Bonjour,
Me voilà de retour, sujette à un pic d'énergie aléatoire, pour vous proposer quelques lignes sur un fandom récemment adopté, My Hero Academia.
Là encore, j'ai succombé à deux personnalités et je les ai emmenées dans un UA, qui, je l'espère, deviendra une fiction de taille raisonnable.
Pour ce qui est de coller strictement aux personnages, la force des choses et le choix d'un Alternative Universe m'en empêchent en partie. Désolée d'avance si vous décelez d'éventuelles légères différences de personnalités, j'essayerai évidement de retranscrire leurs caractères au mieux.
Les personnages appartiennent à Kohei Horikoshi.
KiriBaku, parce que ça me sonne comme une évidence.
Merci à vous,
Neviy.
Prologue.
La fumée s'élevait en d'irrégulières spirales troubles, quittant les abords encore immaculés de la tasse illustrée en nourrissant l'espoir vain de toucher le plafond boisé avant de se dissiper et de disparaître à jamais. Il pleuvait depuis des heures déjà et l'odeur du breuvage, délicieusement torréfiée, se mêlait, à celle, plus végétale du sous-bois mouillé et à la trace olfactive du feu de cheminée qui avait été allumé la veille au soir. Katsuki quitta brièvement sa moue renfrognée pour déposer ses lèvres sur l'émail tiédi de la tasse qu'il s'était arbitrairement attitré.
L'objet, à l'esthétique inspiré des comics, présentait une onomatopée de bande-dessinée, un « POW » jaune sur un fond d'explosion rouge. Lors de leur arrivée, la veille, malgré l'heure avancée, le blond avait décrété qu'il « exploserait » quiconque aurait l'audace de lui adresser la parole avant qu'il ne s'abreuve de caféine. En fouillant dans les placards de la cuisine, il avait trouvé cette fameuse tasse. Denki, qui passait par là et n'avait toujours pas développé la compétence de se taire lorsque que la situation l'exigeait, s'était exclamée qu'elle lui correspondait parfaitement. Katsuki, diminué de caféine à ce moment-là, l'avait simplement fusillé du regard.
- C'est la mienne maintenant, ne vous avisez même pas…
-D'y toucher, on sait ! Avait coupé Mina, que le jeune homme n'impressionnait pas le moins du monde.
Lorsqu'il s'était détourné de la bataille au profit de la cafetière, l'acerbe jeune fille et le survolté Denki avait échangé un sourire. Le blond cendré avait feint de les ignorer et, à présent qu'il se remémorait la scène, il ne put s'empêcher de grincer des dents.
Au dehors, la pluie battait toujours, trempant l'immense balcon et le barbecue que Sero, Denki et Eijirou s'étaient empressés d'inspecter, prévoyant déjà d'y cuire de virils festins. Katsuki pivota, n'offrant plus au dehors que son dos musculeux et balaya du regard la pièce de vie, toute de bois construite.
Bien agencée, même sous son œil terriblement critique, elle était composée en longueur, s'étalant de la cuisine, en pin massif, au coin salon, en passant par une longue table qu'il avait injustement qualifiée de "digne d'un réfectoire scolaire". Izuku et Eijirou, indéfectible duo dégoulinant de bienveillance et de positivité maladive, s'étaient jetés corps et âme dans de grands élans syndicalistes, visant à défendre un mobilier qu'ils n'avaient pas choisi.
Bouillant d'une rage sourde face à leurs sourires béats, le jeune homme aux mèches cendrée s'était réfugié dans la cuisine. Il s'était épris art culinaire, il y avait plus d'un an déjà, trouvant une source inépuisable d'apaisement dans les associations gustatives, les dressages élégants et les créations d'assiettes. Il ne l'avouerait jamais, mais il était plutôt heureux de pouvoir cuisiner - et montrer qu'il excellait dans le domaine - pour le groupe de bras cassés qu'il avait, au fil des années, appris à tolérer. L'inspection de son sanctuaire provisoire avait alors débutée. La cuisine du chalet était spacieuse, les éléments en métal noir venant moderniser le bois massif, leur offrant un style industriel et une dominance sombre dans laquelle il se sentait bien. Les équipement étaient nombreux, de qualités et propres, adaptés à des recettes variées. La cuisine cependant, ne pouvait être qualifiée de parfaite, puisque, comme Katsuki l'avait amèrement relevé, elle était ouverte et de ce fait, ne l'isolait pas efficacement "des imbéciles heureux" avec qui il était "coincé" suite à une décision "tragique et regrettable" qu'il avait prise "dans un moment d'égarement psychologique".
Venait ensuite une longue table, entourée de chaises rustiques, puis, en contrebas, à trois marches de là, un coin salon complètement ouvert, complété d'une baie vitrée et d'une large cheminée en pierre. Katsuki s'approcha du canapé, déjà jonché d'une quantité non négligeable de fessiers. Sur la table basse, immensément plus grande que nécessaire, traînaient des bières entamées, des verres aux liquides de couleurs presque trop variées et un assortiment de nourriture dont le taux de sodium tenait tête à l'altitude du Kilimandjaro.
Entre une chope hypothétiquement emplie de bière ambrée et un bol de chips à la saveur diablement chimique de poulet rôti, trônait une large enceinte, déversant une mélodie actuelle, couplée de paroles rapidement débitées. Dans le salon en contrebas, Mina, Tsuyu, Ochaco, Kyoka, Sero, Denki, Shoto, Izuku et Eijirou prenaient, à quinze heures quarante-cinq, un apéritif très anticipé. Comme pour illustrer l'aspect chaotique de leur épopée, la musique rebondissante de smash bros vint s'additionner aux notes défilant déjà en fond. La cacophonie était totale, et pourtant, le blond explosif se sentait bien.
Ils avaient enfin réussi à tous se rassembler et le groupe qu'ils formaient était étrangement composé d'une multitude de caractères, personnalités et identités bien marqués, parfois très opposés, mais qui fonctionnait dans une symbiose aussi insolite qu'incompréhensible. Leur séjour dans ce chalet isolé débutait à peine, mais déjà, la joie de s'être retrouvés et la douce chaleur des liens indéfectibles qu'ils avaient tissés se répandaient, rayons lumineux à travers l'épais rideau de pluie qui tombait sur la forêt. Au fond de sa tasse de café, après s'être assuré que personne ne le regardait, Katsuki s'autorisa un sourire.
Merci de votre lecture et à bientôt pour de douces aventures.
