Reviews anonymes :
La limace : Tu penses qu'à cause de ça ils sont s'éloigner ? Je sais pas trop moi-même comment ils vont s'en sortir. Mais à un moment ou à un autre, leur relation changera.
En tout cas, merci pour les compliments. Ils me vont droit au coeur. Il est vrai que les chapitres sont courts car c'est plus facile à écrire pour moi. Et puis comme tu l'as remarqué, je poste régulièrement. Ça compense.
Par contre je ne sais pas si tu trouveras tes réponses dans ce chapitre.
Dom : Oui, on y est presque. C'est pas encore pour tout de suite, mais ça approche à grands pas. Tu vas devoir attendre 2/3 chapitres avant de connaître le début de l'histoire.
Nepheria4 : Contente que tu aimes toujours. J'espère que ce chapitre te plaira aussi.
Le réveil du reflet
Je viens de finir mon repas du soir. Je sais que Draco est réveillé car je l'ai entendu manger. Mais je n'arrive toujours pas à trouver le courage pour aller le voir. Pourtant ce n'est pas l'envie qui manque. Je finis mon verre d'eau et un elfe de maison apparaît devant moi.
- Monsieur Malfoy a fini de manger ? me demande-t-il.
J'hoche de la tête et la petite créature fait disparaître mon plateau avant de s'éclipser. Je l'entends poser la même question à mon frère qui lui répond faiblement. Un autre pop sonore retenti et je sais que nous sommes seuls désormais.
Une boule d'angoisse se forme dans ma gorge. Je n'ose pas.
- Henry.
Ce n'est qu'un murmure, mais je n'entends que lui. Ainsi que mon cœur qui s'est remis à frapper dans ma cage thoracique.
- Merci.
J'attends une suite, mais elle ne vient pas. Alors, cette fois, j'ose. Je retire le drap de sur mes jambes et pose les pieds au sol. Un frisson à cause du froid des pierres me parcourt. Lentement, je me redresse et fais deux pas en direction du rideau. La main tendue en l'air, je rassemble tout mon courage pour le tirer. Un peu tremblants, mes doigts saisissent le tissu et tirent dessus. Progressivement, le corps de Draco se dessine devant moi. Il a le visage tourné vers moi et je peux lire de la stupeur dans ses yeux. La bouche entrouverte, il ne bouge pas.
Je fais un pas en sa direction et esquisse un petit sourire. Je ne sais pas quoi dire.
- Tu… tu es comme… lui, murmure mon frère.
Aussitôt je comprends de qui il parle. Cet enfant dans ses rêves à qui je ressemble un peu trop désormais.
- Je ne te fais pas peur ? je demande.
- Tu veux rire.
Un rire nerveux sort de sa gorge.
- Je suis effrayé.
Un silence suit son aveu.
- Comment ? reprend-il d'une petite voix.
- On sait pas. Apparemment je suis comme ça depuis que…
- Que tu m'as sauvé, finit-il à ma place.
J'hoche de la tête. De nouveau le silence entre nous. Je ne sais pas à quoi il pense. Il semble en pleine réflexion. Peut-être est-il perdu dans ses souvenirs. Peut-être repense-t-il à ses rêves ? Ou alors il se remémore des évènements passés. Est-ce qu'il y a des questions sans réponse qui lui lacère la peau comme moi ? Car en ce moment, c'est ce que je ressens. Je vois des dizaines de mots danser devant moi, former des phrases sans sens, des questions qui s'entrecroisent et où aucune réponse ne vient éclaircir tout ce fouillis.
- Merci encore, souffle-t-il.
Je redresse la tête et croise son regard. Il est sincère et je crois que le faible sourire qui se trouve sur ses lèvres chasse les mots qui me brouillent la vue. Je souris en retour, puis me recule et ferme le rideau. J'ai l'impression que Draco change encore. Il n'y avait pas de mots acerbes, tranchants. Ni de regards noirs remplis de haine. Il ressemblait d'avantage à un enfant en perdition. Comme moi je suppose…
Je me recouche et regarde encore le tissu blanc qui nous sépare.
- Bonne nuit, je murmure.
Je ne sais pas s'il m'a entendu. Il n'y a aucune réponse de sa part, mais j'aime à croire qu'il m'a répondu. Je m'allonge dans mon lit et ferme les yeux. Je suis encore fatigué.
oOo
Encore. Je la sens encore. C'est comme une main qui me frôle, m'électrise. Des ongles qui s'amusent à dessiner des arabesques sur ma peau nue. Je grimace et entrouvre un œil. Il fait encore nuit. Un soupir franchit ma bouche et je tourne la tête vers le lit où se trouve Draco. Il recommence…
Une masse noire semble glisser sous le rideau et se répandre sur le sol. D'où vient-elle ? A tâtons, je trouve ma baguette sur la table de nuit et lance un lumos. Il éclaire à peine mon lit. Mais je me rends compte que la masse noire se trouve aussi sur mes draps. Du bout des doigts je l'effleure. A mon contact, elle vibre. J'enfonce un peu plus ma main dedans et esquisse un petit sourire. C'est chaud, doux. J'aime son contact. Et je crois même l'entendre ronronner lorsqu'elle remonte le long de mon bras et se love dans mon cou.
Je me dis que je devrais m'inquiéter, me méfier de cette chose, mais au plus profond de moi je sens qu'elle ne me veut aucun mal. Elle est même contente d'être avec moi.
Un grognement à côté de moi me fait tourner la tête et je sens la magie de Draco venir griffer la masse. Elle n'aime pas vraiment cette sensation, mais est résignée face à ces attaques. Une dernière fois je la caresse, puis me lève et tire doucement sur le tissu qui me sépare de mon frère. Ce dernier est allongé dans son lit. La masse noire est étalée sur le drap et gigote. Elle semble mal à l'aise. Un peu comme si elle n'arrivait pas à trouver une position confortable sur le corps de Draco. Je l'entends grogner de mécontentement.
- Chut, je lui chuchote.
Je m'approche d'elle et donc de Draco. Et alors que je la frôle du bout des doigts, ce dernier arrête de se tortiller. Je retire ma main et il se remet à gémir dans son sommeil tandis que la chose remue un peu plus. Et lorsque je la touche à nouveau, le calme revient. Il semble que cette chose recherche mon contact et qu'elle a un impact sur mon frère. J'enfonce un peu plus mes mains dedans et sa chaleur m'envahit brusquement. J'ai l'impression qu'une partie de moi m'est soudainement rendue. Je me sens entier, complet. Je n'ai pas envie que ce moment cesse. Doucement je m'assois sur le bord du lit sans jamais rompre le contact avec cette sensation de plénitude. A mes côtés, Draco se retourne un peu et quelques mèches de cheveux tombent sur son front. J'ai envie de les remettre à leur place. Juste cette fois. Ma main droite est déjà en mouvement, tendue vers son visage. La masse me suit dans ce déplacement, entourant mon poignet, glissant le long de mon bras avant de s'échouer sur le drap. Alors que j'effleure le nez de mon frère, elle glisse un peu de mes doigts et s'étire sur sa peau blanche. Ce contraste est énorme. Je remets les mèches de cheveux en arrière et retire ma main. Je ne veux pas être surpris en train de faire ce geste. Immédiatement, les quelques gouttes noires sur la joue de Draco grognent et je me dépêche de les recueillir avant qu'elles ne l'embêtent encore.
Je ne sais pas combien de temps je reste là. Petit à petit le sommeil gagne du terrain et je lutte pour ne pas m'endormir. Je ne veux pas quitter cette masse noire. Et puis je ne veux pas qu'elle ennuie mon frère. Je crois alors que je finis par m'allonger au pied du lit de Draco, lové en boule dans cette noirceur chaleureuse. Je ferme les yeux et me laisse être bercé par les ronronnements de la chose. Cette mélodie est magique.
oOo
Quelque chose me donne des coups dans le ventre. Ce n'est pas très agréable. Surtout au réveil. Mais qui peut bien me donner ces coups ? J'entrouvre un œil et grimace. Où suis-je ? Un coup plus fort me fait gémir et je bouge mes jambes pour avoir moins mal. Mais ces dernières se retrouvent d'un seul coup dans le vide. Brusquement je me réveille et me redresse. Pourquoi suis-je au bout de mon lit et en travers ? Et quelle est cette forme qui remue sous les draps ?
- Dégage !
Je plisse des yeux, mais ne vois pas bien. Autour de moi tout est flou.
- Draco ? je demande en m'avançant à quatre pattes sur le lit.
- Ouai ! Et t'es sur mon lit là ! dit-il d'un ton acerbe.
Je me rapproche encore de lui. Je distingue mal ses traits. Les détails de son visage ne m'apparaissent plus et je n'aime pas cette vision que j'ai de lui. Mon reflet est trouble, flou. Il ne me ressemble plus. Une mèche de mes cheveux tombe devant mes yeux et leur couleur noire me revient soudainement en mémoire. Peut-être est-ce moi qui ne ressemble plus à mon frère.
Je ne suis plus qu'à quelques centimètres de Draco et je le fixe droit dans les yeux. Il me semble y lire de la peur. Une très grande peur. Que se passe-t-il ? Il est effrayé. Sa magie vient griffer ma peau, me confirmant mes doutes. C'est moi qui l'effraie. Ses pupilles écarquillées tremblent à une vitesse folle. Pourquoi a-t-il si peur de moi ?
- Draco ?
Il ne bouge pas. Je penche la tête sur le côté, cherchant à capter son attention. Sauf qu'il semble perdu dans ses pensées.
- Draco ?
A une lenteur affolante, sa bouche s'entrouvre et un faible filet d'air s'échappe. Ce dernier vient s'échouer sur ma joue en une caresse brûlante.
Je commence sérieusement à m'inquiéter pour lui. Alors j'avance une main en sa direction. Je suis prêt à poser mes doigts sur sa joue lorsque ses lèvres se mettent à bouger.
- Ne me touche pas, murmure-t-il d'un ton sec qui me fige sur place.
La peur a fait place à la haine. Celle que je vois dans son regard depuis trois mois maintenant. Je retire ma main et descends du lit. La tête basse, je retourne vers le mien. J'ai envie de pleurer, mais je ne le ferai pas. Car j'ai le souvenir de cette nuit qui est encore présent. Et je ressens toujours la chaleur de cette forme noire au plus profond de moi. Certes, elle moins réconfortante que cette nuit, mais elle est là.
Tandis que je me glisse sous les draps, la porte d'entrée de l'infirmerie claque et me fait sursauter. Sévérus avance vers nous à grandes enjambées.
- Henry, Draco. Comment vous sentez-vous ? nous demande-t-il à quelques mètres de nous.
Il regarde Draco qui semble toujours perdu, puis se tourne vers moi. Sa bouche forme une légère grimace et je devine que l'état de mes cheveux ne l'enchante pas.
- Henry, reprend-il en s'avançant vers moi. J'ai travaillé sur une nouvelle version de ta potion. Peut-être que cette tignasse brune est un effet secondaire de la nouvelle formule. Essaye, finit-il en me tendant une fiole.
Je verse la goutte dans le verre d'eau qui se trouve à côté de moi et bois le tout cul-sec. Les secondes s'écoulent où mon parrain fixe mes cheveux en fronçant des sourcils. Par moments, Draco jette de rapides coups d'œil en ma direction.
- Pourtant j'avais pensé… souffle Sévérus en secouant la tête.
J'hausse les épaules et les sourcils. Ce n'est pas de sa faute. Mais l'air grave et l'inquiétude qui se peignent subitement sur son visage me surprennent et me donnent quelques frissons. Pourquoi fait-il cette tête ?
- Henry.
- Oui ?
- Est-ce qu'il s'est passé quelque chose cette nuit ?
Pourquoi cette question ? Il y a eu l'apparition de cette forme noire, mais…
- Que s'est-il passé Henry ? insiste mon parrain en me dévisageant encore.
- Je…
Je ne sais pas comment lui dire. Je ne sais pas si je peux lui dire. J'ai l'impression que ce qu'il s'est passé est trop intime pour être dévoilé.
- Henry.
Son ton est froid, autoritaire.
- Je… J'ai vu une forme noire.
Je remarque que j'ai désormais l'attention de mon parrain, mais aussi celle de Draco. Je déglutis et reprends :
- Draco faisait un cauchemar, ça m'a réveillé. Et c'est là que j'ai vu cette forme noire. Je sais pas ce que c'était, mais ce n'était pas maléfique. Elle était sur moi, par terre et… sur Draco.
J'entends un son s'étrangler dans la gorge de mon frère.
- C'était chaud, doux et elle me demandait d'aller voir Draco. Alors j'y suis allé et la forme s'est mise à ronronner. Elle voulait être contre moi. C'était… étrange.
Un silence suit mes mots. Je suis mal à l'aise. Comme si je venais de me mettre à nu devant eux.
- C'est tout ? me questionne mon parrain.
Il semble surpris, comme s'il ne comprenait pas tout. J'avoue que moi non plus je ne comprends rien.
- Oui.
- Tu es sûr ?
- Oui. Après je me suis endormi sur le lit de Draco et… et…
J'avais oublié…
- Depuis que je me suis réveillé, je vois pas très bien, je termine.
- Henry, intervient mon frère sans que je m'y attende. Tu devrais te regarder dans un miroir.
Je prends celui qui se trouve encore sur la table de chevet et l'approche très près de mon visage pour bien y voir. Et là…
Le miroir tombe sur mes genoux. Je ferme les yeux, n'arrivant pas à croire ce que je viens de voir. Ce n'est pas moi. Ce n'est pas possible. Ce reflet ne peut être le mien. Le garçon que je viens de voir n'est pas moi. Moi je suis comme Draco. Blond, pas brun. Avec des yeux bleus, gris. Pas des pupilles vertes. Non, vraiment. ce garçon brun aux yeux verts n'est pas moi.
- Merde, je souffle.
Une larme coule sur ma joue. Mais que m'arrive-t-il ? Qui suis-je ? Qui est cet autre qui vient prendre ma place ? Pourquoi la magie me fait-elle ça ? Pourquoi ma magie est-elle aussi horrible avec moi ? Elle qui a failli me tuer à ma naissance. Elle qui m'empêche d'être un sorcier accompli. Elle qui me force à prendre cette potion chaque matin pour ne pas créer d'accidents. Elle qui fait souffrir Draco quand je n'arrive plus à la maîtriser. Elle qui aujourd'hui me transforme en un contraire effrayant.
Je pleure sans me retenir. J'ai une douleur dans la poitrine et un goût acre dans la bouche. Je suis perdu. Je ne comprends plus rien.
Je vois Sévérus agiter sa baguette et ses lèvres marmonner un sort. Mais rien ne semble se produire. Sauf que ça m'est bien égal. Je ne suis pas en capacité de réfléchir. Je veux juste remonter le temps, revenir des années en arrière au temps de l'insouciance. Tout était si simple en cette période.
- Qu'est-ce que tu essayes de faire ? demande Draco à notre parrain.
Ce dernier baisse le bras et soupire. Son visage est grave. Je crois que je n'ai jamais vu une telle expression sur son visage. Je ravale un peu mes larmes et attends la réponse de Sévérus.
- Même ça, ça ne marche pas, grogne-t-il.
Je vois qu'il n'aime pas la situation.
- Les glamours ne marchent même pas.
Je vais donc devoir rester ainsi ?
Sévérus se masse les tempes et s'assoit sur une chaise. L'inquiétude que je peux lire sur son visage ne me rassure en rien. La situation est-elle si grave ? Est-ce que je perds complètement le contrôle de ma magie ?
- Henry, je veux que tu arrêtes toute magie pour l'instant.
J'hoche de la tête. D'habitude, j'aurais refusé, mais vu les derniers évènements, je pense aussi que cette décision est la plus sage.
- Je vais en informer le directeur et tous tes professeurs. Ainsi que tes parents. En attendant, allez en cours, normalement.
- Et pour ma vue ? je demande.
- Pardon ?
- Oui, le fait que je vois flou.
- Oh ça. Euh… je vais appeler un ami qui pourra régler ça. Normalement… termine-t-il dans un soupir. Je vous laisse. Je vais aller…
Il se lève et quitte l'infirmerie sans finir sa phrase. Il doit être vraiment chamboulé.
Je sais pas si vous avez remarqué, mais la fin n'est pas sadique et le chapitre est un peu plus long que d'hab. Je me bonifie on dirait.
Alors, à votre avis, c'est quoi la masse noire qui vient rendre visiter à nos deux garçons ?
