuis ma première année j'ai pris un abonnement chez Madame Pomfresh. J'ai même un lit réservé. C'est un peu comme mon second dortoir ici. A cette idée, je souris et m'enfonce un peu plus dans les draps. D'un mouvement de bassin, je me tourne sur le côté gauche. J'allais pour fermer les yeux, quand je me rends compte qu'une paire de jambes se trouvent juste à mes côtés. Je me fige brusquement et relève un peu la tête. Que fait-il ici ? Pourquoi Draco se trouve à mon chevet ? Pas que cela me déplaise, mais ne me déteste-t-il pas ? Je l'interroge du regard, n'osant même pas bouger.
- Père voulait que je reste, marmonne-t-il, sans un regard pour moi.
Pourquoi je ne le crois qu'à moitié ? Peut-être parce j'entends encore son cri résonner en moi… Ou alors est-ce l'espoir que les derniers mois n'étaient qu'un mauvais rêve et que je me réveille enfin… Non. Il faut que je me fasse une raison Draco a changé. Pourtant, une question me taraude. Et si j'osais…
- Pourquoi tu as crié ? je demande faiblement.
Draco tourne la tête vers moi et me fixe. Son regard ancré dans le mien me fait frissonner. Je m'accroche à cette fusion, à ce mercure qui s'ouvre à moi. Je vois bien qu'il est surpris, qu'il ne sait pas quoi répondre et que ma question l'effraie. Et au fond de moi j'ai envie de pleurer. Tout simplement parce que je retrouve mon frère en cet instant. Sa haine n'existe plus et je n'ai pas envie qu'elle revienne tinter ses iris.
- Je…
Il hésite, mais garde le contact visuel. Ses lèvres se pincent, un bout de langue vient les humidifier. Ses épaules se soulèvent à peine, signe qu'il respire vite. C'est tout l'inverse de moi qui ne peut plus inspirer de peur que cet instant se brise si l'air vient emplir mes poumons.
- Ta magie me faisait mal, débite-t-il à toute allure.
Cette fois c'est à moi d'être surpris. Que veut-il dire ? Je n'ai pas utilisé ma magie. Je fronce des sourcils, cherchant à comprendre ce qu'il s'est réellement passé. Mais j'ai beau ressasser cette matinée, je suis certain de ne pas avoir utilisé ma magie.
- On aurait dit des couteaux, marmonne-t-il en baissant la tête.
- Des couteaux ? je reprends doucement pour moi-même.
L'air se fait rare, j'ai besoin de respirer. Mes yeux se ferment et j'inspire une grande bouffée tout en me mettant sur le dos et en me redressant légèrement dans le lit. J'entends encore son cri dans ma tête. Puis l'air sort brusquement de mes poumons, emportant avec lui un trop plein de je ne sais quoi.
- Quand… quand tu as crié. Tu m'as appelé comment ?
- Henry. Pourquoi ?
- J'ai cru entendre un autre nom. Harry. Mais ça ressemble vachement au mien, j'ai du mal entendre.
- Probablement, souffle Draco, immobile.
- Ah ! s'exclame une voix quelques mètres plus loin, nous faisant relever la tête à tous les deux. Vous êtes réveillé !
Madame Pomfresh s'avance vers moi et soulève le drap.
- Vous nous avez fait une nouvelle frayeur Monsieur Malfoy. Dès le premier jour. Vous commencez bien l'année.
Sa baguette passe sur mon corps et des indications apparaissent au-dessus de celui-ci. Certaines me sont familières.
- Heureusement que le professeur Chourave a réagit rapidement et que le professeur Snape avait préparé des potions en avance. Sinon vous ne seriez probablement plus de ce monde. Quelle idée aussi de se couper le doigt alors que vous étiez en train d'extraire la pulpe de cette plante mortelle.
Je comprends mieux pourquoi je suis tombé. Le poison est vraiment très rapide.
- Enfin, tout semble aller comme il faut. Vous avez mal quelque part ?
- Un peu à la tête.
- ça, c'est la bosse. Rien d'autre ?
Je secoue la tête et sourit à l'infirmière.
- Dans ce cas, vous pourrez retourner avec vos camarades dès ce soir.
Puis Madame Pomfresh s'en va, me laissant à nouveau seul avec Draco. Il n'a pas bougé et semble très absorbé par la contemplation de ses chaussures. Il y a comme un malaise entre nous. Je n'aime vraiment pas cette sensation. Tout était tellement plus simple avant. Draco aurait pris ma main et m'aurait rassuré. Puis il m'aurait raconté tout ce que j'avais raté. Les cours, les blagues débiles de Blaise, les remontrances de Pansy, les tentatives parfois ratées de ridiculiser les autres élèves, la jubilation de Sévérus lorsqu'un Gryffondor rate une potion. Enfin… tout. Et peut-être qu'il se serait même glissé dans le lit, contre moi, juste pour quelques minutes. Puis il serait parti, non sans un immense sourire qui m'est uniquement réservé. Et le soir, après les cours, il serait revenu me chercher et nous serions retournés dans la grande salle ensemble. Mais rien de tout cela ne va arriver.
- La prochaine fois, essaye un peu de retenir ta magie au moins, crache subitement Draco tout en se relevant.
Ses mots me font toujours aussi mal. Alors qu'il me tourne le dos, je demande d'une petite voix :
- Pourquoi ?
- Parce qu'il n'y a qu'un pas entre l'amour et la haine et j'en ai assez d'osciller entre eux, marmonne-t-il.
Je reste interdit devant cette révélation. Je ne sais pas si dois rire, pleurer ou crier. Peut-être tout en même temps.
- Bon, je vais aller rassurer tout le monde.
Et il disparait sans que j'aie le temps de demander d'avantage d'explications. Ses derniers mots bourdonnent dans mes oreilles, me vrillent les tympans. Dans ma poitrine, mon cœur cogne comme un forcené. J'ai l'impression d'étouffer. Une de mes mains tremblantes se pose contre ma cage thoracique… je cherche un peu d'oxygène. Mais le seul air qui s'engouffre en moi à un goût d'espoir piquant. C'est à la fois douloureux et salvateur. Un mal pour un bien. Ou c'est l'inverse ? Je ne sais plus, je suis perdu. Tout se mêle et s'entremêle.
Je laisse mon corps glisser sous les draps, n'arrivant plus à le maintenir. Pourquoi grandir est-il si compliqué ?
oOo
- Quoi ?
En face de moi, Blaise fronce une nouvelle fois les sourcils.
- Quoi ? je répète.
- T'as une drôle de tête.
- Tu peux parler ! T'as vu la tienne ?
- Ouh ! J'en connais un qui s'est levé de mauvais poil ce matin.
Je lance un regard noir à Blaise et reprends un toast. Oui, j'ai mal dormi. Et alors ? Ce n'est pas ma faute si j'ai encore fait ce rêve avec cette femme qui meurt devant moi et que la même nuit Draco a aussi fait un cauchemar faisant alors crépiter sa magie. En gros, j'ai dû dormir trois heures. Donc oui ! Je suis fatigué et de mauvaise humeur. Heureusement que ce soir c'est le week-end, je pourrais dormir un peu plus.
Une élève, de quatrième année je crois, s'avance vers nous et se penche vers moi.
- Malfoy ? Tu organises les sélections pour le Quidditch la semaine prochaine ?
Je cligne des yeux et soupire.
- Draco est là-bas, j'indique du doigt, d'un ton las.
- Ah ? Merci.
Elle s'éloigne et je retourne dans la contemplation de mon verre. Les coudes posés sur la table et la tête nichée dans le creux de mes mains, je me perds dans la transparence du verre. Les sons autour de moi s'éloignent progressivement et ne forment plus qu'un brouhaha qui ne m'atteint pas. Tiens, on dirait qu'il y a une petite fêlure. Je me demande bien qui a pu la faire. Un élève ? Un professeur ? Un elfe ?
- Henry ?
Si ma mère voyait ça, elle en ferait une syncope probablement.
- Henry.
Il faudrait sûrement changer tout le service.
- Henry !
Et à moins de trouver exactement les mêmes verres, il faudrait aussi changer les assiettes et les couverts qui vont avec.
- Henry !
Je redresse brusquement la tête en entendant Blaiser crier mon prénom. Ses yeux sont écarquillés et il me dévisage comme si j'avais une énorme pustule sur le front.
- Tes cheveux !
Quoi mes cheveux ? Je n'ai pas eu la force de me coiffer ce matin, mais quand même. Je porte une main sur le dessus de mon crâne et les aplatis. Je ne savais pas Blaise si…
- Aah !
Ce cri me glace le sang.
- Draco !? s'écrie Pansy en se jetant à ses pieds.
Mon frère est recroquevillé sur lui-même et se tient le ventre. Sans réfléchir, je me jette par-dessus la table, envoyant valser les plats, les carafes et je crois qu'au passage, j'ai donné un coup de pied dans le visage d'un premier année.
- Draco ? Qu'est-ce qu'il y a ? je lui demande, affolé.
Accroupi à côté de Pansy, je ne remarque pas tout de suite que cette dernière me dévisage de la même façon que Blaise.
- Quoi ? dis-je d'un ton acerbe, ne comprenant pas pourquoi elle se préoccupe de moi et non de Draco.
- Tes cheveux, murmure-t-elle.
Mais qu'est-ce qu'ils ont avec mes cheveux ? Ne voient-ils pas que Draco va mal ?
Je reporte mon attention sur mon frère qui gémit de douleur.
- Henry, dit-il avec difficulté. Arrête. Arrête s'il te plait. Ça brûle.
Je prends sa main et la serre fort, ne comprenant rien à ce qu'il se passe. Je crois entendre dans mon dos Sévérus crier après plusieurs élèves, leur demandant de se pousser.
- Draco.
- Ta magie Henry. Elle me brûle, réussi-t-il à dire juste avant de pousser un autre gémissement.
Ses doigts s'enfoncent dans ma paume. Mais la douleur que je ressens n'est rien comparée à l'incompréhension qui s'empare de moi. Je ne suis pas en train d'utiliser ma magie. Je ne la sens même pas. Je veux bien l'arrêter, mais faudrait-il encore que je comprenne comment elle est en train d'atteindre Draco.
Son corps se tord une nouvelle fois et je ne peux empêcher une larme de couler sur ma joue.
- Draco, dis-je en sanglotant.
Son autre main se rapproche de mon visage et son pouce frôle ma joue. Quant à ses autres doigts, ils caressent mes cheveux un bref instant. Juste avant qu'il ne ferme les yeux et s'évanouisse.
- Poussez-vous ! crie Sévérus juste derrière moi.
Je me tourne vers mon parrain, le visage ruisselant. En silence je l'implore d'aider Draco. D'un mouvement de baguette il soulève le corps inerte de mon frère et me fait un signe de tête. Je me redresse d'un bond et commence à suivre Sévérus qui fait toujours léviter Draco. Derrière moi, j'entends les pas de deux autres personnes qui nous suivent. Je sais déjà que se sont Blaise et Pansy.
Arrivés à l'infirmerie, Madame Pomfresh, nous indique un lit vide.
- Encore Henry, soupire-t-elle. Décidemment.
- Euh… non Madame. Je suis là, j'indique en levant la main.
La surprise de me voir en bonne santé dans son infirmerie passée, Madame Pomfresh se met à ausculter Draco. Après quelques minutes de pure angoisse, elle se tourne vers nous et sourit.
- Il va bien. Il est juste inconscient. Vous dites qu'il a senti votre magie le brûler ?
J'hoche de la tête.
- En tout cas, c'est terminé. Il devrait reprendre ses esprits d'ici peu.
Un énorme poids quitte mes épaules. Sévérus se tourne vers nous et lance de sa voix glaciale :
- Mon cours commence dans dix minutes.
Puis il quitte l'infirmerie avec son mouvement de cape légendaire. Blaise se tourne vers moi et me dévisage, suivi par Pansy.
- Henry. Je savais pas que t'étais un métamorphomage ! s'exclame Blaise d'un seul coup.
Hein ?
On ne tape pas ! Je sais, j'ai refait une fin sadique. mais c'était trop tentant. Je vous promets que le prochain ne finira pas de manière sadique.
Bon sinon, que pensez-vous des mots dits par Draco dans l'infirmerie ?
Et qu'est-ce qu'il se passe dans la Grande salle ensuite ? Je vous laisse supputer... Et si l'envie vous prend de me faire les faire partager, j'en serais ravie.
