Review anonymes

Dravy : Merci pour tes reviews. C'est très gentil de ta part. Ah ? Tu trouves que Draco sait des choses... Qui sait...

Skyra7 : Sadique est plus appropriée que cruelle. Et en plus je suis fière de l'être !

Dom : Eh ! Tu te rapproches de la vérité. Le début de ton hypothèse, c'est pas vraiment ça. Mais la fin, tu as vu juste. C'est bien. Félicitation pour cette découverte. A toi maintenant de trouver pourquoi ils ( et qui est ce "ils") ont fait ça.


Lisez attentivement vers la fin du chapitre ! Sinon vous risquez de ne pas comprendre qui parle à quel moment !


Des brides derrière un rideau

Sévérus me fixe avec un regard noir qui me donne envie de partir en courant. Mais je ne peux pas laisser Draco tout seul. Les iris de mon parrain passent de lui à moi, à une vitesse folle. Derrière, lui Blaise fixe ses pieds, mal à l'aise.

- Reprenez Zabini, ordonne Sévérus.

Mon ami se triture les doigts et se pince les lèvres.

- Eh bien, le professeur nous avait demandé de travailler Protego et Petrificus Totalus en informulé, en binôme. J'étais avec Draco et Henry avec Chambers. Je ne faisais pas trop attention aux autres, je me concentrais sur la façon de faire un informulé. Je crois que de son côté, Chambers se débrouillait pas mal. Henry, j'en sais rien, il me tournait le dos. Mais alors qu'il allait recevoir le sort de Chambers, il y a eu une forte lumière blanche provenant de la baguette d'Henry et Chambers est tombé par terre, son sort se retournant contre lui.

- Et Henry n'a rien dit.

- C'est ça. Il n'a pas prononcé de formule. C'était vraiment… un informulé, finit Blaise doucement.

C'est la troisième fois que j'entends l'histoire et je n'arrive toujours à pas y croire. Je ne peux pas avoir lancé de Protego si puissant et sans le prononcer en plus. J'en suis totalement incapable !

- Et ensuite ? demande mon parrain.

- Draco s'est évanoui et il tremblait. Je dirais qu'il refaisait une de ces crises. Quand la magie d'Henry lui fait mal. A un moment il a repris légèrement conscience et a remercié Henry, mais je sais pas de quoi. Puis Madame Pomfresh est arrivée.

- Vous pouvez partir Zabini, reprend Sévérus, toujours sans un regard pour mon ami.

Blaise me fait un faible sourire, lance un regard en direction de Draco qui est allongé dans un lit et quitte l'infirmerie. Je crois que c'est lorsque la porte s'est refermée, que la boule dans mon estomac est remontée jusque dans ma gorge et qu'une envie de vomir s'est manifestée. Assis juste à côté de Draco, mes doigts frôlant les siens, j'hésite à regarder l'homme qui pose une main sur mon épaule.

- Henry.

Je frissonne. Les doigts de Sévérus s'enfoncent légèrement dans ma peau.

- Nous reparlerons de tout ça ce soir, lorsque vos parents seront là. En attendant, retourne en cours.

Je n'ai pas envie de laisser Draco. Mais la pression faite par Sévérus me dissuade de désobéir. Avec une peine non feinte, je quitte l'infirmerie et me dirige vers la salle de classe du professeur Bathsheba, pour un cours de Runes peu attrayant.

oOo

Je prends une grande inspiration et passe la porte de l'infirmerie. Trois adultes entourent le lit où se trouve Draco. Sévérus et mes parents. A peine ai-je refermé la porte derrière moi que tous tournent la tête vers moi et me fixe. Je ne me sens pas du tout observé, je pense ironiquement. Avec quelques difficultés, je déglutis. Puis j'avance vers ma mère, et la prends dans mes bras tout en déposant un baiser sur sa joue. Ça me fait un bien fou de sentir sa chaleur. L'odeur de son parfum arrive jusqu'à mes narines et discrètement j'inspire son essence.

- Comment vas-tu Henry ? me questionne-t-elle d'une voix douce.

- Plutôt bien, je lui réponds avec un sourire qui se veut rassurant.

Puis je me tourne vers mon père qui me fait un bref signe de tête.

- Henry.

Je regarde Sévérus qui a le visage fermé. Puis j'ose un regard en direction de mon frère. Mais je ne rencontre que des mèches blondes. Assis dans son lit, Draco a le visage baissé. Je retiens ce désir de tout envoyer valser pour un infime signe de sa part.

- Je tiens informé vos parents de tout ce qu'il se passe ici, reprend Sévérus.

- On s'inquiète beaucoup, enchaine notre mère en posant une main sur chacune de nos épaules. On…

- Nous pensons te retirer de Poudlard Henry, lâche brusquement mon père.

J'écarquille les yeux et fixe mon père avec surprise et colère. Draco a relevé la tête et semble dans le même état que moi.

- Père ! je m'exclame. Vous ne pouvez pas…

- Alors moi aussi, me coupe Draco sans que je m'y attende.

Et sa réponse me surprend encore plus. Mes parents et Sévérus le sont également.

- Je refuse qu'Henry soit privé de sa dernière année ici parce que… parce que sa magie me fait mal, finit-il dans un murmure. Et puis tout à l'heure, Henry m'a…

- Monsieur et Madame Malfoy ! s'écrie une voix dans notre dos, nous faisant tous sursauter.

Je me retourne et vois le professeur Dumbledore se diriger vers nous avec un grand sourire.

- Je viens juste d'apprendre que vous étiez ici. Vous venez surement pour l'incident de ce matin. Vos deux fils se portent à merveille. Juste un peu de fatigue peut-être, termine-t-il en faisant un clin d'œil à Draco.

Oh non ! Pas lui. Il n'a toujours pas compris que notre père ne veut pas qu'il se mêle de nos affaires familiales. Je vois déjà notre père se crisper.

- Professeur Dumbledore, dit-il en serrant les dents. Nous voulions juste parler un peu avec nos fils.

Il pose une main sur l'épaule du directeur.

- Vous savez, je crois que votre terrain de Quidditch aurait besoin de nouveaux gradins.

- C'est vrai qu'ils datent, enchaîne Dumbledore.

- Je peux peut-être faire quelque chose, continue notre père tout en dirigeant le vieil homme vers la sortie.

Quelques minutes après, il revient seul. Le connaissant, une promesse de dons et le vieux fou nous a oublié. Mais cela ne règle toujours pas notre problème. Je vois son regard se poser sur moi avec insistance et je sens que les minutes à suivre ne vont pas être des plus agréables pour moi.

- Sévérus. Merci, dit-il en lui lançant un rapide coup d'œil.

Notre parrain lui répond par un hochement de tête et quitte l'infirmerie.

- Henry.

Bien sur qu'il ne m'avait pas oublié.

Mon père me fait signe de le suivre et nous nous asseyons sur un lit vide, à quelques mètres de Draco. Un rideau tiré m'empêche de le voir. J'entends notre mère se mettre à lui parler, mais je ne comprends pas tout.

- … fatigué Draco.

Et c'est pareil pour les mots de mon frère. Des brides de leur conversation m'arrivent, mêlées au discours de mon père que je connais par cœur. D'une oreille discrète, j'écoute ce dernier, préférant me concentrer pour entendre Draco et notre mère.

- Henry. Je sais que ce n'est pas facile de vivre avec ta maladie. Depuis que tu es né nous tentons de faire en sorte que ta vie soir normale. Mais…

- … des rêves. Etranges. Mère ?

- … tout ça grâce à Sévérus. S'il n'avait pas trouvé cette potion, tu serais mort.

- La potion de sommeil ne fait même pas effet.

- Et de quoi rêves-tu…

- … ne l'oublies pas ?

Je secoue la tête. Je prends toujours ma potion. Même si elle est de nouveau pas très bonne, depuis que Sévérus l'a modifiée.

- … souvenirs…

- … un enfant normal.

- Il est brun. Mais c'est lui. Enfin…

- … prudent quand tu utilises …

- … pas vraiment Henry.

- Tu restes ici. Pour l'instant.

- Ce ne sont que des rêves Draco.

- Hein ?

- Non !

Je fixe mon père, surpris. Je peux rester ici, vraiment ?

- Chut.

- Oui. Mais…

Je n'écoute plus ma mère et Draco et porte toute mon attention sur mon père.

- Pour rester ici, il faut que tu apprennes à mieux canaliser ta magie. Sévérus fait des recherches pour comprendre ce qu'il se passe en ce moment. Il se peut qu'il te propose une nouvelle potion, pour tester. Mais en attendant que la situation se calme, j'ai demandé au directeur que tu sois dispensé de pratique.

Je fais un bond.

- Je suis pas un cracmol ! je crie. Je suis un sorcier et ma magie… c'est… c'est…

Une main blanche tire le rideau derrière moi et se pose sur mon épaule. Je me retourne pour faire face à ma mère qui me sourit tendrement.

- Ce n'est que temporaire Henry, m'explique-t-elle. Tu iras en cours, mais tu ne lanceras plus de nouveaux sorts. Nous voulons économiser ta magie au maximum pour que ton frère souffre le moins possible.

Si c'est pour Draco… alors je ferai un effort. Quelques mètres plus loin, je vois mon frère se lever et enfiler ses chaussures. Puis il se dirige vers nous.

- Mère. Merci de votre écoute. Père… ne soyez pas trop sévère avec Henry, finit-il avant de quitter l'infirmerie sans un regard pour moi.

Je le regarde quitter la pièce, les mots défilant à une vitesse folle devant moi.

- Je ferai attention Père, je marmonne, pas très content de cette décision.

Je me tourne vers ma mère et la prends dans mes bras.

- Ton frère est aussi perdu que toi, me chuchote-t-elle avant de rompre notre étreinte.

Elle sourit toujours alors que je l'interroge du regard. Sauf que je comprends que ma réponse ne viendra pas. Il faudra que j'aille la chercher moi-même.

- Père. Mère, dis-je en les saluant d'un bref signe de tête.

En quittant l'infirmerie, j'ai l'impression d'être encore plus secoué qu'auparavant. Les mots échangés entre Draco et notre mère me malmènent bien trop…

oOo

Il y a une place vide à la table des Serpentards. Normal, Draco est absent. Je n'arrête pas de guetter la porte de la Grande salle, m'attendant à chaque seconde à le voir la franchir. Sauf que les minutes s'écoulent, les plats apparaissent et mon frère est toujours aux abonnés absents.

- Tu sais où est Draco ? me demande Blaise.

Je secoue la tête.

- Je crois avoir entendu un cinquième année dire qu'il avait aperçu Draco au dortoir et qu'il avait marmonné seul qu'il n'irait pas manger ce soir, enchaîne Crabe avant de se servir du poulet.

Je me redresse brusquement, hésite un millième de seconde, puis quitte la table, sans un mot. Je ne sais pas trop ce qu'il me prend. Je sais juste que je suis en route pour rejoindre Draco et que je vais lui parler. Enfin… le questionner plus exactement. En quelques minutes je suis devant la porte du dortoir.

Je la pousse sans discrétion et vois mon frère sursauter sur son lit. Il va pour parler, mais en m'apercevant il grimace et se recouche… comme si je n'existais pas.

D'un pas rageur je me dirige vers son lit, pour finit planter comme un « i » devant lui.

- Tu veux pas me parler ?

Aucun regard. Aucun son.

- Par contre tu peux toujours te confier aux autres sans soucis. Même à Mère. Pourtant je croyais que j'étais privilégié sur ce point.

Pas de changements de sa part.

- Tu sais, tu devrais lancer un sort de silence sur ton lit.

Un éclair de fureur passe au travers de ses iris qui viennent de plonger dans les miens. J'ai enfin son attention.

- Parce que même si je ne te le dis pas, quand tu fais ce cauchemar la nuit…

Son sourcil droit se fronce légèrement et je jubile.

- Tu me réveilles. Enfin… ta magie me réveille.

Il est étonné. Son corps est en alerte, tendu.

- Je ne sais pas de quoi tu rêves, mais je t'avoue que j'aimerais bien… que tu me le dises, je finis dans un murmure.

- Jamais ! me crache-t-il au visage.

Je me rapproche de lui et penche mon visage au-dessus du sien.

- Tu rêves de quelqu'un. Une personne aux cheveux noirs.

Son souffle s'accélère, signe que mes suppositions sont justes.

- Je te l'ai dit. Tu devrais poser un sort de silence sur son ton lit. Y compris quand tu te confies à Mère et que je me trouve quelques mètres plus loin.

- Tu nous as écoutés ?

- J'ai pas tout entendu.

Ses épaules se relâchent et je peux lire un certain soulagement dans son regard. Que ma cache-t-il ?

- Cela n'empêche que je veux toujours savoir de quoi tu rêves. Je voudrais bien pouvoir dormir la nuit.

- Si je dors pas, tu dors pas, me lance-t-il avec une lueur de défit.

Mais je ne bouge pas. Les yeux rivés dans les siens, je fulmine intérieurement. J'ai envie de le frapper, mais je ne peux pas. C'est mon jumeau après tout.

- Ne tombe pas où Père va nous gronder ! me crie une voix d'enfant passée.


Mouhaha ! (rire sadique). Elle est bien ma fin ? Non ? Comment ça je suis trop sadique ? Meuh non. Ah, vous avez envie de me trucider ? Je comprends... Mais que se passe-t-il ? Qui parle ? Qui est cet enfant ?

Hormis cette pulsion que vous n'assouvirez pas pour lire la suite, que pensez-vous de ce chapitre ? Pas trop perdu dans les dialogues à l'infirmerie. Si c'est le cas, dites-le moi, je vous ferais une parenthèse pour que vous sachiez qui parle à chaque fois.