Reviews anonymes :
Cha910 : Fin sadique, mais avec une attente assez courte, donc je ne suis pas si sadique que ça. ^^ La relation entre Harry et Draco va avancer à chaque chapitre, mais je ne vais pas parler que de ça. Enfin, je te laisse découvrir.
Batuk : Tout s'explique ! Ne rate pas ton arrêt. Sinon entre Harry et Draco, les choses vont commencer à bouger. Je te laisse lire tout ça.
Huguette : Ne me fais pas une indigestion quand même. J'espère que cette suite te plaira.
Le quotidien défile
J'ai le souffle court… tout comme lui. Nos respirations saccadées s'entrechoquent entre nos deux visages qui se font face. Le bruit de leur collision me vrille les tympans. Je ne sais plus ce que je dois faire. Je ne comprends plus rien. Que fait Draco allongé sous moi ?
Mes iris s'ancrent dans les siens et je suis troublé. Quelle est cette étincelle que je vois dans son regard ? Quels sont les mots qu'il m'envoie et que je n'entends pas ? Ses traits se crispent et je sens son corps se tendre sous moi. Puis deux mains se posent sur mon torse. Est-ce qu'elles tremblent ? Et je me retrouve repoussé en arrière et atterris sur les fesses.
- Espèce d'andouille ! crie-t-il tout en se relevant. Tu pars voler pendant plusieurs heures alors que tu n'as jamais réussi à décoller de cinq mètres. Tu préviens personne et ensuite tu te mets à faire des cascades comme si le danger n'existait pas ! Tu aurais pu te tuer !
Je le fixe, entendant ses mots sans réellement comprendre leur sens. Parce qu'outre leur définition première, ce qui se dévoile à moi me donne envie de rire. Pourtant la situation est loin d'être comique. Et je ne sais plus si je dois m'excuser, l'envoyer balader, l'ignorer ou le serrer contre moi. Je reste assis par terre, incapable de faire le moindre geste. Je continue juste à le regarder tourner en rond, se passant les mains dans ses cheveux tout en les décoiffant. Puis il me jette un dernier regard rempli de colère et s'éloigne à grandes enjambées.
Lorsqu'il a disparu de mon champ de vision, je m'allonge dans l'herbe. Je n'en reviens pas. Il s'est inquiété. Il s'est inquiété pour moi. Je suis persuadé que l'entrainement de Quidditch est terminé depuis longtemps et pourtant il est resté. Il m'a attendu. Et il a même cru que j'allais m'écraser au sol alors que je suis certain qu'il me restait encore quelques secondes pour redresser la situation. Il s'est inquiété pour moi.
Je passe une main sur mon front recouvert de sueur. Pourquoi a-t-il réagi ainsi ? Lui qui me hait tant. Lui qui ne m'adresse presque plus la parole depuis des jours. Lui qui me lance des regards noirs à chaque fois que j'ose croiser son regard. Lui qui m'ignore complètement depuis que je suis devenu Harry Potter. Lui qui vient pourtant de me montrer que je comptais encore à ses yeux.
Je souffle un grand coup et écarte les bras. Tout est si compliqué.
oOo
Je crois que les professeurs ont décidé de nous achever avant la fin du premier trimestre. Les cours s'enchainent à une vitesse folle et les soirées sont remplies de révisions et devoirs en tout genre. C'est à peine si nous avons le temps d'aller à Pré-au-Lard le samedi. Les jours se succèdent sans que j'aie le temps de m'en rendre compte. Une semaine. Deux semaines. Quatre semaines. Nous sommes presque à la mi-octobre. Je n'en reviens pas. J'ai l'impression de n'avoir rien fait hormis apprendre. Et je crois que je ne suis pas le seul dans cet état. A côté de moi Blaise peste contre le devoir de Métamorphose qu'il doit rendre demain. Je crois que cela fait une semaine qu'il y travaille. Impressionnant.
Mais au moins, toute cette accumulation de travail m'a permis de ne pas trop penser à mon nouvel état de sorcier célèbre. Petit à petit, les élèves se sont fait à ma présence et leur attitude est presque normale. Il y encore des regards étranges, des chuchotements lorsque je rentre dans une pièce ou des gloussements lorsque je la quitte. Mais je n'ai pas le temps pour m'en préoccuper. C'est à peine si j'ai le temps de me soucier de moi-même de toute façon.
J'attends toujours une lettre de mes parents… enfin ceux qui m'ont élevé. Mais leur réponse ne semble pas vouloir venir. Pourtant cela fait trois semaines que je leur ai écrit. Leur absence de réaction m'attriste un peu. Je me demande si toutes ces années passées avec eux sont si fausses et amères que ça. Est-ce que maintenant que je suis redevenu Harry Potter je ne compte plus à leurs yeux ? Et puis trouver un moment pour parler avec Sévérus est devenu mission impossible. Lui aussi est surchargé de travail. Les rares fois où je me suis rendu dans son bureau pour parler avec lui, il m'a clairement fait comprendre que ce n'était pas le bon moment. Mais ça ne l'est jamais. Peut-être est-il revenu sur sa décision d'être mon parrain ? Quant à Draco, depuis l'épisode sur le terrain de Quidditch, je suis persuadé qu'il me fuit. Lorsque je rentre dans une pièce, il se dépêche d'en sortir. Il est toujours levé et couché avant moi et prétexte sans arrêt qu'il a une tonne de travail, ce qui n'est pas vraiment faux. Même Pansy et Blaise trouvent qu'il passe moins de temps avec eux.
Et puis il y a encore et toujours ces rêves. Parfois je prends une potion et je me rendors sans trop de difficulté, parfois je ne me rendors pas vraiment. La nuit, régulièrement, je sens la magie de Draco venir me picoter et je devine que ses rêves sont toujours agités. Fait-il encore ces songes où il me voit enfant, avec mon visage actuel ? Je n'ose pas aller le voir ou lui demander. Alors dans ces cas, je reste allongé dans mon lit et tente de calmer ma magie qui s'agite sur ma peau.
Je m'assois sur un canapé et soupire. Je suis épuisé. Je ne sais pas si mon cerveau pourra enregistrer une seule information supplémentaire. Je tends la main vers mon livre de DFCM et relis le chapitre sur les Inferis. Il y a une rumeur qui court à propos d'une interrogation surprise sur ce sujet.
- Je sais ce qu'on peut leur faire ! s'exclame d'un seul coup Daphné en déboulant dans la salle commune.
Je relève le nez de mon livre, alors que Blaise sursaute et râle en effaçant la tache d'encre qu'il vient de faire sur son parchemin.
- Une pluie de jus de citrouille ! reprend Daphné. Dans tout leur dortoir.
- Et tu fais comment pour y rentrer ? demande Pansy.
- C'est là que j'ai besoin de toi ma chère. Je sais que Draco a appris le mot de passe des Gryffondors par la bouche de Vane. Mais il ne veut rien me dire, prétextant ne plus être un gosse.
- Et tu penses qu'avec moi il va le dire ?
- Je ne doute jamais de tes pouvoirs de persuasion Pansy.
Les filles peuvent vraiment être effrayantes parfois.
- Vous marchez les mecs ?
Blaise peste une nouvelle fois tout en marmonnant qu'il verra une fois qu'elles auront le mot de passe. Quant à moi, j'hausse les épaules. C'est vrai que les farces faites aux Gryffondors sont devenues assez rares. Je peux même affirmer que depuis le début de l'année, aucun septième année n'en a faite. Mais avec tout ce qu'il m'arrive en ce moment, je me dis que, peut-être, ça ne me fera pas de mal de m'amuser à inonder les Gryffondors de jus de citrouille. Et puis, pour Halloween, on reste dans le thème.
- Trouvez le mot de passe et je suis de la partie, je leur lance avant de replonger dans ma lecture.
- Yes ! s'écrie Daphné juste avant de tirer Pansy dans un coin, surement pour concocter un plan afin de forcer Draco à révéler le mot de passe.
oOo
- Oui ? Monsieur… Potter ?
Je baisse la tête et m'avance de quelques pas en direction de Sévérus. Les derniers élèves quittent le cachot et je me retrouve seul avec lui.
- Sévérus, je… est-ce que tu sais si mes pa… enfin… s'ils ont bien reçu ma lettre ?
Ses sourcils se froncent.
- Ils ne m'ont rien dit à ce sujet.
- Ah.
Je ne veux pas le montrer, mais je suis déçu. Ce que je craignais est en train de se produire. Mes parents ne se préoccupent plus de moi désormais.
- Il y a encore des journalistes postés devant le manoir, enchaine Sévérus. Je doute de leurs réelles intentions, mais on ne peut rien y faire. C'est le prix à payer pour tu sais quoi.
J'hoche de la tête. Toute leur vie ils regretteront cette décision. Etre mangemort est la pire chose qu'ils aient pu faire.
- Sinon… je… Est-ce que je peux venir te parler demain ?
Une grimace se dessine sur son visage et je redoute une nouvelle fois sa réponse.
- Non. Oublie, je réponds aussitôt, sans lui laisser le temps de s'exprimer.
De toute façon, j'ai aussi beaucoup de devoirs à faire.
- Passe à 8h30. Je n'aurai pas commencé à préparer les potions pour Madame Pomfresh.
C'est plus fort que moi. Un sourire vient fleurir mon visage alors que je prends mon sac et que je le remercie en silence. Enfin. Enfin je vais pouvoir parler avec lui. Enfin je vais pouvoir lui poser les questions qui me hantent depuis des semaines et auxquelles personne ne semble enclin à répondre.
oOo
- Je ne vous le dirais pas, réplique Draco en tournant la tête.
- Mais… geint Pansy. Ce n'est qu'un tout petit mot de passe.
- C'est non ! tranche-t-il tout en prenant sa tasse de thé.
Du coin de l'œil, j'observe la scène et attends la suite. La perfidie des Serpentards coule dans les veines de ces filles avec une force impressionnante. Elles sont prêtes à tout pour parvenir à leurs fins. Draco est prêt à porter la tasse à ses lèvres, quand il immobilise sa main. Je me doutais bien que ce plan ne fonctionnerait pas. Ce n'est pas Londubat non plus.
A ses côtés, Pansy se crispe, comprenant que Draco est en train de comprendre la supercherie. Son cerveau doit être en pleine ébullition afin de trouver une alternative à son plan. Son regard scanne la salle commune, à la recherche d'une idée. Et lorsqu'elle pose son regard sur moi, je me pétrifie sur place. Je n'aime vraiment pas son expression. Ni une, ni deux, elle s'avance vers moi à grandes enjambées.
- Henry ! Viens m'aider !
Elle m'attrape le bras et me tire vers le fauteuil où Draco m'ignore complètement. Puis elle me poste devant lui. Je suis mal à l'aise. Je n'ai pas été aussi proche de lui depuis… depuis l'incident sur le terrain de Quidditch.
- Draco, à ton avis. Est-ce qu'il doit se couper les cheveux ou pas ?
Mais qu'est-ce qui lui prend ? C'est quoi cette question ? Et puis en quoi l'avis de Draco…
Mais lorsqu'il relève la tête et pose ses iris sur mon visage, c'est comme si je venais de me prendre une claque en pleine figure et toutes les questions que je me posais viennent de s'envoler. Ses joues se colorent légèrement et ses pupilles se foncent légèrement.
- Il… euh… c'est…
Et il se met à bégayer ! Impressionnant.
- Alors ? insiste Pansy.
La main qui tient sa tasse tremble légèrement et il la porte aussitôt à ses lèvres. Et voila, elle a gagné. J'avoue que je n'ai pas trop compris comment, mais Draco a bu son thé et c'est le plus important pour elle.
Je passe une main dans mes cheveux et constate qu'ils ont encore poussé. Les couper n'est peut-être pas une si mauvaise idée.
- Tu crois que je devrais ? je demande à Pansy.
- Je sais pas moi. Demande à Draco, me dit-elle en me poussant un petit plus vers lui. Alors il doit se couper les cheveux ?
Je me tourne une nouvelle fois vers lui et je le vois grimacer tandis que son regard devient fuyant. D'une petite voix, il répond :
- Juste un petit peu. Histoire que les pointes arrivent juste dans la nuque.
- Tu trouves que ça lui irait bien ? continue-t-elle.
- Oui.
Elle me dévisage, puis sourit. Le Véritaserum versé dans son thé fonctionne très bien.
- C'est vrai que tu serais canon comme ça. N'est-ce pas Draco ?
- Oui, dit-il dans un souffle et en cachant son visage dans ses mains.
Je crois que mes joues peuvent rivaliser avec les tentures des Gryffondors. Draco vient de nous avouer qu'il me trouve canon. Je ne sais vraiment pas comment je dois prendre en compte cette révélation.
Et vous, comment prenez-vous cette révélation ?
